Corrigé bac ES 2014 Pondichéry explication de texte philo

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Corrigé bac 2014 – Philosophie – Série ES Explication du texte de Hegel Ce texte a pour thème le but de l'art, de l’œuvre d'art qu'on distingue, depuis le XVIIIème siècle, de l'ouvrage artisanal lui répondant à un besoin pratique clair et dont la satisfaction est sa raison d'être. Hegel examine un des buts que d'autres ont pu donner à l'art, qu'on a pu assigner à l'art (« dit-on) et qu'on a donc présenté comme une sorte de règle à laquelle l'art devrait se plier (« il doit chercher à obtenir »). Ce but qui a été donné à l'art est « d'éveiller l'âme ». On peut comprendre cet éveil comme la découverte d'une vérité ou une prise de conscience. On peut penser ici à Platon par exemple qui dès le départ condamne l'art comme simulacre, comme ne remplissant pas la mission qui devrait être la sienne : dire le vrai, apporter une connaissance plutôt que de tromper, de maintenir dans l'ignorance. Pour traiter du but de l'art, Hegel va répondre en réalité à deux questions (qu'il énonce aux lignes 2-3 en distinguant « doit » et « peut ») qui peuvent soulever deux types de problème : ⁃ d'abord en quoi peut-on dire que l'art éveille l'âme ? Quelle est la nature de l'art (lignes 3 à 14) ? Cette première manière de traiter la question du but de l'art soulève un problème : si Hegel préfère traiter des effets de l'art plutôt que d'un but de l'art, est-ce parce qu'on ne peut pas donner un but à l'art ? L'art doit-il avoir un but ?

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Publié le 15 avril 2014
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Langue Français
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Corrigé bac 2014 – Philosophie – Série ES Explication du texte de Hegel
Ce texte apour thèmele but de l'art, de l’œuvre d'art qu'on distingue, depuis le XVIIIème siècle, de l'ouvrage artisanal lui répondant à un besoin pratique clair et dont la satisfaction est sa raison d'être. Hegelexamineque d'autres ont pu donner à l'art, qu'un des butsona pu assigner à l'art (« dit-on) et qu'on a donc présenté comme une sorte de règle à laquelle l'art devrait se plier («ildoitchercher à obtenir »). Ce but qui a été donné à l'art est « d'éveiller l'âme ». On peut comprendre cet éveil comme la découverte d'une vérité ou une prise de conscience. On peut penser ici à Platon par exemple qui dès le départ condamne l'art comme simulacre, comme ne remplissant pas la mission qui devrait être la sienne: dire le vrai, apporter une connaissance plutôt que de tromper, de maintenir dans l'ignorance. Pour traiter du but de l'art, Hegel va répondre en réalité à deux questions(qu'il énonce aux lignes 2-3 en distinguant « doit » et « peut ») qui peuvent soulever deux types de problème : d'aborden quoi peut-on dire que l'art éveille l'âme ?Quelle est la nature de l'art(lignes 3 à 14) ? Cette première manière de traiter la question du but de l'art soulève un problème : si Hegel préfère traiter des effets de l'art plutôt que d'un but de l'art,est-ce parce qu'on ne peut pas donner un but à l'art ? L'art doit-il avoir un but ? La création artistique ne peut-elle pas être sa propre fin ? Mais de la ligne 14 à 17, il semble traiter d'une seconde question :quel but doit avoir l'art ? Quelle est la fonction de l'art ?On peut donc se demander si Hegel ne subordonnerait pas finalement l'art au but de la philosophie comme Platon ? Et on peut donc interroger et critiquer cet art, serviteur de la philosophie et de la vérité. Après avoir posé l'éveil de l'âme comme un des buts qu'on a pu donner à l'art (lignes 1-3), Hegel examine ce but de la ligne 3 à 14 en répondant à la première question. Dans ces lignes, le philosophe va donc examinerl'effet quepeut avoir l'art, l'action qu'il «peut exercer» sans se prononcer sur le fait qu'il se devrait ou non de l'exercer. Cette action d'éveiller l'âme est présentée comme « effective », c'est-à-dire réelle et Hegel va en donner les 2 raisons :
1) Si l'art éveille l'âme, c'est parce que « le contenu de l'art est le contenu de l'âmeet de l'esprit ». En effet, une œuvre d'art est la matérialisation d'une idée, du contenu de l'âme de l'artiste. Du coup, face à l’œuvre d'art, l'âme est face à sa propre expression, son objectivation. Et Hegel va même plus loin, ce passage par l'âme a un effet en quelque sorte purificateur, distillateur, révélateur: ce qui se manifeste dans l’œuvre d'art, c'est le contenu essentiel (qui s'oppose à l'accidentel comme à ce qui est étranger, autre) et noble de l'âme (le « grand,sublime, respectable»). L'artiste saurait rendre présent ce qui est essentiel, le général qui se cache derrière le particulier. L'art nous parlerait d'universel, de l'homme. 2) Si l'art éveille l'âme, c'est qu'à travers l’œuvre d'art, l'âme peut vivre ce qu'elle n'aurait pas nécessairement vécu dans la vie ordinaire. Les œuvres d'art nous confrontent en effet à des situations humaines (plutôt qu'à une reproduction de la nature, sans grand intérêt pour Hegel par ailleurs) que nous n'avons pas vraiment ou encore vécues, mais que nous pouvons vivre par procuration, par identification aux personnes représentées. Même si nous n'avons pas encore vécu par exemple l'angoisse de l'existence, on peut à travers le
tableauLe cride Munch participer à cette angoisse, la ressentir, la comprendre. Hegel dit même que nous pouvons la «ressentir plus profondément». Pourquoi? Parce que la représentation est le fruit du passage par l'âme de l'artiste et qu'elle trouve alors un écho en nous, mais aussi parce qu'il s'agit d'une représentation, donc d'une apparence, d'une image en quelque sorte. On n'est pas dans l'angoisse pour reprendre l'exemple duCri, on est face à l'angoisse, à distance même si on peut s'identifier et cela permet donc de juger, de prendre conscience, de se rendre compte. C'est en ce sens que Hegel considérait que l'art peut adoucir les passions en les représentant, permettant une distanciation que l'on n'a pas dans le vécu aveugle.
Après avoir exposé les raisons de l'effet sur l'âme de l'art, Hegel passe, aux lignes 14-17, à la question du « but » de l'art. Il fait de cet « effet » un but que doit poursuivre l'art. L'art ne doit pas, comme on n'a pu le dire souvent, reproduire la nature, l'imiter, mais il doit rendre sensible ce qui est dans «l'esprit humain», dans «la poitrine humaine» Donc pour Hegel, l'art se doit de produire cet effet. C'est sa fonction, en plus d'être en quelque sorte sa nature. Une œuvre d'art matérialise, rend sensible («accessible à l'intuition», c'est-à-dire à une perception sensible) ce qui est dans l'âme des hommes, mais il se devrait de le faire. Tel est son but, sa fonction.
C'est cette dernière affirmation qui pouvait faire l'objet d'une réflexion critique. L'art doit-il nous apprendre quelque chose sur nous-mêmes? La création artistique peut-elle être subordonnée à une mission quelconque? Et même si par ailleurs Hegel réhabilite la vérité des apparences, l'art doit-il sacrifier à ce souci de vérité? L’œuvre d'art doit-elle être l'objet d'un jugement ou doit-elle rester un objet de délectation sensible ?