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La valse s'accélère

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La valse s'accélère

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SOCIÉTÉ
SOCIÉTÉ
Dans les années 90 fleurissent les
Kevin, Jordan, Jérémy,... les
Elodie, Mélissa, Aurélie. Il est bien
loin le temps où Joseph, Jean et
Marie dominaient sans partage le
monde des prénoms. Les nouveau-
venus auront des règnes bien
moins longs. Comme partout, la
palette des prénoms s’est
diversifiée. Elle se renouvelle aussi
de plus en plus vite.
S
S
i l’on ne choisit ni ses
parents, ni sa famille,
on ne choisit générale-
ment pas davantage le
prénom que l’on porte. Mais ce
choix doit-il être considéré
comme un choix personnel des
parents, ou comme le reflet de
l’influence de la société et des
phénomènes de mode ? L’ana-
lyse de la liste des prénoms les
plus souvent attribués aux
Antilles-Guyane, depuis le
début du siècle, tendrait à faire
pencher la balance vers la
seconde hypothèse.
Grande diversité des
prénoms féminins
L’influence de l’augmentation
des échanges économiques et
culturels au niveau mondial se
retrouve dans la multiplication
du nombre de prénoms utilisés
et la diversification de leurs ori-
gines. La liste des prénoms
donnés aux nouveau-nés guade-
loupéens ou martiniquais en
1996 est environ deux fois plus
longue que celle de 1900, et
pour la Guyane elle est dix fois
plus longue ! Il faut relativiser ce
constat en remarquant que le
volume des naissances a lui
aussi augmenté dans des pro-
portions relativement similaires.
De plus, l’état civil était certai-
nement moins complet (en parti-
culier en Guyane) au début du
siècle que de nos jours. Les pré-
noms féminins offrent une plus
grande diversité. Ils sont environ
20 % de plus que les prénoms
masculins, alors qu’il naît un
peu plus de garçons que de
filles
(1)
.
Un autre type d’indicateur per-
met de prouver que le choix des
prénoms s’effectue aujourd’hui
dans une palette plus large
qu’autrefois : le pourcentage de
population que recouvrent les
10 ou 100 prénoms les plus fré-
quents une année donnée. Il est
en chute libre depuis les années
70, quel que soit le sexe ou le
département considéré.
Alors qu’avec 10 prénoms, on
avait plus de 35 % des petites
guyanaises en 1900, et près de
90 % avec 100 prénoms, en
1996 moins de 7 % portent un
des 10 prénoms les plus donnés,
et à peine plus de 30 % un des
100 premiers. Le même phé-
nomène est observé, mais dans
3
N
o
42 -
Octobre 1999
Les prénoms les plus fréquents depuis 1900
La valse
s’accélère
(1) Pour 100 filles, il naît 105 garçons. C
est une loi universel-
le.