La lettre ouverte de Samia Ghali

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SAMIA GHALI SÉNATRICE DES BOUCHES DU RHÔNE MAIRE DU 8ème SECTEUR DE MARSEILLE R É P U B L I Q U E FR A N Ç A Marseille, le 28 mars 2017 I S Lettre ouverte aux candidats à l’Election Présidentielle Mesdames et Messieurs les Candidats, E Il y a des absences et des silences qui font mal à notre République. Des espoirs d’El Dorado à la violence du Kärsher, chaque élection présidentielle promet le meilleur comme le pire à près 14 millions de Français qui vivent, ou plus exactement qui survivent dans « les quartiers populaires ». Car s’il est un sujet visiblement impopulaire dans cette présidentielle, c’est bien celui de ces quartiers où se concentrent pourtant tous les maux de notre société moderne : chômage record, échec scolaire, détresse sociale, logements indignes, abandon des services publics, désertification médicale, violence, délinquance, trafics en tout genre… Pour ces millions de naufragés français des grandes ou petites villes, oubliés chroniques de la République, il y a bien longtemps que Liberté, Egalité, Fraternité ne sont que des mots désincarnés de toute réalité. Servant trop souvent d’alibis et de cache-misère, les chiffres ronflants de la Politique de la ville viennent régulièrement se fracasser avec un bruit indécent sur les murs de la vie réelle.

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Publié le 31 mars 2017
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Langue Français
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SAMIA GHALI
SÉNATRICE DES BOUCHES DU RHÔNE
MAIRE DU 8ème SECTEUR DE MARSEILLE
R
É
P
U
B L I Q U E FR A N Ç
A
Marseille, le 28 mars 2017
I
S
Lettre ouverte aux candidats à l’Election Présidentielle
Mesdames et Messieurs les Candidats,
E
Il y a des absences et des silences qui font mal à notre République. Des espoirs d’El Dorado à la violence du Kärsher, chaque élection présidentielle promet le meilleur comme le pire à près 14 millions de Français qui vivent, ou plus exactement qui survivent dans « les quartiers populaires ».
Car s’il est un sujet visiblement impopulaire dans cette présidentielle, c’est bien celui de ces quartiers où se concentrent pourtant tous les maux de notre société moderne : chômage record, échec scolaire, détresse sociale, logements indignes, abandon des services publics, désertification médicale, violence, délinquance, trafics en tout genre… Pour ces millions de naufragés français des grandes ou petites villes, oubliés chroniques de la République, il y a bien longtemps que Liberté, Egalité, Fraternité ne sont que des mots désincarnés de toute réalité.
Servant trop souvent d’alibis et de cache-misère, les chiffres ronflants de la Politique de la ville viennent régulièrement se fracasser avec un bruit indécent sur les murs de la vie réelle.
Par-delà les millions alignés dans des politiques publiques qui avancent tel un bateau ivre, il y a l’essentiel : l’âme d’une population semblable à toutes les autres, celle d’hommes, de femmes, d’enfants et d’anciens qui essaient tout simplement de vivre dignement.
Aujourd’hui, il est de la responsabilité des candidats à l’élection présidentielle de regarder cette réalité en face. Il est temps de placer cette question cruciale au cœur de la campagne, celle d’une France populaire et silencieuse parce que meurtrie, une France qui attend des réponses sincères et crédibles.
- 2 -
Appuyons nous sur des idées simples, concrètes, puisées dans la richesse du terrain et du bon sens. Donnons-nous des objectifs réalistes et atteignables qui n’entraîneront pas déceptions et désillusions.
En matière d’éducation, revenons à l’essentiel en permettant un vrai parcours éducatif pour les enfants en divisant par deux le nombre d’élèves par classe dans les zones d’éducation prioritaire, en créant des classes bilingues dès la maternelle, en développant l’apprentissage du langage informatique dès la primaire, en conservant les écoles ouvertes jusqu’à 19 heures pour l’aide aux devoirs et les activités périscolaires, en rétablissant le port de l’uniforme pour aller en classe ou en affectant une partie de la prime de rentrée scolaire à l’achat des fournitures et à la réalisation de projets pédagogiques.
En matière de formation, développons l’apprentissage dès 14 ans pour ceux qui sont en décrochage scolaire et organisons des formations professionnalisantes pour les plus âgés.
En matière de santé publique, créons des zones franches de santé pour les médecins installant leur cabinet dans des déserts médicaux, renforçons la prévention médicale à l’école, rendons obligatoire et remboursons intégralement le scellement prophylactique des sillons dentaires qui protègent des caries à l’âge adulte, renforçons la prise en charge des soins ophtalmologiques et auditifs.
En matière d’accompagnement social, soyons imaginatifs et redonnons de la force et des moyens aux actions de terrain menées par les éducateurs, les centres sociaux, les clubs sportifs, les équipements culturels ou les assistantes sociales qui sont autant de repères et de balises pour rester dans le bon chemin.
En matière de sécurité, revenons à la police de proximité, maintenons les commissariats au plus près des habitants, procédons à la dématérialisation des dépôts de plaintes, réinstallons les services publics et les petits commerces là où il n’y a plus rien, assumons le choix d’y implanter de nouveaux équipements neufs et modernes pour renforcer leur attractivité, désenclavons ces territoires pour rompre avec l’isolement et le repli sur soi.
Les idées ne manquent pas si la volonté existe.
L’élection présidentielle doit revenir à l’essentiel, parler des français qui, des petites villes à nos plus grandes métropoles, ont besoin de ces solutions concrètes. Il est temps que cette réalité prenne corps dans le débat public, pour faire de l’amélioration de la vie dans ces quartiers une véritable cause nationale.
- 3 -
Le futur Président de la République ne peut s’exonérer de porter cette ambition de justice sociale, d’idéal républicain et d’apaisement de la Nation. A vrai dire, il en a même l’obligation et le devoir avant qu’il ne soit définitivement trop tard.
Samia GHALI