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L'ANCIEN COMBATTANT à ses PETITS-ENFANTS -2-

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Description

L'Algérie. Aumale, Tizi-Ouzou, Constantine, Ouenza.
Construction d'une ligne.
Grandeurs et servitudes de la condition militaire.

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Publié le 15 juin 2015
Nombre de lectures 69
Langue Français
Poids de l'ouvrage 9 Mo

Exrait

L’ANCIEN
COMBATTANT
à
ses petits-enfants
2
BLANCHARD Jef 1 L’ANCIEN
COMBATTANT

conte
le service militaire
et
son Algérie
à
ses petits-enfants

Samuel et Nicolas
Tiphaine et Lucile

2 DEUXIEME PARTIE
LE CAPORAL
MAINTENU
SOUS LES DRAPEAUX


TON PAPY
en
ALGERIE
3 7 pages Les Dauphins 1
9 L’embuscade 2
13 La grève de la faim 3
15 Peur bleue 4
18 L’officier énervé 5
19 Les ficelles 6
21 Le crapaud 7
23 La mitraillette écolo 8
26 L’incompétence 9
28 La main au sexe 10
31 Les brimades 11
34 La dysenterie 12
38 L’agression 13
40 La provocation 14
44 La garde à l’hôpital 15
47 Ouenza : la vie 16
52 Premiers achats 17
62 Il a pas mis sa capote ! 18
63 Le sergent dégradé 19
64 Ouenza : la mine 20
78 Ouenza : l’apartheid 21
79 Ouenza ; la ligne 22
107 La ferme Paluel 23
116 En vadrouille 24
127Les hommes-grenouilles 25
133 La valise volée 26
139 Inattendues retombées 27
140 Fais un monde meilleur 28
142 Hommage 29
4 ALGÉRIE
Juin 1961 - mai 1962

J’embarque à Marseille pour rejoindre Alger après une longue nuit
de navigation, un peu houleuse, accompagné de plusieurs centaines
d’appelés comme moi. Je passe une année sur cette terre d’Algérie encore
française pour peu de temps.

Je suis affecté à la 715ème compagnie de transmissions d’abord à Aumale,
puis à Tizi-Ouzou, puis à Constantine.


5 6 1 LES DAUPHINS
Vous le savez mes petits-enfants, je suis breton, têtu, vraiment têtu,
un peu comme les coréens. Vous en savez quelque chose puisque votre papa
Fabien pour les uns, ou votre maman Claire pour les autres, le sont, coréens… têtus,
je ne sais pas ? Je connais donc l’océan, avec ses marées et sa météo incertaine.
C’est une découverte pour moi ce port de Marseille, cette mer étale, ce soleil
persistant, cette température élevée même la nuit.
Je monte sur le paquebot envahi par les militaires. Pendant quelques heures je
serai très occupé à découvrir le navire, en admiration de la côte qui s’éloigne
doucement, observant les manœuvres des remorqueurs, scrutant l’horizon, notre
futur horizon.
Loin des côtes, les dauphins apparaissent et suivent longuement. Spectacle
merveilleux, d’une grâce exceptionnelle : de la beauté et de la complicité chez ces
aquatiques.
Hier soir j’ai eu séance de cinéma, ce soir j’aurai séquence de pornographie
gratuite en plein-air. Sur un promontoire, à la vue de tout le pont, un appelé, les
gradés sont dans leur cabine, encouragé par quelques comparses va offrir sa séance
de masturbation publique. Je préfère les dauphins !
Tard, je rejoins mon ‘‘transat’’ sur le pont couvert mais ouvert. Je vais essayer
de dormir, ce n’est pas très confortable et la fraîcheur est quand même au
rendezvous avec le déplacement et l’air du large. Je me réveillerai rapidement car le roulis
s’accentue. Vais-je devenir malade ? Déjà plusieurs se penchent par-dessus le
bastingage pour nourrir les poissons, c’est une épidémie. Je résisterai.
7 AUMALE
Carte Michelin de 1952 : mes itinéraires d’affectations.
8 2 L’EMBUSCADE
Sitôt débarqué sur les quais du port d’Alger, mon paquetage bien en main, je
me dirige vers les nombreux camions de transport de troupe, bâchés. Le mien
embarque notre groupe pour la ville d’Aumale vers le sud.
Nous prenons la direction de Bouira. Je vois les panneaux indicateurs et je lis :
Gorges de Palestro. Diable, c’est par là qu’il y a cinq ans à peine la presse nous
apprenait que dix sept jeunes soldats français étaient tombés dans une embuscade
et tous y étaient restés. Chacun dans le camion qui pénètre déjà dans les gorges se
sent un peu fiévreux. Et voilà que l’on passe dans des tunnels obscurs et que l’on
zigzague sur des routes étroites, sinueuses, entre des parois inquiétantes.
Tout à coup plusieurs rafales retentissent sous la voûte du tunnel avec un
vacarme assourdissant. Ça y est la guerre est là ! C’est une embuscade et je n’ai pas
mon arme ! Je suis d’ailleurs bien trop effrayé pour faire quoi que ce soit… Me
coucher au sol ? Sauter du camion ? Je reste prostré, recroquevillé sur mon banc
comme mes voisins, blancs de trouille.
Depuis la cabine un cri : « La quille, bordel ! » C’était notre bizutage d’accueil
sur le sol algérien ! 10