Évolution de la virulence des parasites : apports des modèles ...
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Évolutiondelavirulencedesparasites:apportsdesmodèlesemboîtés
ThèsededoctoratprésentéeparSamuelAlizonpourobtenirlegradededocteurdel’Université
Paris6–PierreetMarieCurie(spécialité:diversitéduvivant).
CettethèseaétédirigéeparMinusvanBaalen.
La soutenance a eu lieu le 24 octobre 2006 à l’Université Paris 6 devant un jury composé de
Sylvain Gandon, Sam P. Brown, Andrea L. Graham, Jean Baptiste André, Régis Ferrière et Minus
vanBaalen.
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Laboratoire« Fonctionnementetévolutiondessystèmesécologiques»
UnitéMixtedeRechercheCNRS,ENS,UPMC7625
eUniversitéParis6–PierreetMarieCurie,BâtimentA,7 étage,casecourrier237
7quaiSaint Bernard,75252PARISCedex05 Remerciements
Je tiens d’abord à remercier Minus van Baalen qui a accepté de m’encadrer en thèse bien que
m’ayant déjà supporté en DEA. Il m’a fait partager sa passion pour les questions d’évolution tout
en m’apportant les moyens de les aborder. Cette thèse doit énormément à ses connaissances ency
clopédiques sur tout ce qui a trait à l’écologie ou l’évolution, à son esprit d’analyse, son «flair»
scientifique,sapédagogieetsabonnehumeur.
Je tiens ensuite à remercier Sylvain Gandon, Sam P. Brown, Andrea L. Graham, Jean Baptiste
AndréetRégisFerrièrepouravoiracceptédeparticiperàmonjurydethèse.
FrançoisTaddeietOliverKaltzontacceptédeconstituermoncomitédethèse.Iln’yeutqu’une
seuleréunion,maisellefuttrèsfructueuse!
Le travail de thèse est un travail d’équipe. À ce titre, je salue d’abord Sébastien Lion qui a
partagé avec ...

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Évolutiondelavirulencedesparasites:apportsdesmodèlesemboîtés ThèsededoctoratprésentéeparSamuelAlizonpourobtenirlegradededocteurdel’Université Paris6–PierreetMarieCurie(spécialité:diversitéduvivant). CettethèseaétédirigéeparMinusvanBaalen. La soutenance a eu lieu le 24 octobre 2006 à l’Université Paris 6 devant un jury composé de Sylvain Gandon, Sam P. Brown, Andrea L. Graham, Jean Baptiste André, Régis Ferrière et Minus vanBaalen. ————————————————————— Laboratoire« Fonctionnementetévolutiondessystèmesécologiques» UnitéMixtedeRechercheCNRS,ENS,UPMC7625 eUniversitéParis6–PierreetMarieCurie,BâtimentA,7 étage,casecourrier237 7quaiSaint Bernard,75252PARISCedex05 Remerciements Je tiens d’abord à remercier Minus van Baalen qui a accepté de m’encadrer en thèse bien que m’ayant déjà supporté en DEA. Il m’a fait partager sa passion pour les questions d’évolution tout en m’apportant les moyens de les aborder. Cette thèse doit énormément à ses connaissances ency clopédiques sur tout ce qui a trait à l’écologie ou l’évolution, à son esprit d’analyse, son «flair» scientifique,sapédagogieetsabonnehumeur. Je tiens ensuite à remercier Sylvain Gandon, Sam P. Brown, Andrea L. Graham, Jean Baptiste AndréetRégisFerrièrepouravoiracceptédeparticiperàmonjurydethèse. FrançoisTaddeietOliverKaltzontacceptédeconstituermoncomitédethèse.Iln’yeutqu’une seuleréunion,maisellefuttrèsfructueuse! Le travail de thèse est un travail d’équipe. À ce titre, je salue d’abord Sébastien Lion qui a partagé avec moi bon nombre d’heures de discussions, de programmation, de cours, de séminaires et de déjeuners. En ce qui concerne l’équipe au sens propre, je remercie toute l’équipe d’Éco ÉvolutionMathématiquedeRégisFerrièreetsurtoutnotre«G.O.»,AmauryLambert,quiapermis desréunionshebdomadaires(etdespiques niques)surbiendessujetspassionnants. Merci à Romain Gallet et à tout le réseau Pseudomonas fluorescens du laboratoire d’écologie quim’ontinitiéauxjoiesdelacollaborationavecdesexpérimentateursetm’ontmontréquemalgré desapprochesdifférentesnousavonsdesintérêtscommuns. Merci encore à Jacob Koella, Louis Lambrechts et Simon Fellous qui ont passé du temps pour m’expliquerlescomplexitésdupaludismeetsesaspectsépidémiologiques. JevoudraisaussiremercierFrançoisTaddeietArielLindner(ettouslesmembresd’AIV)pour m’avoirproposédeservirde«cobaye»pourleurformationdoctoraleinterdisciplinaire.Cefutune expériencescientifiqueethumainetrèsriche. Enfin, parmi les chercheurs que j’ai côtoyés pendant ces années de thèse je voudrais remercier Yannis Michalakis pour ses conseils, en belote comme en recherche, Rémy Froissart pour toutes cesdiscussions,scientifiquesetautres,Jean BaptisteAndrépoursesconseilsetsonenthousiasme, SylvainGandonpoursesavissurmesmanuscrits,OlivierTenaillonpoursesséminairesd’évolution sistimulantsetVincentJansenpouravoirpoursuiviunecollaborationdepuis5ansdéjà.Mercienfin àTroyDaypoursescommentairessurlechapitreV. La recherche ne saurait être selon moi dissociée de l’enseignement. Je tiens donc d’abord à remercier Amaury Lambert, cette fois en tant que tuteur pédagogique, pour m’avoir appris que ce quin’estpasrépétéaumoinstroisfoisencoursnesertàrien.MerciaussiàJoëlPothieretPhilippe Andreyquiontguidémespremierspasd’enseignanteninformatique. Grâce à Régis Ferrière, Florence Hulot, David Laloi et François Sarrazin, j’ai eu la chance d’enseigner l’écologie et l’évolution. Ce fut un gros travail, mais il m’a permis de faire le point 2 sur mes connaissance et d’apprendre bien des choses. Je salue aussi les autres compagnons d’en seignement qu’ont été Johanna Clémencet, Mathias Gauduchon, Sébastien Lion, Jérôme Mathieu, FlorenceNoel,GrégoryPauletXavierRaynaud. Je n’ai découvert les problématiques relatives à l’histoire de l’évolution de la virulence que tardivement et regrette de n’avoir eu le temps de les approfondir. Je souhaite toutefois remercier chaleureusement Michel Morange, bien que nos échanges soient récents. Il m’a rapidement fait connaître des articles éclairants sur le sujet, ce qui a donné un peu plus de consistance au versant «historique»decettethèse.Toujoursdanslesscienceshumaines,jeremercieaussiThomasPradeu quim’afaitdécouvrirtoutelarichessed’idéesquelesphilosophespeuventapporteràlarecherche enbiologie. Mener de front un travail scientifique tout en participant aux mobilisations pour défendre la recherche fut éreintant en 2003, mais ce fut aussi une expérience unique. Je tiens donc à saluer ici Amaury, Cathy, Diane, Dominique, Emmanuelle, Etienne, Florence, Florent, François, Georges, Guillaume,Isabelle,Julien,Marion,Mathieu,Medhi,Pierre,Philippe,Rémy,Seb,Stéphanie,Tho mas,Tristan,Yasmine,Wenceslasetbiend’autres... L’illustration de la couverture a été réalisée par Fanny. Grâce au travail de relecture d’Anne, Michel, Sébastien et surtout d’Hélène, j’ai pu clarifier des passages de la thèse et supprimer de nombreuse coquilles. De son coté, Minus a permis que la version anglaise ne soit pleine de «fren chisms». Jetermineraienremercianttou te slesmembresdeslaboratoiresd’écologieetdeparasitologie quiontfaitdecetteexpériencescientifiqueuneexpériencehumaine. Sommaire Sommaire 3 1 Introduction 4 1.1 L’hommeetsesparasites:uncombatcontrel’Hydre? . . . . . . . . . . . . . . . 4 1.1.1 Quesontlesparasites? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 1.1.2 Lesparasitesévoluentvite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 1.1.3 Lamédecinedarwinienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 1.2 Modélisationdel’évolutiondelavirulence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 1.2.1 Qu’estcequelavirulence? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 1.2.2 «Sagessetraditionnelle» . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 1.2.3 Compromisévolutifentretransmissionetvirulence . . . . . . . . . . . . . 18 1.2.4 Virulenceettyped’interactionhôte parasite . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 1.2.5 Gestiondelavirulence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 1.2.6 Évolutiondelaetsystèmeimmunitaire . . . . . . . . . . . . . . 23 1.3 Modèlesemboîtésetévolutiondelavirulence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24 1.3.1 Importanced’uneapprochemathématique . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 1.3.2 Modèlesintra hôtesetsystèmeimmunitaire . . . . . . . . . . . . . . . . . 28 1.3.3 Compromisévolutifentretransmissionetvirulence . . . . . . . . . . . . . 28 1.3.4 Applicationdumodèlegénéralàdescasparticuliers . . . . . . . . . . . . 29 1.3.5 Infectionsmultiples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 2 Modélisationdusystèmeimmunitaire 31 2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 2.2 Importanced’unemodélisationexplicite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32 2.2.1 Prédireledevenird’uneinfection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32 2.2.2 Leslymphocytescommecible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33 2.2.3 Immunologieécologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33 2.2.4 Laréponseimmunitaire:unepressiondesélectionsurleparasite . . . . . 34 2.2.5 Coûtdelaréponseimmunitairepourl’hôte . . . . . . . . . . . . . . . . . 34 2.3 Différentescatégoriesdemodèlesintra hôtes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34 2.3.1 Modèlesd’infectionsaiguës . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 2.3.2persistantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 2.3.3 Versunmodèleunifiant? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 2.4 Perspectives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41 2.4.1 Prédireledevenirdel’infection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41 SOMMAIRE 4 2.4.2 Modéliserl’extinction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42 2.4.3 Évolutiondusystèmeimmunitaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43 2.4.4 Comprendrelesinfectionsmultiples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44 2.4.5 Lesmodèlesemboîtéscommenouvelleapprochedel’immunité . . . . . . 44 3 Émergenced’uncompromisévolutif 46 3.1 Étudesdel’évolutiondelavirulence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46 3.2 Présentationdumodèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47 3.2.1 Descriptiondusystème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47 3.2.2 Interactionsentreparasitesetlymphocytes . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 3.2.3 Tauxdetransmissiondesparasitesetmortalitéinduite . . . . . . . . . . . 49 3.3 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50 3.3.1 Compromisentretransmissionetvirulence . . . . . . . . . . . . . . . . . 50 3.3.2 Influencedesparamètressurlecompromis . . . . . . . . . . . . . . . . . 50 3.3.3 Robustessedelaconvexitédescourbesdecompromis . . . . . . . . . . . 52 3.3.4 Variabilitéduniveauoptimaldevirulence . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54 3.3.5 Conséquencesdesvaccinsimparfaitssurl’évolutiondelavirulence . . . . 56 3.3.6 Unerelationdecompromisbrouillée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58 3.4 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58 3.4.1 Conséquencesdestraitementspourl’hôteetlapopulation . . . . . . . . . 59 3.4.2pourlesétudesexpérimentales . . . . . . . . . . . . . . . . 60 3.4.3 Perspectives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60 4 Compromisévolutifsetparasitesàvecteur 62 4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62 4.2 Lemodèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64 4.2.1 Dynamiquesintra hôteduparasite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64 4.2.2 Modélisationdusystèmeimmunitaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65 4.2.3épidémiologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65 4.3 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68 4.3.1 Unefonctiondetransmissionsigmoïde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68 4.3.2 Émergenced’uncompromisentretransmissionetvirulence . . . . . . . . 69 4.3.3 Influencedesparamètressurlavirulenceoptimale . . . . . . . . . . . . . 69 4.3.4 Letauxdematurationoptimal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71 4.3.5 Conséquencesdepolitiquessanitaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72 4.4 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72 4.4.1 Transmission . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73 4.4.2 ÀproposdelavaleurdeVES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74 4.4.3 Croissanceoumaturation? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74 4.4.4 Quelstadedeviecibler? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75 4.4.5 Perspectives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76 SOMMAIRE 5 5 Infectionsmultiplesetévolutiondelavirulence 78 5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 5.1.1 Virulenceetinfectionsmultiples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 5.1.2 Coinfectionsousuperinfections? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80 5.1.3 Apportsd’unmodèleemboîté . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80 5.2 Lemodèleintra hôte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81 5.2.1 Interactionsentreparasitesetlymphocytes . . . . . . . . . . . . . . . . . 82 5.2.2 Déterminantsantigéniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83 5.2.3 Coexistenceàlongterme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84 5.3 Unmodèleépidémiologiqueavecplusieurssouches . . . . . . . . . . . . . . . . . 86 5.3.1 Structuresetvariablesdumodèleépidémiologique . . . . . . . . . . . . . 86 5.3.2 Tauxdereproductiondebasedumutant(R ) . . . . . . . . . . . . . . . . 880 5.4 Évolutiondelavirulence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89 5.5 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92 5.5.1 Entreécologieetévolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92 5.5.2 Modélisationdusystèmeimmunitaireetinfectionsmultiples . . . . . . . . 93 5.5.3 Évolutiondelavirulenceetinfectionsmultiples . . . . . . . . . . . . . . . 93 5.5.4 Sélectiondeparentèleouproximitéantigénique? . . . . . . . . . . . . . . 94 5.5.5 Perspectives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95 6 Discussiongénérale 97 6.1 Del’utilitédesmodèlesemboîtés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97 6.1.1 Uncompromisévolutifrobustemaisvariable . . . . . . . . . . . . . . . . 97 6.1.2 Infectionsmultiplesetvirulence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97 6.1.3 Conséquencesévolutivesdetraitementsantiparasites . . . . . . . . . . . . 98 6.2 Liensavecl’expérimentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99 6.2.1 Nécessitéd’étudesd’évolutionexpérimentale . . . . . . . . . . . . . . . . 99 6.2.2 Miseenévidenceexpérimentaleducompromisévolutif . . . . . . . . . . . 100 6.2.3 Immunité,traitementsetévolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100 6.3 Perspectives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101 6.3.1 Épidémiologieévolutive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101 6.3.2 Influencedestraitsd’histoiredeviedel’hôte . . . . . . . . . . . . . . . . 102 6.3.3 Modélisationdusystèmeimmunitaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103 6.3.4 Interactionsentreparasites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104 6.3.5 Versunegestiondelavirulence? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105 Annexes 108 A.1 Abbréviationsetsymboles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109 A.2 L’hydredeLerne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110 A.3 Calculdel’ESS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111 A.4 Conditiondeconvexité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112 A.5 Effetdelavaleurseuildedensitédesstadessexués . . . . . . . . . . . . . . . . . 114 A.6 Cassanseffetdélétèredesstadessexués . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116 A.7 Casavecuntauxdetransmissionlinéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117 A.8 Modèleépidémiologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118 SOMMAIRE 6 A.9 Succèsreproducteurdusecondparasite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120 Tabledesfigures 122 Tabledestableaux 123 Bibliographie 124 Résumé 145 Chapitre1 Introduction 1.1 L’hommeetsesparasites:uncombatcontrel’Hydre? Il est temps de refermer le livre des maladies infectieuses, d’annoncer que la guerre contre la pestilence a été gagnée et de basculer les ressources nationales vers des problèmeschroniquestelsquelecanceretlesmaladiescardio vasculaires. WilliamH.Stewart,responsabledelasantépubliquedesUSAen1969 (citéparAnkeretSchaaf2002) Loin des prévisions optimistes des années 70, les maladies infectieuses sont encore et toujours unedesprincipalescausesdemortalitéàl’échelleduglobe.Ilfautdirequ’en30anssontapparues entre autres pandémies, celles causées par le VIH, l’hépatite C, la dengue. On a aussi assisté à la ré émergencedupaludisme,ducholéraetdelamaladiedusommeil. Dansunrapportde2004,l’OrganisationMondialedelaSanté(OMS)indiquequelesmaladies infectieuses sont à l’origine de 41 % des décès dans le monde et que ce pourcentage est bien plus élevé dans les pays les plus pauvres (plus de 70 % en Afrique, par exemple). Le tableau 1.1 met enévidencelapartimportantedesprincipalesmaladiesinfectieusesdanslamortalitémondialepar rapportauxautrescausesdemortalité. À cela, il faut ajouter la menace de maladies infectieuses émergentes telles que la maladie de Creutzfeldt Jacob depuis 1986 ou le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) et la grippe aviaire (H5N1) depuis 2003. Cette dernière est prise d’autant plus au sérieux que certaines études (Taubenberger et al. 2005) suggèrent une possible origine aviaire de la grippe espagnole de 1918– 1919 qui a causé plus de 20 millions de morts dans le monde, soit plus encore que la première guerremondiale. 1.1.1 Quesontlesparasites? Histoireduconceptdeparasite Letermedeparasiteestancienetpolysémique.Sonétymologieremonteaumotdegrecancien parasitos[ ´ ;deparaquisignifie«àcoté»etsitosquisignifie«nourriture»]quidésignait l’assistant d’un prêtre, qui prenait soin des provisions des dieux et était invité à prendre part aux 1.1 L’HOMME ET SES PARASITES : UN COMBAT CONTRE L’HYDRE? 8 repas communs. Par extension, s’est développé un sens plus péjoratif : Térence définit le parasite commeun«commensalattachéàlatabled’unriche,etquidevaitledivertir». eLe sens biologique de parasite apparaît au début du XVIII siècle. Le dictionnaire de Trévoux évoque déjà les «plantes parasites» dans son édition de 1721 mais il faut attendre quelques di zaines d’années pour que le terme soit appliqué en zoologie. Ainsi, dans son histoire naturelle des animaux,Cuvier(1798)donnedeuxexemplesdeparasites:lespouxetlesricins(sortedepoux). On considère souvent que la première définition biologique d’une espèce parasite est celle for muléeparvanBeneden(1875): Le parasite est celui qui fait profession de vivre aux dépens de son voisin et dont toute l’industrie consiste à l’exploiter avec économie, sans mettre sa vie en danger. C’est un pauvre qui a besoin de secours pour ne pas mourir sur la voie publique, mais qui pratique le précepte de ne pas tuer la poule pour avoir les œufs. On voit qu’il se distingue du commensal qui est simplement un compagnon de table. Le carnassier tue saproiepours’enrepaître;leparasitenelatuepas,ilprofiteaucontrairedetousles avantagesdontjouitl’hôteauquelils’impose. On remarque que cette définition insiste sur le fait qu’un parasite ne tue pas son hôte, ce qui a desimplicationsentermesd’évolution,commenousleverronsplustard.Aujourd’hui,ladéfinition s’estencoremodifiéeetledictionnairenousindique: parasite n.m.BIOL.Êtrevivantquipuiselessubstancesquiluisontnécessairesdans ousurl’organismed’unautre,appelé hôte. LepetitLarousseillustré,2002 Mis à part le style, on note une différence de fond avec la définition précédente : le parasite peut tuer son hôte. Comme de nombreux auteurs (Anderson et May 1982, Ewald 1983), nous retiendrons dans un premier temps cette acception large de parasite, qui regroupe les parasites multicellulaires, unicellulaires ou sous cellulaires. On estime qu’une telle définition englobe près TAB. 1.1–Causesdemortalitédanslemondeen2002. CeschiffresproviennentduRapportmondialsurlasantédel’OMSde2004.Lesdécèssontdonnés enmillionsd’individus. Partdansla Nombrededécès mortalitémondiale Maladieinfectieuses 610,3 41,0% dont: maladiesrespiratoires 94,6 6,3% VIH 84,5 5,7% diarrhées 62,0 4,2% paludisme 46,5 3,1% tuberculose 34,7 2,3% Maladienoninfectieuses 697,8 46,8% Accidents 182,0 12,2%