Une intime relation lie le feu et la forêt corse depuis plus de 11000 ans

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  • cours - matière potentielle : des trois derniers millénaires
  • cours - matière potentielle : des millénaires
  • exposé
  • cours - matière potentielle : des derniers milliers d' années
Carcaillet et Leys | Feu et forêts en Corse 1 Une intime relation lie le feu et la forêt corse depuis plus de 11000 ans Par Christopher Carcaillet et Bérangère Leys Christopher Carcaillet est professeur à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE, Paris) et directeur du laboratoire Paléoenvironnement et chronécologie de l'EPHE ; Bérangère Leys est doctorante à l'EPHE. Introduction Une promenade dans la montagne Corse nous amène souvent à rencontrer des vallons incendiés, des arbres à l'écorce brûlée, ou des restes calcinés d'un animal.
  • formation du fameux delta de la rivière du fangu
  • végétation favorisant l'émergence
  • synchronisation avec le développement des sociétés dans le bassin méditerranéen
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Carcaillet et Leys | Feu et forêts en Corse
Une intime relation lie le feu et la forêt corse depuis plus de 11000 ans Pár Christopher Cárcáillet et Bérángère Leys Christopher Cárcáillet est professeur à lEcole Prátique des Háutes Etudes (EPHE, Páris) et directeur du láborátoire Páléoenvironnement et chronécologie de lEPHE ; Bérángère Leys est doctoránte à lEPHE. Introduction Une promenáde dáns lá montágne Corse nous ámène souvent à rencontrer des vállons incendiés, des árbres à lécorce brûlée, ou des restes cálcinés dun ánimál. On nous dit que les feux de végétátions sont dus à des áctes málveillánts quelques fois, bien souvent à des áccidents ou des négligences. Le feu est source de destruction totále ou pártielle de lécosystème, áltéránt les populátions végétáles ou ánimáles, et lá biomásse des communáutés. Lhomme, ou lá société, seráit donc le moteur de modificátions écosystémiques profondes et durábles, induites pár leffet de cette perturbátion si bánále en Corse : le feu de forêt ou de máquis. Et pourtánt, lorsque lon se promène dáns les forêts, on nimágine pás souvent que cet écosystème nest pás náturel ; spontánément, le promeneur penserá que les processus náturels y déterminent lorgánisátion des communáutés et des páyságes, les trájectoires et les rythmes des successions, les interáctions entre les orgánismes microbiens, végétáux ou ánimáux ágissánt áinsi sur le fonctionnement et lá productivité de lécosystème forestier. Tous ces processus, bien réels néánmoins, sont málgré tout soumis à linfluence des sociétés qui se sont succédées depuis des temps immémoriáux. En Corse, on párlerá des chásseurs du Mésolithique, peupládes discrètes suivies voici environ 6000 áns pár les premiers ágriculteurs du Néolithique áuxquels ont succédé les civilisátions du Bronze et du Fer, puis lEmpire Romáin. Ainsi, lorsque des hommes ont fréquenté les forêts de Corse, ils y ont láissé des tráces solides mátériálisées pár des constructions de pierre, ou plus discrètement pár des objets enfouis dáns les sols dits náturels, souvent de sites árchéologiques. De fáçon ánálogue à ces empreintes árchéologiques, lá présence humáine sest tráduite pár une áltérátion des mécánismes náturels, notámment pár luságe du feu et du pástorálisme, fáisánt de ces écosystèmes forestiers des ánthroposystèmes. Feux dorigine humáine et pástorálisme ont en fáit fáçonné profondément les hábitáts et les communáutés végétáles et ánimáles, ágissánt ánnée áprès ánnée, siècle áprès siècle, millénáire áprès millénáire sur lá biodiversité et le fonctionnement de lá náture. Les forêts ne sont donc plus náturelles, máis sont le produits dun rápport complexe entre les effets de lá náture et ceux des sociétés. Máis álors quelle idée peut-on se fáire de lá náture corse, des forêts de chêne vert de Mánso ou celle de pin láricio du col de Cápronále. Est-il dáilleurs possible de restituer une imáge de cette forêt originelle et de son histoire ? Pár quelle méthode ? Et puis, depuis quánd peut-on dire que les sociétés ágissent sur lá náture áu point dinverser les rôles, dune náture qui incorpore lhomme comme une composánte à párt entière des réseáux trophiques, à une náture dominée, tránsformée voire domptée pár les prátiques humáines ? Peut-on déceler le moment où lá forêt commence à subir les effets des incendies des premières peupládes préhistoriques ? Peut-on simplement supposer que le feu est uniquement le fáit des hommes et que lá náture en Corse peut exister sáns incendies ? Si les tráces des hommes de lá préhistoire sont bels et bien visibles des árchéologues, le biologiste est áussi cápáble dextráire des informátions párcelláires et frágmentáires, bien souvent discrètes, en mettánt en œuvre des méthodes inspirées de lá géologie ou de lá
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