Crédit i?i Mutuel

Documents
100 pages
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

  • exposé - matière potentielle : dans le premier chapitre de i'
SYSTÈMES FINANCIERS INFORMELS EN AFRIQUE Étude comparée au Sénégal, au Mali et au Congo Crédit i?i Mutuel
  • économie des pays
  • économie du pays
  • economie des pays
  • obstacle au développement
  • conservation d'épargne
  • actions de développement menées par les pouvoirs publics
  • economie informelle
  • économie informelle
  • finance informelle
  • secteurs informels
  • secteur informel
  • système financier
  • systèmes financiers
  • crédits
  • crédit

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 33
Langue Français
Signaler un problème

SYSTÈMES FINANCIERS INFORMELS EN AFRIQUE
Étude comparée au Sénégal, au Mali et au Congo
Crédit i?i Mutuel Introduction générale 5
PREMIÈRE PARTIE
État des lieux des débats théoriques sur le phénomène de I'informel financier
en Afrique de l'Ouest et Centrale
CHAPITRE 1.
Problématiques et débats théoriques autour de l'économie informelle 9
1. Une méfiance traditionnelle envers l'informel 9
2. Une lente réhabilitation de l'informel financier 1 O
3. Approche marxiste du secteur informel 11
4. Approches privilégiant la fonction sociale des systèmes informels 13
5. L'informel comme laboratoire d'innovation financière ? 17
Conclusion des débats théoriques 17
CHAPITRE 2.
Essai de typologie des systèmes informels d'épargne et de crédit 21
1. Sources de financement internes à la sphère familiale 22
2. de correspondant à des pratiques usuraires 22
3. Sources de émanant d'une relation commerciale 23
4. Modalités d'épargne et de crédit correspondant
à des tentatives d'organisation de la finance informelle 23
DEUXIEME PARTIE
Conclusions de l'étude statistique sur le phénomène de I'informel financier :
exemples au Sénégal, Mali et Congo-Brazzaville
CHAPITRE 1 . Précisions méthodologiques
1. Objet de I'enquête statistique et principales hypothèses
2. ,Conditions de I'enquête et présentation du panel
CHAPITRE 2. À propos de la tontine
1. Panorama général de la présence des tontines
dans les trois pays de I'enquête
2. Pratiques de tontines chez les sociétaires de caisses
mutuelles d'épargne et de crédit
3. Adhésion et non-adhésion au système de la tontine :
les arguments mobilisés
4. Analyse des motifs invoqués de non-adhésion à une
ou plusieurs tontines Conclusion :
quelques grands constats tirés de l'analyse des tontines
CHAPITRE 3. À propos du banquier ambulant
1. État du recours au dans les trois panels
2. Montant et fréquence des dépôts effectués
auprès du banquier ambulant
3. (< Portrait type des personnes ayant recours
au banquier ambulant
4. Le et les prêts d'argent (cas du Congo)
Conclusion du chapitre sur le banquier ambulant
CHAPITRE 4. À propos de I'épargne à domicile
1. Part des personnes déclarant conserver de I'épargne à domicile
2. Conservation d'épargne à domicile :
présentation des raisons évoquées
Conclusion de la partie sur I'épargne à domicile
CHAPITRE 5. Avances et prêts d'argent
1. Part des sociétaires déclarant disposer d'un prêt
ou d'une avance d'argent
2. Origine des prêts accordés :
le cas des personnes n'ayant qu'un seul prêt
3. Origine des prêts accordés :
cas des personnes ayant deux ou plusieurs prêts
4. Analyse des taux d'intérêt fixés par les prêteurs
5. Une garantie est-elle ou non exigée par le prêteur ?
6. Prêts d'argent selon la profession exercée
Conclusion de la partie sur les prêts d'argent
CHAPITRE 6. L'informel financier et les micro et petits entrepreneurs
1. La population des micro et petits entrepreneurs dans les panels
2. Répartition par type de MPE
3. Origine de la formation du capital initial des MPE :
l'influence des financements informels
4. Objet de l'affectation des prêts reçus
Conclusion sur la partie des micro et petites entreprises générale
ANNEXES
Composition des panels d'enquête
Bibliographie La (( finance informelle )) est une notion floue, imprécise, tour à tour criti-
quée et encensée par les chercheurs et les praticiens qui la manient. En
effet, son caractère précisément informel rend difficile toute démarche d'a-
nalyse objective du phénomène. Aussi la finance informelle continue à
dérouter, voire inquiéter : est-ce une survivance du passé ? une spécificité
africaine ? une réponse adéquate aux insuffisances des systèmes financiers
formels existants ? Les actions menées à son égard illustrent bien ce relatif
désarroi : certaines politiques économiques et monétaires ont pour but de
supprimer le phénomène, d'autres tentent de l'ignorer, d'autres encore sug-
gèrent de mieux le prendre en compte.
Les actions menées par le Centre International du Crédit Mutuel (CICM)
depuis plus d'une vingtaine d'années en Afrique de I'Ouest et Centrale
auprès de personnes n'ayant pas accès au système bancaire traditionnel,
n'échappent pas, bien entendu, à la confrontation avec la finance informelle.
C'est pourquoi il a paru pertinent de tenter de mieux appréhender le phé-
nomène, afin de l'évaluer à sa juste mesure. Cet ouvrage a donc l'ambition
de mieux comprendre ce qu'est la finance informelle, les raisons pour les-
quelles elle existe, ainsi que le poids qu'elle représente dans la société et
l'économie des pays d'Afrique de I'Ouest et Centrale.
La première partie de l'ouvrage s'attache à présenter les débats théo-
riques concernant le phénomène de l'informel financier.
Un chapitre est consacré à la présentation des débats théoriques déve-
loppés depuis les années soixante-dix : on constate un champ théorique
éclaté, marqué par une opposition entre thèses libérales et marxistes, mais
également entre approches économiques et sociologiques. De multiples
questions se posent sur la manière d'appréhender la finance informelle : est-
ce une réalité en soi, ou un phénomène indissociable, voire dépendant du
secteur financier formel ? De même, doit-on y voir une émanation de la spé-
cificité socioculturelle des pays en développement, et notamment des
sociétés de l'Afrique de I'Ouest, ou l'expression d'un ajustement transitoire
trouvé par les populations pour pallier les insuffisances de l'offre financière actuelle ? On présentera donc la variété des thèses ainsi que leur évolution
depuis le milieu des années soixante-dix.
Le second chapitre tente de réaliser un tour d'horizon exhaustif des diffé-
rentes pratiques et systèmes informels dans certains pays d'Afrique de
I'Ouest et Centrale où intervient le CICM. Le terme qui peut résumer ce
panorama est la multiplicité des systèmes et pratiques que les chercheurs
ont pu identifier. Toutefois, la littérature sur ce sujet a bien souvent tendan-
ce à seulement présenter et décrire le phénomène et bien peu à évaluer le
poids réel qu'il représente dans l'économie des pays de l'Afrique de
I'Ouest : on peut donc se demander si certains systèmes informels d'épar-
gne et de crédit dont l'audience est limitée ne sont pas surestimés par les
chercheurs.
II s'agit donc peut-être de (< dégonfler ), les représentations de la finance
informelle, en évaluant son poids réel ainsi que ses fonctions. C'est l'objet
de la seconde grande partie de I'ouvrage, qui livre les résultats d'une enquê-
te de terrain menée au début de l'année 2002 dans trois pays de l'Afrique
de I'Ouest et Centrale : le Sénégal, le Congo-Brazzaville et le Mali. Les
quelques données chiffrées auxquelles la présente étude a pu aboutir per-
mettent d'éclairer les. débats théoriques exposés dans le premier chapitre
de I'ouvrage.
Dans la mesure où la finance informelle échappe à tout contrôle et à toute
mesure officielle, l'enquête a dû surmonter les importan4s problèmes métho-
dologiques inhérents au phénomène. Pour cela, le choix a été fait de
concentrer l'étude statistique sur des personnes membres de réseaux ban-
caires mutualistes soutenus par le CICM. Le parti pris de cette enquête était
d'éclairer le débat sur l'informel financier, en essayant de mesurer la part des
personnes participant à des institutions de micro finance de type mutualiste
qui recourent aux systèmes financiers informels et de comprendre les rai-
sons qui guident leur comportement financier.
Cette enquête a donc choisi de sortir d'une vision opposant finance for-
melle et finance informelle, en tentant de mettre en relief les liens qui exis-
tent et les fonctions spécifiques attribuées à chacun des systèmes par les
personnes qui en bénéficient. PREMIÈRE PARTIE
ÉTAT DES LIEUX DES DÉBATS THÉORIQUES
SUR LE PHÉNOMÈNE
DE L'INFORMEL FINANCIER
EN AFRIQUE DE L'OUEST ET CENTRALE L'histoire de l'étude du phénomène de l'informel financier en Afrique est
marquée par une méfiance tenace à son égard, mais aussi par une réhabi-
litation progressive du phénomène ; de nombreux désaccords subsistent
toutefois, sur sa fonction et son bien-fondé dans les sphères sociales et
économiques.
1. Une méfiance traditionnelle envers I'informel
Après avoir longtemps ignoré, voire nié le phénomène de l'informel dans
les économies africaines, les chercheurs commencent à s'y intéresser à la
fin des années soixante-dix. Mais le secteur informel est alors principale-
ment considéré comme le lieu de l'illégalité, entraînant abus et exploitation.
Selon eux, le secteur financier des pays en développement est marqué
par l'existence d'une dualité entre une économie moderne et un marché non
institutionnel (dit c< de subsistance ),) et illégal, sur lequel les prêteurs (uni-
quement appréhendés sous le visage de l'usurier) proposent aux emprun-
teurs des taux supérieurs au marché institutionnel. Le secteur informel se
grefferait sur le secteur formel et le court-circuiterait (Ligeti, 1979). Aussi, les
plus pauvres d'entre les emprunteurs sont défavorisés par rapport aux
agents économiques plus riches, car ils ne peuvent accéder au marché
institutionnel. Certes, le prêteur sur gages fournit un service risqué et
coûteux que l'emprunteur doit rétribuer. Mais les intérêts exorbitants exigés
par les prêteurs informels procurent à ces derniers un pouvoir qui dépasse
la seule sphère économique et permet de dominer socialement les person-
nes qui ne peuvent accéder au crédit proposé par les banques commercia-
les.
Les chercheurs ont donc d'abord émis des jugements surtout négatifs et
dépréciatifs sur le secteur de la finance informelle, considéré uniquement
comme un lieu d'exploitation des emprunteurs par les prêteurs usuriers. En
outre, le secteur informel est considéré comme un phénomène déviant et
qui gêne les actions de développement menées par les pouvoirs publics, car il maintient la population dans une pauvreté et un niveau d'endettement
extrêmes. L'économie informelle est donc considérée au mieux comme un
pis-aller, au pire comme un obstacle au développement. Selon les tenants
de cette thèse, le secteur informel doit alors disparaître afin d'assurer des
règles du jeu claires pour tous les emprunteurs et permettre un accès égal
au crédit sur le marché institutionnel.
2. Une lente réhabilitation de l'informel financier
Puis une évolution s'amorce : certes, le secteur informel est encore perçu
comme une << déviance )) du système, mais certains chercheurs tentent
d'expliquer le phénomène comme étant la seule solution de << survie )) pour
une grande partie de la population exclue du secteur institutionnel.
Les conceptions négatives des systèmes d'épargne et de crédit infor-
mels, notamment sur le rôle des prêteurs sur gages, évoluent progressive-
ment : les chercheurs reconnaissent que les taux d'intérêt élevés des prê-
teurs sur gages se justifient en partie par le fait qu'ils compensent une prise
de risque très importante que les banques institutionnelles ne veulent de
toute façon pas assumer. En outre, une large étude réalisée en Asie du sud-
est dans le début des années 1980 montre que le différentiel entre les taux
pratiqués par les usuriers et le coût des opérations n'est pas très important.
La rémunération des prêteurs sur gages serait donc sensiblement équiva-
lente à celle des banques commerciales, et leur emprise sociale ne serait
pas si forte qu'on pourrait le croire (U Tun Wai, 1983).
La réhabilitation relative des pratiques financières du secteur informel
accompagne en fait la prise de conscience de l'inadaptation du secteur insti-
tutionnel envers les populations défavorisées : si la finance informelle existe,
c'est faute de pouvoir se porter sur le marché légal, dont les conditions rigi-
des excluent une grande partie de la population africaine. De nombreux éco-
nomistes défendent en effet l'idée selon laquelle l'économie informelle est
plutôt une réponse aux insuffisances du secteur formel, considéré comme
trop réglementé et trop contraignant. i+s tenants de la théorie de la a répres-
sion financière )) développée par Mc Kinnon et Shaw à partir du milieu des
années 1970 insistent sur I'existence d'un dualisme entre la finance formel-
le et la finance informelle. Cette théorie considère que I'existence d'un sec-
teur informel s'explique par des effets d'éviction dus aux contraintes impo- SYSTÈMES FINANCIERS INFORMELS EN AFRIQUE
Étude comparée au Sénégal, au Mali et au Congo