Programme Usages des médias sociaux : Enjeux éthiques et ...

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Mark Knol eagle.detail.02 http: // Programme Usages des médias sociaux : Enjeux éthiques et politiques ACFAS 10 mai 2011 Cet événement est rendu possible grâce au soutien financier de la Faculté de communication, de l'École des médias et du Département de communication sociale et publique de l'UQAM
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  • enjeux des médias sociaux dans l'identification des territoires picards
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Mark Knol eagle.detail.02 http://www.flickr.com/photos/markknol/3976193367









Programme
Usages des médias sociaux :
Enjeux éthiques et politiques

ACFAS
10 mai 2011















Cet événement est rendu possible grâce au soutien financier de la Faculté de
communication, de l’École des médias et du Département de communication sociale et
publique de l’UQAM


Présentation

La sphère publique est aujourd'hui traversée par un recours massif aux
médias sociaux : depuis cinq ans, l’usage de ces plateformes participatives a
explosé et leurs utilisateurs se comptent désormais par millions. L'expression
« médias sociaux » désigne un type d'applications ancrées dans les plateformes
Web 2.0, notamment les blogues ou micro-blogues (ex. Twitter), les projets
collaboratifs en ligne (ex. Wikipedia), les sites de réseaux sociaux (ex. Facebook),
les sites d'échanges de contenus (ex. YouTube) et les mondes sociaux immersifs
(ex. Second Life). Ces espaces permettent l'expression directe des usagers, que ce
soit en leur qualité de citoyen ou de consommateur, mais aussi à titre plus
personnel à travers les interactions quotidiennes et la recherche de divertissement
ou d'information, par exemple. Les médias sociaux deviennent ainsi des lieux
d'information, de jeu, de contact et de communication, mais aussi d'expression
culturelle, de création identitaire, de collaboration, de contribution, de co-création
et d'échange de biens informationnels.
Ce colloque se propose d'identifier et d'analyser les principaux enjeux de
nature éthique et politique liés à l'utilisation massive des médias sociaux dans les
pratiques d'information et de communication des individus, des groupes et des
organisations dans les sociétés contemporaines. S'agit-il effectivement de nouveaux
espaces publics pluriels pouvant concurrencer l'espace occupé jusqu'ici par les
médias traditionnels? Y a-t-il des règles et des normes éthiques, formelles ou
informelles, qui se mettent en place pour réguler ces nouveaux flux médiatiques?
Comment s'articule l'expression des amateurs à celle des professionnels dans ces
nouveaux univers communicationnels?
Les responsables du colloque « Usages des médias sociaux : enjeux éthiques
et politiques » ont donc réuni chercheurs et spécialistes de diverses disciplines
(communication, sociologie, anthropologie, philosophie, sciences politiques,
gestion, etc.) afin de porter une attention particulière aux problématiques qui
émergent quant aux implications éthiques et politiques de l’utilisation des médias
sociaux.
Comité organisateur Comité scientifique
Mélanie Millette Lorna Heaton
Josianne Millette Florence Millerand
Mary Jane Kwok Choon Mélanie Millette
Serge Proulx Serge Proulx
Julien Rueff
Horaire

9h00 à 10h15
Conférences d’ouverture Salle NIC-1
10h15 à 10h30
Pause Café
10h30 à 12h30 Bloc A
Panel 1 – Formats de socialisation et Salle JOHN-
médias sociaux 102
Panel 2 – Répertoires médiatiques : Salle JOHN-
nouveaux rapports au territoire 103
Panel 3 – Cybersurveillance : entre
Salle NIC-1
contrôle et pratiques de résistances
12h30 à 14h00 Lunch (Libre)
14h00 à 15h30 Bloc B
Panel 1 – Information, sphère Salle JOHN-
citoyenne et Web participatif 102
Panel 2 – TIC : Espaces de médiation Salle JOHN-
discursive et symbolique 103
Panel 3 – Éthique, déontologie
Salle NIC-1
professionnelle et médias sociaux
15h30 à 15h45 Pause Café
15h45 à 17h45 Bloc C
Panel 1 – Journalisme et médias Salle JOHN-
sociaux 102
Panel 2 – Démocratie, participation SalleJOHN-
politique et médias sociaux 103
Panel 3 – Visibilité et reconnaissance
Salle NIC-1
des contributeurs
17h45 Conférence de clôture Salle NIC-1
18h30 Salle NIC-1
Cocktail

2 Ouverture
9h00 – 9h30
Médias sociaux : l’affirmation d’une culture de la contribution
Serge Proulx
9h30 à 10h15
L’économie de la visibilité sur Internet
Dominique Cardon

3 Conférences

Bloc A – 10h30 à 12h00
Panel 1 – Formats de socialisation et médias sociaux
Réseaux sociaux virtuels et cadres mouvants : « Facebook, quand tu nous tiens »
Anabelle Klein, Université de Namur, GRICI

Le Web social se caractérise, entre autres, par la multiplicité des réseaux sociaux virtuels.
Parmi ceux-ci, Facebook, qui, en quelques années, est devenue l’immense interface que nous
connaissons (500000000 de membres). Ce processus de tentacularisation s’accompagne d’une
diversification grandissante des dispositifs et des fonctionnalités de Facebook. En effet, en pleine
logique du Web 2.0, Facebook a progressivement rapatrié en son sein des dispositifs qui étaient
auparavant plus autonomes. Ainsi, on y trouve des sites de rencontres, espaces personnels et privés,
forums et groupes divers.
S’il est utile d’étudier ce phénomène d’intermaillage et d’entrelacement qui en constitue
l’une des spécificités, nous avons choisi pour cette communication de nous pencher sur le terrain
interpersonnel, à l’exclusion des autres fonctions remplies par Facebook. À partir de quelques cas
concrets, nous analyserons les enjeux éthiques et les implications en termes communicationnels et
psychologiques du dispositif mis en place.
En particulier, nous montrerons les risques liés aux transformations de nos relations
interpersonnelles fondées sur trois éléments : les ruptures de cadre d’interaction, l’explosion des
frontières entre sphère privée et sphère publique et enfin, l’interpénétration des espaces réels et
virtuels.

Collaborer dans un environnement immersif : Interactions sociales et nouvelles
formes de communication
Philippe Bonfils et Sylvie P. Alemanno, Université Sophia-Antipolis, I3M
Nous proposons dans cette communication de nous intéresser aux nouvelles formes de
communication offertes par les environnements immersifs dans des contextes collaboratifs à
distance notamment professionnels. Dans ces nouveaux dispositifs numériques, l’utilisateur est
généralement représenté par un personnage 3D que l’on nomme avatar. La personnalisation des
caractéristiques de celui-ci offre à l’utilisateur de riches variations sémiotiques et symboliques. Face
à de nombreux choix et plusieurs stratégies de représentation de soi plus ou moins réalistes, l’avatar
se révèle alors pour l’utilisateur d’environnements immersifs un support d’identité numérique
dynamique et potentiellement multiple. Dans de précédents travaux de recherche (Bonfils, 2007),
nous avons notamment démontré à partir de la notion goffmanienne de « face » que l’usage
d’avatars avait un impact dans les contextes sociaux collaboratifs à distance. En effet, il participe des
rites d’interactions en se révélant un masque propice à différentes situations publiques ou privées de
médiation entre acteurs de communautés virtuelles. Partant de ce constat, nous souhaitons ici
analyser la transposition de ces processus communicationnels fortement sociaux à des
contextes collaboratifs organisationnels. Nous souhaitons ainsi confronter notre approche
théorique de ces nouveaux médias sociaux, fondée sur un paradigme interactionniste, aux
dynamiques relationnelles des environnements sociaux-professionnels, où les rapports de pouvoirs
et la gestion de conflits sont exacerbés, les processus de construction d’identité collective moins
spontanés que dans les communautés de partage de valeurs, et où les implications éthiques
émergeantes sont susceptibles de redéfinir un nouvel espace public.
4 Le jeu de la participation : nouvelles formes sociales d’échange sur les plateformes
Web 2.0
Elodie Crespel, Université de Montréal, LabCMO

Les vidéos en ligne ne se limitent pas à être vues, elles sont commentées, notées, partagées,
téléchargées et modifiées. Il devient de plus en plus commun de voir une vidéo ailleurs que sur le
site où elle a été mise en ligne. Ainsi, les vidéos circulent sur les blogues et les sites de réseaux
sociaux grâce aux échanges sociaux des internautes. Comment appréhender les différentes pratiques
des individus regardant et partageant des vidéos sur Internet?
Les règles du jeu de l’échange de contenu ne sont pas explicites, c’est-à-dire qu’elles ne
sont pas dictées par les concepteurs des sites, mais elles émergent des interactions quotidiennes des
internautes. Nous explorerons comment le concept de jeu, en particulier ses caractéristiques
ludiques et ses règles, est un outil conceptuel essentiel dans la compréhension des pratiques en
ligne. Non seulement, il permet de cerner les nouvelles formes d’échanges sociales sur les
plateformes Web 2.0, mais il permet également d’intégrer l’acquissions des compétences sociale et
technique aux plaisirs ludiques que procurent ses échanges. Ainsi, une compréhension des
pratiques des médias sociaux dans la vie de tous les jours permet de mieux cerner les implications
éthiques et politiques de leurs utilisations.
5 Panel 2 – Répertoires médiatiques : nouveaux rapports au territoire
Allaitement et forums Web : vers de nouvelles formations discursives?
Nathalie Grandjean, Université de Namur, CITA, FUNDP

En s’intéressant aux discours de promotion de l’allaitement maternel, on remarque
l’existence d’une formation discursive, telle que Foucault a pu la décrire en termes de biopouvoir,
agissant comme un ensemble de comportements et de conduites normalisées à une population bien
spécifique (Bardon, 2010). Les discours de promotion de l’allaitement maternel utilisent diverses
stratégies, dont la culpabilisation, pour assurer l’adhésion des jeunes mères à cette pratique.
Depuis la naissance et la démocratisation du Web, les forums de discussion à propos de
l’allaitement maternel sont nombreux et fréquentés. Je m’interroge dès lors, en tant que philosophe,
sur les conditions de reproduction et d’intériorisation de cette norme de nourrissement dans ces
espaces virtuels d’échanges. On peut observer, en effet, en utilisant une méthode de
« netnographie », que la majeure partie des posts est consacrée à des questions très techniques.
Même promu comme « naturel », l’allaitement a besoin de beaucoup de soutien pour exister et
perdurer. Une moindre partie est par ailleurs consacrée à des discussions plus idéologiques autour
de l’allaitement. C’est dans ces discussions que les normes autour de l’allaitement se construisent et
se mettent à l’épreuve entre forumeuses.
Différentes questions surgissent quant au statut et au rôle de ces communautés virtuelles :
font-elle office de « groupe de soutien » (tels que souhaités par la Leche League), qui compenserait
une absence de soutien social et familial ? Ou, comme le dit Hugues Bardon (2010), les forums de
discussion, s’ils permettent de normaliser les comportements d’allaitement des mères, ouvrent-ils en
fait la voie à un « exercice immanent de la discipline » (Hardt et Negri, 2000), en laissant croire aux
mères qu’elles choisissent librement cette pratique ? Nous tenterons de problématiser ces différentes
hypothèses.

David contre Goliath : le paradoxe des réseaux sociaux de proximité. Réflexions à
partir du cas du Mur Mitoyen.
Guillaume Blum, Université du Québec à Montréal (ESG), LabCMO et Antoine Roy-
Larouche, Mur Mitoyen

Les réseaux sociaux ont à peine une dizaine d’années d’existence, et nous constatons déjà
l’émergence d’un nouveau type de réseaux sociaux à vocation locale, que nous qualifierons de
réseaux sociaux de proximité.
La majorité des acteurs et analystes du secteur montrent l’importance d’une information
localisée, celle-ci possédant à la fois une valeur pour l’utilisateur, les annonceurs ainsi que le
fournisseur de service. L’enjeu est de plus en plus important avec la multiplication des téléphones
intelligents et l’émergence du marketing local. L’utilisation de ces informations locales représente
probablement l’une des prochaines grandes avancées des réseaux sociaux.
Pourtant, malgré leurs moyens importants (financier, réputation, nombre d’utilisateurs), les
grands réseaux sociaux peinent à intégrer cette dimension locale, au bénéfice de ces petits réseaux
de proximité.
Il y a là un paradoxe à ce que de petits organismes s’approprient cette dimension locale
alors que les réseaux sociaux globaux disposent déjà de l’attention des utilisateurs et d’une
économie d’échelle en terme de coût de fonctionnement.
Dans cet article, nous chercherons à déterminer les causes de ce paradoxe, ainsi que les
conditions d’émergence de réseaux sociaux de proximité à travers l’étude de l’un d’entre eux. Il
s’agit du cas du Mur Mitoyen, un calendrier en ligne mettant en valeur les événements culturels,
scientifiques et citoyens de la région métropolitaine de Montréal de la manière la plus conviviale et
ouverte possible.

6 Les enjeux des médias sociaux dans l’identification des territoires picards : une
approche par le genre
Virginie Juillard, Université de Technologie de Compiègne, COSTECH et Hélène
Bourdeloie, Université Paris 13, COSTECH
Cette communication se propose d’étudier les nouvelles formes de médiation politique qui
s’observent dans les médias sociaux, notamment à travers la question de l’appropriation genrée du
territoire. Il appert que les médias sociaux sont très largement mis à profit par les régions qui
encouragent ou manifestent là une identification au territoire. L’identité se constitue au croisement
de l’assignation (l’identité telle qu’elle est assignée) et de l’appropriation (les individus «travaillent»
1les identités sociales qu’ils reçoivent ). La construction identitaire s’opère donc au niveau individuel
et social. Si une collectivité locale veut encourager l’identification au territoire, elle se doit de
l’accompagner. C’est ce que fait le Conseil Régional de Picardie depuis plusieurs années à travers
des plans d’action qui s’appuient sur des dispositifs d’écriture numérique. La Mission des services
aux publics de la région a ainsi déployé l’encyclopédie en ligne Picardia (un wiki) qui encourage la
production « participative » de contenus relatifs à la région. Le Comité régional de tourisme a par
ailleurs déployé le site Esprit de Picardie qui invite les habitants, via son blogue, à promouvoir la
région. Du côté de la société civile, des individus et associations ont investi des médias sociaux tels
2que Facebook pour affirmer un attachement à la région . En conjuguant analyse sémiotique et
analyse sociologique, on s’interrogera ici plus particulièrement sur la manière dont s’opère
l’identification au territoire dans ces réseaux et si cette identification est genrée.
_______
1. F. de Singly, « La place variable du genre dans l’identité personnelle », in M. Maruani, Femme, Genre et
société, l’Etat des savoirs, Paris, La découverte, 2005, p. 48-51.
2 Plusieurs groupes, comme Touche pas à ma Picardie !, se sont ainsi constitués en réaction à un projet de
dissolution de cette région.

Panel 3 – Cybersurveillance : entre contrôle et pratiques de résistance
Web 2.0 et société de contrôle
André Mondoux, Université du Québec à Montréal

Au cours de travaux précédents (Mondoux 2007, 2009), nous avons abordé comment la
dynamique des médias socionumériques comprenait une dimensions de banalisation de la
surveillance, à commencer par la logique marchande de profilage marketing au cœur même de la
raison d’être d’un service comme Facebook. Cette banalisation porte à conceptualiser que, n’étant
plus sous un régime explicitement idéologique à la Big Brother, nous serions plutôt dans une
dynamique de société de surveillance, c’est-à-dire que cette dernière est également
reconduite/(re)produite par les individus eux-mêmes puisque la surveillance est étroitement intégrée
à même le lien social. Pour démontrer cette dynamique socio-historique, nous analyserons sous cet
angle l’émergence des LBSN (Location Based social Network), soit l’intégration de données de
géolocalisation (GPS) en tant que nouvelle dimensions qu’ont les usagers «pour se dire». Non
seulement, aux pratiques d’auto-expression des usagers (qui je suis/mon identité) s’intègrent
désormais la divulgation de leur position géographique précise (avec intégration d’images
satellitaires) créant ainsi une représentation « concrète » (en apparence non
symbolique/idéologique) du monde; mais ce monde est balisé non plus par des repères naturels ou
communaux, mais bien par les choix préconfigurés offerts aux usagers, soit les entreprises
commerciales situés près d’eux (« Je suis au Café de l’écluse/Supermarché Boni/Les disques H&V »,
etc.).
7 Entre émancipation de soi et contrôle social
Dominique Carré, Université Paris 13, LabSic – MSH Paris Nord et Robert Panico, IUT de
Valence, LabSic

À l’heure de l’usage quasi frénétique de « l’Internet social », celui des blogues, des réseaux
sociaux et autres tweets… nous avons insisté sur la nécessité de disposer d’un nouveau cadre
conceptuel afin de mieux appréhender la dimension info-communicationnelle du contrôle social.
Ce dernier, qui longtemps s’est alimenté au seul fichage administratif – au point d’y être pour
beaucoup identifié – repose désormais et de plus en plus sur ce que nous avons nommé l’affichage
de soi et son corollaire la traçabilité (Carré, Panico, 2010-a). Contrôle social exercé par des tiers de
nature de plus en plus variée et bien souvent non autorisés…, il se diffuse largement hors du droit,
subtilement enchâssé dans des activités perçues à court terme comme à (très) forte valeur ajoutée
par ceux sur qui il s’exerce, et nourri de l’assiduité consentie avec laquelle les individus usent des
nouveaux espaces d’échanges (de type Facebook, MySpace, Twitter…) et des nouvelles formes
d’échanges qu’encouragent ces espaces (Carré, Panico, 2010-b).
Afin de poursuivre notre réflexion, nous voudrions étudier dans cette communication la
manière selon laquelle les nouvelles formes d’échanges sociaux, qui s’inscrivent le plus souvent
entre stratégie d’anonymat et médiatisation de soi, et qui conduisent au contrôle en même temps
qu’elles gratifient, sont perçues, vécues dans l’ordinaire du quotidien. Plutôt que de postuler un
usage régressif du Net, potentiellement répressif, des comportements insoucieux de préserver la
séparation entre l’intime, le privé, le personnel, le public et, ce faisant, s’empêcher de comprendre
ce qui se joue là, du côté du vivre ensemble et donc du politique, nous voudrions repérer, analyser,
évaluer dans ces pratiques de l’échange les signes d’émergence d’une « éthique » nouvelle du lien
social pour le moins en recomposition. Cette éthique, loin d’être portée par la seule idée d’une
émancipation vis-à-vis des autorités morales et politiques, pourrait reposer sur une conscience
accrue des individus d’appartenir à un soi collectif (au demeurant, qui ne soit pas une organisation :
syndicat, parti, église… mais autre chose) ; et dont la puissance d’agir, nourrie de la présence
ininterrompue de l’autre numérique et du sentiment constant d’être vu, aurait pour effet de se sortir
de l’emprise d’un regard panoptique en imposant un autre regard panoptique. L’affaire Wikileaks,
les événements tunisiens en sont chacun des exemples.
Qu’on puisse concilier, sans rien éradiquer, déterminisme sociotechnique et liberté
individuelle… Cela Foucault après Bentham ne l’avait pas envisagé. De même qu’Orwell.

Le pouvoir d’usage des réseaux socionumériques : entre la prise de parole des
« sans parole » et la marchandisation du lien social
Mary Jane Kwok Choon, Université du Québec à Montréal, LabCMO et
Serge Proulx, Université du Québec à Montréal / Télécom ParisTech, LabCMO et GRM

Le foisonnement des sites de réseaux socionumériques (RSN) confère à l’usager une
position relative de producteur de contenus. Ces sites favorisent l’émergence de pratiques
expressives telles que le bricolage identitaire, le partage de vidéos ou de photographies, l'échange
d'informations ou d'opinions, voire: la participation à des débats publics (plutôt locaux, parfois plus
larges). Pendant que certains analystes postulent une « libération des subjectivités » quant à
l’expressivité accordée à l’utilisateur, force est de constater que les firmes propriétaires de ces
plateformes pratiquent un prélèvement de données à travers l’exercice d’une surveillance
organisationnelle des gestes des utilisateurs. Ces mécanismes de captation capitalistique des
données opèrent selon une logique de contrôle s'appuyant sur une fragmentation des éléments
identitaires des internautes: ces derniers deviennent assujettis aux contraintes logicielles des
dispositifs. Ces sites RSN deviennent emblématiques de la « société de contrôle ».
Paradoxalement, l’un des styles d’interactions observables sur ces plateformes concerne les
pratiques militantes. Il s'agirait d'un paradoxe dans la mesure où cette économie de la contribution
favoriserait l'acceptation du contrôle social tout en offrant des moyens inédits pour résister à l'ordre
social. Nous discuterons de la pertinence d'une telle analyse paradoxale car il s'agit peut-être, en
l'occurrence, de la mainmise d'un système de récupération marchande. Cette communication
8