septembre - décembre 2011

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septembre - décembre 2011
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septembre - décembre 2011t
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cALeNdrIer
cALeNdrIer
sALON edU 5 septembre AU 17 septembre terres ArbItrAIres (2 m OUvemeNt) mAI sON p OpULAIre
NUmérIQUe
AteLIer
dU 12 AU 16 septembre pO rtrAIts v IdeO mAI sON p OpULAIre
scOLAIre
brUNcH
sAmedI 17 septembre à 11 H 30 des terrItOIres à exp LOrer mAI sON p OpULAIre
NUmérIQUe
sUN IN YOUr
LUNdI 19 septembre de 18 H à 22 H LA mI se à m Ort d U tr AvAIL mAI sON p OpULAIre
HeAd
Lettres de NON-m O I A ION - JULI N I U
expOsItION dU 8 AU 15 OctObre mAI sON p OpULAIrecOLL ectIf ex It
mercredI 21 et mercred I 28
mAstercLAss AteLIer de c HANt g ALLO mAI sON p OpULAIreseptembre de 20 H à 22 H
cON cert mercredI 28 septembre à 20 H 30 YAs ANd tH e L IgHtmOtIv / N IcOLAs J OsepH mAI sON p OpULAIre
pLAteAU tv "pOUrQUOI rIeN pLUtÔt QUe
évéNemeNt sAmedI 1er OctObre mAI sON p OpULAIretOUt ?"- NUIt b LANcHe
prOJet
d’ OctObre 2011 à m AI 2012 HArdwAre HAckINg mAI sON p OpULAIre
scOLAIre
prOJet
d' OctObre 2011 à m AI 2012 dessINs ANImés mAI sON p OpULAIre
scOLAIre
dU 3 OctObre AU 21 NOvembre
AteLIer mON tAge v IdéO mAI sON p OpULAIrede 19 H à 22 H
expOsItION dU 5 OctObre AU 10 décembre pLU tÔt QUe t OUt… mAI sON p OpULAIre
dU 5 OctObre AU 9 NOvembre
AteLIer INItIAtION à L'INfOrmAtIQUe mAI sON p OpULAIrede 17 H 30 à 19 H 30
dU 5 OctObre AU 4 JANvIer
AteLIer INfOgrApHIe et f LAsH mAI sON p OpULAIre de 19 H à 22 H
AteLIer
sAmedI 8 OctObre de 14 H à 17 H re-créAtIONs mAI sON p OpULAIre
fAmILIAL
ce QUI f Orce mAIN s d'ΠUvres
mArdI 11 OctObre à 20 H cHAO smOse de féLIx gUA ttArI
(s AINt-OUeN)à pe Nser…
sUN IN YOUr
mercredI 12 OctObre à 20 H L'HYpOtHèse d U mO kéLé- mbembé mAI sON p OpULAIre
HeAd
veNdredI 15, s AmedI 16, d ImANcHe pO rtes OUvertes des AteLIers évéNemeNt mAI sON p OpULAIre
17 OctObre d’ ArtIstes
AteLIer
sAmedI 15 OctObre de 14 H à 17 H re-créAtIONs mAI sON p OpULAIre
fAmILIAL
dU 17 OctObre AU 16 JANvIer
AteLIer créer UN s Ite web mAI sON p OpULAIrede 19 H à 22 H
sALON
dU 19 OctObre AU 22 NOvembre cY cLOpHONes mAI sON p OpULAIre
NUmérIQUe
pALAIs de t OkYO (p ArIs)
évéNemeNt sAmedI 22 OctObre à 14 H 30 A OU HO I ALI
mAI sON p OpULAIre
pALAIs de t OkYO (p ArIs)
évéNemeNt sAmedI 22 OctObre à 17 H LA AU "A LO ALLY !"
mAI sON p OpULAIre
brUNcH
sAmedI 22 OctObre à 11 H 30 QU LLe p LAce de LA tec HNIQUe d ANs L'Art ? mAI sON p OpULAIre
NUmérIQUe
AteLIer dO It sAmedI 22 OctObre de 13 H 30 à sQUI sHY c IrcUIts mAI sON p OpULAIre16 H 30YOUrseLf
2
ct tv te
tés sp rs rc
révcALeNdrIer
AteLIer
sAmedI 22 OctObre de 14 H à 17 H mAI sON p OpULAIrere-créAtIONs
fAmILIAL
cINemA Le me LIesécrAN pHILO mercredI 26 OctObre à 20 H 30 L’Art br Ut
(m ONtreUIL)
cON cert veNdredI 28 OctObre à 20 H 30 mAI sON p OpULAIreLA tI pIcA sANA tA / NOcIf sOUN d sY stem
dU 3 NOvembre AU 8 décembre AteLIer mAI sON p OpULAIreINItIAtION à L'INfOrmAtIQUede 14 H à 16 H
résIdeNce de m AI 2011 à m AI 2012 mAI sON p OpULAIrerH eUm m ObILe
ce QUI f Orce mAIN s d'Œ UvresmArdI 8 NOvembre à 20 H cHAO smOse de féLIx gUA ttArI
(s AINt-OUeN)à pe Nser…
cINemA Le me LIesécrAN sOcIAL mercredI 9 NOvembre à 20 H 30 Let eA cH ONe gO wH ere He mAY
(m ONtreUIL)
dU 10 NOvembre AU 12 JANvIer de AteLIer mAI sON p OpULAIrecON ceptION gr ApHIQUe19 H à 22 H
AteLIer
dU 14 NOvembre AU 22 NOvembre mAI sON p OpULAIredessINer Avec LA LUmIère
scOLAIre
cON cert veNdredI 18 NOvembre à 20 H 30 mAI sON p OpULAIrefO wAtILe / pULLA
brUNcH
sAmedI 19 NOvembre à 11 H 30 mAI sON p OpULAIrecerveAU ≠ c ONtrÔLe
NUmérIQUe
AteLIer dO It sAmedI 19 NOvembre mAI sON p OpULAIrefrUIts be NdINgde 13 H 30 à 16 H 30 YOUrseLf
L’UNIversALIsme c HrétIeN et ses Héré- cINemA Le me LIesécrAN pHILO mercredI 23 NOvembre à 20 H30 sIes, OU JOUer d ANs L’Herbe Le temps
(m ONtreUIL)QUI reste
cAbAret veNdredI 25 NOvembre à 20 H 30 mAI sON p OpULAIrecA bAret mAI sON #1
dU 30 NOvembre AU 9 m AI Les esse NtIeLs de L'INfOrmAtIQUe et de AteLIer mAI sON p OpULAIre
de 17 H 30 à 19 H 30 L'INterNet
ce QUI f Orce mAIN s d'ΠUvres
mArdI 6 décembre à 20 H cHAO smOse de féLIx gUA ttArI
(s AINt-OUeN)à pe Nser…
cON cert veNdredI 9 décembre à 20 H 30 vI vA ANd tH e dI vA / pILO t mAI sON p OpULAIre
mAI sON p OpULAIre
évéNemeNt sAmedI 10 décembre pA rcOUrs est
et 2 AUtres LIeUx
cINemA Le me LIes
écrAN pHILO mercredI 14 décembre à 20 H30 LA p AssION de L’âNe
(m ONtreUIL)
cON cert veNdredI 16 décembre à 20 H sU gAr IN pepperLANd mAI sON p OpULAIre
brUNcH
sAmedI 17 décembre à 11 H 30 des v ILLes s OcIALemeNt c ONNectées mAI sON p OpULAIre
NUmérIQUe
AteLIer dO It sAmedI 17 décembre vgHAck mAI sON p OpULAIrede 13 H 30 à 16 H 30 YOUrseLf
3ce QUI fOrce à peNser...
ce QUI fOrce à peNser...
cHAO smOse de fe LIx g UAttArI
UNe LectUre c OLLectIve
Entrée libre
mA rdI 11 OctObre à 20 H
pages 11-41
De la production de subjectivité
mA rdI 8 NOvembre à 20 H
pages 41-71
De la production de subjectivité
L’hétérogénèse machinique
mA rdI 6 décembre à 20 H
pages 72-108
L’hétérogénèse machinique
Métamodélisation schizoanalytique
à Mains d’Œuvres
1 rue Charles Garnier 93400 Saint -Ouen
www.mainsdoeuvres.org - 01 40 11 25 25
veNdredI 20 JANvIer à 20 H
veNdredI 17 févr Ier à 20 H
veNdredI 16 m Ars à 20 H
à la Maison populaire
Coordination Pascale Criton avec Anne Sauvagnargues et Anne Querrien
La revue Chimères, fondée par Gilles Deleuze et Félix Guattari, la Maison Populaire (Montreuil) et
Mains-d’Œuvres (Saint-Ouen) proposent une lecture publique et collective du livre Chaosmose, écrit
par Félix Guattari en 1992.
Ouverte à tous, cette « lecture partagée » se déroulera au cours de la saison 2011-2012, au rythme d’un
rendez-vous par mois, d’octobre 2011 à mars 2012. Il s’agit, dans un esprit de rencontre et de transver-
salité, de mener cette lecture ensemble et de mettre en commun nos points de vue et nos expériences.
Qu’est-ce que Chaosmose met en question, qu’est-ce que cela mobilise intellectuellement et pratique-
ment dans nos vies et nos différents domaines ?
Le paradigme esthétique proposé par Guattari traverse tout autant le social (le soin, l’écologie de l’esprit),
l’artistique (autonomisation des signes, production de sens), que le politique (réseaux, subjectivations,
manières d’être ensemble). Il s’agirait donc de mettre en résonance ces trois temps de la vie, de voir com-
ment ils s’interpénètrent et produisent de nouvelles réalités, de nouveaux territoires existentiels selon
l’expression de Guattari. Nous voudrions dans ce processus faire une large place aux pratiques de terrain
et provoquer des temps de rencontres transversales.
Chaque séance se fera autour de la lecture d’une trentaine de pages et sera introduite par deux invités
venant de domaines différents : clinique, artistique, sociale et politique. Ces “points de vue’” seront suivi
d’un débat ouvert avec le public et ponctués d’interventions d’artistes.
Les échanges de chaque séance seront mis en ligne sur les sites des deux lieux.
A l’issue de cette lecture, un numéro de la revue Chimères rendra compte des thématiques et
débats qui auront scandé ces rencontres.
4ce QUI fOrce à peNser...
A propos du paradigme esthétique
« La singularité, la fnitude est quelque chose qui est au cœur de notre existence. Le problème se pose
d’aller saisir la singularité de l’autre sans rentrer dans un rapport d’identifcation, de sujétion, et d’être
là ami d’un processus possible, — un processus qui ne se réfère pas à des universaux de la subjectivité
comme les complexes freudiens ou les mathèmes de l’inconscient lacanien, mais qui forge sa propre car-
tographie, sa propre métamodélisation, et qui permet à l’individu, suivant les situations, de reconstituer
des territoires existentiels là où il était dans l’angoisse, dans la déréliction, de reforger des rapports au
monde, une possibilité de vivre.
C’est une activité qui se veut non-modélisante, et qui est beaucoup plus sous l’égide d’un paradigme
esthétique que d’un paradigme scientifque. Il s’agit à chaque fois, dans une cure, de forger une œuvre
singulière. Les artistes sont, surtout depuis les grandes ruptures conceptuelles introduites par Marcel
Duchamp, John Cage et d’autres, ceux qui travaillent sans flet, sans base, ils n’ont plus de normes tran-
scendantes et travaillent l’énonciation même du rapport esthétique. Ils forment le noyau le plus coura-
geux dans ce rapport de créativité, mais ils ne sont pas seuls : les enfants à l’âge de l’éveil au monde, les
psychotiques, les amoureux, les gens qui sont atteints par le sida, les gens qui sont en train de mourir,
etc., sont dans un rapport chaosmique au monde. Les artistes forgent des instruments, fraient des circuits
pour pouvoir affronter cette dimension “Qu’est-ce que je fais là ? Qu’est-ce que c’est que cette planète ?
À quoi je peux me raccrocher ?”. À rien de transcendant : tu peux te raccrocher au processus immanent
de créativité.
Le paradigme esthétique, en dehors de la production d’œuvres esthétiques, est quelque chose qui tra-
vaille aussi bien la science que la pédagogie, l’urbanisme, la médecine ou la psychiatrie, parce que c’est
cette méthodologie même, cette méthodologie existentielle, cette micropolitique existentielle qui est
élaborée, travaillée, creusée par cette perspective esthétique. »
Felix Guattari
5cINémA-v IdeO
cINémA - v IdeO
sUN IN YOUr HeAd
À la Maison populaire
Entrée libre
LUNdI 19 septembre de 18 H à 22 H
LA mI se à m Ort d U tr AvAIL (France, 2009, partie I, 1h43, partie II, 1h03)
Série documentaire de Jean-Robert Viallet, suivie d’une rencontre avec Alice ODIOT, journali-
ste, et Maia Fastinger, artiste Collectif EXIT.
Résumé de la première partie
Dans un monde où l’économie n’est plus au service de l’homme mais l’homme au service de l’économie,
les objectifs de productivité et les méthodes de management poussent les salariés jusqu’au bout de leurs
limites. Jamais maladies, accidents du travail, souffrances physiques et psychologiques n’ont atteint un
tel niveau. Les histoires d’hommes et de femmes que nous rencontrons chez les psychologues ou les
médecins du travail, à l’Inspection du Travail ou au conseil de prud’hommes nous révèlent combien il est
urgent de repenser l’organisation du travail.
Résumé de la deuxième partie
Alors que la crise fait vaciller le capitalisme fnancier, La Dépossession raconte l’extraordinaire pouvoir
des actionnaires sur le travail et les travailleurs. L’histoire nous transporte d’une usine Fenwick – un
fabricant industriel de matériel de manutention implanté dans le centre de la France – jusqu’aux arcanes
de la fnance new-yorkaise. Petite entreprise française née il y a 150 ans, Fenwick est racheté en 2006
par l’un des fnanciers les plus redoutés des États-Unis, Henry Kravis. Un homme à la tête du fonds
d’investissement KKR, dont les ventes annuelles dépassent celles de Coca-cola, Disney et Microsoft cu-
mulées. Avec ce rachat, pour les salariés français de Fenwick, la donne va radicalement changer. Cette
même histoire se déroule dans des dizaines de milliers d’entreprises à travers le monde…
Cette projection s’inscrit dans la programmation « CAIRN …Et cetera », proposé par le Collectif
EXIT du 8 au 15 octobre 2011, à Montreuil.
À chaque étape de création, puis de diffusion de Cairn, le Collectif EXIT met en place des es-
paces, tendant à questionner la place de l’individu dans le monde du travail, et ses représen-
tations dans l’art.
mercredI 12 OctObre à 20 H
L'HYpOtHèse d U mO kéLé- mbembé de mA rIe vOI gNIer
Une collaboration avec Khiasma dans le cadre de sa programmation "Hanthologie des colonies"
Depuis quelques années, Marie Voignier déplace - au sein de ses flms - la lisière entre la réalité et la
fction. Dans sa nouvelle vidéo, L'hypothèse du Mokele-mbembe, tournée au Sud du Cameroun elle est
partie en quête d'un animal inconnu de la zoologie...
Marie Voignier a accompagné Michel Ballot dans son périple. Juriste à Nie, il a renoncé à sa carrière pour
endoser le rôle d'explorateur. Sa décision et son destin, a priori incroyables, participent à l'étrangeté du récit.
"Le Mokele-mbembe, animal terrifant qui ressemble à un dinosaure, est présent dans les récits des Pyg-
mées Baka depuis plus de deux siècles. Cependant, son existence n'est pas reconnue scientifquement.
Aucun spécimen, aucun squelette ni aucune dent n'ont à ce jour été portés à la connaissance des zoolo-
gistes, qui ne croient pas en l'existence de cette espèce autrement que sur un plan mythologique.
Michel Ballot est quant à lui convaincu que les récits de cette région de l'Afrique ont un fond de vérité et
que cette bête existe bel et bien. Pour tenter de le prouver, il organise régulièrement des expéditions dans
les zones où elle aurait été aperçue.
J'ai proposé à Michel Ballot de faire un flm de l'une de ses expéditions. L'intention n'est surtout pas de
prendre parti pour ou contre l'existence du Mokele-mbembe ou de parvenir à la résolution de cette ques-
tion à la fn du flm. Le sujet du flm est la croyance : la croyance d'un homme dans sa quête ; la croyance
des Pygments dans cet animal ; et la croyance éprouvée du spectateur."
Marie Voignier
6cINémA-v IdeO
écrANs sOcIAUx
Au Cinéma Le Méliès
mercredI 9 NOvembre à 20 H
Let eA cH ONe gO wH ere He mAY
Documentaire de Ben Russell (États-Unis, Surinam, 2009, 2 h 15)
Projection suivie d’une discussion modérée par Le Peuple qui manque avec deux fgures euro-
péennes de l’anthropologie visuelle critique Alban Bensa et Johannes Fabian.
Une collaboration avec Khiasma dans le cadre de sa programmation "Hanthologie des colonies"
Première projection en salle depuis sa présentation au festival du Cinéma du réel
Réalisé au Surinam, le flm déconstruit les codes du cinéma ethnographique traditionnel en optant pour le
mystère et en faisant la part belle aux éléments naturels plutôt qu’à l’analyse et au commentaire. En suivant
le voyage de deux frères non identifés, il use d’une structure narrative linéaire mais peu conventionnelle
pour susciter la remémoration de faits historiques. Quittant la banlieue de Paramaribo, les frères traversent
lors de leur périple « le pays », ses rivières, un village de « marrons » (esclaves en fuite) et rejouent au présent
le trajet de la fuite de leurs ancêtres tentant d’échapper aux colons hollandais trois cent ans auparavant.
L’ombre de Jaguar plane sans doute au-dessus de Let Each One Go Where He May, évocation des com-
munautés noires qui se sont constituées à l’abri de la forêt, au Suriname. Le principe est le même : la
réalité humaine d’une terre se découvre à nous à travers le cheminement de deux frères. L’affliation à
Rouch est encore soulignée par l’insertion au coeur même du flm du court métrage Trypps # 6, clin d’oeil
à la « ciné-transe » – par le flmage en 16 mm et en longs plans-séquences caméra « à l’épaule ». Mais si
pour Jean Rouch la caméra ouvre une fenêtre sur l’Autre, dans un jeu de don et de contre-don, pour Ben
Russell, l’homme n’est que l’ombre de lui-même, prisonnier d’une histoire qui lui a été imposée. On ne
saurait flmer une identité confsquée qu’à travers les marques de sa confscation. Ses personnages ne se
déplacent pas dans le monde réel mais sur une scène. Le premier plan, image originelle s’il en fût, est à cet
égard exemplaire : plan d’ensemble, personnages au centre de l’image, dans un paysage composé d’une
forêt et d’une pièce d’eau, le cadre est typique des illustrations du XIXe siècle. De l’éveil des jeunes gens
à leur arrivée en ville (à leur disparition dans la cohue urbaine), nous nous déplaçons non dans le monde
réel, mais à l’intérieur de catégories de la géographie humaine (la nature, la campagne, la ville, la pollu-
tion) qui structurent et codifent notre perception de la réalité – et donc aussi la prétendue spontanéité
du plan rouchien. L’image aussi est une prison. Peut-on y échapper ?
Yann Lardeau
écrANs pHILO
Au Cinéma Le Méliès
Cycle conçu par la Maison populaire et organisé avec le Collège international de philoso-
phie et le cinéma Le Méliès, en collaboration avec l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et
l’Université de Kingston de Londres.
Présentation suivie d’une discussion avec la salle.
mercredI 26 OctObre à 20 H 30
L’Art br Ut
présenté par Barbara Safarova, présidente de l’association abcd et spécialiste de l’art brut,
directrice de programme au CIPh.
Film > Rouge Ciel de Bruno Decharme
Avec : Henry Darger, Gabriel Joaquim Dos Santos, Adolphe-Julien Fouré, Zdenek Kosek, Al-
exandre Lobanov, Helen Martins, Kunizo Matsumoto, Simon Rodia, George Widener, Purvis
Young.
7cINémA-v IdeO
Le Japonais Kunizo Matsumoto ne sait ni lire ni écrire, pourtant il invente une écriture aussi belle
qu’énigmatique. L’Américain George Widener mémorise les événements des 1500 dernières années et
prédit le futur, qu’il inscrit dans ses « carrés magiques ». Fernand Desmoulin, un graveur français, dessine
dans le noir, sa main guidée par « les esprits ». Le Tchèque Zdenek Kosek reste pendant des semaines à
l’affût derrière sa fenêtre sans manger ni dormir, notant tous les mouvements de l’extérieur, de peur que
le ciel n’engloutisse le monde s’il s’arrête de TOUT noter.
Rouge Ciel raconte l’histoire de ces artistes hors normes, souvent anéantis par la vie, qui sont parvenus à
se reconstruire grâce à la création artistique. Rouge Ciel tente aussi de comprendre pourquoi ces œuvres
de l’art brut, en apparence si éloignées de nous mettent pourtant en résonnance ce que nous avons de
plus intime.
mercredI 23 NOvembre à 20 H 30
L’UNIversALIsme c HrétIeN et ses HérésIes, OU JOUer
dANs L’Herbe Le temps QUI reste
présenté par Joëlle Marelli, philosophe, directrice de programme au CIPh.
Film > La Voie lactée, de Luis Buñuel (France, Allemagne de l’Ouest, Italie, 1969, 1h37)
avec Paul Frankeur, Laurent Terzieff, Delphine Seyrig, Édith Scob, Bernard Verley, Georges
Marchal, Pierre Clémenti, Julien Guiomar, Julien Bertheau, Michel Piccoli
Roadmovie rigoureusement contemporain d’Easy Rider. Récit de l’hégémonie chrétienne à partir de ce
qui lui a toujours manqué pour fonctionner tout à fait ; trajets de l’universalisme chrétien à partir de
ses hérésies ; cheminement dans la temporalité de la grâce à partir de sa fragmentation ; sondage dans
l’hétérogène de l’espace contemporain avec les niches et les échappées temporelles qui trouent son im-
médiate proximité, sa trivialité bariolée et sonore, poétique comme une autoroute de la fn des années
soixante dans le regard d’un surréaliste espagnol. Approches de l’intransigeance chrétienne depuis les
failles creusées par sa singulière ardeur (passive, patiente, violente, transitive, convertive) pour les âmes
humaines.
Un pèlerinage qui se déploie comme l’incomplet, implacable et tendre recueil des passions chrétiennes au
fl de la plus magistrale « critique interne » qu’on puisse imaginer.
Joëlle Marelli
mercredI 14 décembre à 20 H 30
LA p AssION de L’âNe
présenté par Pierre Lauret, philosophe, directeur de programme au CIPh.
flm > Au hasard Balthazar de Robert Bresson (France, 1966, 1h30)
avec Anne Wiazemsky : Marie, François Lafarge, Philippe Asselin, Nathalie Joyaut, Walter
Green, Jean-Claude Guilbert
L’âne Balthazar passe de maître en maître, et au long d’un chemin de croix, l’innocence de la bête révèle
les vices des hommes : orgueil, sensualité, passivité, cruauté, avarice, indifférence. La morale de la fable
serait un peu courte, si l’esthétique du cinématographe selon Bresson, pour déjouer l’artifce du jeu,
n’imposait à ses personnages un être-au-monde abrasé de toute intention. La passion de Balthazar su-
perpose ainsi trois régimes hétérogènes du sens : animalité, culture, extériorité. L’intentionnalité opaque
de l’animal, aussi indéniable qu’inaccessible, et son être saturé de sens par la culture du spectateur qui
l’investit de symboles mythologiques et évangéliques, dénoncent avec une douceur implacable l’absence
des personnages au sens de leurs conduites, marque de l’inhumanité d’un monde sans compassion.
Pierre Lauret
8expOsItIONs
expOsItIONsceNtre d'Art
dU 5 OctObre AU 10 décembre
verNIssAge Le m ArdI 4 OctObre à p ArtIr de 18 H
pLU tÔt QUe t OUt...
Art Orienté objet (Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin)
Commissaire invitée : Raphaële Jeune,
en collaboration avec le philosophe Frédéric Neyrat
Le centre d’art est ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 21 h, le samedi de 10 h à 16 h 30.
Fermé : dimanche, jours fériés et vacances scolaires.
Entrée libre
Visites commentées gratuites sur demande à l’accueil
Visites de groupe sur rendez-vous inscription à l’accueil au 01 42 87 08 68
Plutôt que tout… est un projet artistique qui interroge la responsabilité individuelle dans un monde
global. A travers un ensemble de propositions qui font intervenir autant une population montreuilloise
que celle d’une ville située à l’autre bout du monde, il met en scène une utopie qui brouille les échelles
de valeurs et les repères culturels.
Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin, sur le fond d’une requête épique – le classement d’un lac naturel
australien au Patrimoine mondial de l’Humanité – à laquelle ils veulent associer le public de la Maison
populaire, envisagent de produire un dispositif rayonnant depuis la salle d’exposition, vers la ville et
le monde, par le biais de différents médias. Ce dispositif réunira des œuvres aussi diverses qu’une pé-
tition, une série de vidéos, une programmation télé, un plateau de tournage de karaoké pour chansons
détournées, et une installation « défouloir » interactive. L’ensemble visant à susciter une mobilisation
autour de l’épiphénomène du Lac Clifton, qui n’est qu’un des symptômes d’une situation globale dev-
enue ingérable. Ils espèrent parvenir ainsi à une démonstration formelle où la formule bien connue du «
penser globalement, agir localement » se renverserait dans une prouesse ultime en « penser localement,
agir globalement ».
9Bio des artistes
Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin se sont réunis en 1991 pour créer Art Orienté objet. Artiste et metteur-en-
œuvre en dialogue permanent, ils sont passionnés par les sciences du vivant, et par celle du comportement en par-
ticulier : de l’éthologie à l’ethnopsychiatrie. Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin se sont réunis en 1991 pour créer
Art Orienté objet. Artistes et metteurs en œuvre en dialogue permanent, ils sont passionnés par les sciences du vivant,
particulièrement par celles du comportement : de l’éthologie à l’ethnopsychiatrie. Depuis quinze ans, ils ont réalisé de
nombreuses projections poétiques et étonnantes, fruits de leurs expérimentations, qui révèlent nos comportements
face à l’existence et à l’environnement. Leurs œuvres prennent des formes esthétiques variées (installation, objet, vi-
déo ou photographie), dans lesquelles on retrouve la marque d’une présence animale familière et d’une mise en scène
de leur propre existence. Ils ont participé à de nombreuses expositions internationales : Images du Futur, Montréal
1991 ; Sonsbeek, Arnhem 1993 ; le Nicaf, Yokohama, 1995 ; Copenhague’96 ; Aids Worlds, Genève 1998 ; Biennale de
Melbourne,1999 ; Biennale de Lyon, 2000 ; Biennale Art grandeur nature, La Courneuve, 2002 ; Art Biotech, Le Lieu
Unique, Nantes, 2003 ; Art Focus, Jérusalem, 2003 ; Arte religione, politica, PAC, Milan, 2005, Cynismes ? Biennale de
Québec, 2005...
http://www.artorienteobjet.com
pLU tÔt QUe t OUt... est le troisième volet d’une série de trois expositions conçues par Raphaële Jeune,
en collaboration avec le philosophe Frédéric Neyrat, comme tentatives d’explorer et d’éprouver les enjeux
de la notion de transformation aujourd’hui, telle que l’art la travaille et telle qu’il est travaillé par elle.
Commissaire et philosophe entretiennent un dialogue continu pour élaborer tout au long de l’année une
réfexion-action en lien avec les artistes et les œuvres, à partir de leurs recherches qui se rejoignent sur de
nombreux points, chacun ayant son mode d’approche spécifque : à-venir, devenir, pensée de la relation,
altération, critique du fux, écosophie, etc.
Raphaële Jeune est commissaire invitée au centre d’art de la Maison populaire en 2011.
Commissaire d’exposition indépendante, fondatrice de l’association Art to be, Raphaële Jeune a dirigé les deux pre-
mières éditions des Ateliers de Rennes - Biennale d’art contemporain, Valeurs croisées en 2008 et Ce qui vient en 2010
(catalogues aux Presses du réel). Elle vit actuellement à Rennes. Frédéric Neyrat est philosophe, enseignant, et a déjà
publié de nombreux ouvrages dont L’indemne (Sens et Tonka, 2008), Biopolitique des catastrophes (2008) et Clina-
men (à paraître en novembre 2011). Il collabore régulièrement aux revues Multitudes, Rue Descartes, RILI, etc. Il vit et
travaille à Lyon.
Frédéric Neyrat est philosophe, enseignant, et a déjà publié de nombreux ouvrages dont Terrorismes. La Tenta-
tion de l’abîme (2009), Biopolitique des catastrophes (2008) et Clinamen (à paraître en novembre 2011). Il collabore
régulièrement aux revues Multitudes, Rue Descartes, RILI, etc. Il vit et travaille à Lyon.
évé NeMeNts AUtOUR de L'ex POsiti ON :
pLAteAUx tv
Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin (Art Orienté objet) mettent en scène deux plateaux de télévision à
la Maison Populaire, avec la collaboration de TVM, et de la journaliste Laure Noualhat. Des personnalités
politiques, scientifques et culturels y seront invitées à débattre en public autour des questions soulevées
par l’action utopique des artistes de faire classer un lac australien au patrimoine mondial de l’Humanité.
sA medI 1er OctObre à 17 H 30
pLA teAU tv « pOU rQUOI r IeN, p LUtÔt QUe t OUt ? »
à L'OccAsION de LA prem Ière p ArtIcIpAtION de LA m AIsON p OpULAIre à NUIt b LANcHe
Entrée libre pour assister au tournage - Le tournage se conclura par un cocktail festif
sA medI 22 OctObre à 17 H 30 :
pLA teAU tv : « Act g LOcALLY ! »
à L'OccAsION d U p ArcOUrs trAm-H OspItALItés
Entrée libre pour assister au tournage
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