HISTOIRE SECRÈTE DES FORCES SPÉCIALES
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Extrait de la publication HISTOIRE SECRÈTE DES FORCES SPÉCIALES Extrait de la publication © Nouveau Monde éditions, 2007 ISBN : 978-284-736-219-0 Dépôt légal : avril 2007 N° d’impression : xxxxxxxxxx Imprimé en France par Groupe / CPI - Bussière Extrait de la publication Éric Denécé HISTOIRE SECRÈTE DES FORCES SPÉCIALES DE 1939 À NOS JOURS nouveau mondeéditions Extrait de la publication Du même auteur - Tourisme et terrorisme. Des vacances de rêve aux voyages à risque, en collaboration avec Sabine Meyer, Ellipses, Paris, 2006. - L'Autre Guerre des États-Unis. Économie : les secrets d'une machine de conquête, en collaboration avec Claude Revel, Robert Laffont, Paris, 2005. - Al-Qaeda, les nouveaux réseaux de la terreur, (dir.), collection « Géopolitique », Ellipses, Paris, 2004. - Les Secrets de la guerre économique, en collaboration avec Ali Laïdi, Seuil, Paris, 2004. - Forces spéciales, l’avenir de la guerre. De la guérilla aux opérations clandestines, collection « L’Art de la guerre », éditions du Rocher, Paris, 2002. - Guerre secrète contre Al-Qaeda, (dir.), collection « Géopolitique », Ellipses, Paris, 2002. - Le Nouveau Contexte des échanges et ses règles cachées. Information, stratégie et guerre économique, L'Harmattan, Paris, 2001. - Géostratégie de la mer de Chine méridionale et des bassins maritimes adjacents, collection « Recherches asiatiques », L'Harmattan, Paris, 2000.

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HISTOIRE SECRÈTE DES FORCES SPÉCIALES
Extrait de la publication
© Nouveau Monde éditions, 2007 ISBN : 978-284-736-219-0 Dépôt légal : avril 2007 N° d’impression : xxxxxxxxxx Imprimé en France par Groupe / CPI - Bussière
Extrait de la publication
Éric Denécé
HISTOIRE SECRÈTE DES FORCES SPÉCIALES
DE 1939 À NOS JOURS
nouveau mondeéditions
Extrait de la publication
Du même auteur
- Tourisme et terrorisme. Des vacances de rêve aux voyages à risque, en collaboration avec Sabine Meyer, Ellipses, Paris, 2006.
- L'Autre Guerre des États-Unis. Économie : les secrets d'une machine de conquête, en collaboration avec Claude Revel, Robert Laffont, Paris, 2005.
- Al-Qaeda, les nouveaux réseaux de la terreur, (dir.), collection « Géo-politique », Ellipses, Paris, 2004.
- Les Secrets de la guerre économique, en collaboration avec Ali Laïdi, Seuil, Paris, 2004.
- Forces spéciales, l’avenir de la guerre. De la guérilla aux opérations clandestines, collection « L’Art de la guerre », éditions du Rocher, Paris, 2002.
- Guerre secrète contre Al-Qaeda, (dir.), collection « Géopolitique », Ellipses, Paris, 2002.
- Le Nouveau Contexte des échanges et ses règles cachées. Information, stratégie et guerre économique, L'Harmattan, Paris, 2001.
- Géostratégie de la mer de Chine méridionale et des bassins maritimes adjacents, collection « Recherches asiatiques », L'Harmattan, Paris, 2000.
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Préambule
Stratagèmes et opérations spéciales
de l’Antiquité à 1939
C’est le guerrier hébreu Gédéon qui fut l’inventeur des premières uni-tés spéciales.Le Livre des Jugesrévèle comment, en 1245 avant J.-C., il réussit à duper et à vaincre ses adversaires madianites. Gédéon sélectionna d’abord trois cents combattants d’élite parmi les milliers de soldats dont il disposait. Puis, il prépara son action dans le secret le plus total en ayant recours à la surprise. Son idée était d’utiliser ensemble trois effets afin de désorienter ses adversaires, supérieurs en nombre : le réveil en sursaut, la lumière aveuglante et le bruit assourdissant. Il distribua en cachette à ses trois cents hommes des buccins, des cruches et des torches. Ils devaient cacher les flammes des torches dans des cruches pour que tous puissent les brandir ensemble au moment voulu, en faisant retentir les buccins. La nuit venue, à la faveur de l’obscurité, les soldats hébreux encerclèrent les positions madianites dans le plus grand silence. Au signal convenu, ils brisèrent les cruches et s’élancèrent sur l’ennemi en soufflant dans leurs buccins. Les Madianites, réveillés en sursaut par le vacarme et apercevant les nombreuses lueurs, furent persuadés qu’une force gigantesque défer-lait sur eux. Ils empoignèrent aussitôt leurs armes et se jetèrent dans la mêlée, se massacrant les uns les autres dans l’obscurité et la confusion générale. Gédéon et ses hommes taillèrent les survivants en pièces. À toutes les époques, l’histoire offre des exemples d’unités à qui furent confiées des missions audacieuses ayant pour but de débloquer une situation ou d’inverser le cours d’une bataille mal engagée. L’Iliade et L’Odysséeconstituent une véritable mine d’exemples d’actions que nous qualifierions aujourd’hui de « spéciales », notam-
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Histoire secrète des forces spéciales
ment à travers les actes d’Ulysse. Tour à tour commerçant, pirate ou partisan, le héros d’Homère connaît toutes les ruses. Parmi les quali-ficatifs qui servent à le définir, on relève, entre autres : « le personnage aux mille tours », « l’ingénieux », « le rusé », etc. Peu ou point d’exploits guerriers chez Ulysse : des tractations, des embuscades, des stratagèmes, à la crétoise. Car à l’époque d’Homère, la façon de combattre des Cré-tois ne ressemble guère à celle des autres armées grecques. Les compa-triotes d’Ulysse ont érigé la duperie en art sublime. Ils rôdent la nuit dans les montagnes, rusent et tendent des pièges à leurs adversaires. Ils se livrent à la piraterie contre les navires étrangers, aux razzias et aux enlèvements. Les armées régulières ne peuvent rien contre ces com-battants qui surgissent comme des ombres, frappent, puis reprennent la mer et disparaissent.L’Iliade et L’Odysséesont remplis « d’exploits » de ce type, plus proches du banditisme que de l’acte héroïque, mais ter-riblement efficaces. L’épisode du cheval de Troie est la meilleure illustration de ces pra-tiques non conventionnelles. La déesse Athéna, pour hâter la fin d’une guerre qui s’éternise, enseigne à Ulysse le stratagème du cheval de bois. La ruse consiste à faire offrande aux Troyens d’une énorme sculpture équestre, marquant la fin des hostilités. Les Grecs, ainsi, font sem-blant de lever le camp qu’ils ont installé devant Troie et leurs navires prennent le large. Ils se regroupent en réalité derrière une île voisine. Le cheval, vidé de tout combattant, ne sert en réalité qu’à provoquer la destruction d’une porte et d’une partie de l’enceinte de la cité. Une fois la ville endormie, un espion au service d’Ulysse allume un feu que la flotte grecque perçoit depuis la mer. Elle débarque aussitôt ses forces qui conquièrent sans tarder la citadelle. Cette forme de guerre irrégulière est également présente dans la Chine ancienne :L’Art de la guerrede Sun Ze comme le célèbre traité desTrente-six stratagèmesaccordent une place primordiale à la guérilla dans la conduite de la guerre. Ils préconisent l’action sur les arrières de l’ennemi, afin de le désorganiser, et formulent de véritables principes de contre-guérilla. Un autre grand conquérant excella dans l’art des subterfuges et des opérations spéciales : Hannibal. En 217 avant J.-C., au cours de sa cam-
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Stratagèmes et opérations spéciales de l’Antiquité à 1939
pagne en Italie, le général carthaginois se trouva dans l’obligation de quitter une position sur laquelle il ne pouvait passer l’hiver. Son iti-néraire de repli passait par un défilé dans lequel il savait que les Romains allaient l’attaquer. Hannibal usa alors d’un stratagème pour tromper ses adversaires. Il réunit un troupeau de deux mille boeufs, fit entourer leurs cornes de torches et les envoya avec quelques hommes, au milieu de la nuit, vers un col voisin, avec l’ordre de monter jusqu’aux crêtes et d’engager le combat contre les Romains qui se montreraient. Les torches firent croire à l’ennemi que l’armée carthaginoise, était en train d’em-prunter, dans l’obscurité, le chemin du col. Aussitôt, les troupes romaines abandonnèrent le défilé pour intercepter l’ennemi. Ce n’est qu’à la lueur de l’aube que les Romains s’aperçurent de la supercherie. Pendant ce temps, Hannibal et son armée passèrent en toute tranquillité par le fameux défilé. Ce stratagème est de tous les temps. Plusieurs siècles plus tard, au cours de la guerre d’indépendance de Macédoine, une poignée de par-tisans macédoniens réussit à s’emparer d’une demi-douzaine de chars serbes en employant un stratagème similaire : ils ramassèrent cinq cents tortues, très nombreuses dans cette région, collèrent sur leur dos une bougie allumée, puis les firent descendre vers les chars serbes. Se croyant attaqués par une multitude d’ennemis, les Serbes ripostèrent abon-damment, avant de se rendre, voyant leurs tirs sans effet… Les Romains, malgré leur génie militaire, ne se passionnèrent que pour la guerre classique. Ils développèrent surtout de nombreuses tactiques afin de lutter contre les guérillas auxquelles ils furent confrontés. Une des rares actions « spéciales » que nous connaissons eut lieu en 213 avant notre ère. Fabius Maximus, trouva la ville d’Arpi, en Apulie, occupée par une gar-nison d’Hannibal. Afin de s’en emparer, il envoya six cents soldats, par une nuit obscure, franchir le rempart, à l’aide d’échelles, sur un point par-ticulièrement fortifié, donc moins bien gardé. Grâce à la pluie battante qui étouffait les bruits de leur progression, ces hommes menèrent à bien leur mission et les Romains de Fabius Maximus prirent Arpi. Un tel dédain des opérations spéciales et des stratagèmes n’exista pas, en revanche, dans l’Empire romain d’Orient, puis dans l’Empire
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Histoire secrète des forces spéciales
byzantin. Située au carrefour de l’Occident latin, du monde slave, de l’Orient asiatique et de l’Islam, Byzance a dû, tout au long de son his-toire, faire sans cesse la guerre sur plusieurs fronts : contre les Ouzes, les Petchénègues, les Magyars et les Bulgares, en Europe orientale ; contre les Perses, les Arabes et les Turcs seldjoukides, en Asie ; contre les Normands et les croisés en Méditerranée et au Levant. Cette situa-tion le prédisposa naturellement à faire appel à toutes les ressources de l’action secrète. Elles lui permirent de préserver son territoire pen-dant plus de mille ans. Au cours de la première campagne d’Italie, de 535 à 540, le général Bélisaire usa d’un stratagème pour s’emparer de Naples. Alors que le siège durait depuis plusieurs mois, il s’aperçut qu’il était possible de péné-trer au cœur de la ville en utilisant l’aqueduc qui la ravitaillait. Après en avoir coupé l’eau, le général byzantin envoya un groupe de quatre cents soldats dans les canalisations pendant que le reste de son armée attaquait les remparts. Les Napolitains, pris à revers et ne voyant pas le moindre secours pointer à l’horizon, se soumirent alors à Bélisaire. Ainsi s’affirme un principe inhérent aux opérations spéciales : l’importance de la dimension psychologique. Vaincre un ennemi par le biais des opéra-tions spéciales, ce n’est pas seulement détruire ses moyens de combat, c’est aussi ôter aux troupes survivantes toute envie de combattre. Vers la même époque, les peuples d’Europe du Nord développè-rent également des techniques de combat non orthodoxes. Les Vikings disposaient d’une solide tradition d’action spéciale, notamment dans le domaine maritime où la destruction d’une flotte adverse au mouillage — le plus souvent en l’incendiant — fut toujours un but recherché par les belligérants. Cette pratique des opérations « spéciales » venait notamment du fait que les équipages dessnekkarsétaient tou-jours moins nombreux que leurs adversaires. Toute technique permet-tant de préserver la vie d’un homme était donc préférée à l’attaque fron-e tale. Lorsqu’ils s’implantèrent sur les rives de la basse Seine, auIXsiècle, les Vikings avaient donc une longue pratique des reconnaissances d’ob-jectifs, des raids et des opérations de nuit. Ils excellaient à planifier leurs coups de main de façon à obtenir l’effet de surprise maximum. Ils
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Stratagèmes et opérations spéciales de l’Antiquité à 1939
savaient choisir les dimanches, les jours fériés ou l’heure des messes pour agir. Cette forme de guerre leur assura le succès et leur permit de s’éta-blir durablement en France. Les Normands héritèrent de cette culture d’action spéciale propre aux Vikings qu’ils surent adapter à leur profit pour assurer leur sécurité et étendre leurs conquêtes. Dès la fondation du duché, au début du e Xsiècle, il exista dans les régions frontalières de Normandie un système de guérilla issu des organisations d’autodéfense des premiers colons scandinaves. Il permettait la formation quasi immédiate de groupes de paysans armés et entraînés, dirigés par les seigneurs locaux. Lors d’in-vasions étrangères, ils étaient capables d’épier l’ennemi sans être vus, de se réunir rapidement afin de dresser des embuscades, de tendre des pièges sur ses arrières, voire même de l’attaquer en coordination avec les forces régulières. Ce système démontra plusieurs fois son effica-cité : en 1029 contre les Bretons, en 1054, face à une puissante armée française, et en 1136, contre le comte d’Anjou. À l’image des Byzantins et des Vikings, les Normands cherchèrent toujours à éviter les grandes batailles frontales en recourant à la désta-bilisation de l’ennemi par l’action psychologique et les opérations spé-ciales. Ils s’appliquaient à surprendre leurs adversaires par la dissimu-lation de leurs forces et de leurs mouvements ; par les opérations de nuit, auxquelles ils étaient entraînés, les embuscades systématiques, les diversions et l’intoxication. Les exemples de ces succès sont mul-tiples : en Normandie, en Méditerranée, au cours des luttes contre Byzance, et en Orient, lors des Croisades. Les Croisades mirent par ailleurs en lumière les talents des peuples du Proche-Orient en matière de stratagèmes et d’actions spéciales. Ainsi, à l’occasion du siège de Saint-Jean-d’Acre, en juin 1191, la flotte croi-sée intercepta et coula un navire musulman chargé d’animaux veni-meux. Ces derniers étaient destinés à être glissés dans le camp des Croisés ou dans leurs navires, car les chevaliers allemands, autrichiens et flamands avaient une peur terrible de ces animaux. Cette « petite guerre » comme on l’appelait alors, fut largement pra-tiquée pendant tout le Moyen Âge. La guerre de Cent Ans fut le théâtre
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