L aube des sens
215 pages
Français

L'aube des sens

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Description

  • mémoire
  • redaction
  • cours - matière potentielle : l' embryogenèse humaine
- 1 - Les cahiers du nouveau-né, n° 5 L'aube des sens Ouvrage collectif sur les perceptions sensorielles fœtales et néonatales Sous la direction de Etienne Herbinet * et Marie-Claire Busnel ** * Ancien chef de clinique à la faculté de médecine de Paris, spécialiste en gynécologie-obstétrique – 26100 Romans-sur-Isère. ** Chercheur INRA et UFR biomédicale, Université René Descartes, Paris
  • nourrisson dans la perception du langage
  • date d'apparition
  • herbinet-baudouin étienne
  • direction d'étienne herbinet
  • perception du langage
  • formations cérébroïdes des espèces inférieures
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  • sens
  • enfant
  • enfants

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Nombre de lectures 33
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Exrait

Les cahiers du nouveau-né, n° 5
L’aube
des sens
Ouvrage collectif
sur les perceptions sensorielles fœtales
et néonatales
Sous la direction de
Etienne Herbinet *
et Marie-Claire Busnel **
* Ancien chef de clinique à la faculté de médecine de Paris, spécialiste en gynécologie-obstétrique –
26100 Romans-sur-Isère.
** Chercheur INRA et UFR biomédicale, Université René Descartes, Paris
- 1 -« LES CAHIERS DU NOUVEAU-NÉ »
Publication pluridisciplinaire « Les Cahiers du nouveau-né » sont
ouverts à tous ceux qui se sentent personnellement ou professionnellement
concernés par la naissance.
Accoucher, naître, est devenu beaucoup plus sûr que par le passé. Les
professionnels qui jouent un rôle dans ces événements importants ont à
réaliser un difficile équilibre : perfectionner sans cesse leur habileté qui reste
essentielle dans ces métiers manuels, assimiler les progrès techniques
efficaces, tout en se gardant bien d'étouffer la part de l'humain, la place
ménagée à l'expression des émotions, à la genèse des relations.
Équilibre menacé, car le vertigineux essor technique contemporain
pèse de tout le poids de sa logique interne pour faire pencher la balance vers
l'excès, vers l'hypermédicalisation.
C'est ainsi par exemple que des techniques utiles dans certains cas
pathologiques précis tendent souvent, dans un souci de prévention mais par
le biais d'extrapolations parfois hâtives, à être généralisées à l'ensemble des
cas normaux où leur application peut alors avoir de sérieux inconvénients et
même – paradoxalement ? – comporter des dangers propres.
De plus certaines de ces illusions modernes sont tellement séduisantes
qu'elles peuvent convaincre le législateur de l'intérêt de leur généralisation,
et le juge de la faute qu'il y aurait à ne pas les adopter.
Pour faire la part des choses dans cette complexité, une réflexion
critique permanente est indispensable; la pluridisciplinarité, qui a ses
exigences, ses difficultés (et aussi ses limites) permet de prendre le recul
nécessaire.
C'est dans cet esprit que « Les Cahiers du nouveau-né » poursuivent
leur réflexion, à la fois technique et humaine, à la fois critique et
constructive.
(1978, pour le n°1 des Cahiers)
- 2 -Dans la même collection
Cahiers n° 1 et 2 : NAÎTRE... ET ENSUITE ?
sous la direction d'Étienne Herbinet.
Cahier n° 3 : D'AMOUR ET DE LAIT...
Cahier n° 4 : CORPS DE MÈRE, CORPS D'ENFANT
sous la direction de Danielle Rapoport.
Cahier n° 6 : UN ENFANT, PRÉMATURÉMENT
sous la direction de Laurent Le Vaguerèse
Cahier n° 7: ORIGINES
sous la direction d'Anne Bouchart et Danielle Rapoport.
Cahier n° 8 : DÉLIVRANCES, ou le placenta dévoilé
sous la direction d'Anne Bouchart, Danielle Rapoport, Bernard This.
(On trouvera des détails sur ces différents ouvrages à la fin de ce livre)
Comité de Rédaction de ce numéro
Anne BOUCHART - Marie-Claire BUSNEL
Catherine DOLTO - Charles COHEN-SALMON
Bernard FONTY - Marianne HERBINET-BAUDOUIN
Étienne HERBINET - Jean-François HUSSON
Laurent LE VAGUERÈSE - Michel ODENT
Danielle RAPOPORT - Bernard THIS
Photo de couverture : « Guillaume », né le 22 juillet 1981 à Auxerre, cinq jours
- 3 -L’aube
des sens
Version Internet, 2009
L’aube des sens a été initialement publié en 1981 par les éditions Stock, à Paris.
Ce livre a rencontré un grand succès, a beaucoup compté dans la genèse des émissions de
télévision « Le bébé est une personne » et est devenu une référence de travail dans beaucoup
de facultés de psychologie en France et à l’étranger.
Mais, après de nombreuses éditions, Stock a décidé d’arrêter la publication de ce livre et des
autres numéros des Cahiers du nouveau-né en 2006.
Etant donné que nous recevons actuellement beaucoup de demandes pour cet ouvrage et qu’il
n’en existe plus d’exemplaires disponibles, nous avons décidé de le numériser et de le mettre
à la disposition des lecteurs sur l’Internet.
èmeCette version est tirée de la 9 édition, édition clé qui avait été revue par les auteurs : les
chapitres sur l’audition et sur l’olfaction avaient été entièrement refaits ; les autres chapitres
avaient été mis à jour.
Marie-Claire Busnel et Etienne Herbinet – été 2009
- 4 -Sommaire
INTRODUCTION : Les mystères de l'aube - É. HERBINET et M.-C. BUSNEL 7
AU CENTRE... LE CERVEAU 9
 Développement anatomique et fonctionnel du cerveau sensoriel – M. AUROUX 10
Contrepoint : « Coutumes de l'île de Pâques et d'ailleurs » - F. MAZIÈRE 22
VISION ET REGARDS 25
 Premiers regards - premiers échanges - M. ROBIN 26
 Les perceptions visuelles du nourrisson - É. VURPILLOT 33
Contrepoint : « L'enfant africain : géométrie et portage au dos » - C. RAKOWSKA-JAILLARD 43
 Regarder, chercher... découvrir - M. HAITH 47
 La perception des visages par le nourrisson - Cl. BONNET et É. VURPILLOT 52
 Myopie et expérience visuelle précoce - J. WALLMAN 60
Contrepoint : « L'enfant, sa mère et l'univers » - F. LOUX 65
Contrepoint : « Qui es-tu ? D'où viens-tu ? » - S. CHARASSON-VALANTIN 70
L'AUDITION PRÉNATALE 74
 L'audition prénatale - C. GRANIER-DEFERRE, M.-C. BUSNEL et J.-P. LECANUET 75
Contrepoint : « Les maternités chantantes » - M.-L. AUCHER 92
 Le.fcetus, Pierre et le loup - J. FEIJOO 100
Contrepoint : 4 courts textes du monde entier : « A Tabel bala » - D. CHAMPAULT, 108
« Midrash " Tan'houma "» -R. LEHMANN, 109
« Ammassalik » - R. GESSAIN 110
« Le double combat » - M.-C. BUSNEL 111
 Une erreur géniale - B. AURIOL 112
Contrepoint : « L'enfant qui parle avant sa naissance » - N. BELMONT 118
- 5 -LA PERCEPTION DU LANGAGE
 La perception du langage
et l'identification de la voix maternelle par le nourrisson - J. SEGUI 122
LA PEAU ET LE TACT 132
 Une peau sensible - A. BOUCHART-GODARD 134
 Fœtologie... fête au logis - B. THIS 140
 L'haptonomie, révolution tranquille - C. DOLTO 147
AUX ORIGINES DE L'ÉQUILIBRE 150
 Et le système vestibulaire ? - M. ODENT 151
 Maturation de l'appareil vestibulaire
et des fonctions d'équilibration - J. LANNOU et J. CASTON 154
Contrepoint : « De la musique avant toute chose » - B. THIS 161
DES GOÛTS ET DES ODEURS 167
 Le goût du lait... - V. BARROIS et B. LAROUZÉ 168
 Préférences et aversions alimentaires chez le nouveau-né - J. LE MAGNEN 170
 La formation d'une image chimio-sensorielle - P. MAC LEOD 176
 Nouveau-né, nouveau-nez - B. SCHAAL et E. HERTLING 184
Contrepoint : « Enfantement... Enchantements » (chez les Gitans) - P. DERLON 195
SYNTHÈSE CHRONOLOGIQUE
 Tableau récapitulatif de la mise en place des fonctions sensorielles pendant la gestation 198
DES CONNAISSANCES A LA MISE EN PRATIQUE
 Le prématuré nous perçoit... percevons-nous le prématuré ? - M. TITRAN 200
Contrepoint : « La puissance des sens dans la tradition de l'Asie » - C. PHILIP 204
CONCLUSION : Ombres et lumières - M.-C. BUSNEL et É. HERBINET 208
- 6 -INTRODUCTION
Les mystères de l'aube
Les paroles et les écrits, contemporains ou passés, sur le monde sensoriel du très jeune enfant,
témoignent d'un curieux balancement. A l'un des extrêmes, on dénie au nouveau-né toute
capacité sensorielle. Presque tous les jours, nous entendons des parents dire de leur enfant
nouveau-né qu'il ne doit pas percevoir grand-chose. Le croient-ils réellement ou bien
veulent-ils s'en persuader en ces instants où cette vie toute neuve peut sembler si précaire ?
Souhaitent-ils en fait, sans l'avouer, un signe du bébé rassurant sur son intégrité, montrant
qu'il voit, qu'il entend... ? Des médecins, moins impliqués pourtant, adoptent parfois eux
aussi, cette position extrême: récemment encore des accoucheurs, des pédiatres, ont cru
pouvoir discréditer « la naissance sans violence » en affirmant qu'elle n'avait pas de sens
lorsqu’on savait la pauvreté sensorielle du nouveau-né.
A l'autre extrême du balancement, une course à la précocité qu'évoque, un peu plus loin,
Monique Robin: « Plus la littérature consultée est récente, plus la date d'apparition d'un
comportement est précoce... L'intérêt extraordinaire accordé depuis peu au nouveau-né
refléterait-il un certain désir de l'adulte de lui voir dépasser ses capacités sensorielles ? » Nous
verrons que certains mythes vont dans ce sens, qui prêtent au bébé des connaissances et même
des pouvoirs que les adultes ont perdus. Nous verrons aussi que certaines connaissances
scientifiques sembleraient apporter à cette idée leur caution théorique, par exemple les
surprenantes compétences qu'a le nourrisson dans la perception du langage.
Ces rationalisations extrêmes témoignent en tout cas d'un fait: la sensorialité du nouveau-né
passionne l'adulte.
C'est de cet intérêt qu'est né ce livre, de ce mystère que représente l'enfant qui vient de naître
pour ses parents qui cherchent à savoir, à deviner à travers ses expressions, ses mimiques, ses
regards, ses murmures, ses cris, ce qu’il pourrait bien percevoir du monde, des personnes qui
l'entourent.
Le premier but de ce livre est de rassembler les réponses scientifiques actuelles à ces
questions.
La complexité de l'être humain va inévitablement nous contraindre à aborder isolément
chaque sens. Chacun dans leur domaine, des spécialistes (mondialement reconnus, cela mérite
d'être dit) nous exposent, soit par un article, soit dans un entretien, les connaissances actuelles,
nous précisent ce que le nouveau-né est capable de voir, d'entendre, de distinguer par le goût
ou l'odorat, sa perception de l’espace, des contacts et des mouvements. Mais, allant plus loin,
ils nous renseignent aussi, quand c'est possible, sur la sensorialité prénatale, sur la
construction anatomique, la maturation, l'éveil fonctionnel des différents organes des sens du
foetus.
La part de l'inconnu recule; elle ne disparaît évidemment pas car d'autres questions se posent
alors. Les connaissances rapportées sont ponctuelles; elles nous apprennent que tel
comportement suggère que le foetus est capable de telle perception. Mais un comportement
réflexe témoignant d'une perception isolée n'est pas grand-chose ; certaines plantes sont
capables de mouvement lorsqu'on les touche. Il nous reste à savoir bien d'autres choses sur la
genèse sensorielle de l'homme : comment s'articulent entre elles les diverses sensations pour
- 7 -s'enrichir mutuellement dans une globalité sensorielle, et aussi comment les sensations
prennent une autre dimension grâce à une nouvelle cohésion qui se dessine peu à peu, comme
révélée par la lumière imprécise de l'aube.
Pourquoi ce titre, L'aube des sens ?
L'aube est ce moment incertain qui précède l'aurore, où la clarté s'insinue pour prendre peu à
peu possession de la terre. Chaque sens a son aube, moment flou que cherchent à préciser les
physiologistes. Mais ce n'est pas la chronologie précise de l'apparition des comportements
témoignant de l'apparition des perceptions qui nous dira à quel moment, à travers les
sensations naissantes et éparses des différents sens, le monde s'organisera, prendra vie pour
l'enfant. Car cette étape passe par l'intervention imprécise de la mémoire, apportant une
espèce de cohésion, d'unification, quelque chose qu'on n'ose pas encore appeler conscience.
Des mémoires pourrait-on dire. Certaines expériences prénatales laissent des traces qui auront
leur rôle; où s'inscrivent-elles ?
L'intérêt porté à la mémoire et à la conscience transparaît tout au long de ce numéro : tel
auteur, par le biais d'un conditionnement, montre qu'il y a eu mémorisation prénatale; tel autre
se demande si telle capacité du nouveau-né que l'on croyait innée, ne serait pas plutôt acquise
au cours d'un apprentissage prénatal. Les psychanalystes abordent de plein fouet la mémoire,
fil central de leur travail. Les récits mythiques, les traditions, les coutumes et croyances
l'évoquent elles aussi ; on en trouvera de nombreux exemples. Tous demandent
inlassablement : « Que sait-il, cet enfant qui naît ? »
Question étrange où fait irruption le domaine du rêve, de l'irrationnel, des fantasmes. « Qui
es-tu ? D'où viens-tu ? » comme l'exprime Simone Charasson Valantin.
Le point actuel que propose ce livre, des connaissances scientifiques sur le monde sensoriel
de l'enfant autour de sa naissance pourra nous intéresser, nous instruire et peut-être même
nous passionner; il nous permettra aussi de mieux le connaître, cet enfant, de mieux répondre
à ses besoins. C'est un point important, nous y reviendrons.
Mais de cette aube, d'autres mystères demeureront, intacts, « préservés ». Est-il trop prudent
d'en prévenir à l'avance, d'évoquer qu'une involontaire et subtile confusion serait possible, un
glissement qui laisserait attendre que puissent être comblées par des connaissances techniques
les vallées obscures et parfois inquiétantes peuplées par les mystères des rêves, les zones
d'ombre où la vie prend naissance dans ce même inconnu qui l'achève. C'est de ces
mystères-là que s'occupent les récits, les mythes et les coutumes, pour les apprivoiser, pour
les humaniser. C’est pourquoi les savoirs traditionnels ou mythologiques ont une large place
dans ce livre, « en contrepoint ».
Les connaissances scientifiques tissent le thème, qui se déroule au fil des pages et
parallèlement, comme dans « D'amour et de lait... », des contrepoints successifs viennent le
faire chanter, l'enrichir, le nourrir de leurs forces.
Étienne HERBINET
Marie-Claire BUSNEL
13 juillet 1981.
- 8 -AU CENTRE... LE CERVEAU
Parmi les mammifères supérieurs, l'homme se singularise par l’ importance de
cette partie du cerveau où se font les associations d'information les
comparaisons, les références à la mémoire : le néocortex.
Le Professeur Maurice Auroux nous précise la mise en place des structures et
fonctions cérébrales selon deux point de vue, selon deux rythmes
chronologiques différents mais complémentaires : celui, phylogénétique, qui se
compte en millions d'années, de l'évolution des espèces; celui, ontogénétique,
qui se compte en mois de la genèse du cerveau chez un individu Cette double
approche est passionnante dans la mesure où l'on a pu dire que la seconde
récapitulait la première. De la même manière qu'au cours de l'embryogenèse
humaine existent des arcs branchiaux, il persiste dans le cerveau humain des
éléments archaïques qui correspondent à ces structures qui étaient les plus
élaborées chez tel animal. Ces éléments ont encore leur fonction chez l'homme,
en relation par exemple avec l'odorat, sens relativement atrophié mais qui
joue sans doute encore un rôle fondamental dans nos comportements, d'autant
plus fondamental peut-être que certaines informations olfactives ne
parviennent pas clairement jusqu'à la conscience.
Dès maintenant nous pouvons ajouter que ce texte sur la mise en place des
structures et des fonctions sera parfaitement complété au niveau fonctionnel
par un autre texte remarquable, celui de Mac Leod sur la formation d'une
image chimio -sensorielle
- 9 -Développement anatomique et
fonctionnel du cerveau sensoriel
1Maurice Auroux
Lorsque la famille est réunie autour de l'enfant qui vient de naître, la question est souvent
posée de savoir s'il voit ou s'il entend. Les grands-mères, qui tremblent d'émotion, en sont
certaines et disent qu'avec ses yeux tout neufs il voit même mieux que personne. L’arrière
cousin célibataire, qui vient par politesse, fait croire à son enthousiasme par des hochements
de tête mais songe in petto que cet être ne voit rien du tout.
Ces deux sentiments contraires ne correspondent pas à la réalité et l'on sait, actuellement, que
si le nouveau-né et le foetus ne voient, ne sentent, ni n'entendent comme nous, ils sont
néanmoins capables de perceptions. De plus, on a la preuve que les stimulations diverses
venant du monde extérieur ou de l'organisme sont nécessaires au développement de leur
cerveau.
Ce dernier fait pourrait être la survivance de ce qui s'est passé il y a des millions d'années,
quand les premières petites formations cérébroïdes des espèces inférieures sont apparues. Le
cerveau humain, en effet, n'a rien perdu et il faut, pour le comprendre autant qu'il est possible,
remonter à ses sources.
Si vous effleurez une anémone de mer, une de ces bestioles accrochées aux rochers et dont les
tentacules oscillent au rythme de la houle, vous constatez qu'elle ne fait pas grand-chose
d'autre que se contracter légèrement en repliant ses expansions vers son énorme bouche.
L’organisation très primitive de ses systèmes sensoriels et nerveux explique la modestie de
son comportement. Les cellules sensorielles, peu spécialisées ou disséminées à sa surface,
reçoivent les stimulations du milieu; comme, en outre, elles conduisent l'influx nerveux - on
les appelle cellules neurosensorielles -, elles provoquent la contraction des nappes
musculaires du petit corps sphérique. Le système nerveux (SN) est un réseau diffus (fig. 1) : il
propage l'excitation aux différentes parties de l'organisme, qui s'ébranle en bloc. L'animal est,
ainsi, plus capable de réaction réflexe que d'adaptation: il n'est finalement qu'un sac digestif
qui attrape automatiquement ses proies.
Lorsqu'on s’élève dans l'échelle animale, on constate:
 Que les cellules neuro-sensorielles se concentrent, particulièrement dans la partie
céphalique des animaux ; qu'elles se spécialisent dans la réception de telle ou telle qualité
de stimulation ; qu'elles se dissocient progressivement et d'autant plus qu'on s'adresse à
des organismes plus évolués, en cellules sensorielles et en cellules nerveuses pures (mais,
on le verra, il subsiste des cellules neurosensorielles chez l'homme) ;
 Que cette concentration des systèmes sensoriels entraîne une concentration des éléments
nerveux qui forment,chez les vers par exemple, des ganglions cérébroïdes et des ganglions

1 Laboratoire d'histologie-embryologie-cytogénétique, Centre hospitalier universitaire de Bicêtre, Paris.
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