Prépa Sciences Po – Philo – Fiche – Spinoza – La laïcité
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Auteur : Laurence Hansen-Løve Discipline : Ordre général/Questions contemporaines Fiche : Spinoza et la laïcité Concours d’entrée aux Instituts d’Etudes Politiques Un auteur, un thème : Spinoza et la laïcité Biographie Spinoza (1632-1677) est né dans une famille de juifs portugais émigrés en Hollande un siècle auparavant. Il suit tout d’abord une instruction religieuse à l’école talmudique d’Amsterdam, puis il fréquente les milieux des chrétiens libéraux et des libres penseurs. En 1656, il est excommunié par la synagogue, et, par la suite, il doit gagner sa vie en polissant des verres de lunettes. A partir de la parution de son Traité-théologico-politique, puis de la chute de la république des frères De Witt en 1672, il vit en reclus. Son œuvre maîtresse, l’Ethique, rédigée entre 1661 et 1675, paraîtra après sa mort et sera, comme l’ensemble de ses œuvres, interdites parce que jugées « profanes, athées et blasphématoires ». Le Traité théologico-politique Le Traité théologico-politique de Spinoza fut en son temps un texte d'une audace inouïe. Le philosophe s'y prononçait en faveur de la politique républicaine et libérale menée depuis 1648 par Johan de Witt en Hollande. Il y critiquait violemment l'usage que les autorités monarchiques ou princières faisaient en général de la religion, utilisée pour « réduire les hommes raisonnables à l'état de bêtes ».

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Publié le 05 novembre 2009
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Langue Français

Extrait

Auteur : Laurence Hansen-Løve Discipline : Ordre général/Questions contemporaines Fiche : Spinoza et la laïcité Concours d’entrée aux Instituts d’Etudes Politiques
Un auteur, un thème : Spinoza et la laïcité
Biographie
Spinoza (1632-1677) est né dans une famille de juifs portugais émigrés en Hollande un siècle auparavant. Il suit tout d’abord une instruction religieuse à l’école talmudique d’Amsterdam, puis il fréquente les milieux des chrétiens libéraux et des libres penseurs. En 1656, il est excommunié par la synagogue, et, par la suite, il doit gagner sa vie en polissant des verres de lunettes. A partir de la parution de sonTraité-théologico-politique, puis de la chute de la république des frères De Witt en 1672, il vit en reclus. Son œuvre maîtresse, l’Ethique, rédigée entre 1661 et 1675, paraîtra après sa mort et sera, comme l’ensemble de ses œuvres, interdites parce que jugées « profanes, athées et blasphématoires ».
Le Traité théologico-politique
LeTraité théologico-politique deSpinoza fut en son temps un texte d'une audace inouïe. Le philosophe s'y prononçait en faveur de la politique républicaine et libérale menée depuis 1648 par Johan de Witt en Hollande. Il y critiquait violemment l'usage que les autorités monarchiques ou princières faisaient en général de la religion, utilisée pour «réduire les hommes raisonnables à l'état de bêtes ». LeTraité théologico-politiquese présente comme un manifeste en faveur de l'Etat le plus juste possible. Pour Spinoza, la religion et la morale relèvent d'une démarche strictement personnelle, l'Etat n'a pas à s'en mêler. Cette thèse est exposée plus particulièrement dans le chapitre XX.
Un « droit supérieur de nature » : celui de penser librement
On peut faire remonter à Socrate la tradition démocratique posant que chaque homme a le droit de penser ce qu’il veut : Socrate est mort pour défendre ce droit, tout en refusant de transgresser la loi. Selon lui, en effet, contester la légitimité de certaines institutions et critiquer la religion ne signifient pas se soustraire à la contrainte judiciaire : en démocratie, on a le droit de critiquer, mais on obéit pourtant aux lois dont on reconnaît le bien-fondé. On retrouvera la même position chez les philosophes des Lumières, dont les plus illustres prédécesseurs en la matière furent, outre Spinoza, Pierre Bayle (Pensées diverses sur la comète, 1680) et John Locke (Lettre sur la tolérance, 1689). Pour ces théoriciens de la tolérance, la liberté de penser est l’un des droits les plus précieux de l’homme, inhérent à sa nature. On ne peut donc pas demander à quelqu’un de s’abstenir de penser: chacun, écrit Spinoza, est «maître de ses propres réflexions par un droit supérieur de Nature », personne «ne peut abandonner sa liberté de penser et de juger ce qu’il veut» (Traité théologico-politique, chap. XX). Même si l’on peut reconnaître que « certains inconvénients peuvent parfois naître d’une telle liberté », il faut rappeler qu’aucune institution, même la plus sage, n’est sans inconvénient. Mais surtout,
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