1A D A P T A T I O N E T I M I T A T I O N D U L E X I Q U E F R A N A I S E N R O U M A I N
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Niveau: Supérieur, Doctorat, Bac+8
1A D A P T A T I O N E T I M I T A T I O N D U L E X I Q U E F R A N Ç A I S E N R O U M A I N - P O S I T I O N D E T H È S E – „ Î l o t d e l a t i n i t é d a n s u n e m e r s l a v e ” : c ' e s t a i n s i q u e l e s l i n g u i s t e s c o n t e m p o r a i n s d é s i g n e n t l a R o u m a n i e . A p r è s d e s s i è c l e s d ' i n f l u e n c e s o r i e n t a l e s , q u i o n t a n n i h i l é s a d e s c e n d a n c e l a t i n e , l e p a y s r e v i e n t à s e s s o u r c e s n a t u r e l l e s , e n s e t o u r n a n t v e r s l e s l a n g u e s r o m a n e s

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Langue Français

Extrait

ADAPTATION ET IMITATION DU LEXIQUE FRANÇAIS EN ROUMAIN
- POSITION DE THÈSE –
„Îlot de latinité dans une mer slave” : c’est ainsi que les linguistes
contemporains désignent la Roumanie. Après des siècles d’influences orientales,
qui ont annihilé sa descendance latine, le pays revient à ses sources nat
urelles,
en se tournant vers les langues romanes d’Occident.
L’objectif de cette thèse consiste à décrire et analyser l’emprunt
linguistique français en roumain. Le but est de dégager la place de l’adaptation
et de l’imitation dans le transfert phonétique, graphique et sémantique entre
deux langues ayant la même origine romane, mais deux systèmes différents. Il
s’agit d’une étude essentiellement linguistique, qui ne prend pas en compte les
différences dialectales et les niveaux de langue.
Dans un premier temps, nous présentons le cadre théorique de l’influence
française en Roumanie : sa spécificité, les prémices qui l’ont engendrée, les
domaines de manifestation et les différentes étapes du contact franco-roumain.
Nous faisons apparaître les facteurs linguistiques, culturels, historiques et
politiques qui ont favorisé le rapprochement entre les deux peuples.
La parenté linguistique entre le roumain et le français est le facteur
déterminant dans l’acceptation de l’élément étranger en roumain ; elle crée des
liens entre les deux langues, au nom du même ancêtre commun - le protoroman.
Le rayonnement culturel de la France, assuré par le prestige de la langue, de la
littérature, du théâtre, de la presse, de l’enseignement, mais aussi par le haut
degré de civilisation du peuple français contrastent avec l’infériorité culturelle
des Roumains, restés longtemps sous domination étrangère. Les grands empires
napoléoniens contrastent avec le statut de principautés occupées ; l’idéologie du
siècle des Lumières attire les Roumains oppressés et réveille leur conscience
nationale. Enfin, l’esthétique et le mode de vie „à la française” fascinent les
snobs et entraînent tout un peuple à se tourner vers l’Occident.
Le soubassement théorique fourni par les grands spécialistes dans la
question, dont Louis Deroy, crée le cadre nécessaire à l’analyse technique de
l’emprunt français en roumain. Définir l’emprunt, saisir ses caractéristiques
générales et connaître les différents critères de classification permettent de saisir
les traits spécifiques et le fonctionnement de l’emprunt français en roumain.
L’étymologie offre le point de départ dans l’analyse de l’emprunt
linguistique ; l’accès au sens d’origine permet de cibler la notion. Les différentes
1acceptions que les linguistes ont associées à l’emprunt enrichissent l’analyse et
offrent des nouvelles pistes de recherche et d’interprétation du sujet :
échange
,
innovation
,
intégration
,
création
sont synonymes d’
emprunt
. Il ne s’agit pas de
trancher et de choisir une acception pour définir l’emprunt, mais plutôt les
exploiter toutes, afin de procéder à un choix sélectif de traits et trouver le
dénominateur commun.
Les principes taxinomiques généraux font apparaître la multitude des
manifestations de l’emprunt français en roumain. Le degré d’adaptation nous
permet de distinguer les
xénismes
et les
emprunts assimilés.
Le critère
étymologique introduit les notions d’
emprunt direct / emprunt indirect.
La
dichotomie
oral / écrit
fait intervenir la voie de pénétration des emprunts. Dans
une perspective traditionnelle, chaque compartiment de langue visé par
l’emprunt a son correspondant :
emprunt phonétique, graphique,
morphologique, sémantique, syntaxique,
voire
stylistique.
Enfin, l’utilité de
l’emprunt nous permet de distinguer les
emprunts nécessaires et
les
emprunts
redondants
.
Dans la perspective ouverte par Ferdinand de Saussure nous étudions
l’emprunt de signifiants et l’emprunt de signifiées français en roumain, d’une
façon complémentaire. Le transfert de signifiants est saisi dans sa double
dimension – orale et écrite - tant en français, qu’en roumain. L’accent est mis
sur les phénomènes d’adaptation et imitation qui interviennent au niveau
graphique et phonétique des signifiants français en roumain. Cette double
perspective nous permet de dégager le mécanisme d’intégration des formes
françaises dans la langue roumaine, qui joue sur le biais écrit / oral : modifier
l’orthographe pour préserver la prononciation ou changer la prononciation pour
conserver l’aspect graphique des emprunts. Dans l’analyse des modifications
graphiques et phonétiques du signifiant français en roumain, l’accent tonique et
le type de syllabe sont des critères opérants ; ils font intervenir les couples
syllabe atone / tonique
et
syllabe ouverte / fermée
dans l’analyse
.
L’Alphabet
Phonétique International permet de décoder l’écrit, afin de rendre compte de la
prononciation dans les deux langues. La transcription phonétique devient utile,
voire indispensable, dans une langue méconnue comme le roumain.
Dans l’étude des signifiants, l’oral est indissociable de l’écrit ; les
emprunts français sont analysés simultanément dans leur matérialité phonétique
et graphique. L’étude formelle des emprunts est structurée selon le triptyque
traditionnel : voyelles, consonnes et glides. Le comportement de chaque classe
fait apparaître les différences entre les systèmes phonétique et graphique des
deux langues romanes : le français, novateur, et le roumain, conservateur.
Chaque son français est abordé dans la multitude de ses réalisations graphiques.
Cette exigence est imposée par les distorsions qui existent entre le code écrit et
oral, dans une langue qui joue sur l’homophonie. Les différences entre les
systèmes phonétique et graphique des deux langues romanes, qui ont évolué
2différemment, sont perceptibles dans la dénasalisation des voyelles françaises
en roumain ([
A^
], [
E^
], [
œ
] et [
?^
]), la transposition des consonnes nasales
spécifiques au système phonétique du français ([
N
*]), ainsi que dans les
phénomènes de diphtongaison et l’apparition des affriquées ([ts], [
t
] et [
d
]) en
roumain.
Une attention particulière est accordée au transfert d’accent tonique du
français, langue exclusivement oxytone, en roumain, langue essentiellement
paroxytone. L’accent tonique est étudié en corrélation avec la chronologie,
l’étymologie, la structure syllabique des emprunts et les changements formels
inhérents au passage d’une langue à l’autre. Les changements phonétiques qui
conditionnent la place de l’accent tonique dans les emprunts sont : les
métaplasmes (i.e. l’épenthèse, la paragoge, l’apocope), la diphtongaison et la
segmentation vocalique, ainsi que la vocalisation des glides. La perspective
structuraliste permet l’étude de l’accent tonique dans les lexèmes dérivés.
L’intégration morphologique des emprunts explique les divers changements
d’accentuation dans une langue où le neutre est masculin au singulier et féminin
au pluriel.
Le transfert de sens est analysé dans la double perspective
emprunt
sémantique / emprunt lexical
. Le soubassement théorique qui précède l’analyse
des emprunts trace le cadre de l’étude sémantique.
L’emprunt sémantique - manipulation artificielle qui consiste à greffer de
nouveaux signifiés sur des signifiants anciens – est la forme la moins perceptible
de l’emprunt. L’addition d’un ou plusieurs sens français en roumain est étudiée
en rapport avec l’étymologie des emprunts, leur chronologie, leur structure
sémantique et, surtout, leur nécessité dans la langue d’accueil. Dans une visée
fonctionnelle, nous insistons sur le dernier critère, afin d’analyser la préférence
du roumain pour un sens, plutôt que pour un autre. Les couples :
sens propre /
sens figuré, sens principal / sens secondaire, sens spécialisé / sens commun
sont
exploités en fonction des besoins pratiques du roumain. La polysémie permet la
modernisation de la langue, tout en respectant le principe de l’économie.
Le transfert de sens dans les emprunts lexicaux est abordé dans la double
perspective ouverte par le titre : adaptation et imitation de signifi

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