Lecture analytique de Candide sur le Chapitre 30

Lecture analytique de Candide sur le Chapitre 30

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Découvrez l'analyse précise du chapitre 30 de Candide et l'Optimiste dans ce document de qualité. Cette lecture analytique s'intéresse beaucoup au précédente rencontre qu'a fait Candide dans les chapitres précédents.

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Ajouté le 13 décembre 2013
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Langue Français
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Lecture analytique : Chapitre 30 de Candide, de « Candide en retournant dans la métairie » jusqu’à la fin    C’est l’épilogue du conte qu’on ne peut comprendre que si l’on regarde rétrospectivement quelques autres chapitres du conte.  Préambule Un certain nombre de rencontres ont préparés ce dénouement. Apres l’Eldorado, Candide fera beaucoup de rencontres déterminantes.  1. Chapitre 20 Il rencontre Martin qui est l’antithèse de Pangloss, pour qui tout est mal.  2. Chapitre 25 Candide rencontre Pococuranté : riche et comblée par la vie qui n a jamais eu de chagrin => piste vers l’idée du bonheur. Mais au contraire, il est blasé sans enthousiasme et Candide en arrive a l idée de « être heureux n’est pas n’être pas malheureux ». Pococuranté a pourtant une sérénité matérielle, intellectuelle.  3. Chapitre 26 Candide rencontre les rois déchus qui incarnent le malheur a ceux qui avait tous les privilèges sur terre, mais qui ont tout perdus. Il arrive a la conclusion que ceux ne sont pas les garants du bonheur puisqu on peut tout perdre.  4. Chapitre 30 Candide rencontre le derviche, il va répondre aux questions de métaphysique de Pangloss. Il représente la posture de la résignation.  5. Chapitre 30 Candide rencontre un vieillard musulman heureux qui vit en Autarcie et énonce une vérité importante : « Le travaille éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice, et le besoin . »  Introduction A la suite d’un certain nombre de rencontres déterminantes qui engagent la vie de toute la petite communauté et décide de composer une sorte de microcosme (monde en miniature) dans lequel chacun trouvera sa place et son équilibre. L’épilogue du conte décrit cette installation et souligne l’évolution des personnages. La fin du conte n’est elle pas l’affirmation de l’avènement d’un monde ou l’homme prend enfin son destin en mains ?   I. Une clôture du récit  
 
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A. Clôture Spatiale  La formule par laquelle débute le conte : « Il y avait en Westphalie » nous permet d attendre une clôture du conte du genre « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » comme horizon narrative du conte. Mais en fait, c’est un horizon trompé : le jardin a succédé au château : régression spatiale ; la Turquie a remplacée la Westphalie et un derviche remplace Pangloss. Pour Candide le monde est désormais plus vaste et ne se limite pas à la province de Thunder-Ten-Tronc ou à la Westphalie.èL’espace se clôt de manière ambivalente : rétrécissement social, du château a la métairie, et l’élargissement Politique. En opposition à l’Occident, l’Orient apparaît comme la terre du retour aux origines, retour à la sagesse faites d’expérience et de pragmatisme. D’ailleurs, le discours du vieillard eu derviche rappellent le discours du vieillard de l’utopie de l’Eldorado et la religion est réhabilité. L’installation dans le jardin marque la fermeture de l’espace géographique.  B. Le recyclage des personnages  Le Turc au début du texte dit : « Je n’ai que vingt arpents. » A son image, la métairie est une « petite ère » dans laquelle vie une « petite société ». La modestie de la surface est compensée par les principes d’une sage économie. Même les vestiges dérisoires du monde aristocratique sont recyclés. Le conte recycle la laideur de Cunégonde en utilité. Giroflée est recyclée en honnête homme qui passe du vice à la vertu. Tous les personnages du début trouvent leurs places et leurs destins sont scellés. Le baron n’est pas recyclable car il est encore attaché à ses préjugés et à ses stéréotypes. Fermeture du conte : Candide prononce la morale finale et sa parole est créatrice d’un nouvel age.  
 II. Les critères de la sagesse  A. Le refus des ambitions  Candide, des le début du texte montre sa préférence pour une vie simple, notamment il dit : « Ce bon vieillard … des 6 rois » èUne vie modeste réglée est plus enviable qu’à celle d’un roièIl renonce à toute ambition de pouvoir et de richesse. De toute façon, il y a un caractère éphémère et aléatoire à une gloire des hommes. Dans le texte, il y a une litanie des rois qui ont subit des malheursè que le fait d’être puissant et riche ne fait rien. Réf montre chapitre XXVI les rois déchus. Par contraste, la vie simple dans la métairie est valorisée.  B. Refus des raisonnements stériles  Il ne s’agit pas pour Voltaire de s’opposer à toute forme de raisonnement puisque Candide au début du texte est plongé dans de profondes réflexions mais il s agit d’une pensée nourrie d’expériences et d’observations. Ce qui est par exemple rejeté est le discours de Pangloss et des métaphysiques qui a une tendance affirmer à
 
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bavarder, à brasser des idées, à délayer. Et ses pensées débouchent toujours sur une action cohérente. D’ailleurs, Pangloss ne travaille pas. Dans le 2° discours, on voit bien qu’il n a pas renoncé a l’absurdité et à l’incohérence. Critique des raisonnements interminables sur des questions métaphysiques. Pangloss use encore de la terminologie optimiste quand il parle du meilleur des mondes possibles. Candide contredit et interrompt à 2 reprises Pangloss : « Je sais », « Mais » et Martin s’y oppose aussi.  C. Les bienfaits du travail  Le travail est présenté comme une concentration de toutes les vertus. Notamment si on analyse la phrase du vieillard « Le travail… »è Le travail est une nécessité spécifique, il éloigne l’ennemie. C’est aussi une nécessité morale car il éloigne de nous le vice et c’est une nécessité économique puisqu’il éloigne de nous le besoin. Dans la 2° partie du texte on note l’importance des activités manuelle préservé de manière laudative : « très bonne pâtissière ». Champs lexical des activités artisanales connotés laudativement : « Roda, très bon menuisier » On peut voir que le verbe « travailler » et « cultiver » viennent 2 fois dans le texte. Cela montre l’orientation claire de la spécificité de Candide vers les bienfaits du travail. « La petite terre rapporta beaucoup » montre une satisfaction personnelle en même temps qu’une satisfaction du travail.  Conclusion duI. On peut voir que la parabole (petit apologue du jardin (chap. 30) oppose clairement l’activité aux discours inutiles. « Cultiver son jardin » signifie travailler socialement, travailler intérieurement son raisonnement ainsi que sa pensée. Ca veut dire aussi se cultiver intellectuellement. En effet, la situation que décrit Candide dans ce chapitre est aussi la situation de Voltaire à Carnet. La conclusion de ce conte est très sibylline. Leçon de modestie et de simplicité qui donne à l’homme une place acceptée dans une situation matériellement supportable.   III. L’évolution des deux protagonistes  Un protagoniste est un personnage principal et c’est moi. Pangloss est le maître à penser de Candide. Bien qu’il ait beaucoup douté, il ne l’a jamais confronté. Dans ce texte Candide coupe la parole à Pangloss 2 fois. C’est Candide qui a le dernier mot : le maître a perdu tout son prestige aux yeux de Candide. Renversement des rôles par rapport a l’incipit.          A. Candide  Candide apparaît mûrit. Il a tiré profit de ses expériences, de son voyage initiatique et de ses observations Il a en plus acquis de l’autorité, et il peut même juger de lui-même. Candide est devenu philosophe. D’après Voltaire, un philosophe est quelqu'un qui possède un esprit critique sur un raisonnement qui lui est propre. Candide est au début un personnage sans épaisseur. Il acquiert une dimension patriarcale car c’est le chef, figure centrale de la communauté, celui dont la parole
 
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résume et rassemble. Sa fonction n’est plus d’apporter une contradiction à Pangloss, il est désormais le maître financier et intellectuelle.
 B. Pangloss  Contrairement a Candide, Pangloss n’a pas évolué. Il s’entête dans des raisonnements qui tournent à vide. Il est incapable de penser par lui-même car son premier raisonnement est « selon le rapport de tous ». Il se réfère en effet a la bible « Ut operatum eum » = « pour qu’il travailla » et aux philosophes. C’est pourquoi Pangloss ne maîtrise pas les théories dont il adhère. Raisonnement de fausse logique. Toute l’ironie du faux rapport logique dans « les cédrats confits et pistaches ». Il n’a jamais été philosophe car il n’a pas aptitude à modifier son jugement en fonction des informations qu’il enregistre   Conclusion Générale Candide est un conte et on aurait pu s’attendre à un dénouement heureux du conte. Mais c’est un conte philosophique. Ce n’est pas merveilleux mais Candide trouve une paix dans un choix de vie supportable bien loin des rêves de l’Eldorado. Ce choix est un aboutissement de tout un parcours et bien que ce ne soit pas merveilleux il ne dépend plus des caprices du sort. Le héros se libère des illusions du monde de l’enfance pour devenir enfin adulte et autonome ce qui est le projet même des lumières. (1773, Voltaire écrit a D’Alembert : « si j’ai encore quelque temps à vivre, je le passerai a cultiver mon jardin comme Candide. J’ai assez vécu comme lui »)
 
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