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DOSSIER PEDAGOGIQUE ILLUSTRATION DES TABLEAUX D'UNE EXPOSITION Réalisé par Astrid Bachelot, création et réalisation du film d'illustration Février 2011 Film produit par le Palais des Beaux Arts de Lille Direction artistique : Alain Tapié
  • climat du mouvement musical
  • palais des beaux-arts
  • programmation par l'orchestre national
  • occasion en histoire de l'art
  • participation du palais des beaux-arts aux concerts de l'orchestre national
  • peinture
  • peintures
  • image
  • images

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Langue Français

Exrait


















DOSSIER PEDAGOGIQUE

ILLUSTRATION DES
TABLEAUX D’UNE EXPOSITION



Réalisé par
Astrid Bachelot, création et réalisation du film d’illustration
Février 2011

Film produit par le Palais des Beaux Arts de Lille
Direction artistique : Alain Tapié
Une coproduction entre l’Orchestre National de
Lille et le Palais des Beaux-Arts de Lille



La programmation par l’Orchestre National de Lille en avril 2011 de la version de
Maurice Ravel des Tableaux d’une exposition de Modeste Moussorgski est
l’occasion rêvée pour le Palais des Beaux-Arts, favorable au dialogue des arts et à la
transdisciplinarité, de repenser la correspondance possible entre musique et image.

Cette collaboration a déjà porté ses fruits lors de deux concerts dirigés par Jean-
Claude Casadesus les 5 et 8 octobre 2009 au Nouveau Siècle et dans le cadre du
Lille Piano Festival les 12 et 13 juin 2010 lors de deux récitals de Jean-Philippe
Collard interprétant la version originelle pour piano de Moussorgski.

La participation du Palais des Beaux-Arts aux concerts de l’Orchestre National de
Lille prend la forme d’un film constitué de près de 200 reproductions d’œuvres
d’art diffusé sur un écran derrière les musiciens. L’enchaînement des images est
déclenché manuellement afin de respecter au mieux le rythme et l’évolution de la
musique. Cette illustration picturale a pour but d’accompagner l’écoute du spectateur
et sa compréhension de la création de Moussorgski ; il visite depuis son fauteuil une
2
exposition virtuelle où chaque section est la transposition visuelle de chaque
mouvement des Tableaux d’une exposition.
A. Bachelot – Palais des Beaux-Arts de Lille

Le recours aux images pour
une musique « visuelle »



La source d’inspiration de la pièce musicale de
Moussorgski nous permet de comprendre à quel point sa
mise en images est évidente. En effet, le compositeur va
s’appuyer pour son travail de création sur les œuvres d’une
exposition organisée par Vladimir Stassov en la mémoire
de leur ami architecte Viktor Hartmann, décédé le 4 août
1873. Cette rétrospective présentée à l’Académie des
Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg en février et mars 1874
expose quelques 400 dessins et aquarelles ; Moussorgski
en retient une dizaine pour servir de base à un travail
pianistique passionné.

Viktor Hartmann

Moussorgski n’a pas simplement écrit la description sonore de tableaux mais a
réinterprété les thèmes originels, amplifié des détails et développé de véritables
3 récits à partir de ces œuvres. Cette transformation du sujet et cette inventivité n’ont
par ailleurs pas permis de retrouver tous les dessins d’inspiration. Voici les six
dessins aujourd’hui identifiés avec certitude :


Poussins dans leur coque, croquis de
costume pour le ballet Tribly
correspondant au mouvement « V- Ballet
des poussins dans leur coque »









Riche juif au chapeau
de fourrure et Pauvre juif
correspondant à « VI- Samuel
Goldenberg und Schmuyle »


A. Bachelot – Palais des Beaux-Arts de Lille



Les catacombes de Paris
correspondant à
« VIII- Catacombae »








La hutte de Baba Yaga sur des pattes
de poules correspondant à « IX- La
cabane sur des pattes de poules »





Croquis pour la porte de Kiev, façade
principale correspondant à
« X- La grande porte de Kiev »
4






    

> Ecoutez un mouvement en le comparant au dessin originel afin de saisir la
différence entre les deux, vous constaterez ainsi toute la puissance d’imagination de
Moussorgski.


Le diaporama proposé par le Palais des Beaux-Arts de Lille ne tente pas de faire la
démarche inverse de Moussorgski et de reproduire les dix tableaux de Viktor
Hartmann. Les images du film ne font pas l’objet d’un usage traditionnel ni d’une
valorisation individuelle puisque chacune d’entre elles n’apparaît qu’une dizaine de
secondes au cœur d’un ensemble de plus de 200 images. Cette multiplication
souhaite retranscrire toute la richesse narrative de chaque mouvement afin de
raconter en image ce que Moussorgski raconte en musique.
A. Bachelot – Palais des Beaux-Arts de Lille

Ce dialogue des arts permet une révélation commune. D’un côté, l’illustration
retranscrit visuellement l’histoire que nous raconte Moussorgski, convoquant le sens
de la vue pour apprécier mieux encore la richesse du langage musical. De l’autre
côté, ce concept est l’occasion d’une découverte spontanée de l’art pictural. En
quelques secondes d’apparition, le cadrage, le mouvement dans l’image mais aussi
la musique orientent le regard vers le cœur de la composition, le détail essentiel
révélé ou la signification profonde, voire une nouvelle définition de l’œuvre transmise
par l’instant sonore. Ici, musique et images se stimulent dans un même élan
d’échange sensible.



Choix des images

Constituée des collections du Palais des Beaux-Arts de Lille, de musées français et
étrangers notamment russes, cette grande « exposition virtuelle » est encadrée de
plusieurs critères de sélection.

Tout d’abord, la peinture n’est pas la seule technique représentée afin de respecter
la source d’inspiration de Moussorgski. Contrairement à ce qu’indique le titre
Tableaux d’une exposition, Viktor Hartmann étant architecte et maquettiste, sa
production se composait de croquis et aquarelles.
5
eLa majorité des œuvres choisies datent de la seconde moitié du XIX siècle afin de
correspondre au contexte de production de la pièce musicale. Les mouvements
comme le romantisme, l’impressionnisme, le symbolisme, les Nabis sont
présents même si la sélection de chaque œuvre n’est pas nécessairement guidée
par son appartenance à un mouvement précis ou à un artiste célèbre mais par sa
force de présence individuelle. Plus rares sont les peintures académiques pour
favoriser des œuvres formellement « expressives ». La limitation chronologique reste
poreuse aux époques plus anciennes et à l’art moderne pour enrichir le « livret
d’images » d’œuvres atemporelles et étirer la chronologie vers l’orchestration de
Maurice Ravel datant de 1922, ce qui justifie notamment la présence des œuvres de
Vassily Kandinsky.

Enfin, le choix des œuvres respecte la thématique et surtout le climat du mouvement
musical concerné. Ainsi, l’image n’est pas seulement choisie pour son sujet mais
aussi sa construction, ses couleurs, son expressivité, sa tonalité.

A. Bachelot – Palais des Beaux-Arts de Lille

Guide de « visite »



Les Tableaux d’une exposition de Moussorgski ne racontent pas une histoire mais
des histoires ; la mélancolie et l’humour, le fantastique et le réalisme, l’anecdote et la
gloire se succèdent sans hiérarchie et seules les « Promenades » présentent une
homogénéité certaine. A ce foisonnement de thématiques répond la variété des
sujets d’histoire de l’art utilisés dans le diaporama, chaque mouvement offrant une
occasion d’aborder un point de l’art du XIXe siècle. Le spectateur a finalement le
choix d’être touché par un mouvement, une thématique, un artiste, un tableau plutôt
qu’un autre selon son goût, ses préférences.




Les promenades

Ces quatre mouvements sont là pour nous rappeler la déambulation du
compositeur/visiteur au sein de l’exposition de Viktor Hartmann. En introduisant ces
déplacements, Moussorgski place l’auditeur au cœur d’une exposition et non face à
6 un livre d’images. L’illustration y répond en toute logique avec des peintures de
salons, d’intérieurs de musées et des lithographies d’Honoré Daumier (1808-1879),
caricaturiste célèbre qui sut si bien commenter son temps.


Quatre heures au Salon, 1847 Les parisiens en 1852 examinant le nouveau
François-Auguste Biard plafond peint par Delacroix au Louvre
Honoré Daumier


A. Bachelot – Palais des Beaux-Arts de Lille


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> Les « promenades » sont l’occasion en histoire de l’art de se pencher sur
l’évolution du Salon des artistes tout au long du XIXe siècle mais aussi sur la
naissance et le développement des grands musées européens ou encore sur
l’histoire du musée de Lille puisque quelques œuvres conservées dans les réserves
et présentes dans cette illustration nous la racontent comme la Vue de l’intérieur du
musée de Lille dans la chapelle du couvent des Récollets, ~1825, de I.E.J. Bonnier
de Layens.
Comme de nombreux musées français, celui de Lille est né suite à la confiscation
des biens du clergé et de la noblesse pendant la Révolution
française. A Lille, près de 600 œuvres ont été ainsi
accumulées au couvent des Récollets. Le premier musée
aménagé est établi en 1809 à l’étage de la chapelle comme
cette peinture nous le montre. Les collections quittent cet
espace exigüe en 1848 pour rejoindre le deuxième étage de
l’Hôtel de Ville construit sur l’emplacement de l’ancien
Palais Rihour. Elles ne prennent place au Palais des Beaux-
Arts qu’à la fin de la construction de ce dernier en 1892.


7
I- Gnomus

Le dessin de Viktor Hartmann aurait représenté un casse-noix en forme de gnome,
cette petite créature que l’on retrouve dans le folklore de divers pays occidentaux. Ce
premier tableau lie ici deux thèmes chers à Moussorgski : l’enfance et le conte. Pour
retranscrire en images les vociférations de ce personnage taciturne et maladroit,
nous faisons appel aux caricatures de toutes les époques, de Léonard de Vinci à
Goya :










Caricature, XVe siècle Vieillards buvant de la soupe Trois figures caricaturales
d’après Léonard de Vinci ~1819-23, Francisco de Goya Jacques Callot (1592-1635)

A. Bachelot – Palais des Beaux-Arts de Lille

II- Il vecchio castello

Durant les années 1860, Viktor Hartmann a parcouru pendant quatre ans l’Europe
occidentale afin de compléter sa formation d’architecte. Hartmann s’est notamment
rendu en Italie où il aurait représenté ce dessin (inconnu aujourd’hui) d’un château
en ruines d’où ce titre italien signifiant « Le vieux château ». Dans ses dessins
d’architectures, Hartmann intègre au premier plan des personnages et scènes, sans
doute pour suggérer l’échelle du bâtiment mais aussi pour animer ses croquis.
Moussorgski utilise et valorise ces détails dans son travail comme dans ce
mouvement où l’on sent la ruine naissante mais aussi le chant mélancolique du
troubadour qui était représenté au premier plan. Ravel dans son orchestration
reprend ce motif du troubadour par la voix du saxophone.

Parmi les paysages choisis pour l’illustration (Camille Corot, impressionnistes,
romantiques etc.) se démarquent les sombres et surprenantes aquarelles de
l’écrivain Victor Hugo (1802-1885). Théophile Gautier disait en 1852 : «Victor Hugo,
s'il n'était pas poète, serait un peintre de premier ordre». Croquis humoristiques,
notes de voyages, paysages et monuments, Victor Hugo dessina environ 3000
dessins à l’encre parfois animées d’aquarelle, de fusain, sans jamais se déclarer
peintre.


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Château fort au crépuscule, 1866 Château éclairé
Victor Hugo Victor Hugo



Le gai château
Victor Hugo
A. Bachelot – Palais des Beaux-Arts de Lille

III- Tuileries

Trois « tableaux » de Moussorgski sont liés à des sites français car Hartmann sur
ses quatre années de voyage d’étude en passa trois dans notre pays. Son dessin
(disparu) pour ce mouvement-ci était une aquarelle du célèbre parc de Paris.
L’architecte comme à son habitude représenta des personnages - un groupe
d’enfants et de nourrices - détail scénique qui inspira le compositeur russe.

Pour que le spectateur puisse voir la douceur de l’enfance et la joie de ses jeux, le
mouvement des Nabis a été introduit dans le diaporama. Ce groupe de peintres de
la toute fin du XIXe siècle s’est réuni en réaction aux autres mouvements jugés trop
fidèles à la nature (académisme, réalisme et même impressionnisme). Comme le
montre le terme « nabis » signifiant « prophète » en hébreu, ces peintres sont
animés d’une volonté de spiritualisation de la peinture. Purifiant cette dernière des
carcans de la mimesis (ou art de l’imitation), leur style se caractérise par une palette
aux couleurs pures, l’absence de perspective, l’association de formes synthétiques
planes et cloisonnées qui donnent un résultat décoratif. La source d’inspiration de
cette manière est le paysage synthétique appelé Talisman ou Paysage du bois
d’Amour que Paul Sérusier peignit à Pont-Aven en 1888 sous les conseils de Paul
Gauguin. Voici ce qu’il lui disait :
« Comment voyez-vous cet arbre ? Il est bien vert ? Mettez donc du vert, le plus
beau vert de votre palette ; et cette ombre, plutôt bleue ? Ne craignez pas de la
9 peindre aussi bleue que possible. »


Le ballon, 1899
Félix Vallotton















Deux écoliers, 1894
Edouard Vuillard

A. Bachelot – Palais des Beaux-Arts de Lille

IV- Bydlo

Même si Bydlo signifie « bétail » en polonais, il est difficile de croire que Moussorgski
nous raconte seulement le parcours difficile d’un char à bœuf sur un chemin boueux.
En Pologne, annexée à l’époque par la Russie, les « révolutions romantiques » entre
1815 et 1864 donnent notamment lieu à des révoltes paysannes et de dures
répressions. Rappelons également l’intérêt de Moussorgski dès sa jeunesse pour la
paysannerie russe. Ainsi, par ce chariot, le compositeur veut montrer la souffrance et
l’oppression du peuple rural. Le roulement de caisse claire de l’orchestration de
Ravel procurant une atmosphère d’exécution devient alors plus qu’approprié.

Les peintures française, russe voire roumaine choisies racontent successivement le
déplacement de ce char à bœuf, les difficultés de la vie rurale, la révolte paysanne et
sa dure répression figurée par un pendu de Victor Hugo. Au XIXe siècle, tant en
Russie où l’on produit un grand nombre de portraits de paysans qu’en France avec
un artiste comme Jean-François Millet (1814-1875), peintre du monde rural, le
paysan devient sujet de peinture pour les artistes réalistes, transformant leur
misérable condition en noble héroïsme.




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Chemin pénible, ~1890-1900 Les travailleurs de la Troika, 1866
Nicolae Grigorescu campagne romaine, 1870, Vasily Perov
André Hennebicq








Un paysan timide, 1877 L’Angélus, ~1857-59
Ilya Répine Jean-François Millet
A. Bachelot – Palais des Beaux-Arts de Lille

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