RAPPORT DE STAGE A l

RAPPORT DE STAGE A l'IRCOD

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  • cours - matière potentielle : leurs produits sur les marchés du pays
  • rapport de stage - matière potentielle : a
1 RAPPORT DE STAGE A l'IRCOD Sujet du stage: Situation des Caisses Mutuelles d'Epargne et de Crédit des Femmes (CMECF), fédération et autonomie Lieu du stage : Togo (Région Centrale) Durée : de mai à août 2000 (4 mois) Organisme : IRCOD / Champagne Ardennes Adresse en France : 2, rue de l'Olican 51037 Chalons en Champagne cedex Tél : 03 - 26 - 69 – 24 – 75 Référents à l'IRCOD : M. Daniel Meyer et Mme Monique Lapique Adresse au Togo : BP 449 Sokodé / Togo Référent local : M. Sokpé Kossi Tél.
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RAPPORT DE STAGE A l’IRCOD

Sujet du stage:
Situation des Caisses Mutuelles d'Epargne et de Crédit
des Femmes (CMECF), fédération et autonomie


Lieu du stage : Togo (Région Centrale)
Durée : de mai à août 2000 (4 mois)
Organisme : IRCOD / Champagne Ardennes
Adresse en France : 2, rue de l’Olican 51037 Chalons en
Champagne cedex
Tél : 03 - 26 - 69 – 24 – 75
Référents à l'IRCOD : M. Daniel Meyer et
Mme Monique Lapique

Adresse au Togo : BP 449 Sokodé / Togo
Référent local : M. Sokpé Kossi
Tél. : 00 - 228 - 50 - 00 - 94

Faculté d’origine du stagiaire : Université de Lille I, Faculté des
Sciences Economiques et Sociales

Professeurs référents : M. Abderkader Djéflat (Directeur)
et M. Maurice Baudoux Consultant

Contact étudiant : AWADE Aklesso Yao
Adresse : 64, cours des Roches
Code postal : 77 1186 NOISIEL
tél : 03 – 20 – 47 – 90 – 73
é-mail : awadeyao@yahoo.com
1 REMERCIEMENTS

Au terme de ce travail nous tenons à remercier très sincèrement :

- Monsieur Daniel Meyer, Directeur de l’IRCOD pour nous avoir donné l'occasion d’effectuer
notre stage sur un thème qui nous passionne, dans une structure de notre rêve et surtout pour
les moyens qu’il a mis à notre disposition et la confiance qu’il a placée en nous au cours cette
mission de quatre mois.

- Madame Monique Lapique, Directrice Adjointe de l’IRCOD pour sa disponibilité, ses
conseils qui nous ont été d’une grande utilité. Sa rigueur et ses exigences sont formatrices
dans les recherches exploratoires sur le terrain.

- Tout le personnel de l’IRCOD / Champagne Ardenne pour son écoute et sa disponibilité.

Enfin nous n’oublions pas de remercier également tout le personnel de la représentation
de l’IRCOD au Togo, en particulier :

- son responsable Monsieur Sokpé Kossi qui a été toujours attentif à notre travail et prêt à
nous apporter les moyens nécessaires pour nous faciliter des conditions de travail,

- Madame Améyo, la responsable de la promotion féminine qui nous a nourri de ses
expériences de terrain,

- Mlle Madjédjé Lami, pour son service de secrétariat,

Notre reconnaissance va aussi aux quatre gérantes/animatrices des caisses mutuelles
d’épargne et de crédit qui ont été nos guides sur le terrain, il s’agit de :
- Mme Pauline Gnakou à la caisse de Sotouboua;
- Mme Massa Amégnon caissière à Blitta,
- Mme Mariama Bonfoh responsable de la caisse de Sokodé
- Mme Wassiratou Tchagbélé caissière / animatrice à Tchamba
2 INTRODUCTION
Originaire d’Afrique (Togo), nous avons été sensible aux problèmes de
développement dans les pays du tiers monde. Cette préoccupation a suscité en nous un intérêt
particulier pour notre orientation vers des études de gestion des projets de développement
social.
En nous engageant dans cette formation, notre objectif était de nous procurer des outils
techniques de diagnostic, d’analyse et de compréhension des situations problématiques dans
ces pays. C’est ce qui explique notre cursus universitaire (Administration Economique et
Sociale en premier cycle; Maîtrise des Sciences et Techniques, Gestion des projets de
Développement au second cycle et enfin le DESS de gestion des projets de coopération
internationale.
Convaincu que pour comprendre les phénomènes de développement et du sous-
développement rien ne vaut plus qu’un stage pratique sur le terrain, nous avons sollicité une
place auprès de l’Institut Régional de Coopération au Développement (IRCOD) / Champagne
Ardennes pour compléter notre formation théorique parce que l'IRCOD dispose d'une
expérience en Afrique (Togo, Bénin, Côte d'Ivoire, Maroc et Sierra Léone).
Le thème d’étude, la microfinance est le domaine qui a toujours retenu notre attention
en matière de développement. Il nous était demandé d’étudier les possibilités de création
d’une caisse fédérale qui regrouperait les quatre actuellement en activité dans la Région
Centrale au Togo et subventionnées par la Région Champagne Ardenne via l’IRCOD.
Nous devrions aussi étudier la position de ces structures au regard de la loi qui régit les
conditions de création et de fonctionnement des caisses coopératives et mutualistes d’épargne
et de crédit dans les pays de la zone franc CFA, dite loi PARMEC.
Le dernier point de notre mission consistait à préconiser des actions correctives
tendant à l'amélioration du fonctionnement de ces caisses.
Ce rapport est donc le résultat des quatre mois de présence au Togo. Dans l'approche
du terrain, nous avons privilégié la méthode d’observation du fonctionnement des caisses et
l’écoute des acteurs. Pour lever tout malentendu et quiproquo, nous étions obligé de
questionner nos interlocuteurs tout en leur laissant la liberté de réponse. Les contacts avec les
ONG, les associations et quelques investigations dans certains Ministères nous ont permis de
comprendre le champ de la structure financière décentralisée dans ce pays et d'élaborer ce
travail.
3 Nos observations et propositions constituent, non pas des réponses ou solutions
absolues à la situation constatée, mais elles peuvent être perçues comme une ébauche de
réponse d'une part, et d'autre part une pré-étude qui devra être réactualisée de temps en temps.

I – Présentation du Togo

Une brève présentation des repères historiques, géographiques et socio-économiques
et culturels de ce pays nous permettra de comprendre et connaître ses habitants pour mieux
travailler avec eux en nous appuyant sur les énergies et initiatives endogènes qui respectent le
système de coopération. Elle nous éclaire aussi sur le choix des domaines d'activités soutenus
par les Associations et les ONG et certains acteurs du développement.

A - Données de repérage au niveau national
1 - Histoire et aspects socio-économiques
a) Histoire du pays
Coincé entre le Ghana à l'Ouest, le Burkina Faso au Nord, la République du Bénin à
l'Est, et l’Océan Atlantique au Sud, ce territoire fut une ancienne colonie allemande. En 1884,
le roi Mlapa III du village de Togodo signe un traité de protectorat avec l’explorateur
allemand Nachtingal qui entreprend alors un plan de mise en valeur systématique du territoire
malgré la forte résistance des populations locales. Le nom Togo actuel vient d’une
transformation de Togodo. Depuis le traité, ce territoire est devenu une colonie allemande
jusqu’à la première guerre mondiale. À l’issue de cette guerre, la colonie fut partagée entre les
alliés britanniques et français sans aucun respect des réalités ethniques et culturelles. La partie
anglaise, Togoland soit la moitié de l’actuel Togo se rattache définitivement au Ghana
(colonie anglaise ) en 1956. La partie française, actuel Togo, passe sous la tutelle de la SDN
(Société des Nations) puis de l’ONU (Organisation des Nations Unies) en 1946. Le Togo
obtient son indépendance le 27 avril 1960.
Il est l'un des plus petits pays de l'Afrique de l'Ouest qui couvre une superficie de
57000 km² et compte environ 5, 2 Millions d’habitants (estimation l’an 2000). La densité
moyenne est de 70 habitants au Km².
La population est répartie en quarante groupes ethniques dont les plus importants sont
les Ewé, Kabyè, Mina, Kotokoli, les Moba.
4 L'Ewé et le Kabyè sont les deux langues nationales qui sont enseignées à l'école après
le français, la langue officielle du pays. Lomé la capitale du Togo est au bord de la mer, à 65
000 Km de Paris à vol d'oiseau.
Les principales villes sont Aného, Atkpamé, Kpalimé, Sokodé, Kara, Niamtougou,
Mango, Dapaong, Bassar, Sotouboua , et Badou.
Membre de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), sa devise monétaire est le
franc CFA (1FF = 100F CFA depuis la dévaluation de janvier 1994).
Le pays se décompose en 5 grandes régions économiques (Région des Savanes,
Région de la Kara, Région Centrale, Région des Plateaux et Région Maritime). Confère la
carte du découpage administratif ci-dessous.
En 1998, le pays s'est doté d'une loi de décentralisation qui accorde théoriquement un
certain nombre de pouvoirs aux collectivités territoriales, mais en pratique, il faudra attendre
quelques années pour doter ces collectivités décentralisées d'un réel pouvoir économique et
politique. Le poids du pouvoir central se fait lourdement sentir sur ces entités territoriales. La
répartition des domaines de compétence est clairement définie dans les textes de la loi de
décentralisation administrative mais son application tarde à se concrétiser dans la pratique.
5 Togo : Découpage administratif

6 b) Aspects socio-économiques

Depuis son indépendance en 1960, le Togo n'a pas su amorcer d'une façon
significative un décollage économique capable de créer une intégration cohérente et pérenne
des différents secteurs de son économie, cependant de nombreuses ressources naturelles
existent dont les principales sont: les phosphates, le café, le cacao, le coton, le palmier à huile,
etc. Outre ces ressources naturelles, le pays a connu de 1967 à 1990 une stabilité politique,
facteur non négligeable pour attirer des investisseurs étrangers ou développer l'industrie
touristique, troisième source de capitaux pour le Togo.
Le café, le cacao et le coton sont les principaux produits agricoles d’exportation dont
les prix sont fixés par les principaux clients (pays européens). Les intrants et autres produits
nécessaires à leur production sont fabriqués en Europe. Leur coût de revient à l'importation,
restent assez élevés pour les paysans togolais. L'absence des chambres régionales d'agriculture
et de syndicat de paysans aggrave la situation de ces derniers dans la mesure où ils n'arrivent
pas à s'organiser pour défendre le cours de leurs produits sur les marchés du pays. De plus ils
ne peuvent pas non plus faire des commandes groupées pour faire baisser des coûts de ces
produits importés. Aucun fonds de stabilisations des prix n'existe, le paysan est livré à lui-
même.
Depuis 1974, le paysan togolais est exempté du paiement des impôts. Mais, comme il
ne le paie plus, il n'est plus économiquement rentable pour l'Etat sauf à l'approche des
élections importantes. Ne donnant rien à l'Etat, il ne peut rien exiger de lui non plus. De toutes
les façons le paysan ne profitait vraiment pas des impôts quand il les payait.

2 - Conditions de vie des familles paysannes au Togo

Certes, il y a des situations meilleures ou pires que ce que celles que nous décrivons
ici. Mais nous nous intéressons seulement à la moyenne des situations les plus fréquentes.

a) L’impact du mode de travail et d’exploitation paysanne sur la structure familiale

L'agriculture qui occupe 80 % de la population active reste encore au stade rudimentaire.
Les méthodes d’exploitation sont encore traditionnelles, la mécanisation ou l’usage des
animaux de traction est très rare. L’unique force utilisée pour les travaux champêtres est celle
du paysan et de sa famille. Les agriculteurs déploient d’énormes efforts physiques pour
obtenir des résultats maigres. La quantité et la qualité des récoltes dépendent étroitement des
aléas climatiques.
7 Le climat y est réparti en deux saisons: l'une pluvieuse et l’autre sèche. Les deux durent
chacune six mois. La période pluvieuse débute au mois de mai et se termine à la fin octobre.
C'est la période d'intenses activités champêtres qui mobilisent les paysans et toute leur
famille. La saison sèche va de novembre à fin avril de l'année suivante. Les deux premiers
mois de cette saison sont consacrés aux récoltes. Après celles-ci, aucune activité agricole n'est
possible avant la tombée des premières pluies dont la date est imprévisible.
Les maigres récoltes généralement destinées à la consommation des ménages arrivent à
peine à couvrir leurs besoins alimentaires annuels. Les paysans valides, surtout les jeunes
hommes, sont alors tentés d'émigrer vers les villes à la recherche d'activités rémunérées. C'est
le début d'un départ sans retour et de la dislocation des ménages ruraux car, les rares unités de
production industrielle et économique sont à 90 % localisées à Lomé, la capitale du pays.
Cette surconcentration d'activités économiques provoque un exode rural qui fragilise ainsi la
capitale dont les infrastructures d'accueil sont limitées.
Quant aux autres villes et villages, ils perdent leur population jeune et valide qui, faute de
trouver des voies d'insertion à la capitale se clochardise et se livre à toute sorte de trafic
puisque libérée de toute pression de contrôle social parce que, à la capitale, règne la loi de
chacun pour soi et sauve qui peut.
Attirés vers les grandes villes à la recherche d'un emploi rémunéré (incertain), les adultes
et personnes valides laissent derrière eux une population soit très jeune et /ou soit très vieille
qui est obligée de travailler malgré son âge pour survivre. Comme la population masculine
émigre plus facilement que la féminine, les femmes, généralement mères de plusieurs enfants
(7 en moyenne) sont obligées de rester au village ou à la ferme pour s'occuper de leurs petits
et des personnes âgées.

b) Quand la femme gère seule le ménage

En attendant le retour incertain du mari ou du conjoint parti en ville à la recherche d'un
complément de revenus ou des conditions de vie meilleures, les épouses restées au village
prennent progressivement la place du père tant sur le plan travail que dans la gestion de la
famille tout en conservant bien sûr leurs rôles habituels. Bien qu’elle soit le principal
producteur du vivrier, la femme, en plus de son travail sur l’exploitation familiale, gère sa
propre exploitation agricole. En plus des travaux champêtres, elle doit à la fois s’occuper des
enfants, surveiller leur santé, veiller à leur éducation et répondre à leurs besoins quotidiens.
L’importance accordée au nombre élevé d’enfants est fréquente chez la majorité des familles
rurales alors qu’au même moment les revenus ne suffisent pas pour couvrir convenablement
8 leurs besoins, cela occasionne par la suite des problèmes de la malnutrition avec toutes ses
conséquences physiques, morales et sanitaires.
Dans beaucoup de cas, les conditions de vie sont pires à la capitale qu’en campagne. Le
conjoint émigré se retrouve alors dans l’impossibilité de réunir les fonds nécessaires pour
rejoindre sa ou ses femme(s) et ses enfants à la campagne. Ainsi se brisent facilement de
nombreuses familles dont les hommes valides sont partis tenter leur chance en ville.
L’absence du père entraîne de nombreuses conséquences dont les plus fréquents sont:
- vie matérielle rude pour des femmes, difficultés à s’occuper des enfants,
- fatigue, peu de repos,
- peu de ressources pour répondre aux besoins familiaux,
- peu de réserves pour faire face aux imprévus,
- faible consommation des services sociaux (quand il en existe !),
- sous alimentation, faim,
- réalisation des activités économiques stéréotypées, peu rentables,
- peu de disponibilité pour l’éducation, la stimulation, les soins des enfants,
- l’enfant accompagne souvent sa mère au champ,
- faible suivi du développement physique, psychomoteur des petits,
- enfants non soignés, mal - nourris, malades,
- enfants au travail, dans la rue, non – scolarisés.
Aucun dispositif social n’existe pour aider les femmes à faire face à ces situations. Dans
certains cas, la femme ne bénéficie pas des droits du mariage civil et des droits qui
l’accompagnent, notamment en cas de divorce. Ni la communauté des biens, ni la
communauté des acquêts ne s’appliquent aux quelques richesses accumulées par le couple
(maison, équipement domestique, bicyclette, radio, troupeau, arbres fruitiers, etc.). Certes il
existe des textes juridiques qui leur garantissent (officiellement) tous les droits, mais le poids
de la tradition et des pratiques coutumières est tellement pesant que bon nombre de femmes
n'osent les revendiquer. Il s'agit dans certains cas du manque d'information, surtout pour les
analphabètes et illettrées.
Généralement analphabètes, les femmes paysannes n’arrivent pas à surveiller
l’évolution des études de leurs enfants qui sont les premières victimes des difficultés que
vivent les parents. Ce qui se traduit par des échecs scolaires et des taux de redoublement très
élevés de ces enfants qui sont les futurs parents.
9 Ci-dessous photo / image de femme enceinte en train de cuisiner en même temps
qu'elle allaite un enfant.
Comme cette femme, nombreuses sont celles qui après les activités champêtres
continueront leur journée à :
- s'occuper de l'enfant ou des enfants;
- faire la cuisine pour toute la famille (généralement nombreuse)
- faire de la vaisselle,
- aller chercher de l'eau à la rivière,
et le lendemain elle recommenceront les mêmes activités et peut - être jusqu'à un âge avancé
si elle ne meurent pas avant la vieillesse.















Source : Photo tirée d'un dossier UNICEF / TOGO
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