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Philippe CECCHI Page AfricaGIS'2007

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Philippe CECCHI Page 1 AfricaGIS'2007 Why an Atlas of Lakes and Reservoirs in Burkina Faso? CECCHI Philippe. IRD - UR 167 CyRoCo, BP 182 – Ouagadougou 01. MEUNIER-NIKIEMA Aude. INSS, Ouagadougou. MOIROUX Nicolas. IRD - UR 167 CyRoCo, Ouagadougou. SANOU Bakary. IRD - UR 167 CyRoCo, Ouagadougou. BOUGAIRE Francis. DGRE, Ouagadougou. Abstract Lakes and reservoir constitute in sahelo-soudanian countries of western Africa a strategic issue in the fight against rural poverty. Burkina Faso, with more than 1 500 lakes and reservoirs largely scattered at the national scale, appears for a long time as a leader country regarding the number of, and the importance devoted to, these infrastructures. The synoptic signification of these water masses, their global value including both risks and benefits potentially associated to their presence and their usages, remain however largely under-evaluated. Basically, trivial data as exact number, localization, size, etc. are often lacking. From an environmental point of view, regards focused on the water quality and the health status of such artificial aquatic ecosystems are strongly influenced by anthropogenic factors (sensu largo) potentially involved in the control of ecosystem's properties. It appeared thus natural to stimulate interactions between aquatic ecologists and landscape observers (geographers, mainly) to better assess the interactions linking aquatic and terrestrial environments.

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Why an Atlas of Lakes and Reservoirs in Burkina Faso? CECCHI Philippe. IRD - UR 167 CyRoCo, BP 182 – Ouagadougou 01. cecchi@ird.bf MEUNIER-NIKIEMA Aude. INSS, Ouagadougou. MOIROUX Nicolas. IRD - UR 167 CyRoCo, Ouagadougou. SANOU Bakary. IRD - UR 167 CyRoCo, Ouagadougou. BOUGAIRE Francis. DGRE, Ouagadougou.  Abstract Lakes and reservoir constitute in sahelo-soudanian countries of western Africa a strategic issue in the fight against rural poverty. Burkina Faso, with more than 1 500 lakes and reservoirs largely scattered at the national scale, appears for a long time as a leader country regarding the number of, and the importance devoted to, these infrastructures. The synoptic signification of these water masses, their global value including both risks and benefits potentially associated to their presence and their usages, remain however largely under-evaluated. Basically, trivial data as exact number, localization, size, etc. are often lacking. From an environmental point of view, regards focused on the water quality and the health status of such artificial aquatic ecosystems are strongly influenced by anthropogenic factors (sensu largo) potentially involved in the control of ecosystem's properties. It appeared thus natural to stimulate interactions between aquatic ecologists and landscape observers (geographers, mainly) to better assess the interactions linking aquatic and terrestrial environments. This initiative further developed towards the creation of an Atlas of Lakes and Reservoirs in Burkina Faso (Faso MAB project) whose objective was to generate a series of maps illustrating the "contexts" of small reservoirs at the national scale. The idea was to use all available and most recent databases, relative to reservoirs, population, land use, agroecological and hydrological zonations, etc., to (i) create a specific GIS, (ii) illustrate the coarse characteristics of these water masses within these different contexts, and to (iii) highlight the relevance of small reservoirs regarding some challenging issues. This Atlas, realized in collaboration with the Direction Générale des Ressources en Eau of Burkina Faso, will be online on the institutional website www.eauburkina.bf. Philippe CECCHI Page 1 AfricaGIS'2007
Résumé Les lacs et réservoirs représentent pour les pays sahélo-soudaniens d'Afrique de l'Ouest des infrastructures privilégiées en terme de lutte contre la pauvreté dans les zones rurales. Le Burkina Faso, avec plus de 1 500 lacs et réservoirs largement dispersés sur son territoire, est un pays pionner tant en regard du nombre que de l'importance qui est accordée à ces aménagements. La signification synoptique de ces masses d'eau, l'évaluation de leur valeur globale, prenant en compte tant les bénéfices que les risques potentiellement associés à leur présence et à leur mise en valeur, demeure toutefois largement méconnue. En premier lieu, des informations basiques telles que leur nombre exact, leur localisation, leur capacité, etc. sont le plus souvent manquantes, imprécises ou erronées. D'un point de vue environnemental, les observations consacrées à la qualité des eaux et à l'état de santé de tels écosystèmes artificiels sont largement influencées par les facteurs anthropiques qui interviennent dans le contrôle des propriétés écologiques des plans d'eau. Aussi est-il apparu naturel de stimuler des interactions entre les écologues hydrobiologistes et des spécialistes de l'observation des paysages et des terroirs (géographes principalement) de sorte à mieux appréhender les interactions liant les écosystèmes aquatiques à leur environnement terrestre. Cette initiative s'est ultérieurement concrétisée par la création d'un Atlas des Lacs et Réservoirs du Burkina Faso dans le cadre du projet FasoMAB, dont l'objectif est de générer un ensemble de cartes illustrant les contextes des petits barrages à l'échelle nationale. L'idée était d'utiliser l'ensemble des bases de données récentes relatives aux réservoirs, aux populations, à l'occupation des terres, aux zonations agro écologiques et hydrologiques, etc., avec l'objectif (1) de créer un SIG spécifique, (2) d'illustrer les principales caractéristiques des plans d'eau en regard de ces différents contextes, (3) pour mettre en exergue le rôle de ces aménagements hydroagricoles. La maquette de cet Atlas, réalisée en étroite collaboration avec la Direction Générale des Ressources en Eau (DGRE) au Burkina Faso, sera prochainement en libre accès sur le site institutionnel de la DGRE, www.eauburkina.bf.  Philippe CECCHI Page 2 AfricaGIS'2007
Pourquoi un Atlas des lacs et réservoirs au Burkina Faso ? Introduction Concernée d'abord par la qualité des eaux et l'état de santé des écosystèmes aquatiques, l'UR 167 de l'IRD développe avec ses partenaires au Burkina Faso, en parallèle aux approches relatives à l'écologie des plans d'eau qui lui sont familières, des opérations en géographie et géomatique qui dépassent le champ habituel de ses investigations. La nécessité de resituer les écosystèmes aquatiques dans leurs bassins versants et plus généralement de les replacer dans leurs "contextes" s'est en effet imposée pour deux raisons majeures. 1- Les Petits Barrages jusqu'à présent se caractérisaient par trois mots clés simples : petits, nombreux et dispersés (Cecchi, 1998). Une partie des recherches réalisées actuellement, en particulier sous l'égide du Small Reservoirs Project du Challenge Program on Water and Food, est fondée sur un quatrième attribut : la structuration en réseaux de ces aménagements (voir www.smallreservoirs.org). L'unité d'observation adoptée est donc explicitement centrée sur des groupes, ensembles ou clusters de réservoirs, dont on admet qu'ils interagissent entre eux, au sein des réseaux qu'ils constituent. L'hypothèse est en effet aujourd'hui formulée que la densification des Petits Barrages sur les bassins versants (ie. augmentation observée et continue de l'implantation de nouveaux réservoirs, en particulier dans les régions déjà richement dotées en aménagements) est potentiellement porteuse de risques hydrauliques, sanitaires, voire économiques et environnementaux. Aussi, la sélection des sites d'étude prioritaires s'est-elle basée sur la détermination de zones présentant simultanément les plus fortes densités de populations rurales et les plus fortes densités de réservoirs (voir Cecchi 2006) : il s'agissait de se placer d'emblée dans des conditions où les pressions anthropiques exercées sur les réservoirs sont les plus fortes, la densité de population rurale par département étant en première approche utilisée comme proxy pour caractériser l'anthropisation des bassins versants concernés. En d'autres termes, d'un point de vue environnemental, l'hypothèse était posée que l'intensité de l'emprise anthropique tant sur les réservoirs eux-mêmes que sur leurs bassins versants est un facteur d'altération de l'état de santé des écosystèmes (Cecchi, 2007). L'étude de ces interactions et de leurs conséquences imposait le développement d'un outil spécifique de représentation sous forme d'un SIG. 2- Une part importante des travaux de recherches réalisés par l'UR 167 au Burkina Faso depuis 2004 relève de fait de l'étude des interactions entre facteurs d'anthropisation et Philippe CECCHI Page 3 AfricaGIS'2007
écologie des écosystèmes aquatiques. Pour cela, les chercheurs concentrent leurs études sur le métabolisme des plans d'eau et la structuration de leurs communautés phytoplanctoniques, les algues constituant un indicateur reconnu de la qualité des eaux au sein des réservoirs (Domingues et al., 2007). En parallèle, un corpus d'études destinées à la caractérisation de ces facteurs d'anthropisation aux diverses échelles pertinentes (bassin versant, zones tampons, réservoirs eux-mêmes) a été engagé. Pour cela, un ensemble de bases de données, d'origines diverses, a été capitalisé à des fins de recherches, dans l'objectif d'identifier, de décrire, voire de quantifier au mieux ces facteurs d'anthropisation et d'en analyser l'impact sur les écosystèmes. S'il s'agissait précédemment de disposer avec le SIG d'un outil de représentation, l'objectif est là de disposer d'un outil de capitalisation et d'exploration à des fins analytiques.  Il est apparu ultérieurement que le développement d'un SIG centré sur les lacs et réservoirs du pays, et sur leurs contextes, pouvait constituer en soi un produit pertinent et potentiellement utile. La mise à disposition par la Délégation aux Systèmes d'Information (DSI) de l'IRD d'un crédit spécifique a permis de concrétiser cette ambition : la maquette d'un atlas des lacs et réservoirs du pays (appelé FasoMAB), a ainsi été développée. Problématique En Afrique sahélienne, les pressions conjointement exercées par la croissance démographique et la diminution des précipitations qui s'observe depuis plus de 50 ans ont conduit les populations des zones rurales à modifier et adapter leurs systèmes de production agricole. L’intensification de la mise en valeur (ou l amise en valeur) des bas-fonds s’est imposée (Zeppenfeldt et Vlaar, 1990 ; Lavigne Delville et Boucher, 1996). Depuis plusieurs décennies, l’édification de petits barrages a aussi été lragement privilégiée (Berton, 1988), notamment au Burkina Faso (d’At de St Foulce t al., 1985) où près de 2000 réservoirs ont été installés pour sécuriser la ressource en eau (Figure 1), tant à l'échelle saisonnière qu'interannuelle (GIRE 2001). Beaucoup continuent à être construits. Le Nakambé, ex. Volta Blanche, est l'un des principaux cours d'eau du Burkina Faso est particulièrement concerné : se concentrent sur son bassin versant environ 50 % de la population nationale, la majeure partie de la demande en eau toujours à l'échelle nationale, et une fraction importante des barrages et réservoirs de ce pays (Cecchi, 2006). Ce bassin versant et cette rivière sont d'autre part considérés comme stratégiques, tant en raison de la forte dépendance nationale que du partage des ressources en eau avec le Ghana, pays riverain situé en aval (Andreini et al., 2002). Philippe CECCHI Page 4 AfricaGIS'2007
Les barrages Milieux aquatiques artificiels, créés par l'Homme pour l'Homme, les réservoirs représentent en milieux arides une nouveauté écologique et sociale véritable (Cecchi, 1998). Dans les paysages sahéliens du Burkina Faso, où les systèmes lacustres naturels étaient rares voire inexistant (Lévêque, 1987), les lacs artificiels représentent aujourd'hui des habitats nouveaux pour tout un cortège de communautés aquatiques, tandis qu'ils représentent d'un autre point de vue des opportunités tout aussi nouvelles pour les communautés humaines qui en sont riveraines et les exploitent. Cette double nouveauté (peuplements aquatiques d'une part, pratiques et usages de l'autre) interroge quant aux conditions de réalisation du métabolisme d’écosystèmes dont un certain nombre de processus biologiques sont chaque année réinitialisés au début du cycle hydrologique (Arfi et al., 2001) et dont la diversité peut rapidement être érodée par les pressions anthropiques exercées sur le bassin versant et sur le réservoir lui-même (Cecchi, 2007). La résilience des communautés aquatiques est ainsi interrogée, et indirectement, les biens et services qui leur sont associés. 6001200500100040080030060020040010020000< 19101912-1940-1957-1974-1988-19391956197319872001 Figure 1 : Dates de construction des réservoirs du Burkina Faso (source DGRE, N = 1053 infrastructures pour lesquelles l'information est disponible). Les plus anciens barrages ont été construits sous l'autorité des chefs de cercle ou à l'instigation des monastères. La vague d'édification associée aux sécheresses des années 70 et 80 est parfaitement perceptible. La tendance reste clairement à la croissance, de plus en plus à la demande des usagers eux-mêmes. (En arrière plan, le réservoir d'Arzouma, région de Koubri, au sud de Ouagadougou). Les menaces Tant les aléas climatiques (péjoration pluviométrique), que l'anthropisation croissante des bassins versants (dégradations diverses, pollutions et, partout, érosion) exercent de fait de sérieuses pressions sur les ressources en eau. Les principales menaces qui pèsent sur l'état de Philippe CECCHI Page 5 AfricaGIS'2007
santé des écosystèmes aquatiques sont dénoncées par leurs riverains eux-mêmes et repris par les structures nationales en charge de la gestion des ressources en eau (GIRE op. cit.) : comblement, pollutions diverses et eutrophisation étant les trois maux les plus couramment cités. Sans que ces événements ne soient exclusifs, de nombreux réservoirs sont ainsi l'objet d'envahissements qui correspondent au développement exubérant de macrophytes flottants ou fixés pouvant intégralement coloniser les plans d'eau (Jacinthes, Pistia, etc.). La dérégulation du métabolisme des écosystèmes peut aussi s'exprimer alternativement, de façon moins ostentatoire, sous la forme de proliférations phytoplanctoniques (appelées encore efflorescences algales, blooms, ou fleurs d'eau). Les proliférations de cyanobactéries, en particulier peuvent conduire à des dysfonctionnements écologiques majeurs (anoxie, mortalité de poissons, etc.) bien connus dans les pays du Nord (Peters, 1986 ; Dow and Swoboda, 2000 ; Kalff, 2002) mais encore trop peu documentés dans les régions inter-tropicales (Chorus and Mur, 1999 ; Zongo and Guinko, 1999 ; Rejas et al., 2005 ; Huszar, 2006). De tels épisodes inquiètent de plus en plus, en raison de l'augmentation de leur fréquence, de l'apparition dans les flores locales de taxons allogènes (Bouvy et al., 2006), enfin et surtout, en raison des risques sanitaires graves que l'accumulation de certains taxons à fort potentiel toxique sont susceptibles de provoquer (Berger et al., 2006). Les cyanobactéries Au Burkina Faso, les usages qui sont fait de l’eau de ces réservoirs ne sont pas originaux, qu'ils soient d'ordre artisanal (maraîchage, abreuvement du bétail, pêche, briqueterie, etc.) ou domestique (boisson, bain, lessive, etc.). La majorité de ces activités rendent les usagers dépendants plus ou moins directement de la qualité de l’eau, et doncv ulnérables (économie, santé) à toute forme de dérégulation des écosystèmes. Si d'un point de vue sanitaire les pathologies à transmission vectorielle (bilharzioses et paludisme principalement), ou liées à des contaminations bactériennes (diarrhées sensu largo) constituent les menaces les plus couramment mises en avant (Bartram et al., 1999a), l'altération de la qualité des eaux sous l'effet d'épisodes plus ou moins durables de proliférations cyanobactériennes représente un risque peu (re)connu, en premier lieu car peu documenté (Bartram et al., 1999b ; Sivonen et Jones, 1999 ; Codd et al., 2005). Tandis qu’il a été montréq ue des cyanobactéries invasives potentiellement dangereuses (ex : Cylindrospermopsis sp.) s’étendent sur la planète depuis des refuges africains (Gugger et al., 2005), l’étude desf acteurs qui déterminent et contrôlent les événement toxiques semble négligée dans la plupart des pays d’Afrique. Les communautés phytoplanctoniques apparaissent pourtant, et de plus en plus, comme les vecteurs d’un risque Philippe CECCHI Page 6 AfricaGIS'2007
non négligeable, mais dans des conditions qui restent actuellement le plus souvent imprévisibles. Les questions clés posées dans les pays du Nord, d'une désarmante trivialité, trouvent ainsi un écho particulier dans les pays du sud en raison de la dépendance des populations : où et quand un bloom peut il survenir ? Quelles sont / seront les espèces incriminées ? Existe-t-il un risque d'expression de toxicité ? Les travaux récemment réalisés par l'IRD au Burkina Faso mettent en exergue de ce point de vue une situation assez inédite, caractérisée par la dominance quasi généralisée des cyanobactéries dans la plupart des réservoirs étudiés (Figure 2), sans qu'à ce jour les déterminants d'une telle situation ne soient clairement établis (Cecchi et al., 2005). L'intensification des pratiques agricoles et l'extension des zones en voie d'urbanisation, sur des bassins versants pour la plupart déjà dégradés et par des populations de plus en plus nombreuses, sont parmi les facteurs les plus intuitivement identifiés.  Figure 2 : Structuration des communautés phytoplanctoniques échantillonnées en avril 2004 dans 23 lacs et réservoirs du Burkina Faso : la dominance des cyanobactéries dans les écosystèmes tributaires du Nakambé est remarquable et intrigante. Vers le développement d'un SIG L'analyse de telles interactions nécessite cependant d’identifier les indicateurs pertinents et leurs échelles d’expression. Trosi échelles géographiques ont été retenues : les plans d’eau Philippe CECCHI Page 7 AfricaGIS'2007
eux-mêmes, leurs aires périphériques, et leurs bassins versants, l'ensemble des informations recueillies ayant été capitalisées sous ArcGis. A l'échelle des bassins versants, l'influence de l'occupation de l'espace sur la qualité des eaux des réservoirs exutoires est connue (Hall et al., 1999 ; Knoll et al., 2003 ; Buford et al., 2007). Toutes ces études révèlent des corrélations entre un élément de l’occupation des sols (surface forestière et/ou surface agricole et/ou surface urbaine) avec des caractéristiques physicochimiques (NT, PT…) et/ou biologiques (production primaire, biomasses phytoplanctoniques, présence de végétation aquatique), l’occupation des sols passée pouvant parfois être un meilleur indicateur de l’état de santé des écosystèmes que l’occupation actuelle (Harding et al., 1998). L'analyse de l’impact de l’ouccpation du sol sur la qualité de l’eau à plusieurs échelles spatiales (bassin versant vs aires périphériques) conduit parfois à des conclusions contrastées voire contradictoires (Johnson et al., 1997 ; Silva et Williams, 2001). L'importance des zones tampons ou buffer qui entourent localement les écosystèmes est toutefois largement reconnue (Sponseller et al., 2001 ; Declerck et al., 2006). Dans le cas des petits barrages du Burkina Faso, certaines activités agricoles, irriguées ou arrosées (maraîchage), se sont développées massivement dans ces zones périphériques et imposent qu'une attention spécifique leur soit accordée en raison de leurs impacts négatifs potentiels (Leboulanger et al., en prep). L'intensification agricole est de façon générale reconnue porteuse de risques (Darkoh, 2003) et réclame d'être explicitement prise en considération. Approche méthodologique (description des données thématiques collectées et traitées) Pour mener à bien la caractérisation des bassins versants, l’emploi d’un Système d’Information Géographique (SIG) s’est de faitm posé de façon évidente (Saam, 1998). Les systèmes d’information géographique, la télédtéection et les statistiques spatiales apportent des informations quantitatives dans les trois dimensions sur les composantes du paysage qui agit, à différentes échelles spatiale et temporelles, sur les milieux aquatiques (Johnson et Gage, 1997). ArcGis propose une forme de stockage des données appelée géodatabase personnelle qui organise les données en couches thématiques et en représentations spatiales. Elle est constituée d'une série de logiques applicatives et d'outils permettant d'accéder aux données SIG et de les gérer. Les géodatabases personnelles utilisent la structure de fichiers de base de données Microsoft Jet Engine pour conserver les données SIG dans des bases de données de taille restreinte. Elles ressemblent à des espaces de travail à base de fichiers et renferment des bases de données dont la taille ne dépasse pas 2 Go. Microsoft Access, le SGBD de Microsoft peut donc être utilisé pour travailler sur ce type de tables. Philippe CECCHI Page 8 AfricaGIS'2007
Données thématiques utilisées TypeAppelationSource des donnéesTraitements BNDT (Base Nationale de Données sur Départements (géoréférencement)le Territoire) de l'IGB (Institut Vérification et modification de polygone, Projection, Création didentifiants.Géographique Burkinabé)Burkina Faso (limites nationales) idem départementsVérification des limites nationales (sources contradictoires en fonction des dates, Provinces Régionsliées à l’avancement des bornages binationaux (existence de conflits…).Dans la BD PEM, il y a 2 tables de villages, une première (10307 enregistrements) dans laquelle est renseignée la population (issue du RGP96) pour une partie des enregistrements (76%), la deuxième (8909 enregistrements géoréférencés) donne BNDT IGB                                                  une série dinformation sur lhabitat, les activités Ces deux tables sont mise en BD PEM (Base de Donnée Points dEau relation (identifiant commun), traitées (vérification, ajout dinformation issue du Modernes) de la DGRE (Direction AdministrationGénérale de la Ressource en Eau) 2006   RGP96 version papier, comparaison de localisation avec la BNDT, relocalisation des RGPH INSD 1996villages aux coordonnées faussesetc) : ainsi, 8302 villages (parmi les 8909) géoréférencés ont leur population connue. L’ensemble des données attributaires Villagesfournies par la deuxième table a du être complètement remanier (extraction de donnée, codification, format…) pour être exploitables (requêtes Access).RéservesAprès plusieurs vérifications et replacements, le géoréférencement des villages semble juste, en revanche, beaucoup (724) ne se trouvent pas dans le département dont ils dépendent administrativement (et pour lequel compte leurs populations), 80 seulement sont à plus de 5 kilomètres de la limite du département dont ils dépendent (hypothèse : le nombre de départements a été augmenté après le recensement de 1996, certains villages sont donc encore identifiés dans leur ancien département).Création d’identifiants, vérification de la localisation (dans la BD PEM, les 3 entités sont identifiées par le code du village qu’ils alimentent, on peut donc mesurer la Bornes fontaines (BF) distance entre les PEM (et BF) et le village correspondant), modification (par défaut, Eaux souterrainesPoints d‘eau modernes (PEM) BD PEM, DGRE, 2006 (sauf SD).un PEM présentant une erreur de géoréférencement est déplacé et superposé au Systèmes de distribution (SD)village qu’il alimente). Remaniement des données attributaires pour permettre leur exploitation.Pour la version DGRE, création d’identifiants, vérification de la localisation, remaniement des données attributaires pour permettre leur exploitation. Essai de BD PEM DGRE 2006, PPB/BAD (Projet mise en relation des différentes bases. Les différents produits en notre possession Eaux de surfaceBarrages DGRE (725 ouvrages) Petits Barrages /Banque Africaine de mettent en évidence des qualités dinventaire variables sur le territoire national. La Barrages PPB/BAD (1453 ouvrages)Développement) DGRE 2005confrontation avec des inventaires régionaux souligne les différences de qualité. Ces deux bases ont été conservée parce qu’elles semblent être d’une qualité raisonnable ; elles ne sont cependant pas exhaustives.RGP (Recensement Général de la Accès à l'eauSources d'approvisionnement Population) 1996 INSD (Institut National Par agrégation des données départementales.domestiquesde la Statistique et de la Démographie)Créés d’après une compilation de MNT (Modèles Numériques de Terrain) SRTM90 Bassins versants nationaux, (Shuttle Radar Topography Mission 90m) de la NASA (les données existante étant régionaux, unitairessoit fausses, soit pas assez précises, soit dans un système de projection inconnu). HydrographieCréation d’identifiants, hiérarchisation des bassins versants (ordre).Version de représentation Vérification/modification/adaptation de la version BNDT IGB. Réseau hydrographique (2 versions)Version pour éventuelle analyse de réseau (modèles hydrologiques) Créée daprès MNT SRTM90 de la NASA.BDOT (Base de Donnée dOccupation Création des couches dîtes Faciès 1992 et 2002 correspondant à une simplification des Terres), IGB 2002 et BDGéomorpho, en 9 classes de la BDOT (> 20 classes discriminées). Création également de IGB 2002versions rasterisées de la BDOT et des Faciès.                TerresOccupation des terres en 1992 et 2002, géomorphologieRéservesL’étude diachronique (différence 2002 – 1992) de l’occupation des terres à partir des images Faciès 1992 et Faciès 2002 associée à la rencontre d’un responsable du projet BDOT à l’IGB nous a contraint d’invalider les données 1992 (hétérogénéité spatiale de la précision du produit) et donc de renoncer à une étude diachronique sérieuse.TopographieMNT SRTM90 USGS 2006Vents, températures, précipitations, humidité relative, ombro-thermie, Climatic Research Unit (CRU) 2006, Interpolation des données ponctuelles ayant permit dobtenir une série de fichiers Météo ensoleillement, nombre de jours de données 10x10raster (pour chaque paramètres : 12 images des moyennes mensuelles pluieinterannuelles).Création d’identifiants, classification, codification, vérification du géoréférencement Etablissements scolaires et de santéBD PEM, DGRE 2006.(méthode de la distance au village correspondant), remaniement des données Autres attributaires pour permettre leur exploitation.Statistiques agricolesà venir Vérifications, traitements et modifications Les données capitalisées ont été systématiquement vérifiées (qualité, modalité d’acquisition, confrontation de sources…), traitées (adaptation du format, organisation), le cas échéant, modifiées (localisations, substitutions, suppressions, ajouts…) et enfin validées (définition des limites d’utilisation et émission de réserves quan tà la qualité). Les données inexistantes ou ne Philippe CECCHI Page 9 AfricaGIS'2007
présentant pas une qualité suffisante pour leur emploi ont été créées (quand elles pouvaient être obtenues indirectement à partir d’autres données acquises). Système de projection Le système retenue pour le SIG est basé sur le datum WGS84 et la projection UTM zone 30 Nord. Ce système à été retenu parce qu’il a l aplus forte fréquence d’apparition pour nos données et que le datum WGS84 est celui utilisé par le système GPS (Global Positioning System) ce qui permet l’apport facilité et snas traitements de nouvelles données de terrain. Résultats : présentation de quelques exemples Répartition des lacs et réservoirs (1)  Carte 1 : Barrages et densités de populations rurales. La carte proposée illustre la très forte hétérogénéité spatiale de la distribution des réservoirs à l'échelle nationale. Elle renvoie l'image d'un lien fort entre densités de populations rurales et densités de réservoirs. Les zones centrales du pays (plateau Mossi, bassin du Nakambé) sont particulièrement mises en exergue. Des groupes de barrages sont visibles dans des zones à faibles voire très faibles densités de population. C'est le cas à l'extrême Nord du pays. Ils renvoient là vers des aménagements dont la création a été explicitement dédiée à l'abreuvement des troupeaux et à la promotion de la vocation pastorale des régions. Pour autant, nous verrons plus bas (carte 4) que ces aménagements jouent également un rôle important dans l'approvisionnement en eau des populations humaines. Philippe CECCHI Page 10 AfricaGIS'2007
Répartition des lacs et réservoirs (2)  Carte 2 : Répartition des lacs et réservoirs selon une grille neutre. Le propos est là de représenter la distribution des barrages et réservoirs à l'échelle nationale en s'affranchissant des limites géographiques imposées par le découpage administratif du pays (que les réseaux hydrographiques ne suivent que rarement avec fidélité). La grille de la Climatic Research Unit de l'Université de East Anglia a été retenue. Elle pixellise le pays en unités de 10' x 10', pour lesquelles les densités de barrages ont été recalculées. Ces densités sont d'autant plus élevées sur la carte que la couleur bleue est prononcée. Le tracé des grands bassins versants du pays est figuré. En regard de la représentation précédente, cette carte met en exergue l'existence de zones très richement dotées en aménagements. Si le grand bassin du Nakambé est nettement mis en relief, trois zones sont particulièrement apparentes : le cluster nord correspond à la région de Kaya, réputée pour sa production maraîchère ouverte sur l'exportation vers les marchés européens ; au centre, une zone étendue englobe plusieurs départements centrés sur la capitale (Ziniaré, Loumbila,… au nord ; Koubri, Kombissiri,… au sud). La troisième zone, à l'extrême sud du bassin, correspond à une région où l'emprise anthropique est théoriquement faible puisque les deux pixels qui la constituent marquent la présence des nombreuses mares artificielles aménagées pour la grande faune dans la réserve de Nazinga. Philippe CECCHI Page 11 AfricaGIS'2007