4_Initiation_au_Code_de_la_Chevalerie
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- 1 - Jacques-Youenn de QUELEN INITIATION AU CODE DE LA CHEVALERIE THEORIE ET PRATIQUE DE L'ESPRIT ET DU COMPORTEMENT CHEVALERESQUES A l'heure où le mal a si souvent droit de cité parmi les hommes, et jusque dans les plus hautes institutions, le réveil de la vocation chevaleresque est une urgence, à laquelle le ciel n'a jamais tardé à répondre. P. Philippe-Emmanuel RAUSIS, o.p. Les voies du Seigneur, l'art de choisir son chemin, 1995, Ed.
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Langue Français

Exrait










Jacques-Youenn de QUELEN









INITIATION AU
CODE
DE LA CHEVALERIE



THEORIE ET PRATIQUE
DE L'ESPRIT ET
DU COMPORTEMENT CHEVALERESQUES



A l'heure où le mal a si souvent droit de cité parmi les hommes, et jusque dans les plus hautes institutions, le réveil
de la vocation chevaleresque est une urgence, à laquelle le ciel n'a jamais tardé à répondre.

P. Philippe-Emmanuel RAUSIS, o.p.
Les voies du Seigneur, l'art de choisir son chemin, 1995, Ed. La Joie de Lire, p. 77












- 1 -























Souviens-toi que tu dois mourir

… Et paraître devant ton Créateur,
Et rendre compte de ta vie …

Qu'as-tu fait de ta vie ?



















- 2 -






Sommaire

Introduction ……………………………………... 4

1. La manière chevaleresque d'être Chrétien……. 7
2. L'action par rapport à l'Église…………………10
3. L'attitude envers les plus faibles………………13
4. La place de la Patrie…………………………...16
5. Le comportement dans l'adversité……………..18
6. Faut-il défendre la Foi ? ………………………21
7. L'amour de la vérité et l'honneur de la parole…25
8. L'attitude envers les autres…………………….28
9. Attitude générale pour le Bien et la Justice…...30

Annexe I Le Code de la Chevalerie ……….…. 33
Annexe II Le Notre Père …………………….…34
Annexe III Le Psaume 62 ……………………… 35
Annexe IV Le Cantique de la création…………. 36
Annexe V Toi, l'au-delà de tout ………………. 37
Annexe VI Sur l'héraldique personnelle………. 38

































- 3 -






Introduction


Notre intention n'est pas de rédiger une "histoire de la chevalerie" de plus. Ni d'étudier la chevalerie ancienne
comme un entomologiste dissèque et décrit un insecte mort et disparu depuis longtemps. Ni de commenter
les rêveries de l'Amour courtois médiéval. Ni de gloser sur l'imagination déconnectée du réel d'un Don
Quichotte. Et encore moins d'enseigner une pseudo science secrète réservée à quelques privilégiés.

Bien au contraire, il s'agit tout simplement de proposer un plan pour une initiation à l'intemporel Code
ème
d'honneur de la chevalerie. Applicable et vécu aujourd'hui, en ce début de XXI siècle.
"Initiation", au sens d'un enseignement de ses rudiments, qui donne les moyens d'en connaître les règles. Et,
par la mise en pratique de ce Code, d'acquérir l'instinct de l'esprit chevaleresque et l'habitude du
comportement chevaleresque ici et maintenant, partout et toujours.

C'est un instinct rare, à l'opposé de l'instinct grégaire, complètement détaché de tout conformisme.
Et qui rejette, soit par réflexe, soit par principe de suspicion, le "politiquement correct" et la "pensée
unique".
Faire "comme tout le monde" n'est jamais, en soi, un critère d'intelligence.

Cependant, il est accessible à tous, à condition, et l'on verra selon quels critères, d'être intéressé, et attiré par
- tout ce qui est VRAI,
contre tout ce qui n'est pas vrai,
- tout ce qui est BIEN,
contre tout ce qui n'est pas bien,
- tout ce qui est BEAU,
contre tout ce qui n'est pas beau.

Le Vrai, le Bien et le Beau sont les trois valeurs qu'on appelle les "transcendantaux" de la loi naturelle de
l'espèce humaine, parce qu'ils correspondent à son besoin spirituel vital.

Il est naturel de ne pas aimer le mensonge, ni le mal, ni ce qui est laid.

Ces valeurs, individuelles plus que collectives, guident une vie attachée à l'idéal chevaleresque.
Un idéal, c'est un but de perfection, que l'on sait inatteignable dans l'absolu, mais vers lequel on veut
progresser : il permet d'avancer.

C'est bien une tendance, une direction, une orientation qui désigne le sens de sa vie.

Pour fixer les critères et modes de repérage de l'idéal de la vie chevaleresque, un Code d'honneur s'est
progressivement imposé dans l'Occident Chrétien. Code longtemps transmis autant par un enseignement oral
que par celui de l'exemplarité.

Ce Code, admis et reconnu par l'ensemble de la société, n'a été formulé pour la première fois par écrit que
ème
très tardivement, au 19 siècle, dans l'ouvrage monumental - La Chevalerie - de Léon Gautier, édité en
1895, (pages 32 et 33), qui s'est efforcé de décrire comment se vivait la chevalerie au Moyen-Âge.

Par la suite, il fut adapté aux temps modernes (Selon Léon Gautier, le code comprenait aussi un article relatif aux devoirs
réciproques du suzerain et du vassal ; article devenu sans objet de nos jours.) par les diverses institutions et ordres
chevaleresques qui ont ainsi sauvegardé un enseignement dont la pédagogie conserve la structure d'un
véritable Code d'honneur.

Auparavant, ce Code se transmettait de chevalier à chevalier, et depuis si longtemps que personne ne peut en
dater l'origine précise.

Ces chevaliers d'autrefois étaient des militaires très entraînés et combattant à cheval.
- 4 -


Il mettaient leur épée au service d'un roi ou d'un prince dignes de leur estime.

Entre deux missions, c'étaient des "chevaliers errants" toujours prêts à défendre une juste cause, au risque
même de leur vie.

L'image moderne du type de chevalier peut se retrouver dans certains westerns où le héros est un cow-boy à
la fois sympathique, libre et indépendant, ayant le sens aigu de la justice, et devenant soudain très dangereux
quand il dégaine son arme.

Les chevaliers se reconnaissaient entre eux par leurs capacités morales et militaires, et la réputation que leur
valaient leurs exploits.

Ils formaient l' "Ordre de la chevalerie de Chevallerie", qui leur permettait de se retrouver et d'avoir entre
eux une confiance absolue car ils avaient en commun d'adhérer au même système de valeurs, en esprit et par
leur comportement. Et s'il y dérogeaient, il en étaient bannis.

Pour entrer dans cet Ordre qui, contrairement à la noblesse, n'est pas héréditaire mais personnel, et donc non
transmissible par la naissance, il faut en être reconnu digne, et être reçu (adoubé) et armé, par un autre
chevalier, selon un rituel très précis.

Ce que les historiens disent, c'est que le Code de la chevalerie à été profondément christianisé par l'Église, à
partir d'environ l'époque de Charlemagne (mort en 814), pour que l'Église soit défendue et protégée contre
les attaques des "barbares" c'est-à-dire toutes les sortes de païens mécréants hostiles au nom Chrétien et au
Vrai Dieu révélé par Jésus-Christ.

ème
Et à partir du 12 siècle, des Ordres religieux internationaux ont été autorisés par l'Église à prendre les
armes et à recruter des chevaliers expérimentés (les "moines-soldats") pour encadrer des troupes destinées à
reconquérir le libre accès des pèlerins de Terre sainte (ce qu'on a appelé plus tard les "Croisades") et à
garder libres la ville de Jérusalem et le Tombeau du Christ.

Depuis l'époque des Croisades, bien sûr le contexte a changé. Maintenant la chevalerie a pour mission de
défendre la Foi chrétienne contre l'athéisme (qui prétend qu'il n'y a pas de Dieu) et les diverses formes de
matérialisme (qui adorent de fausses idoles et vivent comme s'il n'y avait pas de Dieu).

Aujourd'hui, en France, on peut estimer que seulement 4% de la population (soit 2.500.000 personnes)
peuvent être considérés comme réellement "pratiquants" de la religion chrétienne.
Alors, évidemment, l'esprit chevaleresque chrétien est devenu rare, mais encore assez présent pour être en
mesure de constituer un "levain qui fait lever la pâte" ou "le sel qui donne du goût à ce qui est fade et
décevant".

Peu de temps après sa nomination comme archevêque de Paris, Monseigneur Vingt-Trois a déclaré : - « Un
abîme existe désormais entre la morale chrétienne et le consensus général. »

Pour savoir de quoi il s'agit, il est donc important de connaître le Code de la chevalerie.

C'est un catalogue d'obligations librement choisies et vécues, une Loi. Une Loi qui oblige celui ou celle qui
la fait sienne. Cette Loi est composée de huit articles, plus un, qui constitue une synthèse des huit premiers.

Pour chaque article, la méthode d'exposé sera toujours la même, en douze points :
- à quelle question l'article veut répondre,
- les mauvaises réponses,
- le principe de la réponse,
- les contraires du principe,
- idéal et réalités,
- quelques pistes pour réfléchir et discuter,
- exemples d'action concrète,
- énoncé de l'article,
- explications complémentaires,
- limites et sauvegarde ,
- 5 -


- armement : se préparer, être prêt,
- applications particulières possibles :
au plan religieux,
au plan de la charité,
au plan de l'unité des Chrétiens.
N.b : la religion chrétienne, étant fondée sur la Parole du Christ, il n'est pas envisageable de penser que Sa prière ne soit pas
exaucée ("…qu'ils soient un…", Jn 17, 11) ; l'Unité est donc réelle, malgré des apparences qu'il faut contribuer à dissiper,
par le travail des hiérarchies ecclésiales, celui des théologiens et celui de tous les Chrétiens, à commencer par ceux et celles
qui se réclament du respect chevaleresque de toute personne quelle qu'elle soit.











































- 6 -




1 – La manière chevaleresque d'être Chrétien.

er
1.1. A quelle question l'Article 1 veut répondre

Il faut bien qu'il y ait une différence, parmi toutes les façons d'être Chrétien, qui soit propre à la manière
chevaleresque.

1.2. Les mauvaises réponses

La manière chevaleresque n'est pas celle de personnes qui passent leur vie à chercher à tout comprendre et à
reconstruire, chacun pour soi et tout seul, le sens de la vie, le fameux "qui suis-je, d'où viens-je, où vais-je ?"
de Montaigne.
Ce n'est pas, non plus, de suivre aveuglément un "maître", qu'il soit professeur, prêtre ou gourou, ou encore
un organisme (par exemple les sectes ou cercles initiatiques) supposé savoir toute la vérité et vous mettant en
dépendance de son bon vouloir en vous manipulant.

1.3. Le principe de la réponse

Il est très simple : c'est la FOI, c'est à dire une confiance absolue : c'est CROIRE.

1.4. Les contraires du principe

Le contraire serait de passer son temps à se poser des questions déjà résolues par tant de générations qui nous
ont précédés. Ce serait douter de tout et de tous. Ce serait la défiance, la méfiance, le soupçon ou la révolte.

1.5. Idéal et réalités

Alors CROIRE, avoir une totale confiance, mais en quoi ou en qui ?
Le choix chevaleresque est tout simplement de croire en Notre Seigneur Jésus-Christ, qui a dit (Jn 14,6):
- « Je suis le chemin et la vérité et la vie.»

La question est alors de savoir par quel moyen connaître Notre Seigneur, pour l'aimer et le servir.

1.6. Quelques pistes pour réfléchir et discuter

Comment, par quels moyens connaître le Christ et son enseignement ?
Le vrai et seul moyen c'est de s'adresser à Lui (la prière) et de lui dire : "s'il te plaît, aide moi à Te connaître".
Il faut demander (Lc 11, 9): Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez.
Saint Paul précise (Ep 2,8) : "C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi".
Il faut faire un minimum d'efforts pour s'ouvrir à la grâce de la foi, pour être disponible à son accueil.
Le dicton populaire dit "aide-toi, le Ciel t'aidera".
Paul Claudel écrivait : "mets-toi à genoux et tu prieras !"
L'Évangile est plus précis encore (Lc 16, 16) : "Tout homme déploie sa force pour entrer dans le Royaume
de Dieu."
Il faut donc y mettre de la volonté : manifester fortement son désir sincère !

Il y a un Livre, comportant 250 chapitres, rassemblés en 27 livres (dont les 4 Évangiles), qui sont le
témoignage de ceux (les apôtres) qui ont personnellement connu le Christ, il y a bientôt 2000 ans.
Ce livre, c'est le Nouveau Testament , aussi appelé, par ellipse l'Évangile, qui complète l'Ancien
Testament, la Bible des Juifs (elle-même puisant ses sources, selon les découvertes récentes des historiens et
des archéologues, dans l'ancienne Egypte et la Mésopotamie) que Jésus-Christ, Juif lui-même, vrai Dieu et
vrai homme, est venu accomplir par son enseignement.
L'Évangile c'est l'enseignement du Christ, qui est la "Bonne Nouvelle", la Nouvelle de la Paix en Dieu,
l'annonce du Salut (c'est à dire qu'on est tous sauvés du néant). Salut universel et gratuit qui transforme le
monde, justement, dans l'esprit de cet Évangile.


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1.7. Exemples d'action concrète

Il est donc normal que vivre de manière chevaleresque comporte un minimum de connaissance de l'Évangile,
par exemple par l'habitude prise de le relire souvent ou, au moins, comme tout Chrétien conséquent, en allant
chaque dimanche à l'église ou au temple pour entendre "la parole de Dieu" la méditer en son cœur et y
trouver les réponses aux questions qu'on peut se poser.

La vie pose à chacun toutes sortes de problèmes : quoi penser, quoi dire, comment agir…?
Toutes les générations de chrétiens, qu'on appelle l'Église (avec un É majuscule) c'est à dire l'ensemble des
Baptisés qui forment un corps dont le Christ est la tête, toutes ces questions, toutes les générations se les sont
posées.
Ce qui fait que l'Église a une expérience immense.
Comme la chevalerie est faite pour combattre, et non pour passer son temps à discuter de théologie, elle a
trouvé tout naturel et indispensable de faire confiance à l'enseignement de l'Église. En bloc, sans discuter -
mais non aveuglément !
Et d'obéir à cet enseignement, même si c'est parfois difficile de rester obéissant à cet enseignement .

er
1.8. Énoncé de l'article 1

c'est ainsi qu'est donc rédigé le premier article du Code de la Chevalerie :

Article 1 :
Tu croiras à l'enseignement de la Sainte Église du Christ et tu lui resteras obéissant.

1.9. Explications complémentaires

Ainsi, l'homme ou la femme, la fille ou le garçon, qui vit dans l'esprit chevaleresque parfait n'est plus dans
les ténèbres, mais dans la lumière : il sait.
Selon l'heureuse formulation du P. Denis Vasse :
" Qui vit en esprit et en vérité ne se pose plus la question de Dieu. Et qui vit de Dieu ne se pose plus la
question de la vie : Il vit et il croit".

1.10. Limites et sauvegarde

L'Enseignement de l'Église s'exprime par des quantités de livres et de prédications, depuis 20 siècles, et cela
continue tous les jours. C'est très bien ainsi. Car l'Église est vivante. Les prêtres, pasteurs et conseillers
spirituels sont des bornes, des poteaux indicateurs qui nous indiquent le chemin. Mais ils peuvent se tromper,
car ils sont comme nous : des êtres humains, donc faillibles.
Et si on n'est pas satisfait des réponses que l'un d'entre eux nous fait, il ne faut pas hésiter, comme en
médecine, à en consulter un autre.
De toute façon le seul bon enseignement sera celui qui sera le plus possible en conformité avec l'esprit de
l'Évangile.

L'esprit chevaleresque commande de toujours garder l'esprit critique et le goût de la liberté. Parler autour de
soi si on ne comprend pas, ou si on trouve des opinions ou propos bizarres. Ne jamais accepter de suivre un
"maître" ou un gourou.
Le Christ est notre unique Maître, celui dont nous voulons être les disciples. Il est le seul Sauveur.

1.11. Armement : se préparer, être prêt
Il y a un texte du Nouveau Testament qui dit :
(1P 3,15) "Soyez toujours prêt à justifier votre espérance [et donc votre foi] devant ceux qui vous en
demandent compte"

C'est une question de prise de conscience.
Dieu est :
Dieu Père, qui a tout créé,
Dieu Fils, qui est venu nous sauver
- 8 -




et Dieu Saint-Esprit, qui nous aide à devenir meilleurs.
C'est Dieu en son mystère (un Mystère est une réalité que l'intelligence humaine n'est pas à même de
comprendre) de la Sainte Trinité.
Dieu nous aime (tous, un par un, personnellement, qui que nous soyons et quoique nous fassions) et sans
aucune condition. Son Amour est inconditionnel. Tout de suite et tout le temps.

Il nous accompagne : il l'a dit (Mt 28, 20) "Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps",
dans la fête comme dans les épreuves, et aussi lorsque, apparemment, "il ne se passe rien".

Avec toute sa bienveillance, même si nous faisons des bêtises (le péché) – et nous en faisons tout le temps –
c'est-à-dire des paroles, des pensées, des actions ou des omissions, qui ne vont pas dans le sens de la Justice
de Dieu qui est l'esprit de l'Évangile.

La vie de Jésus, que nous relate l'Evangile, nous enseigne que, pour Dieu, ce n'est pas si grave de pécher, le
tout c'est de toujours essayer d'arrêter de le faire (voir l'histoire de la femme qui avait péché et qu'on
demandait à Jésus de juger : (Jn 8, 11) : "… moi non plus, je ne condamne pas : va et ne pèche plus."

Une bonne définition intéressante du "péché" montre bien le passage de l'Ancien au Nouveau Testament :
"Le péché ce n'est pas un Juge qu'on offense mais un Enfant qu'on blesse".

1.12. Applications particulières possibles.

Au plan religieux : nécessité d'une vie spirituelle personnelle, et de connaître de mieux en mieux les textes
du Nouveau Testament en son entier. Le relire tous les ans, si possible un peu tous les jours, livre après livre,
chapitre après chapitre. Une astreinte, oui, mais ô combien bénéfique et enrichissante !
Et surtout prière perpétuelle c'est-à-dire vivre le plus possible sous le regard aimant de Dieu.
Et puis, nécessité aussi de l'intermédiation de la religion, qui relie et structure l'accompagnement de la foi.
Sans religion, pas de "communion des saints" (c'est-à-dire la vie dans l'union totale de tous les Baptisés,
vivants et morts).
La chevalerie est constituée d'hommes et de femmes, frères et sœurs du Christ et de tous les hommes, enfants
du même Dieu-Père.

Nul ne peut être Chrétien tout seul.
Une foi sans religion courrait le risque d'illuminisme, risque évité par le discernement communautaire de
l'environnement concret des Baptisés de l'Eglise dont nous sommes membres.

Au plan de la charité : l'esprit chevaleresque est évidemment de considérer comme un grand honneur
d'avoir, à l'imitation du Christ et de ses apôtres, l'occasion de servir et de soulager les pauvres, quels qu'ils
soient, et les malades, quelle que soit leur maladie, physique, psychique ou spirituelle.

Au plan de l'unité des Chrétiens : une incontournable nécessité de respecter, d'écouter et d'estimer non
seulement les Chrétiens d'une autre Confession que celle qui est la nôtre, et même ceux qui sont de la même
Confession (!) mais aussi tout homme ou toute femme, car il (elle) a été créé à l'image de Dieu, même s'il ne
le sait pas.












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2 – L'action par rapport à l'Église.

2.1. A quelle question l'Article 2 veut répondre.

Le premier article du Code de la chevalerie donne la Loi du comportement intérieur de l'âme chevaleresque
qui se plante résolument devant son Créateur et se reconnaît comme sa créature ("chacun sa place !" selon la
formule de saint Ignace de Loyola), en lui disant :
- « Tu es mon Seigneur et mon Dieu ! »
(cf Jn 20, 28)
- « Tu es grand, Tu es beau »
(cf Annexe IV : Cantique de la création)

En conséquence, vient alors l'autre question :
- « Qu'attends-Tu de moi ? »

2.2. Les mauvaises réponses

Cette question, tous les Chrétiens peuvent et doivent se la poser.
Dieu est Seigneur et Maître, absolument digne d'être aimé et servi.
Alors comment dois-je faire ?

Il y a beaucoup de mauvaises réponses, qui consistent à se renseigner sur quantités de philosophies, religions
ou modes de vie, sans vraiment vouloir trouver : on butine, on prétend chercher mais on ne cherche pas
vraiment, parce que on a pas réellement envie de trouver.

2.3. Le principe de la réponse

Or le Christ nous dit (Lc 11, 9): - « Cherchez, et vous trouverez »

Il y a bien de bonnes réponses : ce sont les manières que chacun et chacune découvrent, en laissant la
Lumière de Dieu éclairer nos consciences (on appelle cela la grâce) et qui permettent de découvrir sa
véritable vocation : ce pour quoi on est fait et à quoi Dieu nous appelle.

Parmi toutes sortes de vocations, celle de la voie chevaleresque, qui peut d'ailleurs et bien sûr, être complétée
par des engagements plus précis (vocation religieuse, mariage, célibat volontaire) demande d'abord de
protéger la Foi chrétienne contre ceux qui veulent l’attaquer ou la détruire.

Dieu a des droits : ceux d'être connu, aimé et servi, et ces droits sont sacrés. Ils doivent être défendus.
Aussi bien à l'intérieur de soi, en luttant contre les tentations, qu'autour de soi, en ne laissant pas passer sans
réagir les atteintes au Christ (la tête) et donc à l'Église (le corps, l'assemblée de tous les baptisés dans la Foi)

2.4. Les contraires du principe

Ce serait de se taire lâchement quand on entend dire du mal de l'Église. Nous savons que l'Église est sainte,
et cependant composée d'hommes et de femmes qui ne sont pas parfaits. Seul le Christ est parfait. Mais
laisser dire du mal, laisser attaquer l'Église, n'est pas digne de l'esprit de chevalerie. On connaît la formule
célèbre : "quand vous critiquez un prêtre, c'est l'Église que vous blessez !"

2.5. Idéal et réalités

- " Touche pas à l'Église !".
- " Touche pas aux prêtres !"
- " Touche pas aux pasteurs !"
Ils ont donné leur vie pour servir Dieu et leurs frères les hommes !
S'il peut arriver qu'un prêtre ou un pasteur semble fautif, il faut prier pour lui.
Et si on est en mesure de le faire, ne pas hésiter à l'aider à se remettre en question.


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