Vers un Nouveau Capitalisme - de Muhammad Yunus
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Vers un Nouveau Capitalisme - de Muhammad Yunus

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Description

Nous faisons face à de nombreux enjeux: changement climatique, développement des inégalités dans le monde, croissance démographique, mondialisation. Est-il possible de résoudre ces problèmes dans le système économique et politique actuel ? Quelles institutions, quelles entreprises seront capables de relever ces défis ? Le professeur Yunus propose une solution avec le développement d’une nouvelle forme d’entreprise, les social business, pour pallier les dysfonctionnements de l’économie de marché et changer en profondeur le capitalisme.
L'auteur est diplômé d'HEC, Majeure Alternative Management, en 2011.

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Langue Français

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Observatoire du Management Alternatif
Alternative Management Observatory
__

Fiche de lecture


Vers un nouveau capitalisme
Muhammad Yunus
2007












Camille Portejoie – Novembre 2010
Majeure Alternative Management – HEC Paris – 2010-2011

Portejoie C – Fiche de lecture : «Vers un nouveau capitalisme » – Novembre 2010 1Vers un nouveau capitalisme


Cette fiche de lecture a été réalisée dans le cadre du cours « Histoire de la critique » donné
par Eve Chiapello et Ludovic François au sein de la Majeure Alternative Management,
spécialité de troisième année du programme Grande Ecole d’HEC Paris.


JC Lattès, Paris, 2009
Première date de parution de l’ouvrage : 2007


Résumé : nous faisons face à de nombreux enjeux: changement climatique, développement
des inégalités dans le monde, croissance démographique, mondialisation. Est-il possible de
résoudre ces problèmes dans le système économique et politique actuel ? Quelles institutions,
quelles entreprises seront capables de relever ces défis ? Le professeur Yunus propose une
solution avec le développement d’une nouvelle forme d’entreprise, les social business, pour
pallier les dysfonctionnements de l’économie de marché et changer en profondeur le
capitalisme.


Mots-clés : Capitalisme, Modèle d’entreprise, Pauvreté, Sens du travail.


Creating a world without poverty


This review was presented in the “Histoire de la critique” course of Eve Chiapello and
Ludovic François. This course is part of the “Alternative Management” specialization of the
third-year HEC Paris business school program.


JC Lattès, Paris, 2009
Date of first publication 2007


Abstract: The challenges of the twenty-first century are significant: climate change, gap
widening between the rich and the poor, demographical growth, globalization. Is it possible to
solve these problems in our economical and political system? Which institutions, which
businesses would be able to face theses challenges? Professor Yunus suggests creating social
businesses to correct the dysfunctions of the market economy and to transform capitalism.


Key words: Capitalism, Business model, Poverty


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Portejoie C – Fiche de lecture : «Vers un nouveau capitalisme » – Novembre 2010 2Table des matières

1. L’auteur et son oeuvre ......................................................................................................... 4
1.1. Brève biographie ........................................................................................................ 4
1.2. Place de l’ouvrage dans la vie de l’auteur .................................................................. 5

2. Résumé de l’ouvrage ............................................................................................................ 6
2.1 Plan de l’ouvrage ........................................................................................................ 6
2.2 Principales étapes du raisonnement et principales conclusions ............................... 7

3. Commentaires critiques ..................................................................................................... 14
3.1 Avis d’autres auteurs sur l’ouvrage .......................................................................... 14
3.2 Avis de l’auteur de la fiche ...................................................................................... 15

4. Bibliographie de l’auteur ................................................................................................... 17

5. Références ........................................................................................................................... 18


Portejoie C – Fiche de lecture : «Vers un nouveau capitalisme » – Novembre 2010 3
1. L’auteur et son œuvre
1. 1. Brève biographie

Muhammad Yunus est né le 28 juin 1940 dans le village de Bathua (province de
Chittagong) dans ce qui était alors la province du Bengale des Indes Britanniques. Sa famille,
comprenant ses parents et ses huit frères et sœurs, déménage en 1947 dans la ville de
Chittagong, où son père possède une entreprise de bijouterie. Yunus grandit et fait toutes ses
études à l'université de Chittagong, il les achève en 1961 après l'obtention d'un master en
économie. Il devient alors assistant chercheur au Bureau National de recherche sur l’économie
puis professeur à l'université de Chittagong. On lui offre une bourse pour partir étudier aux
Etats-Unis en 1965. Il reçoit ensuite une nouvelle bourse de l'université Vanderbuilt qui lui
permet d'obtenir son doctorat d'économie en 1971. Pendant cette période, il enseigne aussi à
l'université de MTSU (Middle Tennessee State University) de 1969 à 1972.
Il retourne au Bengladesh en 1972 pour prendre la tête du département d’économie de
l’université de Chittagong. C’est là qu’il commence à se sentir frustré par son métier de
professeur et d’économiste: de son propre aveu, il a de plus en plus de difficultés à enseigner
de belles théories économiques à l’abri des murs de son université quand les villageois d’à
coté souffrent d’une pauvreté extrême. Il lance donc un programme de «recherche-action»
dans le village de Jobra pour aider les paysans à améliorer le rendement des terres agricoles. Il
approfondit ce travail pendant la grande famine qui touche le Bengladesh en 1973-1974 en
cherchant à comprendre pourquoi de nombreux pauvres n’ont pas les moyens de s’acheter à
manger. Il découvre alors que ces derniers n’auraient besoin que d’une très petite somme
d’argent pour pouvoir créer une activité génératrice de revenus, mais qu’ils ne peuvent le faire
car ils sont sous la coupe d’usuriers, qui leur prêtent de l’argent à des taux extraordinairement
élevés. Il réalise alors son premier microcrédit d’un montant de vingt-sept dollars auprès des
femmes du village de Jobra en 1976.
Convaincu d’avoir trouvé là un moyen efficace de lutter contre la pauvreté, Yunus cherche
à institutionnaliser le microcrédit. Il crée un projet pilote en collaboration avec le
gouvernement et la banque de Jobra pour réaliser des micro-prêts. A la suite de ce projet, la
Grameen Bank est fondée en 1983. A partir de la fin des années 1980, Yunus et la banque
Grameen développent d’autres entreprises, la plupart sous la forme de social business, et créé
Portejoie C. – Fiche de lecture : «Vers un nouveau capitalisme» – Novembre 2010 4ainsi la famille d’entreprises Grameen. Le succès de l’initiative attire l’attention de la
communauté internationale sur le professeur Yunus et la Grameen Bank. Dans les années
1990 et 2000, il reçoit plus d’une soixantaine de prix nationaux et internationaux dont le Prix
Nobel de la paix en 2006 avec la Grameen Bank, il est aussi invité régulièrement par les
grandes universités mondiales pour faire des conférences. Yunus s’emploie à promouvoir les
social business à travers le monde.

1. 2. Place de l’ouvrage dans la vie de l’auteur

Vers un nouveau capitalisme est le deuxième ouvrage écrit par Yunus après le livre Banker
to the Poors (Vers un monde sans pauvreté). Yunus a écrit cet essai, un an après avoir reçu
conjointement avec les sociétaires de la Grameen Bank le Prix Nobel de la paix. Il est donc
déjà connu dans le monde entier pour son travail et a déjà eu l’occasion de rencontrer nombre
de grands décideurs (Bill Clinton, Antoine Riboud Président Directeur Général de Danone...).
Il s’agit d’un essai de trois cent soixante-douze pages dans lequel Yunus propose une
nouvelle forme d'entreprise, au service de la résolution des problèmes sociaux, pour rendre le
capitalisme plus juste et plus humain. Dans cet ouvrage, Yunus structure sa réflexion en trois
parties: il met d’abord en lumière les échecs du capitalisme pour montrer l’importance d’une
nouvelle forme d’entreprise, le social business, il démontre ensuite la faisabilité et l’efficacité
de son concept en prenant l’exemple de la Grameen Bank et de la galaxie d’entreprises qui lui
sont associées enfin il analyse les bénéfices que l’on peut attendre du développement des
social business à la lumière des grandes tendances sociétales. Yunus s'attache à décrire
précisément le mode de fonctionnement de ces social business et écrit une véritable
profession de foi concernant l'avenir de l'humanité. Il insiste sur l'importance de l'initiative
individuelle, sur l'imagination mais aussi sur l'importance de solutions pragmatiques
combinant l'engagement des ONG (Organisations Non Gouvernementales) avec l'efficacité de
l'entreprise, pour répondre aux grands défis du vingt-et-unième siècle. Il propose ainsi un
grand nombre de solutions pratiques pour faire vivre les social business dans le marché et
transformer ainsi le fonctionnement de l'économie mondiale pas à pas.
Portejoie C. – Fiche de lecture : «Vers un nouveau capitalisme» – Novembre 2010 5

2. Résumé de l’ouvrage
2. 1. Plan de l’ouvrage

Prologue: tout a commencé par une poignée de main

Partie 1: LA PROMESSE DU SOCIAL-BUSINESS

Un business d'un genre nouveau
Ce qu'est le social business et ce qu'il n'est pas

Partie 2: L'EXPERIENCE GRAMEEN

La révolution du microcrédit
Du microcrédit au social business
La bataille contre la pauvreté: au Bengladesh et ailleurs
Dieu est dans les détails
Un pot de yaourt après l'autre

Partie 3: UN MONDE SANS PAUVRETE

Diversifier le marché
Technologies de l'information, mondialisation et transformation du monde
Les dangers de la prospérité
Mettre la pauvreté au musée

Discours de réception du Prix Nobel: « La pauvreté est une menace pour la paix »

Pour prendre contact avec le professeur Yunus

Portejoie C. – Fiche de lecture : «Vers un nouveau capitalisme» – Novembre 2010 6




2. 2. Principales étapes du raisonnement et principales
conclusions

Le capitalisme ne tient pas ses promesses
Le professeur Yunus part d'un constat : le développement du capitalisme et son expansion
à l'ensemble de l'économie mondiale n'ont pas tenu leur promesse. S'il est vrai que la
capitalisme a permis à un grand nombre d'êtres humains d'atteindre un confort matériel sans
précédent, la répartition du revenu mondial est encore plus inégalitaire: 40% de la population
se partage 96% du revenu mondial, ce qui ne laisse que 4% pour les 60% de la population
restant. Il faut en effet bien distinguer croissance économique et résolution des problèmes
sociaux: les deux phénomènes ne vont pas toujours de pair. Deux exemples le prouvent. Le
premier est celui de la Chine, qui a connu une croissance économique sans précédent mais
dont l'indice de Gini (indice utilisé pour mesurer l’inégalité des revenus dans une zone
géographique) est supérieur à celui de l'Inde. Le second est celui des Etats-Unis, « qui ont la
réputation d'être le pays le plus riche de la planète » mais dont un sixième de la population ne
bénéficie pas d'assurance maladie.
Muhammad Yunus fournit une explication à ce phénomène: le marché libre n’est pas
conçu pour résoudre les problèmes sociaux, il favorise au contraire leur aggravation « s'il est
mis exclusivement et sans relâche au service des objectifs financiers de ses participants les
plus riches ». Pourtant le marché libre pourrait soutenir un dynamisme, une créativité
essentielle à la résolution des problèmes sociaux. Yunus est favorable à la mondialisation qui
peut participer à la redistribution égale des revenus si un « code de la route » équitable, une
régulation mondiale est créée et mise en place.

Face à cet échec, les solutions existantes sont inefficaces
Yunus dresse la typologie de ces solutions mises en place pour pallier les effets pervers du
capitalisme et montre qu'elles manquent d'efficacité et ne pourront jamais à elles seules
accomplir la mission qu'elles se sont fixées.
En premier lieu, les gouvernements, malgré de nombreux avantages (taille, légitimité dans
certains cas, pouvoir), sont le plus souvent ralentis par la bureaucratie, les considérations
politiques et parfois entachés par la corruption. Ensuite, la nature des ONG les empêche
Portejoie C. – Fiche de lecture : «Vers un nouveau capitalisme» – Novembre 2010 7d'apporter une réponse adéquate à l'ampleur des défis qu'elles doivent relever. Les
organisations sont dépendantes des dons et utilisent la moitié de leur énergie disponible à
rassembler des ressources. La portée de leur action est donc limitée par la générosité des
donateurs. Les institutions multilatérales, quant à elles, combinent les désavantages des
gouvernements et des ONG. Elles sont le plus souvent lentes, bureaucratiques, conservatrices
et en manque de fonds chroniques, ce qui les conduit à conduire des politiques incohérentes.
Yunus propose de réformer leur fonctionnement notamment celui de la Banque Mondiale
(développement d’antennes locales, coopération avec tous les acteurs de l’économie pas
seulement les gouvernements, meilleure évaluation des politiques).
Concernant le concept de RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises), Yunus reconnaît
l'intention louable derrière ce concept et s’en réjouit. Cependant cette démarche atteint très
vite ses limites dans le cadre d'une entreprise traditionnelle. Lorsque les objectifs sociaux
entrent en concurrence avec l'objectif premier de l'entreprise de maximiser le profit, les
dirigeants qui ne sont évalués que sur leur réussite de ce dernier, choisiront toujours de
maximiser le profit plutôt que les objectifs sociaux.

L’erreur première des théories du capitalisme et la nécessité de réinventer l’entreprise
Pour le professeur Yunus, les théories qui ont conceptualisé le capitalisme tel que nous le
connaissons reposent sur un postulat erroné: les hommes ne seraient que des êtres
unidimensionnels motivés par un seul et unique objectif: maximiser leur profit. Cet objectif
unique dirigerait toutes leurs décisions, tous leurs comportements et les hommes trouveraient
donc satisfaction en travaillant dans une entreprise classique tournée uniquement vers le
profit. Yunus met au contraire en avant le fait que l'homme est multidimensionnel, animé par
un ensemble de désirs, de capacités, de priorités très varié. Il devrait pouvoir exploiter toutes
les facettes de sa personnalité dans une entreprise tournée vers la résolution de problèmes
sociaux plutôt que la simple maximisation du profit: un social business.

Qu’est ce qu’un social business ?
Un social-business est une entreprise dont l'objectif est d'apporter des solutions à un
problème social. Un social-business peut prendre deux formes différentes. Un social-business
fonctionne comme une entreprise privée: il fournit un produit ou un service à d'autres acteurs
du marché qui est facturé, il emploie des employés payés au prix du marché et suit les règles
de gestion d'une entreprise classique. Son capital social en revanche n'est pas composé de
parts de l'entreprise mais d'argent fourni par des investisseurs sociaux sans contrepartie. Ces
Portejoie C. – Fiche de lecture : «Vers un nouveau capitalisme» – Novembre 2010 8derniers peuvent récupérer leur mise de départ une fois que le social-business a atteint
l'autonomie économique. D'un point de vue financier, le social-business devra atteindre
l'équilibre financier à minima et réinvestir tous ses profits dans le développement de son
activité. Sous cette forme, le succès de l'entreprise sera évalué sur l'efficacité des solutions
apportées pour résoudre le problème social auquel elle avait décidé de s'attaquer. Le deuxième
type de social-business fonctionnerait comme une entreprise privée traditionnelle dont
l'objectif serait de maximiser le profit, cependant son capital social serait détenu par des
pauvres ou des personnes défavorisées. Cette entreprise aiderait donc les pauvres à sortir de la
pauvreté en leur fournissant un revenu supplémentaire avec le versement de dividendes et la
valorisation de leurs actions.
Pour Yunus, le social-business (notamment de premier type) a plusieurs avantages: il
permet de diversifier le monde des affaires en apportant une nouvelle concurrence aux
entreprises classiques, en fournissant un débouché aux investisseurs potentiels et en instaurant
une nouvelle dynamique de concurrence entre les entreprises. D'autres avantages des social-
business sont mis en avant par Yunus: ils permettent de faire circuler l'argent de la générosité:
les investisseurs ne font pas des dons mais d'une certaine manière des prêts à taux zéro. A un
moment ou à un autre ils récupèrent leur mise et peuvent la réinjecter dans le système
économique. Enfin, le social-business correspond à la pensée d'un homme multidimensionnel:
il permet aux individus de concilier leur recherche du profit et leur volonté de faire quelque
chose qui a du sens.

La preuve par l'exemple: le succès du microcrédit
Pour appuyer son argumentation en faveur du concept de social-business, Muhammad
Yunus relate son aventure avec la Grameen Bank et ses entreprises sœurs. Professeur
d'économie à l'université de Chittagong, Muhammad Yunus est témoin des terribles ravages
de la famine de 1974-1975 dans un village voisin du campus Jobra. Il découvre avec
effarement que les pauvres ne peuvent s'acheter correctement à manger, non pas faute de
travail mais faute de capital disponible suffisant, pour leur permettre de sortir du cercle
infernal dette-travail pour rembourser la dette-contraction d'une nouvelle dette pour faire face
aux dépenses quotidiennes.... dans lequel ils sont enfermés par des prêteurs peu scrupuleux.
Yunus réalise alors son premier microcrédit d'un montant de vingt-sept dollars. Convaincu
d'avoir trouver là un moyen efficace de lutter contre la pauvreté (permettre aux pauvres
d'emprunter à un taux très faible pour financer une activité génératrice de revenus), Yunus,
après avoir en vain tenter de convaincre les banques traditionnelles, crée en 1984 la Grameen
Portejoie C. – Fiche de lecture : «Vers un nouveau capitalisme» – Novembre 2010 9Bank. Les chiffres montrent clairement le succès de la Grameen Bank : la banque est
financièrement autonome depuis 1995, le taux de remboursement est de 98,6% et surtout elle
a contribué à sortir de la pauvreté 64% de ses emprunteurs durant au moins cinq ans depuis sa
création
Yunus a développé son concept à l'encontre de la doxa économique traditionnelle, en
exploitant avec créativité les angles morts des théories économiques et en renversant des
hypothèses communément admises telles que: la non solvabilité des pauvres, la vision des
hommes comme objets économiques et non comme des sujets (i.e. des entrepreneurs) et enfin
la simplicité du monde économique et de l'être humain. Au contraire la Grameen Bank s'est
attachée à s'adapter à tous les besoins de ses emprunteurs et à favoriser leurs initiatives
personnelles. Elle a aussi tenu compte de l'environnement de l'emprunteur en créant des
groupes d'emprunteurs pour favoriser l'entraide et la cohésion sociale. Par ailleurs, la
Grameen Bank s'est développée autour de ses membres en n'hésitant pas à se reformuler
complètement et à proposer des nouveaux services d'épargne de fonds d'urgence etc. ...
Grâce au succès de l’expérience Grameen, le micro crédit s’est diffusé dans d’autres pays
et d’autres continents (Asie du Sud Est, Afrique, Proche Orient). En 2006, le Sommet
Mondial du Microcrédit a reconnu que cent millions de familles dans le monde bénéficiaient
alors du microcrédit contre sept millions six cent mille de familles seulement en 1997.

La naissance du concept social business
Le social business ne se cantonne pas au microcrédit. En témoignent la famille
d’entreprises Grameen qui a grandi depuis la création de la Grameen Bank. En adoptant
toujours le même pragmatisme et le même procédé: identification d’un problème, invention
d’une solution, expérimentation, corrections éventuelles, l’équipe Grameen a développé un
tissu d’entreprises traditionnelles et à but non lucratif pour répondre aux besoins des pauvres.
Les activités de ces entreprises vont de la promotion de l’artisanat traditionnel, aux soins de
santé et à la téléphonie mobile. Certaines ont plus de succès que d’autres ainsi Grameen
Phone, entreprise de téléphonie mobile, qui est en 2007 la première entreprise du pays. Yunus
entreprend ensuite de narrer les principales étapes de la création de la première multinationale
sous la forme d’un social business: le projet Grameen Danone.
De sa rencontre avec Frank Riboud, PDG (Président Directeur Général) de Danone en
novembre 2005 aux premières ventes du Shoki Doi au printemps 2007, Yunus s’attache à
expliquer le fonctionnement de cette multinationale d’un nouveau genre. Par l’exemple d’une
expérience réussie, il démontre la pertinence d’un tel business et les avantages de la
Portejoie C. – Fiche de lecture : «Vers un nouveau capitalisme» – Novembre 2010 10