Fiche de révision BAC Français - Fiche de lecture : Pierre et Jean de Maupassant
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Fiche de révision BAC Français - Fiche de lecture : Pierre et Jean de Maupassant

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Description

Retrouvez la fiche de révision des études d’œuvres de Maupassant pour préparer votre Bac de Français.
Plan de la fiche :
1. Pierre et Jean ou l’Expression de la contradiction
2. La dualité dans Pierre et Jean
3. Le cadre spatio-temporel
"Pierre et Jean ou l’Expression de la contradiction
L’importance du titre rappelle que le récit évolue en fonction des deux personnages éponymes. Pierre, l’aîné des deux frères est âgé de trente ans, il apparaît comme celui qui est le plus proche de la figure de la mère et Jean, l’hériter, n’a que 25 ans et subit son sort sans le moindre souci.Dès le début du récit, les deux frères sont présentés de façon identique. Ils apparaissent égaux dans leurs mimiques. Leur réaction au manque de courtoisie de leur père face à Mme Rosémilly est la même."

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Publié le 24 mars 2015
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Langue Français
Nº : 91015
Plan de la Iche :
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Etude d’œuvre : Pierre et Jeande Maupassant (1888)
1. Pierre et Jean ou l’Expression de la contradiction 2. La dualité dans Pierre et Jean 3. Le cadre spatio-temporel
Pierre et Jean ou l’Expression de la contradiction
LE TALENT C’EST D’AVOIR ENVIE
L’importance du titre rappelle que le récit évolue en fonction des deux personnages éponymes. Pierre, l’aîné des deux frères est âgé de trente ans, il apparaît comme celui qui est le plus proche de la gure de la mère et Jean, l’hériter, n’a que 25 ans et subit son sort sans le moindre souci.
Dès le début du récit, les deux frères sont présentés de façon identique. Ils apparaissent égaux dans leurs mimiques. Leur réaction au manque de courtoisie de leur père face à Mme Rosémilly est la même. Ils ont des goûts en commun notamment concernant la femme qu’ils convoitent, Mme Rosémilly, et l’appartement qu’ils désirent acquérir. Malgré de nombreuses similitudes, certaines oppositions dans leur portrait et leurs comportements soulignent leur caractère antithétique.
Leur description physique est le premier élément qui creuse un écart considérable entre les deux personnages. Pierre est brun tandis que son frère blond. L’auteur souligne aussi leurs différences par leur allure ; Pierre porte des favoris et Jean le plus jeune une barbe, ce qui apparaît comme deux traits signicatifs de leur personnalité. Leurs différences ne se limitent pas à leur physique, leur psychologie aussi diffère. Pierre est un être nerveux, anxieux facilement irritable, il a un comportement agité qui s’oppose au calme de Jean. L’un est rancunier, l’autre fait preuve d’une douceur et d’une tolérance appréciées de tous. De plus leur comportement dans la société met en avant certains écarts qui insistent davantage sur la singularité de chacun. Ils s’opposent aussi dans leur choix d’études qui leur permettent de vivre deux horizons totalement opposés ; ainsi la profession choisie par Pierre le mène loin de ses proches. Dès l’annonce de l’héritage, cette différence s’accentue. Là, les rôles attribués à chacun des deux frères s’inversent véritablement. Pierre, au début du roman apparaît le plus proche de Mme Roland mais il est vite exclu du cercle familial tel un étranger, un orphelin sans d’autre refuge que sa conscience, comme s’il était réduit au stade de source de mal-être, provocateur des crises de sa mère. Et c’est Jean qui progressivement prendra sa place auprès de Mme Roland. Il connaîtra une protection liale inversée. Paradoxalement, Pierre, le médecin, porte sur lui les marques attribuées aux hommes de lois, ses favoris qu’il «porte comme un magistrat» et le regard inquisiteur qu’il pose sur sa génitrice sont propres aux caractéristiques des enquêteurs. Il veut connaître la vérité sur les origines de cet héritage soudain et agit en conséquence. Il devient obsédé à l’idée de connaître la vérité et entreprend une sorte d’enquête minutieuse dans le but de remonter à la source du problème et d’en connaître la cause exacte. Jean, quant à lui, se montre paradoxalement à la hauteur d’un médecin rempli d’attention pour sa mère qui adopte, à ses côtés, le rôle de la patiente.
On peut voir dans ces deux gures antithétiques une certaine ambiguïté s’apparentant à un manichéisme implicite. Leurs différences physiques, morales et psychologiques, dès l’annonce de l’héritage, créent un sentiment de compassion chez le lecteur qui portera toute son attention sur celui qui lui semble être le meilleur. En effet, même le titre, après lecture du roman, devient l’expression de la contradiction. Pierre et Jean, deux noms que rien ne semble opposer, deux noms reliés par la conjonction « et » de sorte à mettre en évidence le lien fraternel qui lie les deux personnages, tels deux jumeaux. Mais le prénom « Jean » inscrit en deuxième position est celui qui attirera le plus l’attention du lecteur à mesure que la narration progresse et bénéciera ainsi de toute sa sympathie. Pierre et Jean, aussi différents soient-ils, parviennent à créer un sentiment renvoyant à la notion de bien et de mal. Qui est Pierre ? Qui est Jean ? Qui est le bien et qui est le mal ? Qui est le vrai ls ? Qui est l’imposteur ? L’attitude de Pierre, même si elle est compréhensible, s’avère être la plus critiquable, et ses agissements à l’égard de sa mère l’inscrivent dans le camp des mauvais.Tandis que Jean, fruit d’un amour adultère, enfant né du péché, accède peu à peu au rang des bons. Rappelons que Pierre est brun et Jean blond, et la symbolique des couleurs est ici révélatrice. Cette notion de bien et de mal, de confusion d’identité et d’ambiguïté quant à la distribution des rôles, est omniprésente dans l’œuvre de Maupassant. Ce perpétuel duel qui a torturé l’esprit de Maupassant transparaît aussi dansPierre et Jean.
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La dualité dans Pierre et Jean
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LE TALENT C’EST D’AVOIR ENVIE
Avant de s’attarder sur thème du double dansPierre et Jeaninstant sur une notion qui prend place dans, il convient de s’intéresser un tout le roman : le chiffre deux ou toutes les occurrences qui concourent à l’évoquer sont assez représentatives de l’omniprésence d’une certaine dualité dans le roman.
Les marques du double
La présence du chiffre deux apparaît dès le titre de l’œuvre mettant en avant deux éléments reliés par la conjonction « et ». Le roman est bâti ainsi pareil à un diptyque dont chaque détail est signicatif, a presque toujours son équivalent et n’est que très rarement présenté dans son individualité. Tout d’abord les personnages principaux du récit sont présentés en couple ; Pierre et Jean ; M. et Mme Roland. Après la nouvelle de l’héritage Pierre et Jean seront séparés au prot de Mme Rosémilly qui prendra place auprès de Jean. Pierre et Jean, les «deux frères», «les deux Ils», sont présentés en couple sans être nommés et apparaissent dans un premier temps à travers l’expression «deux Ilset ce à la différence des» pour épouser dans un second temps une identité qui permettra de les distinguer précisément, autres personnages nommés par leur nom dès leur apparition. A ce premier couple masculin correspond un couple de femmes représenté par Mme Roland et Mme Rosémilly, toutes deux très souvent désignée ensemble, par le chiffre deux ou par la liaison de leurs deux noms. Cette notion de double ne va pas seulement servir la présentation des personnages, elle est l’occasion de planter le décor et d’aider à la progression du récit. Le roman s’ouvre un mardi, deuxième jour de la semaine pour se refermer deux mois plus tard. Mme Rosémilly est veuve depuis deux ans et habite un appartement situé au deuxième étage d’un immeuble. La demeure des Roland est sur deux étages et l’appartement que convoitent les deux frères et que possèdera Jean donne sur deux rues et a deux salons. Une omniprésence, une répétition, au service de la structure du roman. Cette notion de double atteint son paroxysme lors de la description du salon de Mme Rosémilly. Cette scène est un exemple de mise en abyme qui mérite un intérêt particulier. Rappelons que la mise en abyme est une scène qui raconte de manière différente la même histoire que le récit. Le salon de Mme Rosémilly fait l’objet d’une description précise à l’occasion de la venue de Mme Roland an de demander la main de Mme Rosémilly pour Jean. Cependant, le regard de l’auteur s’arrête avec insistance sur les quatre gravures disposées deux par deux.
Les quatre gravures correspondent à deux scènes où deux femmes vivent deux situations analogues. La première scène représente tout d’abord une femme qui regarde s’éloigner la barque avec « son homme » à son bord, pour ensuite montrer cette même femme désespérée de voir la barque sombrer. La deuxième scène se déroule sur l’eau où une autre femme est accoudée « sur le bordage d’un grand paquebot », on la retrouve ensuite évanouie après la lecture d’une lettre. Ces deux femmes, dont les destins basculent dans un décor marin, renvoient directement aux acteurs du récit. Maupassant observe deux scènes réalistes et rend compte de deux situations similaires pour ensuite diriger son regard vers Mme Roland et Mme Rosémilly, tandis qu’elles s’assoient, mobiles à la différence des deux autres et transpose ainsi l’histoire des quatre gravures sur celle de ses personnages. On repère ainsi de nombreuses analogies. Les femmes présentes dans les gravures reètent des caractéristiques propres à Mme Roland et à Mme Rosémilly. La première est « femme de pêcheur » or la pêche est la principale passion de M. Roland ; son « homme » meurt en mer comme le mari de Mme Rosémilly. La seconde femme est blonde comme Mme Rosémilly, ses yeux mouillés de larmes pourraient être ceux de Mme Roland ; elle est d’une classe supérieure à la première, or Mme Rosémilly, veuve d’un capitaine est d’une classe supérieure à Mme Roland, femme de pêcheur.
Les manifestations du double
Le double est le reet, la ressemblance quasi parfaite d’un être. Ici ses manifestations ne sont pas toujours d’une évidence certaine. Il va, dansPierre et Jeandès l’annonce de l’héritage de Jean, est, se dénir essentiellement à travers le personnage de Pierre qui, confronté non seulement à un malaise au sein de la famille, mais à une partie de lui-même qui éveille en lui un trouble qui se manifeste par un désarroi et débouche sur un examen de conscience. Cette remise en question qui s’opère indépendamment de sa volonté est à l’origine de la naissance de cet autre qui est en lui et ne lui correspond pas. Sa perception de la réalité va progressivement se brouiller et a pour résultat de percevoir ceux qui l’entourent comme des étrangers. Son quotidien prend des airs étranges. Le regard qu’il porte sur ses parents est interrogateur, étonné. Il est curieux de découvrir chez ses proches des détails passés inaperçus jusqu’alors. Il assiste progressivement à l’anéantissement de tous les membres de sa famille. Pierre se détache de son quotidien, s’isole et connaît les affres de cette solitude.A l’écart de sa famille, il provoque aussi une distance d’avec le monde qui l’entoure. Au départ, c’est Pierre qui porte un regard étranger sur les siens pour nir par devenir lui-même étranger aux yeux des autres. De plus, non seulement Pierre acquiert un statut d’étranger, mais il devient un autre, peut-être le double qui sommeillait en lui.
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LE TALENT C’EST D’AVOIR ENVIE
Le sentiment de jalousie qui surgit en lui commence par l’étonner puis, après l’avoir analysé, Pierre réalise qu’il a dévoilé «l’autre qui est en nousprise de conscience se fond dans la nouvelle relation qui s’installe entre son frère et lui. L’appréhension du». Cette regard des autres face à l’événement se mêle à celle de ne plus être considéré comme ls légitime, un tel drame pourrait prêter à confusion et Pierre passerait alors pour le bâtard de la famille. Le personnage de Pierre prend dès lors toute son ambiguïté : même s’il est persuadé qu’il reste le ls légitime, les repères qu’il s’était xés ne lui permettent plus d’en être assuré et par conséquent de le rester. Il ne s’agit plus d’être l’aîné des deux, et Pierre le cadet, mais il est question d’un ls légitime et d’un bâtard, d’un être et de son double. Le jeu des points de vue dansPierre et Jean est assez éloquent lorsqu’il s’agit de préciser les manifestations du double dans le récit. Un premier point de vue est émis par Pierre qui installe Jean dans la peau de « l’autre ». Ensuite le point de vue change et c’est Pierre qui devient l’autre, « l’autre ls » de Mme Roland depuis que Jean refuse d’entendre les accusations portées à l’encontre de sa mère. Pierre est victime d’une crise psychologique dont les manifestations sont progressives. D’abord il comprend qu’il perd un frère, ensuite que ses repères lui échappent, n’ayant plus sa place parmi les membres de sa famille pour nalement perdre son identité de frère et de ls. Pierre apparaît à la n comme un être vampirisé par « l’autre ». Cette dernière étape dans la crise de Pierre permet de faire quelques rapprochements avecLe Horlapropos du thème du à double.
Pierre et Jean et Le Horla Le Horlaécrit quelque temps avant, récit fantastique Pierre et Jeantourmenté par son double.Tenterd’un être angoissé, , est l’histoire une comparaison entrePierre et Jeanet un conte fantastique peut sembler vide de sens, mais dans ces deux récits aussi différents le « double », un des thèmes majeurs de la littérature fantastique, y est omniprésent. Le Horla est une entité invisible qui se manifeste pour accroître l’angoisse du narrateur qui tente de le piéger pour l’apercevoir et l’anéantir. Son aspect est indénissable dans la mesure où il apparaît à travers un miroir et son reet imprécis s’apparente à une fumée dense. Or, on pourrait comparer le Horla à Jean même si ce dernier est un être vivant, en chair et en os, cet autre, cet imposteur qui prend la place du véritable ls au sein de la famille. De plus les tentatives de fuite de Pierre, pour se retrouver seul ou pour subir son mal-être profond, sont accompagnées d’un voile brumeux. Le double qui habite les deux personnages les dirige dans deux directions opposées mais similaires. L’ « autre » maléque, le Horla, oblige le narrateur à prendre la voie du suicide, tandis que Pierre sera presque forcé d’embarquer à bord de laLorrainemort en quelque sorte métaphorique qui prend tout son sens dans l’évocation des gravures du salon de, une Mme Rosémilly. Des connotations sinistres jalonnant le texte abondent dans ce sens. Ainsi le corps de Pierre étendu sur la plage s’apparente aux yeux de Mme Roland à un « cadavre ».A bord de laLorrainelit de Pierre est comparé à un cercueil et la tristesse, le de Mme Roland au moment du départ de son ls est digne de celle éprouvé lors d’un deuil. Pierre et JeanetLe Horlasont deux exemples de cette notion de dédoublement qui caractérise aussi la vie de l’auteur. Ces deux récits proposent quasiment la même histoire, celle de deux êtres confrontés à leur double qui, ne pouvant l’éloigner, s’en remettent à la mort pour en être libérés.
Le cadre spatio-temporel
Le traitement du temps
Les indices temporels sont très présents dans le récit. Dès les premières pages, un certain nombre d’indices permettent de situer le temps de la ction. Chaque chapitre est ponctué par des marques précises. Le roman s’ouvre au début du mois d’août, un mardi. Au chapitre II, «la nuit de mardi à mercredi», au chapitre III, «mercredi», les jours de la semaine sont constamment évoqués pour marquer la présence du temps dans le récit. Cependant l’action se fait parfois plus rapide à travers des expressions plus ou moins précises telles que «un jourencore «VI, ou » au chapitre le jour du départ de Pierre», deux mois plus tard, à la n du roman. L’action suit un cours régulier. Chaque chapitre relate dans un premier temps les événements d’une journée pour ensuite, très souvent par des ellipses, correspondre à des périodes bien plus longues ou non précisées. Tout rapport au temps est indiqué. L’âge des personnages est dévoilé, Pierre a trente ans, Jean vingt-cinq, Mme Roland quarante-huit et Mme Rosémilly vingt-trois ans et veuve à vingt et un ans. L’action se déroule en 1885. La rencontre de Mme Roland et de Léon Maréchal a dû avoir lieu vers 1858. L’union de Jean et de Mme Rosémilly aura lieu dans six semaines et Pierre doit revenir dans un mois. Maupassant apparaît encore une fois comme un jongleur habile puisqu’il réussit à donner une certaine linéarité au récit tout en utilisant des retours en arrière pertinents qui éclairent le lecteur sur l’histoire de la naissance de Jean.
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LE TALENT C’EST D’AVOIR ENVIE
La représentation de l’espace Tout comme le temps, l’espace semble considérablement restreint dans le roman. La Normandie occupe toute la scène, sert de décor et pose les limites géographiques que les personnages ne dépasseront pas. Dans la description du cadre,l’auteur joue encore sur des oppositions bien dénies.A la description des paysages marins correspondent des paysages terrestres, de même que les lieux occupés par la famille s’opposent aux lieux liés à un seul personnage. Les descriptions se portent essentiellement sur des paysages marins, les navires sur la mer, les deux phares, et la plage représentant «une immense Loraison de la perversité fémininecampagne normande prend aussi place dans ce décor réaliste. Ces descriptions». La précises de l’espace servent l’intrigue et semblent toujours en harmonie avec l’état d’esprit des personnages. De plus, certaines descriptions sont perçues tantôt à travers le regard des personnages, tantôt à travers celui du narrateur. C’est le cas par exemple pour la plage de Trouville qui est présentée selon le regard de Pierre, et celle de Saint-Jouin, un des endroits les plus chers à l’auteur, nous est livrée par le narrateur. Une telle précision concernant les lieux rappelle une des caractéristiques de l’écriture réaliste, et l’omniprésence de la mer est un des thèmes les plus présents dans l’œuvre de Maupassant
Le thème de l’eau dans Pierre et Jean L’eau et en particulier la mer sont pour l’auteur l’occasion de dessiner un décor dans lequel il va placer ses personnages, un décor qu’il connaît parfaitement.
La présence de la mer apparaît dès la première page et permet de présenter les personnages, isolés, pour que le lecteur puisse les découvrir et ensuite les accompagner tout au long du récit. La description que fait Maupassant de cette dimension marine relève d’une prouesse technique qui témoigne de sa passion et de sa parfaite connaissance de l’eau. Lorsque l’auteur s’attarde sur les côtes normandes, ce n’est pas seulement la vision d’un ensemble qu’il va décrire. Les côtes normandes font elles aussi l’objet d’une attention particulière et d’une description minutieuse, et les parties de pêches prennent l’allure de leçon de vocabulaire marin. Maupassant met alors en place un narrateur qui fait gure de pédagogue au sein du récit pour veiller à ce que le lecteur saisisse toutes les nuances qui rendent le cadre réaliste. Le lecteur a la possibilité, grâce à l’œil expert de Maupassant, de discerner précisément la diversité des navires présents sur les ots. Des simples bateaux, son regard se dirigera vers les paquebots et les goélettes pour nir par se poser sur les « mouches », ces petits navires de reconnaissance qui sont au service du port. Sa dextérité à rendre compte du monde marin se prolonge de façon plus technique encore lorsque l’auteur évoque l’art de la navigation. Il use ainsi d’un lexique spécique aux hommes de mer par souci du détail.
Mais les précisions que donne l’auteur concernant le décor marin permettent un rapprochement avec la nature terrestre. En effet, rappelons à titre d’exemple que le port du Havre est comparé à «un grand bois mort». De la même façon le monde animal prend aussi une place importante dans l’évocation de ce milieu, la Perle est semblable à «une bête ailée» et l’auteur compare laLorraineà une «chenilleparallèles sont possibles pour insister sur la diversité des descriptions dans l’évocation de paysages». D’autres marins.
Par ailleurs, Maupassant crée une certaine ambiguïté concernant le terme « mer » qui nit par se confondre avec la gure maternelle. La mer apparaît très souvent comme le symbole de la fécondation et de la naissance. Lorsque Pierre rencontre son frère sur la jetée, il est épris d’un profond sentiment de jalousie car il perçoit la mer de la même façon qu’il perçoit sa génitrice et voudrait que l’une comme l’autre n’appartienne qu’à lui seul. La mer sert donc aussi à préciser les sentiments profonds que ressentent certains personnages. Maupassant sait se servir de cet élément, le décliner au prot de la narration et de la ction qui répondent ainsi aux critères de l’esthétique réaliste.
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