Les Luxembourgeois, soldats de la France

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Les Luxembourgeois, soldats de la France

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Ajouté le 21 juillet 2011
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Publications de la Section Historique de Luxembourg
Volume 57
1909 TABLE DES MATIÈRES
contenues dans le Tome I.


Avant-propos T1 V
Aperçu historique T1 1
La Légion d’Honneur T1 35
Dotation des 6000 Militaires T1 40
La Légion Russo-Allemande T1 54
La Médaille de Sainte-Hélène T1 58
Livret militaire de Charles Leyder T1 195


LES SURVIVANTS. *

CHAPITRE I. Les Médaillés de Sainte-Hélène T1 69
CHAPITRE II. Les Survivants non-médaillés T1 331


TABLE ALPHABÉTIQUE.

Les Noms et Lieux des Survivants T1 TA1



* y compris les suppléments et les corrections.






























Compagnie de réserve du Département des Forêts :
tenue de campagne et tenue de caserne
(Décret du 30 thermidor an VIII) — T1 V, VI —


AVANT-PROPOS.

A un moment où tout concourt, semble-t-il, à faire disparaître
dans un oubli sans retour les glorieux souvenirs payés si cher par
nos soldats qui ont servi la France sous la première République et
sous l'Empire, nous avons cru bien faire de mettre en lumière le
mérite de ces braves dont le nom, comme souvent aussi le sang,
fut mêlé aux fastes de la grande épopée napoléonienne.
Aujourd'hui surtout que la mort a fauché jusqu'aux derniers
survivants d'une époque à jamais mémorable, n'est-il pas de notre
devoir - à nous, leurs héritiers directs - de conserver aux
générations à venir le legs d'honneur de nos aïeux et de leur faire
connaître dans la mesure du possible quels faits consacrèrent alors
aux yeux de l'Europe attentive l'ancien renom de bravoure et de
générosité du soldat luxembourgeois !
C'est pourquoi, dans la relation qui va suivre, nous nous
sommes efforcé d'exposer les faits militaires de nos jeunes gens
d'alors (le présent ouvrage ne s'occupera que de la partie
actuellement grand-ducale de l'ancien Département des Forêts), tels
que nous les ont révélés les pièces et papiers militaires trouvés
dans les mortuaires ; tels aussi qu'ils se trouvent consignés, tant
aux archives du Ministère de la Guerre et de la Grande
Chancellerie de la Légion d'honneur, que dans les contrôles
matricules de certains régiments, conservés aux Archives
nationales à Paris, et dans les listes de conscription déposées aux
archives du Gouvernement Grand-Ducal à Luxembourg. Grâce à
ces sources authentiques et précieuses, nous avons été, plus d'une
fois, à même de réduire à leur juste valeur des récits fantastiques,
où les souvenirs du grand-père ne se mêlaient que confusément aux
imaginations enthousiastes de l'enfant.
La première partie du présent ouvrage s'occupera
exclusivement des états de service de nos compatriotes à qui un heureux
destin permit de revoir leurs foyers paternels et dont la vie s'acheva
paisiblement au sein de leur famille. Au premier chapitre, on
trouvera la liste complète de nos vieux grognards qui eurent le
bonheur d'être gratifiés des faveurs du décret impérial du 12 août
1857 instituant la médaille commémorative de Ste Hélène.
Malheureusement pour ceux de nos vétérans qu'une mort
prématurée ne laissa plus jouir du legs de leur Grand Empereur, il
est aujourd'hui difficile, nous pourrions presque dire impossible, de
fournir un travail tant soit peu complet. Le temps, joint à
l'indifférence, a fait son oeuvre ; et trop souvent, hélas ! le souvenir
de leurs actions d'éclat a suivi de près dans la tombe et l'oubli ces
braves vétérans. — T1 VI, VII —

Nous osons espérer toutefois que le lecteur nous saura gré
d'avoir réuni leurs noms dans un second chapitre, en y joignant,
comme pour les premiers, le relevé aussi complet que possible des
états de service de chacun d'eux.
La seconde partie est consacrée aux mânes de ces infortunés
jeunes gens qui, tout guillerets, quittèrent foyers et parents, ne
rêvant que succès et gloire, et à qui un cruel destin barra
définitivement le chemin du retour. Longtemps on les pleura
comme des disparus de la grande tourmente, sans avoir pu jamais
arriver à déterminer le sort final qui avait été réservé à leur jeune et
généreuse existence.
C'est un heureux hasard, dû à un déplacement momentané de
quelques rayons d'archives au Ministère de la Guerre à Paris, qui a
récemment permis de soulever ce voile funéraire, pour laisser sortir
d'une poussière presque séculaire des tas immenses d'extraits
mortuaires dressés en conformité de l'article 95 du code Napoléon.
Il n'est pas à méconnaître que la rédaction de tous ces extraits ne
soit d'une régularité vraiment surprenante, vu surtout les
circonstances dans lesquelles il fallait le plus souvent les dresser.
Malheureusement, par la force même des choses, la formalité
essentielle fut le plus souvent négligée: l'acte de décès une fois
dressé, l'extrait n'en fut point envoyé à l'officier de l'état civil du
dernier domicile du décédé.
Et dire que, durant cette période, quatre millions et demi
d'hommes sont tombés sur les divers champs de bataille d'Europe
pour laisser, en 1815, une France plus petite et moins forte que
n'avait été celle de 1790! L'Espagne fut le tombeau de la plupart
des vieux soldats; ce qui en restait, périt presque entièrement dans
les neiges de Russie. Des 1,200,000 hommes qui furent levés en
1813, il n'y en avait, en 1814, pour défendre le sol de la France,
qu'une centaine de mille, en sus de la Garde.


Avant d'aller plus loin, nous tenons à remercier tous ceux qui
nous aidèrent, soit directement, soit indirectement, à combler cette
lacune dans notre histoire nationale.
Qu'il nous soit permis de citer parmi ceux qui nous prêtèrent
gracieusement leur appui toutes les fois que nous les avons
importunés de nos démarches, le nom de Mr Emmanuel
Grammont, le distingué membre du comité du Musée de l'Armée. — T1 1 —


1792 - 1815.

LES LUXEMBOURGEOIS,
SOLDATS DE LA FRANCE.



I.

APERÇU HISTORIQUE.

« C'ÉTAIT UNE COLONNE DE GRANIT. »
(Paroles du Premier Consul, dans son rapport de la
bataille de Marengo, au Gouvernement, le 27 prairial an VII.)

Avant de mettre sous les yeux du lecteur le résultat de nos
recherches, il n'est peut-être pas sans intérêt de lui fournir, quant à
la terminologie employée dans l'exposé qui va suivre, quelques
notes explicatives, combinées avec un aperçu synoptique des
évolutions que subirent les effectifs de l'armée française de 1789 à
1815. Il appréciera plus aisément ainsi les différentes distinctions
que certains de nos nationaux parvinrent à y obtenir.
Au 14 juillet 1789, l'armée française soldée se composait
approximativement de 163,000 hommes. L'état-major à lui seul
comptait près de 10,000 officiers. Par contre, hors du
commandement des généraux et hors de la direction du ministre de la
guerre, la nation entière se trouvait sous les armes dans les gardes
nationales, lesquelles réunies formaient l'effectif formidable de
4,000,000 de combattants. Cette situation inquiétante dura
cependant jusqu'en 1792, c. à. d. jusqu'au 22 septembre 1792, date
à laquelle parut le décret portant la réorganisation de l'armée
française.
Déjà par décret du 21 juillet 1791, tous les régiments avaient
abandonné le nom propre qui les distinguait, pour prendre de
simples numéros. On les divisa, dès lors, en régiments d'infanterie
et en bataillons de chasseurs, en dehors desquels on comptait les
bataillons de volontaires nationaux. Les bataillons de chasseurs se
composaient de 4 compagnies à 108 hommes chacune, avec 18
carabiniers par compagnie : c'étaient les soi-disant grenadiers de
l'infanterie légère. — T1 2 —

Une loi du 29 avril 1792 vint augmenter les cadres de
l'infanterie par la création de 6 légions composées chacune de 2
bataillons d'infanterie légère, d'un régiment de chasseurs à cheval,
respectivement de dragons, et d'une division d'ouvriers militaires;
quant aux cadres de la cavalerie, ils s'agrandirent encore davantage.
Cependant dès la fin de 1793, ces nouvelles légions disparurent par
l'incorporation de leurs effectifs dans l'infanterie et la cavalerie ;
d'où une augmentation notable de bataillons de chasseurs à pied et
la création de 8 nouveaux régiments de chasseurs à cheval.
Le 24 février 1793 parut un décret portant que tous les
hommes mariés de 18 à 45 ans seraient à la disposition du
gouvernement, et prescrivant une levée de 300,000 hommes afin de
porter à 500,000 l'effectif de l'armée.
A la même époque, un décret du 21 février, respectivement du
12 août 1793, assimila les volontaires aux soldats de la ligne et
opéra la transformation de l'armée en demi-brigades.* Dès lors,
l'infanterie de ligne cessa d'être désignée sous la dénomination de
régiments, et ces corps prirent le nom de demi-brigades. Les
premières demi-brigades furent formées, chacune, par la réunion de
2 bataillons de volontaires avec 1 bataillon des anciens régiments
d'infanterie de ligne, respectivement un ancien bataillon de
chasseurs, suivant qu'il devait s'agir de la formation d'une
demibrigade de ligne ou d'une demi-brigade légère. ...


* L'art. 3 de la loi du 21 février 1793 décréta que «la 1re
DemiBrigade sera composée du 1er Bataillon du 1er Régiment d'Infanterie et
de deux Bataillons de volontaires les plus à sa portée et, autant que faire
se pourra, du même département. La 2e Demi-Brigade sera composée du
2e Bataillon du 1er Régiment d'Infanterie et de deux Bataillons de
volontaires les plus voisins et, si possible encore, du même département.
Le reste de l'armée suivra le même mode de réunion, de manière que, par
ordre de numéros, les 196 Bataillons de ligne, unis aux 392 Bataillons de
volontaires, formeront 196 Demi-Brigades d'Infanterie qui prendront, à la
paix, le nom des départements auxquelles elles sont attachées.
Article 4: Chaque Bataillon sera composé de 9 compagnies dont 1 de
grenadiers et 8 de fusiliers, c. à. d. 3 officiers et 62 grenadiers,
respectivement 3 officiers et 86 fusiliers par compagnie.
Il sera attaché à chaque Demi-Brigade 6 pièces de canon, et pour le
service de ces pièces, 1 compagnie de canonniers volontaires de 64
hommes, non compris les officiers et sous-officiers.
Au grand complet, la Demi-Brigade se composait donc d'un total de
2437 hommes et de 6 pièces de canons.» — T1 3 —

Chaque demi-brigade reçut en outre 1 compagnie de canonniers
volontaires desservant 6 pièces de quatre. Les bataillons
euxmêmes se composaient, selon qu'il s'agissait d'une demi-brigade de
ligne ou d'une demi-brigade légère, de 8 compagnies de fusiliers et
d'une compagnie d'élite : les grenadiers; ou de 8 compagnies de
chasseurs et d'une compagnie d'élite: les carabiniers.
A partir du 28 janvier 1794, on procéda à l'organisation
définitive des demi-brigades de deuxième formation, par
l'incorporation des bataillons de volontaires qui n'avaient pas été compris
dans les demi-brigades de première formation.
Grâce à ces procédés, l'effectif total des armées françaises
avait atteint, au 15 avril 1794, le chiffre de 794,334 hommes.
Le décret de la Convention nationale du 9 vendémiaire an IV
(1er octobre 1795), qui réunit au territoire français le Duché de
Luxembourg sous la dénomination de Département des Forêts, eut
pour conséquence de nous faire subir les lois du vainqueur. Si
jusqu'alors les goûts militaires de certains de nos jeunes gens les
avaient poussés à s'enrôler sous les drapeaux français, il n'en devait
plus être ainsi dans la suite : désormais le recrutement devait se
faire dans le Luxembourg tout comme dans n'importe quel
département de la France.
Dès le 19 novembre 1795, on commença à organiser, dans le
Département des Forêts, la gendarmerie *, et, peu de temps après
sa constitution définitive, c'est-à-dire à partir du 17 avril 1797, ce
corps d'élite se recruta presque exclusivement dans la jeunesse du
pays.
Nous avons cru bien faire d'intercaler ici la copie textuelle d'un pli
cacheté, daté du 4 thermidor an X (23 juillet 1802) et portant
nomination du sieur Hoffstetter Joseph, d'Echternach, à l'emploi de
gendarme à cheval au Département des Forêts. La pièce qui est
adressée « Au Citoyen Hastoller Joseph, hussard au 3e Régiment à
Compiègne » est de la teneur suivante : (voir page T1 4)


* Les lois des 22-24 décembre 1790 et des 16 janvier-16 février
1791 avaient décrété l'organisation d'une gendarmerie nationale pour tout
le territoire français.
Le titre II. art. 17, de la loi de 1790 stipule que: les gendarmes sont
assimilés aux brigadiers de la cavalerie, les brigadiers aux maréchaussées
des logis et les maréchaussées des logis aux maréchaussées des logis en
chef de la cavalerie. — T1 4 —



— T1 5 —

Le 21 août 1798, parut le décret établissant la conscription. Ce
mode de recrutement prescrivait que tout Français sans exception,
depuis l'âge de 20 ans à 25 ans accomplis, serait appelé à la défense
de la patrie toutes les fois qu'elle serait en danger. Cependant, un
règlement du 17 ventôse an VIII (8 mars 1800) admit le
remplacement, en décidant que «tout français âgé de 18 ans au
moins et de 40 au plus, d'une taille de 5 pieds et 1 pouce au moins
(1.65 m), jouissant d'une constitution forte et d'une santé robuste, et
qui n'est soi-même ni réquisitionnaire ni conscrit, peut être admis
comme suppléant.»
Les totaux des appels faits de 1791 à 1814 s'élevèrent à
4,446,000 hommes et ce, en dehors des 753 bataillons de
volontaires formés de 1791 à 1802; Napoléon, pour sa part seule, a
prélevé par la conscription 2,476,000 hommes. — Les appelés qui
partaient n'étaient, de fait, jamais libérés du service, malgré les
termes formels de l'article 2, titre III, de la loi des 7, 9 et 25 mars
1791, décrétant que «la durée de l'engagement dans toutes les
troupes, tant d'infanterie que de cavalerie, dragons, chasseurs et
hussards, sera fixée à 8 ans et ne pourra, sous aucun prétexte, être
portée au delà.» Ce texte, malgré sa teneur impérative, ne fut
jamais qu'une vaine formule : Mr Daru, dans son rapport au corps
législatif sur la conscription, en fait le douloureux aveu (voir
Moniteur du 30 floréal an X). Aussi comprendra-t-on aisément le
désespoir des malheureux parents rien qu'en lisant la relation
suivante, d'autant plus éloquente, qu'elle, émane de la plume d'un
témoin oculaire d'un de ces départs de conscrits rhénans pour la
campagne d'Autriche et de Tyrol. Nous laissons parler l'auteur
luimême :
Am 20. Oktober setzt sich das Contingent des Rhein- &
Moseldepartements für die nachträgliche auf die Jahre 1806 -
1809 ausgeschriebene Conscription ad 80,000 Mann in Marsch,
bei Musik und dem Geleite des Präfekten. Bei Ende der Colonne
erblickt man gebeugte Väter, die wehmütig leise mit ihren
fortziehenden Söhnen reden, ohngefähr so, wie Geistliche mit
Delinquenten, die dem Tode entgegengehen.
«Es ist noch keiner wiedergekommen,» entgegnete einer dieser
Väter in erschütterndem Ausdruck dem Mitbürger, der, mit der
Hoffnung des Wiedersehens, ihn zu trösten versuchte ...
(Rheinischer Antiquarius, Abtlg. I, Bd. II). — T1 6 —

Quant aux levées successives qui se firent plus particulièrement
dans le Département des Forêts, nous en donnons ci-après un
relevé (tableau B), incomplet il est vrai pour certaines années, mais
dressé d'une façon aussi exacte que nous permirent de le faire les
seules sources dont nous disposions : les listes de conscription des
archives du Gouvernement luxembourgeois jointes à quelques
volumes du Journal militaire de l'époque.
A. Levées générales.
An VIII 30,000 hommes pour l'armée de réserve (levée ordinaire).
An IX 30,000 id. id. id.
An XI 30,000 hommes pour l'armée active (levée ordinaire).
An XII 30,000 id. id. id.
1806 80,000 id. id. id.
1806 20,000 id. id. (levée extraordinaire).
1807 80,000 id. id. (levée ordinaire).
1807 20,000 id. id. (levée extraordinaire).
1808 80,000 id. id. (levée ordinaire).
1808 20,000 id. id. (levée extraordinaire).
1809 80,000 id. id. (levée ordinaire).
1809 80,000 id. id. (levée extraordinaire).
1809 36,000 id. id. (levée complémentaire à
prendre sur les années 1806 - 1810).
1809 30,000 id. id. (levée supplémentaire à
prendre sur les années 1806 - 1809).
1810 80,000 id. id. (levée ordinaire).
1810 40,000 id. id. (levée extraordinaire).
1812 120,000 id. id. (levée ordinaire).
1813 1,200,000 hommes, représentant les levées totales.
(La 1re levée, comprenait 80,000 hommes, la 2e également 80,000
hommes, une 3e, 350,000 ; elle était suivie de près d'une autre de
180,000 hommes ; une 3e levée complémentaire comprenait
120,000 hommes à prendre dans les listes des années 1808 à 1814 ;
une levée supplémentaire, 100,000 hommes, à prendre sur les
années 1809 à 1812).
B. Levées faites dans le Département des Forêts.
An XI 368 hommes (p. l'armée active) et 368 h. (p. l'armée de réserve)
An XII 368 id. id.
An XIII 392 id. id. et 392 h. id.
An XIV 392 id. id. et 196 h. id.
1806 263 id. id.
1807 417 id. id.
1808 429 id. id. et 146 h. id.
1809 424 id. id. et 146 h. id.
1811 627 id. id. et 184 h. id.
(Ces chiffres se rapportent exclusivement aux levées ordinaires). — T1 7 —

Pour les ans XI et XII, le Département des Forêts a fourni:
1) pour le 108e de ligne 433 hommes.
2) le 1er carabiniers 2
3) le 1er d'artillerie à pied 5
4) le 4e dragons 34
5) la 13e compagnie d'ouvriers d'artillerie 15
6) le 9e cuirassiers 15
7) le 34e de ligne 88
8) le 4e bataillon de sapeurs 22
9) la compagnie de réserve 18
10) la 2e compagnie d'ouvriers d'artillerie 8
11) le 2e cuirassiers 1
12) le 5e d'artillerie à pied 2
13) le 3e bataillon du train 5
14) le 21e léger 1
15) le 2e vélites 2
16) le 14e de ligne 1
17) le 24e dragons 3
18) le 8e chasseurs à cheval 1
19) le 24e id. 1
20) le train d'artillerie de la Garde 2
21) le 19e dragons 1
22) le 4e cuirassiers 1
23) le 112e de ligne 2
Répartition des conscrits de 1806 (Forêts).
1) pour le 24e de ligne 100 hommes.
2) le 23e léger 124
3) le 1er carabiniers 2
4) le 5e cuirassiers 12
5) le 5e d'artillerie à pied 25
Id. de 1807 (Forêts).
1) pour le 108e de ligne 294 hommes.
2) le 1er carabiniers 3
3) le 10e cuirassiers 17
4) les fusiliers de la Garde 11
5) le 7e d'artillerie à pied 18
6) le 11e chasseurs à cheval 50
7) le 6e bataillon du train d'artillerie 20
8) le 4e bataillon de sapeurs 4
Id. de 1808 (Forêts) pour l'armée de réserve.
1) pour le 1er carabiniers 1 hommes.
2) le 9e cuirassiers 8
3) le 2e hussards 30
4) le 7e d'artillerie à pied 10
5) le 5e bataillon de sapeurs 2
6) les fusiliers de la Garde 2
7) le 108e de ligne 53
8) la légion de Versailles 30 — T1 8 —

Id. de 1808 (Forêts) pour l'armée active.
1) pour le 108e de ligne 45 hommes.
2) le 4e léger 197
3) le 10e cuirassiers 6
4) le 7e d'artillerie à. pied 35
5) le 1er carabiniers 1
6) les fusiliers de la Garde 2
7) la légion de Versailles 143
Id. de 1809 (Forêts) pour l'armée active.
1) pour le 21e léger 302 hommes.
2) la 4e légion 35
3) le 2e carabiniers 2
4) le 5e cuirassiers 25
5) le 9e dragons 19
6) le 21e chasseurs à cheval
7) le 5e d'artillerie 10
8) la 7e compagnie d'ouvriers d'artillerie 2
9) le 1er bataillon de sapeurs du génie 7
10) le corps des mineurs 3

Pour l'année 1813 seule, les levées s'élevèrent au chiffre
énorme de 1,200,000 hommes. Dès le 14 février 1813, une estafette
apporta au préfet de Luxembourg une décision du Sénat en date du
10 janvier écoulé, et mettant un nouveau contingent de 350,000
hommes à la disposition du ministre de la guerre, à savoir: 100,000
hommes à prendre dans les cohortes du 1er ban de la garde
nationale, 100,000 conscrits à prendre dans les listes de 1809 à
1812, et 150,000 hommes à prendre anticipativement sur l'année
1814. Le 16 avril suivant, un nouveau décret du 3 avril parvint au
préfet du Département des Forêts, ordonnant, en dehors des gardes
nationales dirigées sur les côtes de la France, une deuxième levée
de 180,000 hommes, à prendre : 10,000 hommes pour former les 4
nouveaux régiments des Gardes d'honneur, 80,000 gardes
nationaux du 1er ban des années 1807 à 1811, et 90,000 conscrits
de 1814.
Rien d'étonnant qu'en présence de pareilles mesures, et surtout
des levées anticipatives, l'épouvante fût jetée dans nos populations
déjà accablées sous les charges écrasantes du fisc militaire. Aussi,
dès 1813, voit-on le nombre des conscrits réfractaires et des
déserteurs s'augmenter dans une proportion effrayante ; la
désastreuse campagne de Saxe finit par amener le désarroi général
qui précéda la débâcle de 1814. Ce n'est pas sans motif que le
préfet du Département des Forêts fit paraître, peu après le désastre
de Leipzig, l'ordre ci-après, en vue d'arrêter, sur le territoire de son
département, non seulement les nationaux, mais aussi les étrangers
qui essayaient de rentrer sans congé dans leurs foyers. — T1 9 —

BUREAU
PARTICULIER. Luxembourg, le 4 novembre 1813.
N° 1869. — An 1813.
Le PREFET du département des Forêts,
Baron de l'Empire et Chevalier de la Légion
d'honneur,
A Monsieur le Maire de Diekirch,
MONSIEUR le Maire, en exécution des ordres de Sa Majesté
transmis extraordinairement par S. A. S. le Prince de Neufchâtel,
Vice-connétable de l'Empire, Major général de la grande armée, je
viens d'arrêter les dispositions suivantes :
1°. A dater de la réception de cette lettre vous commanderez à
tour de rôle, pour chaque jour, une garde de six hommes, laquelle
sera chargée, de concert avec les gardes-champêtres et les
gardesforestiers, de parcourir nuit et jour le territoire de votre commune à
l'effet d'arrêter tous les hommes isolés revenant de l'armée, qui
pourraient se présenter dans vos environs.
2°. Les hommes, n'importe de quelle arme ils soient, seront
remis à la Gendarmerie du canton, pour être conduits à
Luxembourg, d'où il leur sera donné une destination ultérieure.
3°. Lorsque la Gendarmerie aura besoin de secours pour
l'escorte, le Maire de la commune de sa résidence, ou ceux des
lieux de passage, seront tenus de fournir le nombre d'hommes
demandés.
Je vous invite et requiers même au besoin, Monsieur le Maire, de
surveiller particulièrement ce service extraordinaire, qui ne sera
que de très-courte durée. Je ne puis présumer aucun refus de la part
des habitans; tous sont intéressés à cette mesure d'ordre et de
sûreté; mais en cas de désobéissance, vous devez sur-le-champ
remplacer tout citoyen qui manquerait à votre appel, ou qui n'y
répondrait pas d'une manière satisfaisante. Je vous autorise à fixer
une taxe de remplacement, et à la faire recouvrer par le percepteur,
au moyen d'un état rendu exécutoire par vous. Vous enverrez au
Sous-préfet, l'état des taxes de remplacement, ainsi que celui des
arrestations.
Je vous charge de communiquer de suite cette lettre aux
gardes-forestiers, de quelque grade qu'ils soient, en résidence dans
votre commune, et à leur enjoindre de ma part de s'y conformer.
Recevez l'assurance de ma considération.
JOURDAN. — T1 10, 11 —

Le rassemblement des conscrits se faisait d'ordinaire dans les
chefs-lieux de canton.* Un sergent, dépêché de la capitale à ces
fins, conduisait, sous bonne escorte, le détachement à Luxembourg,
où les jeunes conscrits étaient reçus à la caserne du St Esprit, en
attendant le départ pour leurs garnisons respectives. Ce jour venu,
on les dirigeait, au son des tambours et des clairons, par la Porte
Neuve sur les glacis de la forteresse, et, après une allocution du
commandant de place saluée du cri général de «Vive l'Empereur»,
les différents détachements marchaient vers les quatre points
cardinaux. Combien peu se doutaient qu'ils ne reverraient plus le
toit qui les avait vus naître !
L'ordre ci-après, assez intéressant pour être mis sous les yeux
du lecteur, se rapporte à l'un de ces départs. Nous le reproduisons
tel quel : le commandant Plantier ne se piquait guère de style ni
d'orthographe.
Ordre du 15 Vendémiaire An 8e.
Le détachement des conscrits partira demain à six heures du
matin.
Geille retirera les ustensiles de cuisine ce soire après la souppe
et il fera Baylleyer les chambres et les escaliers dans le plus grand
ordre de proprêté.
Comme il y a du bois de reste il sera retiré à cette fin qu’il ne
soit fait aucun feu dans les chambres, à la retraite après l’apel le
feu des cheminées et des lumières seront éteints.
Si par cas quelque conscrit faisoit du Bruit pendant la Nuit l’on
metra les coupable au corps de garde jusqu’au Moment du départ.
Blanchard conducteur du dépôt, partant du quartier St Esprit il
fera passer son détachement sur le rempart pour sortir par la porte
neuve, il n’y aura point de tambour pour la conduite de
détachement.
Le Commandant du Dépôt.
Plantier.


* Le voyageur qui suit la route d'Echternach à Luxembourg, passe, à
quelques kilomètres d'Echternach, devant l'ancien couvent de Lauterborn.
Le pignon donnant sur la route était dans le temps couvert de noms de
conscrits qui, pour la plupart, avaient, en cet endroit, et sans la moindre
arrière-pensée, gravé dans le crépissage leur suprême adieu au foyer.
Aujourd'hui, le temps est sur le point d'achever son oeuvre, et peu
nombreux sont les noms qui sont restés lisibles sur le mur des conscrits.
Les seuls que nous soyons parvenu à déchiffrer - et sous peu ils auront
également disparu - sont les suivants: HATTO an X; Mostert 1813; Van
Heck; Wacquant Fr. 1812; Schlim 1808; Fischer; NH 1812 10 OCTBR;
HIWEL; Hoscheit 1804; P. B. 1801; Layes; Eifes; Kretnig; Wacquant R.
N 1812; Houlin ....
— T1 11 —

Le pouvoir consulaire ne dura que quatre ans (du 9 novembre
1799 au 18 mai 1804); toutefois de grandes réformes furent
opérées dans ce court espace de temps. Dès le début, Bonaparte
porta atteinte au principe de la constitution républicaine qui avait
supprimé toute distinction honorifique. En effet, par arrêté
consulaire du 5 frimaire an VIII (26 décembre 1799), il décréta que
«des armes d'honneur seront accordées aux militaires qui se
distingueront par des actions d'éclat, en combattant pour la
république.» Ce fut le premier acheminement vers l'institution de la
Légion d'honneur. En suite de cet arrêté, des sabres, fusils,
mousquetons, grenades d'honneur, furent décernés aux officiers et
aux soldats qui s'en étaient rendus dignes. Un arrêté du 27
thermidor an VIII (15 août 1800) ordonna que «les noms des
militaires qui auront obtenu des fusils, sabres etc. d'honneur, seront
inscrits sur une table de marbre dans l'enceinte du temple de Mars,
avec désignation du département et de la commune où ils sont
nés.» — T1 12 —

L'armée fut entièrement réorganisée par le Premier Consul.
Sous la République, les divisions comprenaient des troupes de
toutes armes; dorénavant, elles ne comprendront plus que des
troupes de la même arme, c. à. d. de l'infanterie ou de la cavalerie.
Toutefois Bonaparte y maintint accessoirement, selon leur nature,
une batterie d'artillerie à pied ou à cheval. C'est encore à lui qu'est
due la création du corps d'armée par la réunion de plusieurs
divisions ; il forma ainsi une fraction nouvelle des grandes armées.
Par un autre décret de l'an XII, il substitua l'ancienne unité de
régiment à celle des demi-brigades ; en même temps, le nombre
des bataillons fut porté de 3 à 5 par régiment. Les quatre premiers
s'appelaient bataillons de guerre et le cinquième bataillon de
dépôt. Chaque bataillon fut composé originairement de six, et plus
tard, de huit compagnies: une compagnie de grenadiers
respectivement de carabiniers, suivant qu'il s'agissait d'un régiment
d'infanterie de ligne ou d'un régiment d'infanterie légère ; une
compagnie de voltigeurs et quatre compagnies de fusiliers pour
l'infanterie de ligne, respectivement quatre compagnies de
chasseurs pour l'infanterie légère. Chaque compagnie avait un
effectif de 140 hommes, officiers compris, ce qui élevait la force
totale du régiment à 3970 hommes, dont 108 officiers. Les
voltigeurs* firent leur première apparition dans les régiments
d'infanterie du camp de Boulogne : leur création constituait une des
innovations importantes de l'époque.
Les voltigeurs furent assimilés aux grenadiers comme
compagnies d'élite et tinrent la gauche du bataillon dont les grenadiers
occupaient la droite. Le voltigeur devint bientôt un des types les
plus originaux de l'armée française: il n'était donné qu'à des soldats
de valeur de porter le cor de chasse. Aussi voyons-nous avec une
légitime fierté bon nombre de nos compatriotes figurer dans cette
troupe.
Bonaparte ne maintint pas dans l'infanterie de ligne les
compagnies de canonniers. Ce n'est qu'après Wagram qu'il fit un
nouvel essai, en adjoignant à chaque régiment 2 pièces de canon
conduites et servies par les soldats mêmes du régiment.


* Un décret du 2e complémentaire an XIII (19 septembre 1805)
resp. du 22 ventôse an XII (13 mars 1804) ordonna la formation des
compagnies de voltigeurs dans les régiments de ligne resp. d'infanterie
légère; «cette compagnie sera toujours la 3e en comptant celle des
grenadiers resp. des carabiniers; la solde sera celle des grenadiers resp.
des carabiniers.»
— T1 13 —

Cependant cette innovation fut bientôt et définitivement supprimée,
pour n'avoir pas rempli le but attendu.
Pour les troupes placées dans les camps de la côte, Bonaparte
créa de nouvelles occupations par les manoeuvres qu'on leur
enseignait à bord des chaloupes ; il voulut, en vue d'une descente
éventuelle en Angleterre, faire naître une complète intimité entre
les marins et les soldats, et ce par l'affectation des mêmes
bâtiments aux mêmes troupes. Chaque chaloupe fut affectée à une
compagnie, chaque section à un bataillon, et cette affectation, une
fois faite, demeura définitive. Chaque compagnie dut fournir au
bâtiment qui lui était assigné une garnison de 25 hommes toujours
embarqués. Ces 25 hommes y restaient environ un mois et faisaient
les manoeuvres tout comme les matelots. C'est ainsi que la
compagnie entière faisait un stage à bord des chaloupes ou
bateaux.
Cette réunion d'hommes, distribués depuis le Texel jusqu'aux
Pyrénées, dans les camps de St Omer, Bayonne, Compiègne,
Bruges, Utrecht et Nimègue, y compris les grenadiers dans leurs
camps de Rennes, Napoléon-Vendée et Alexandrie, forma ce qu'on
appelait alors la Grande Armée, et l'ensemble de ces camps était
connu sous la dénomination de camp de Boulogne.
Lors de la troisième coalition, la Grande Armée se composait,
en dehors de la Garde impériale et de la réserve de cavalerie, de 7
corps d'armée, destinés à combattre sous les ordres de l'Empereur,
et d'un huitième corps formant l'armée d'Italie.
Bonaparte fit également beaucoup pour la cavalerie en
établissant une distinction bien marquée entre les divisions de
grosse cavalerie, de cavalerie mixte ou de ligne et de cavalerie
légère. Il augmenta les cadres des deux premières catégories et
diminua ceux de la cavalerie légère qui avait pris, sous la
République, une extension démesurée sans atteindre toutefois le
but voulu. Au lieu de la laisser disséminée en petites masses sans
importance, Bonaparte réunit sa cavalerie légère en divisions et
corps d'armée.
En 1802, il créa le corps des cuirassiers: il composa sa grosse
cavalerie de 2 régiments de carabiniers déjà existants et de 3
nouveaux régiments, les cuirassiers, laquelle arme fut bientôt
élevée à un effectif de 12 régiments composés originairement de 5
escadrons chacun et réduits, depuis 1809, à 4 escadrons; en 1812,
le nombre des régiments fut porté à 14 régiments. Par la création
des 12 régiments de cuirassiers, l'ancienne dénomination de
régiment de cavalerie, encore en usage sous la République,
disparut définitivement du vocabulaire militaire. — T1 14 —

Les cuirassiers seuls n'avaient pas de compagnies d'élite, tandis que
tous les autres corps de cavalerie avaient pour compagnie d'élite la
1re compagnie du 1er escadron de chaque régiment, compagnies
que le grand public se plaisait à désigner, et cela même dans les
chasseurs à cheval, sous le nom de « Grenadiers ». Cela provenait
en majeure partie de ce que les soldats de ces compagnies portaient
la grenade sur les retroussis, ainsi que les épaulettes rouges et le
plumet de la même couleur. Ces «grenadiers» étaient montés, dans
la mesure du possible, sur des chevaux noirs. En petite tenue, ils
portaient le bonnet de police au cor encadré de deux grenades. En
temps de campagne, les dragons d'élite avaient le bonnet à poil ; et,
dans les chasseurs et les hussards, le colback était le signe
caractéristique du cavalier d'élite.
Le nombre des escadrons de grosse cavalerie fut d'abord fixé à
4, chacun composé de 2 compagnies de 102 hommes. En 1807, un
5e escadron vint s'y ajouter, ce qui éleva la force de chaque
régiment de grosse cavalerie à 1040 hommes, dont 41 officiers.
Au commencement de l'Empire, Napoléon disposait d'une
cavalerie de 80,000 hommes, tous montés.
Les dragons formaient la cavalerie mixte, parce qu'ils
combattaient tantôt à pied, tantôt à cheval. Malgré tous les
grossiers quolibets dont ils furent gratifiés alors, ce n'en sont pas
moins ces mêmes dragons qui se sont immortalisés en Espagne;
encore de nos jours, leur nom y est prononcé avec terreur et
respect. Aussi, pendant qu'on faisait subir des réductions aux autres
corps, celui des dragons fut augmenté: de 1793 à 1804, il n'y eut
que 20 régiments, d'abord à 4, plus tard à 6 escadrons ; en 1804, et
jusqu'à la première Restauration, il y en eut 30.
Quant à la cavalerie légère, l'organisation de 1804 en diminua
l'effectif. En 1794, les régiments de chasseurs à cheval furent
portés à 6 escadrons de 2 compagnies, à 116 hommes chacune. En
1804, Napoléon les réduisit à 4 escadrons, tout en maintenant pour
effectif de la cavalerie légère les 24 régiments de chasseurs et les
11 régiments de hussards existants à ce moment; ces derniers
avaient antérieurement fait partie de la grosse cavalerie. En 1812,
les états militaires portaient 31 régiments de chasseurs et 12
régiments de hussards. — T1 15 —

A l'artillerie *, Napoléon fit subir peu de modifications. Il se
contenta d'augmenter considérablement le personnel et le matériel,
au point qu'en 1814, le chiffre effectif des hommes attachés au
service de l'artillerie était de 103,336, y compris l'effectif de la
Garde impériale, à savoir: 9 régiments à pied de 27 compagnies
chacun ; 6 régiments à cheval de 6, respectivement 7 compagnies ;
3 bataillons de pontonniers d'un ensemble de 20 compagnies; 8
bataillons de train de 14 compagnies; 19 compagnies d'ouvriers ; 6
compagnies d'armuriers ; 19 compagnies de canonniers vétérans;
147 compagnies de gardes-côtes; 33 compagnies de sédentaires ; 3
régiments d'artillerie, dont un à cheval, de la Garde impériale ; 2
bataillons du train de la Garde et 1 compagnie de vétérans de la
Garde.
Napoléon n'augmenta pas le personnel du génie dans la même
proportion que celui de l'artillerie et le laissa dispersé dans les
différentes places de l'Europe. Il y avait, en 1807, dans le corps du
génie, 5 bataillons de sapeurs, 2 de mineurs, 2 escadrons du train et
2 compagnies d'ouvriers attachées aux arsenaux de construction de
Metz et d'Alexandrie.
Les 8 bataillons d' équipages et de transports militaires,
composés chacun de 4 compagnies, tels qu'ils avaient été créés en
1807, furent augmentés en 1811 en ce sens que le nombre des
compagnies fut porté à 14, chacune avec 159 chevaux de rechange.
Napoléon militarisa, en effet, tous les agents de ces différents
services.


* La loi du 18 floréal an III (7 mai 1794) décréta:
Art. 1er. L'arme de l'artillerie sera composée de 8 régiments
d'artillerie à pied, 8 régiments d'artillerie à cheval, 12 compagnies
d'ouvriers et 1 corps de pontonniers.
Art. VII. Chaque régiment d'artillerie à pied sera composé de 20
compagnies réparties en 5 sections et un état-major.
Art. IX. Chaque régiment d'artillerie à cheval sera composé de 6
compagnies et d'un état-major.
Art. XII. Il sera créé un corps de pontonniers destiné à la formation
et à l'entretien des ponts et bateaux à construire sur le Rhin ; ce corps sera
composé de 8 compagnies et d'un état-rnajor. —
D'après un arrêté du 13 nivôse an VIII (3 janvier 1800), les
bataillons du train d'artillerie se composaient chacun de 5 compagnies à
60 hommes. La 1re compagnie, c. à. d. la compagnie d'élite, en comptait
80 et était spécialement attachée au service de l'artillerie à cheval, tandis
que les 2e, 3e et 4e étaient attachées au service des parcs, des places et de
l'artillerie à pied; la 5e compagnie servait de dépôt et fournissait les
remplaçants.
L'article XIII du même arrêté prévoit que «nul ne pourra être
brigadier, s'il ne sait lire et écrire.» — T1 16 —

En 1809 fut créé le corps des infirmiers d'hôpitaux composé
de 10 compagnies.
Quant aux vétérans, Napoléon conserva jusqu'à la fin de
l'Empire, et ce, depuis qu'il avait notablement réduit en 1804 le
nombre des compagnies de vétérans nationaux, 25 compagnies de
canonniers et 75 de fusiliers, qui portèrent, depuis lors, le nom de
corps de vétérans impériaux.
Une loi des 30 avril à 16 mai 1792 avait, en effet, créé un
corps de vétérans composé de 5000 hommes destinés à remplacer
les compagnies d'invalides détachés. Ce corps était divisé en 10
compagnies de 50 hommes chacune, y compris les officiers,
sousofficiers et tambours. D'après l'article 15, nul n'était admis dans les
compagnies de vétérans, s'il n'avait pas 24 années de service
révolues et s'il n'était reconnu dans l'impossibilité de continuer son
service dans l'armée de ligne.
Le règlement du 17 ventôse an VIII (8 mars 1800) stipulait
dans son article premier, titre I, que «les conscrits, mis à la
disposition du Gouvernement par la loi du 17 ventôse an VIII,
fourniront, pour l'armée de réserve, un détachement de 30,000
hommes.» Cette armée, créée par la loi précitée, était forte de
60,000 hommes et se trouvait placée sous le commandement direct
du Premier Consul. Le 24 floréal an XIII (14 mai 1805), un décret
impérial créa les compagnies de réserve. L'article premier décrète:
«Il sera formé dans chaque département une compagnie de réserve
qui portera le nom de compagnie de réserve du Département de ...»
D'après l'article 2, «ces compagnies seront particulièrement
destinées à fournir la garde des hôtels de préfecture, des archives
des départements, des maisons de détention, des dépôts de
mendicité, des prisons de police et des prisons criminelles, sans
que leur service doive apporter aucun changement aux obligations
et à la surveillance de la gendarmerie.»
La compagnie de réserve du Département des Forêts formait,
avec les compagnies similaires des départements des Ardennes, de
Meuse et de Moselle, la 18e légion* de gendarmerie.


* Décret du 8 vendémiaire an XIV (30 septembre 1805) sur les
Gardes nationales sédentaires : « Art. Ier. Tous les Français valides de 20
à 60 ans révolus pourront être appelés à en faire partie. Art. V. Chaque
cohorte sera divisée en 10 compagnies, dont 1 de grenadiers, 1 de
chasseurs et 8 de fusiliers. Art. IV. Quand Nous ordonnerons la formation
de plusieurs cohortes, elles seront formées en Légions. » — T1 17 —

Le 30 thermidor an XIII* (18 août. 1805), notre compagnie de
réserve fut dotée de son premier uniforme qui devait, en 1808,
subir un changement du tout au tout. L'uniforme de l'an XIII se
composait d'un habit bleu ciel à pattes d'épaules bleues lisérées de
jaune, d'une veste et d'une culotte blanches, de guêtres noires
boutonnées de jaune ; les poches en long, les revers et parements
en jaune citron, ces derniers à pattes bleues lisérées de jaune ; les
boutons de métal jaune avec, pour légende, le nom du département
et le numéro 18 de la légion. La coiffure était le bicorne de
l'époque en soie noire posé en bataille, garni de la cocarde tricolore
(bleu-rouge-blanc) et surmonté d'un plumet rouge. Le soldat était
armé du fusil à baïonnette, mais ne portait pas de sabre. Par contre,
il avait le sac et la giberne.
L'uniforme, tel qu'il avait été admis par décret impérial daté
de Bayonne le 12 juillet 1808, comprenait : l'habit blanc au collet
bleu ciel, pattes d'épaules bleues à lisérés jaunes, revers et
parements jaunes à pattes blanches lisérées de jaune; les retroussis
étaient jaunes à l'N couronné, les poches en long, et les boutons
jaunes au numéro 18; le pantalon était en tricot blanc et la capote
en drap beige; le shako était pareil à celui des fusiliers de la ligne,
sans aigrette cependant ni pompon (signe caractéristique des
compagnies de réserve), garni sur le devant de la plaque
réglementaire au numéro 18. L'armement et l'équipement étaient
ceux de l'infanterie de ligne, à l'exception toutefois du briquet.
L'habillement du tambour était copié sur celui de l'infanterie de
ligne, à savoir: habit vert à galons jaunes agrémentés du chiffre N
alternant avec un aigle vert. La redingote de l'officier était en drap
bleu impérial.
L'Empire remplaça dans tous les corps de l'armée la pique
républicaine par l'aigle armée de la foudre aux losanges d'or.
Chaque régiment reçut pour enseigne une aigle portée par un
lieutenant ou un sous-lieutenant comptant au moins 10 années de
service.**


* Le décret du 30 thermidor an XIII est daté de Boulogne.

** D'après une loi du 15 septembre 1793, le drapeau était porté par le
plus ancien sergent-major de chaque bataillon; et un décret du 21 nivôse
an II décida «qu'il y aura dans chaque régiment de cavalerie légère 3
guidons, qui seront portés par les 3 plus anciens maréchaux des logis
chefs. Chaque régiment de grosse cavalerie aura 2 étendards, qui seront
portés par les 2 plus anciens maréchaux des logis chefs.» — T1 18 —

Deux vieux militaires choisis parmi les plus braves, mais illettrés et
qui, pour cette raison, ne pouvaient obtenir de l'avancement, furent
désignés pour escorter le porte-aigle et reçurent la dénomination de
deuxième et troisième porte-aigle.
Les porte-aigle étaient choisis par Napoléon lui-même et ne
pouvaient être destitués que par lui.
Si nous avons dit plus haut que chaque régiment reçut son
aigle, cela n'est vrai qu'en tant que le régiment avait mérité cet
honneur. A cette époque, en effet, il fallait conquérir son drapeau
sur le champ de bataille même et prouver ainsi qu'on était à même
de le conserver. Le 127e de ligne p. ex. avait, jusqu'en 1812,
toujours marché sans aigle; ce n'est qu'à Smolensk que sa vaillante
conduite lui en valut une, ainsi que 87 croix d'honneur, qui furent
distribuées aux plus méritants du régiment.

La Garde impériale. — Nous sortirions du cadre proposé à ce
travail, si nous essayions de retracer les hauts faits d'armes de ce
corps d'élite par excellence, qui «pendant quinze ans resta debout
au milieu des épouvantements et des ruines, solide comme une
colonne de granit.» (Général Foy). Que de souvenirs glorieux
rappelle le moindre soldat de la Garde impériale ! Plus d'un parmi
nous aura connu — il n'y a pas si longtemps encore — un de ces
vétérans qui ont étonné le monde. Etrange contraste ! Lui, qui avait
parcouru l'Europe, il était là, courbé sous le poids de l'âge et des
blessures, à cultiver son modeste lopin de terre, attendant
tranquillement la mort qu'il avait tant de fois défiée. Où n'a-t-il pas
été, sur les pas de son Empereur, dans le triomphe et dans
l'infortune, cet homme en apparence si simple ! Il a été à Milan, à
Berlin, à Vienne ; il a admiré les palais qui se mirent dans la Brenta
et dans l'Adige ; il a salué au passage les châteaux féodaux du
Rhin; il a gravé son nom sur les murs de l'Escurial, bivouaqué sous
les remparts mornes du Kremlin et franchi les glaces de la
Bérésina. Il redisait, avec un long frisson, les 28 degrés de froid de
la nuit désastreuse du 5 décembre 1812 et le passage, telle une
armée de fantômes héroïques, de ce «bataillon sacré» composé de
généraux et d'officiers, serrés pendant cette mémorable retraite
autour de l'Empereur, pour veiller, à la fois, sur Lui et sur les aigles
....... — T1 19 —

Il a assisté, le croirait-on, à la charge foudroyante de la Garde à
Dresde; il s'est trouvé aux journées sanglantes de Leipzig; il était à
Fontainebleau aux adieux déchirants de son Empereur; il l'a
accompagné à l'île d'Elbe et il n'en est revenu avec lui que pour
voir, à Waterloo, la Garde, farouche et stoïque, fondre dans la
Fournaise.
La Garde impériale n'était qu'une réédition, mais notablement
augmentée, de l'ancienne Garde consulaire. En 1792, les
gendarmes de la prévôté furent appelés à veiller au salut de la
Convention, avec le titre de grenadiers près de la représentation
nationale. Ce corps se composait alors de 4 compagnies. En 1795,
il prit le nom de garde du corps législatif pour devenir, en 1796,
garde du Directoire, puis garde constitutionnelle. Bonaparte s'en
servit poui faire, en 1799, le coup d'Etat du 18 brumaire et lui
donna le nom de garde consulaire. Il se contenta provisoirement
d'ajouter à l'effectif existant un corps de musique et une compagnie
de grenadiers vétérans; en même temps, il y ajouta de l'artillerie.
La 1re réorganisation de la Garde consulaire date du 23
brumaire an X (14 novembre 1801). Avec les soldats d'élite des
différentes armées, Bonaparte créa un régiment de grenadiers et un
régiment de chasseurs, chacun à 2 bataillons, lesquels régiments
devaient constituer la Garde à pied (article III). La Garde à cheval
(article IV) fut composée d'un régiment de grenadiers et d'un
régiment de chasseurs. L'arrêté du 8 mars 1802 porte dans son
article XXXIII : ,,Les militaires de toutes armes sont appelés à
faire partie de la Garde des consuls ; leur admission dans ce corps
est la récompense de la bravoure et de la conduite. Le militaire
destiné à faire partie de la Garde consulaire doit remplir les
conditions suivantes, savoir : être en activité de service; avoir fait
au moins 4 campagnes ; avoir obtenu des récompenses accordées
aux braves pour faits d'armes ou actions d'éclat, ou avoir été
blessé; avoir la taille d'un mètre 8 décimètres (5 pieds 6 pouces)
au moins, pour les grenadiers, et d'un mètre 7 décimètres (5 pieds
4 pouces) au moins, pour les chasseurs, et avoir tenu une conduite
irréprochable."
Un décret du 29 juillet 1804 ordonna la création de la Garde
Impériale, comprenant: un régiment de grenadiers à pied, un
régiment de chasseurs à pied, un régiment de grenadiers à cheval,
un régiment de chasseurs à cheval, un corps d'artillerie, une légion
de grenadiers d'élite, un bataillon de matelots, les vélites et une
compagnie de mamelouks. — T1 20 —

Cette Vieille Garde impériale qui, dans l'origine, ne s'élevait en
tout qu'à 9000 hommes, atteignit en 1814 le chiffre énorme de
112,500 hommes d'effectifs y compris les régiments de la Jeune
Garde.
En 1804, Napoléon ajouta, à chaque régiment d'infanterie de
la Garde, un bataillon de vélites et au régiment des chasseurs à
cheval de la Garde, un escadron de vélites, indépendamment de la
compagnie des mamelouks. Les bataillons de grenadiers et de
chasseurs étaient composés chacun de 8 compagnies, celui des
vélites de 5 compagnies. Le corps des vélites était composé de
conscrits des trois dernières années à raison de 6 par département,
pris parmi ceux qui s'offraient volontairement, ou, à défaut,
désignés par le préfet et appartenant à des familles pouvant assurer
à leurs enfants un revenu annuel de 800 francs.
Quant aux mamelouks, originairement recrutés en majeure
partie dans la jeunesse d'Orient, ils étaient fournis plus tard par les
régiments de hussards. En 1814, les mamelouks pur sang étaient
réduits à 18, dont 6 au rang d'officier respectivement de
sousofficier.
Un décret du 15 avril 1806 créa les dragons de la Garde, ainsi
qu'un régiment d'artillerie à cheval de la Garde, un régiment
fusiliers-grenadiers et un régiment fusiliers-chasseurs.
Un décret du 2 mars 1807, daté d'Osterode, proclame «la
formation d'un pulk de cavalerie légère polonaise, composé de 4
escadrons, qui seront incorporés dans la cavalerie de la Vieille
Garde». Dès ce moment, et sans intermittence, nous verrons figurer
les lanciers dans les cadres de la cavalerie française; ce pulk de 4
escadrons n'était, en effet, autre chose que le régiment des
ChevauLégers Lanciers ou Lanciers Polonais. En 1807, la Garde a déjà
atteint le chiffre de 15,361 hommes.
Ayant eu en face de sa Vieille Garde — à Austerlitz, Iéna,
Eylau et Friedland — les gardes impériales de Russie et d'Autriche
et la garde royale de Prusse, Napoléon sentit le besoin d'augmenter
les cadres de l'infanterie. Il créa, par décret du 16 janvier 1809 daté
de Valladolid, 8 nouveaux régiments, à savoir: 2 régiments de
tirailleurs-grenadiers, 2 régiments de tirailleurs-chasseurs, 2
régiments de conscrits-grenadiers et 2 régiments de
conscritschasseurs. C'était là sa Jeune Garde, forte de 16,000 hommes et
dont la création ne changea en rien l'organisation de la Vieille
Garde. — T1 21 —

Chaque compagnie de la Jeune Garde fut dotée de trois tambours,
et un capitaine de vieille garde fut attaché à l'état-major de chacun
des régiments de la Jeune Garde.
A la bataille de Wagram, la force numérique de la Garde avait
atteint le chiffre de 31,924 hommes.
En 1810, Napoléon créa, à Lille, un régiment de garde
nationale de la Garde, traité, quant à la solde et aux prestations,
comme l'infanterie de ligne. En 1811, il crée les pupilles de la
Garde, lequel régiment, composé de 9 bataillons d'un effectif de
8000 hommes, devait servir de Garde au Roi de Rome, mais trouva
son tombeau dans les campagnes de 1813 et 1814. Il donna en
même temps des frères d'armes au lancier polonais par la création
du fameux lancier rouge, dont l'uniforme éclatant fut dans la suite
la terreur de l'ennemi. Ces lanciers français étaient plus connus
sous la dénomination de chevau-légers*. En 1811, Napoléon créa
les flanqueurs de la Garde, qui se recrutèrent exclusivement parmi
les fils des gardes généraux des forêts et des gardes-forestiers.
La création des 4 régiments de Gardes d'honneur date du 3
avril 1813. Le décret du 3 avril 1813 porte, entre autres, à son
article XIV:
«Seront admis à faire partie de ces régiments, pourvu qu'ils
soient nés Français, qu'ils aient l'âge de 19 à 30 ans inclusivement
et qu'ils soient exempts des infirmités qui les rendraient impropres
au service :
... les chevaliers, barons, comtes et ducs de l'Empire et leurs
fils ; les membres des collèges électoraux de département et
d'arrondissement et des conseils municipaux des bonnes villes,
leurs fils et neveux; les 5 plus imposés des départements, et dans
chaque département les 100 plus imposés des villes, leurs fils et
neveux; les individus employés dans les diverses régies, et leurs
fils; les militaires qui ont servi dans les armées françaises, et ceux
qui ont servi, comme officiers, dans les armées étrangères, et leurs
fils.»


* Un décret de Compiègne du 20 mars 1810 ordonna la formation du
2e régiment de Chevau-Légers Lanciers, et le 5 juillet 1812, Napoléon
créa à Wilna le 3e régiment de Chevau-Légers Lanciers. Chaque régiment
avait 5 escadrons à 2 compagnies. — T1 22 —

L'article II du même décret stipule que «les gardes d'honneur
s'habilleront, s'équiperont et se monteront à leurs frais.»
Le 2e régiment des gardes d'honneur était formé des gardes
levés dans les 2e, 3e, 4e, 5e, 17e, 18e, 25e, 26e et 28e divisions
militaires et comprenait par conséquent également les gardes levés
dans le Département des Forêts.
Ce 2e régiment fut complètement organisé à Metz le 27 juin
1813 et, depuis la reprise des hostilités, attaché au régiment des
dragons de la Garde, qui devait lui fournir les instructeurs.
Un escadron de chaque régiment des gardes d'honneur était, à
tour de rôle, de service auprès de l'Empereur, avec l'escadron
fourni par les grenadiers à cheval ou les chasseurs à cheval de la
Vieille Garde. Le 22 juillet 1814, ce 2e régiment fut licencié à
Rambouillet.
Le 21 janvier 1814, la Jeune Garde est augmentée de 6
régiments de voltigeurs et de tirailleurs, ce qui porte à 19 le
nombre des régiments de chacun de ces corps.
Napoléon disposait ainsi, en 1814, de 112,500 hommes d'élite,
au moment où la France allait être envahie par les armées des
alliés.
Un dernier mot sur les gendarmes d'ordonnance. Créé le 24
septembre 1806 en vue de former, plus tard, une garde spéciale
pour la personne de l'Empereur, ce corps fut dissous par décret du
23 octobre 1807. L'article 1er de ce décret porte: «Les compagnies
de gendarmes d'ordonnance de notre Garde sont dissoutes; mais
voulant leur donner une preuve de la satisfaction que nous
éprouvons de leur service, nous admettons dans les chasseurs,
grenadiers et dragons à cheval de notre Garde, les simples
gendarmes qui ont fait la dernière campagne.»
Quant aux compagnies de ce corps, un ordre de l'Empereur du
28 octobre 1808 leur avait constitué le même effectif qu'aux
compagnies de chasseurs à cheval de la Garde.
Napoléon qui, au retour de l'île d'Elbe, n'avait trouvé sous les
drapeaux que 80,000 soldats, disposait, lors des Cent Jours, de
400,000 hommes. Avant de se mettre à la tête de l'armée, il fit
paraître le bulletin suivant, inséré dans le Moniteur:
«On a augmenté la Vieille Garde de trois bataillons; douze
autres, formés de militaires rentrés qui ont fait plusieurs
campagnes, viennent d'être réunis à la Jeune Garde.
La Garde impériale reçoit tous les jours de nombreux renforts;
dans peu, elle sera portée à quarante mille hommes ...»
En réalité, le chiffre de 14,000 hommes d'infanterie et de 4000
hommes de cavalerie, en tout, y compris l'artillerie et
l'administration, celui de 25,000 hommes, ne fut plus dépassé.
La campagne de Belgique, qui ne dura pas même huit jours et
ne coûta pas moins de soixante mille hommes aux coalisés, devait
être le tombeau de la Garde impériale. — T1 23 —

RÉCAPITULATION.
Garde.*
A. Forces numériques de la Garde.
En 1804 9,798 hommes.
1805 12,187 id.
1806 15,656
1807 15,361 id.
1808 15,392
1809 31,203 id.
1810 32,150
1811 51,960 id.
1812 56,169 id.
1813 92,472
1814 112,482 id.
1814 (Corps royal de France) 12,000
1815 (Cent Jours) 25,870 id.

B. Composition et force numérique de la Garde.
1804:
Etat-major et administration 26 hommes.
Grenadiers à pied 1 régiment 1,716 id.
Vélites-grenadiers 1 bataillon 955 id.
Chasseurs à pied 1 régiment 1,716
Vélites-chasseurs 1
Vétérans 1 compagnie 102 id.
Matelots 4 bataillons 806
Grenadiers à cheval 1 régiment 1,018
Chasseurs à cheval ent
Mamelouks 1 compagnie 124
Gendarmerie d'élite 1 batail. 2 escad. 632 id.
Artillerie légère 1 escadron >
Ouvriers d'artillerie 1 section > 712 id.
Train 2 compagnies >
Hôpital dit du Gros-Caillou 18 id.
Total 9,798 hommes


* voir «La Garde Impériale par E. Marco de Saint-Hilaire.» — T1 24 —

1814:
Etat-major général 100 hommes
Administration 500 id.
Grenadiers à pied 2 régiments 3,200
Vétérans 1 compagnie 200
Fusiliers-grenadiers 1 régiment1,600
Flanqueurs-grenadiers 1 ent 1,600
id. 1 comp. de dépôt 250
Chasseurs à pied 2 régiments 3,200
Fusiliers-chasseurs 1 régiment 1,600 id.
Flanqueurs-chasseurs 1 régiment
id. 1 comp. de dépôt 250
Matelots 1 état-major et
8 compagnies 1,136 id.
Tirailleurs-grenadiers 19 régiments 30,400
Voltigeurs 19 régime 30,400
Pupilles 1 régiment 1,600id.
Bataillon d'instruction à Fontainebleau 2,000
Grenadiers à cheval 1 régiment 1,250
Chasseurs à cheval 1 régiment 2,500 id.
Mamelouks 1 escadron 250 id.
Gendarmerie d'élite 1 bat. et 2 escad. 632 id.
Dragons 1 régiment 1,250 id.
Chevau-légers lanciers 2 régiments 6,500 id.
Gardes d'honneur 4 régiments 10,000 id.
Eclaireurs 3 régiments 6,000 id.
Artillerie à pied (Vlle Gde) 1 régiment >
Artillerie à cheval id. ent > ed (Jne Gde) 1 régiment > 3,500 id.
Canonniers vétérans 1 compagnie >
Génie 1 état-major et
1 bat. de sapeurs 400 id.
Train des équipages 1 bataillon 500 id.
Hôpital de la Garde 64 id.
Total 112,482 hommes — T1 25 —

C. Solde de la Garde impériale.
Etat-Major.
Colonel-général 2000 fr. par mois.
Général de brigade commandt le dépôt 800
Colonel 800
Chef de bataillon ou d'escadron 500
Capitaine 333.33
Lieutenant en 1er 225
Lieutenant en 2e 200
Administration.
Inspecteur aux revues 1333.33 fr. par mois.
Sous-inspecteur 1000
Commissaire des guerres de 1re classe 500
id. 2e 416.66

INFANTERIE.
a) Grenadiers, Chasseurs, Vétérans.
Colonel 750 fr. par mois.
Adjudant général 583.33
Major 516.66
Chef de bataillon 416.
Porte-aigle a) Lieutenant en 1er 200
b) Lieutenant en 2e 175
Capitaine 300
Lieutenant en 1er 200
Lieutenant en 2e 175
Sergent-major 2.66 fr. par jour.
Sergent et fourrier 2.22
Caporal 1.66
Grenadier ou chasseur 1.16
Tambour-major 2.66
Caporal-tambour 1.66
Musicien 2.22
Tambour 1.38
Sergent de sapeurs 2.22
Caporal de sapeurs 1.94
Sapeur 1.66 — T1 26 —

b) Fusiliers-Grenadiers et Fusiliers-Chasseurs.
Sergent-major 2.66 fr. par jour.
Sergent et fourrier 2.22
Caporal 1.66
Fusilier 0.60
Tambour 1.38
c) Pupilles.
Sergent-major 0.80 fr. par jour.
Sergent et fourrier 0.62
Caporal 0.45
Pupille 0.30
Tambour 0.40

CAVALERIE.
a) Grenadiers, Chasseurs, Mamelouks et Gendarmes d'élite.
Colonel 9,600 fr. par an.
Chef d'escadron 6,000
Adjudant-major 4,000
Capitaine 4,00
Lieutenant en 1er 2,70
Lieutenant en 2e 2,40
Officier porte-étendard 2,00
Sous-lieutenant 2,00
Adjudant sous-officier 1,200
Maréchal des logis chef 1,000
Fourrier 900
Maréchal des logis 900
Aide artiste-vétérinaire 900
Brigadier 700
Timbalier 700
Brigadier-trompette 700
Trompette 650
Grenadier, chasseur etc. 450
Enfant du corps 225
b) Gardes d'honneur.
Maréchal des logis chef 2.77 fr. par jour.
Maréchal des logis 2.50
Fourrier 2.50
Brigadier 1.94
Garde d'honneur 1.25
Trompette 1.80 — T1 27 —

ARTILLERIE.
Chef d'escadron 6,600 fr. par an.
Adjudant-major 4,300
Capitaine en 1er 4,30
Capitaine en 2e 3,50
Lieutenant en 1er 2,90
Officier porte-étendard 2,60
Lieutenant en 2e 2,60
Adjudant sous-officier 1,300
Maréchal des logis chef 1,000
Maréchal des logis 900
Fourrier 900
Sergent 850
Brigadier 700
Brigadier-trompette 700
Caporal 650
Trompette 600
Canonnier de 1re classe 500
Canonnier de 2e classe 400
Maréchal-ferrant 650

TRAIN ET PARC.
Capitaine-commandant 3,800 fr. par an.
Lieutenant 2,600
Maréchal des logis chef 800
Maréchal des logis 600
Fourrier 600
Brigadier 500
Trompette 450
Soldat 400
Enfant du corps 200
Maréchal-ferrant 450

Ligne.
Composition de l'Armée au 1er février 1793.
Infanterie de ligne 105 régiments.
Infanterie légère 14 bataillons.
Cavalerie 24 régiments.
Carabiniers 2 id. — T1 28 —

Hussards 8 régiments.
Dragons 18 id.
Chasseurs à cheval 15
Artillerie à pied 7
Canonniers à cheval 9 compagnies.
Mineurs 6
Ouvriers d'artillerie 10

Composition de l'Armée pour l'an XII (1804).
Infanterie de ligne 90 régiments.
Infanterie légère 27 id.
Carabiniers 2 id.
Cuirassiers 12
Dragons 30
Chasseurs à cheval 24
Hussards 10
Artillerie à pied 8 id.
Artillerie coloniale (à pied et à cheval) 16 compagnies.
Artillerie à cheval 6 régiments.
Ouvriers d'artillerie 15 compagnies.
Armuriers 1 id.
Canonniers vétérans 16
Canonniers garde-côtes 128
Train 8 bataillons.
Sapeurs 5
Mineurs 9 compagnies.
Gendarmerie nationale 27 légions.
Vétérans 10 demi-brigades.
Guides-interprètes 1 compagnie.
Légion du Cap (à pied).
id. (à cheval).
4 régiments suisses.
Légion polonaise.
Légion de St Domingue.
4 compagnies d'hommes de couleur.
Bataillon expéditionnaire (arrêté du 13 pluviôse an XI).
Bataillon Franc (arrêté du 20 vendémiaire an XI).
Bataillon de l'Isle de France (arrêté du 9 germinal an XI).
Bataillon Irlandais (arrêté du 21 fructidor an XI). — T1 29 —

Déserteurs français rentrés 1 bataillon.
Déserteurs allemands 2 id.
Chasseurs d'Orient 1 id.
Dépôts coloniaux 5 id.
Infanterie légère corse 5 id.
Pionniers 1 id.
Gardes du général en chef de St Domingue 1 comp. a cheval et
2 comp. à pied.
Gardes du capitaine général aux Indes 1 compagnie.
Gardes du général en chef de l'armée d'Italie 2

Composition de l'Armée en 1810.*
Infanterie de ligne 112 régiments (158 en 1814).
Infanterie légère 32 id.
Grenadiers 5 id.
Vétérans 10 compagnies.
Suisses 4 régiments.
Pionniers noirs 1
Pionniers blancs 1
Tirailleurs Corses 1
Tirailleurs du Pô 1 id.
Déserteurs français 1 bataillon.
Déserteurs étrangers 1 id.
1 bataillon de l'île d'Elbe.
1 régiment de Latour d'Auvergne (formé le 28 vendémiaire an XIV). ent d'Isembourg (formé le 22 frimaire an XIV).
1 bataillon valaisan (formé le 12 vendémiaire an XIV).
Légion corse.
Légion du Midi.
Légion hanovrienne.
Légion du Nord.
4 bataillons coloniaux.
1 bataillon Chasseurs d'Orient.
Bataillon irlandais.
Régiment prussien.


* Nous aurions bien voulu donner, comme pour la Garde, la
composition de la ligne en 1814; malheureusement, le journal militaire de cette
époque a été introuvable; bon gré mal gré, nous avons dû nous contenter
des listes de 1810. — T1 30 —

Cuirassiers 12 régiments (14 en1814).
Carabiniers 2 id.
Chasseurs à cheval 29 (31 en1814).
Dragons 30
Hussards 11 (14 en1814).
Chasseurs à cheval portugais 2
Lanciers de la Vistule 1
Chevau-légers de Westphalie 1 id.
Dragons à pied 4 id.
Légion de la Vistule 4 id.
Légion portugaise 6 id. à pied et
2 id. à cheval.
Chevau-légers belges 1 régiment (devenu dans la
suite le 27 chasseurs).
Chasseurs hanovriens 1 régiment.
Gendarmes d'ordonnance.
Guides-interprètes 1 compagnie.
Chasseurs ioniens 1 id. (1 escadron avant
le 13 XII 1808).
Chevau-légers lanciers 7 régiments (9 depuis le 18
juin 1811).
Infirmiers 10 compagnies.
Chasseurs des montagnes 14 bataillons.
Chasseurs basques 2 id.
Chasseurs illyriens 2 id.
1 régiment de Westphalie.
1 bataillon de Neuchâtel.
Artillerie à pied 8 régiments.
Artillerie légère 6 id.
Artillerie polonaise 1 id.
Artillerie helvétique 1 compagnie.
Canonniers vétérans 18 id.
Canonniers garde-côtes 130 id.
Armuriers 4 id.
Ouvriers d'artillerie 16 id.
Pontonniers 2 bataillons.
bisTrain d'artillerie 11 id. et 11 bataillons .
Train des équipages 12 id.
Ouvriers du train 1 compagnie.
Sapeurs 5 bataillons.
Train du génie 6 compagnies.
— T1 31 —

Solde de la Ligne en 1811.
A.
Infanterie de ligne et légère.
Colonel en 1er 416.66 fr. par mois.
Colonel en 2e 400 id.
Major en 1er 358.33
Major en 2e 333.33 id.
Chef de bataillon 300 id.
Capitaine de 1re classe 200 id.
Capitaine de 2e classe 166.66 id.
Capitaine de 3e classe 150 id.
Lieutenant en 1er 104.16 id.
Lieutenant en 2e 91.66 id.
Sous-lieutenant 85.33 id.
1er Porte-aigle 104.16id.
Aumônier 100id.
Cavalerie.
Colonel en 1er 458.33fr. par mois.
Colonel en 2e 416.66 id.
Major en 1er 391.66
Major en 2e 366.66 id.
Chef de bataillon 333.33 id.
Capitaine de 1re classe 208.33 id.
Capitaine de 2e classe 191.66 id.
Lieutenant en 1er 120.83 id.
Lieutenant en 2e 104.16 id.
Sous-lieutenant 95.83 id.
Artillerie à pied.
Colonel 520.83fr. par mois.
Major 441.66
Chef de bataillon 375
Capitaine de 1re classe 208.33
Capitaine de 2e classe 166.66 id.
Lieutenant en 1er 125 id.
Lieutenant en 2e 108.33 id. — T1 32 —

Artillerie à cheval
Colonel 562.50 fr. par mois.
Major 475 id.
Chef de bataillon 408.33
Capitaine de 1re classe 233.33
Capitaine de 2e classe 191.66
Lieutenant en 1er 141.66
Lieutenant en 2e 125
B.
Infanterie de ligne et légère.
Adjudant sous-officier 1.60 fr. par jour
Porte-aigle (2e et 3e) 0.80 id.
Tambour-major 0.80 id.
Caporal-tambour 0.55 id.
compagnies d’élite compagnies du centre
Sergent-major 0.85 0.80 id.
Sergent 0.720.62
Caporal 0.500.45
Grenadier et voltigeur 0.35 0.30 id.
Tambour 0.45 0.40 id.
Cuirassiers et Carabiniers.
Adjudant sous-officier 1.77 fr. par jour.
Brigadier-trompette 1.10 id.
Maréchal des logis chef 1
Maréchal des logis 0.90
Brigadier 0.52
Cavalier 0.38
Trompette 0.75
Dragons, Chasseurs et Hussards.
Adjudant sous-officier 1.60fr. par jour
Brigadier-trompette 0.85 id.
Artiste-vétérinaire 0.78
Maître-sellier et armurier 0.78
Maître-tailleur, bottier et culottier 0.33
compagnies d’élite compagnies du centre
Maréchal des logis chef 0.93 0.88
Maréchal des logis 0.80 0.75 id.
Brigadier 0.52 0.47 id.
Cavalier 0.380.33
Tambour (dragons seul) 0.750.70
Trompette 0.750.70— T1 33 —

Artillerie.
a) à pied. b) à cheval. c) Train.
Adjudant sous-officier 1.60 1.75 2.46 fr. par jour
Tambour-major (resp.
brigadier-trompette) 1.051 id.
Caporal tambour 0.81
Sergent-major (resp.
maréchal des logis chef) 1.44 1.54 2.25 id.
Sergent (resp.
maréchal des logis) 0.98 1.08 1.41 id.
Caporal (resp. brigadier) 0.710.811.01
Artificier 0.51 0.61
Canonnier de 1re classe
(resp. soldat) 0.46 0.56 0.56 id.
Canonnier de 2e classe 0.37 0.47
Tambour (resp. trompette) 0.460.700.70
Artiste-vétérinaire 0.901.08
Maréchal-ferrant 0.62 id.
Sapeurs.
Adjudant sous-officier 1.60 fr. par jour.
Caporal-tambour 0.80 id.
Sergent-major 1.30
Sergent-fourrier 0.95
Caporal 0.71id.
Maître-ouvrier 0.58id.
Sapeur de 1re classe 0.53id.
Sapeur de 2e classe 0.48
Tambour 0.46
Armurier 0.75id.
Tailleur et cordonnier 0.32 id.
Train des Equipages.
Adjudant sous-officier 2.46 fr. par jour.
Fourrier 1.41 id.
Maître-trompette 1.08
Maréchal des logis chef 2.25
Maréchal des logis 1.41
Brigadier . 1.01
Soldat 0.56
Trompette 0.70
Maréchal-ferrant et bourrelier 0.62
Vétérinaire 1.08 id. — T1 34 —

Gendarmerie impériale.
a) Brigades à cheval.
Maréchal des logis 1400 fr.*
Brigadier 1300 fr.*
Gendarme et trompette (resp. tambour) 1080fr.*
* par an nourriture comprise pour 1 cheval
b) Brigades à pied.
Maréchal des logis 700fr. par an
Brigadier 600 id.
Gendarme et trompette (resp. tambour) 500 id.
Compagnie de réserve.
Capitaine en 1er 2000 fr. par an
Capitaine en 2e 1400 id.
Lieutenant 1200 id.
Sous-lieutenant 800id.
Sergent-major 0.80 fr. par jour
Sergent 0.62
Fourrier 0.62
Caporal 0.45
Tambour 0.40
Fusilier 0.30 id.
Vétérans nationaux.
Adjudant sous-officier 1.60 fr. par jour.
Tambour-major 0.80 id.
Caporal-tambour 0.55id.
Musicien 0.55 id.
Sergent-major 0.80 id.
Sergent 0.60id.
Caporal 0.45id.
Vétéran 0.30 id.
Tambour 0.40id.— T1 35 —

II.

LA LÉGION D'HONNEUR.

La loi portant création d'une Légion d'Honneur * est du 29
floréal an X (19 mai 1802).
L'article I du titre premier est
conçu comme suit:
«En exécution de l'article 87
de la Constitution concernant les
récompenses militaires, et pour
récompenser aussi les services et
les vertus civiles, il sera formé
une Légion d'Honneur.»
Et l'article I du titre deux porte:
«Sont membres de la Légion,
tous les militaires qui ont reçu
des armes d'honneur.
Pourront être nommés:
les militaires qui ont rendu des
services majeurs à l'Etat dans la
guerre de la Liberté ;
les citoyens qui par leur savoir,
leurs talents, leurs vertus, ont
contribué à établir ou défendre
les principes de la république, ou
fait aimer ou respecter la justice
ou l'administration publique.»
* Durant son règne, Napoléon ne distribua à ses soldats aucune
médaille commémorative. Il est bien vrai, qu'en dehors de la Légion
d'honneur, il institua plus tard l'Ordre des Trois Toisons d'or, réservé
exclusivement aux militaires. Sous la date du 14 octobre 1810, le Bulletin
des Lois renseigne, en effet, deux décrets portant nomination du Grand
Chancelier et du Trésorier de l'Ordre. Mais le décret d'institution n'a
jamais paru au Bulletin des Lois, et nous n'avons trouvé trace d'une
promotion dans cet Ordre. — T1 36 —

C'est l'Empereur qui institua, par décret du 22 messidor an XII
(11 juillet 1804), le bijou de l'Ordre qui consistait en une étoile à
cinq rayons* doubles émaillés de blanc, dont le centre, en or,
entouré d'une couronne de chêne et de laurier émaillée de vert,
présentait, à l'avers, la tête de l'Empereur avec la légende:
Napoléon Emp. des Français et, au revers, l'aigle tenant la foudre,
avec cette autre légende : Honneur et Patrie.
En argent pour les légionnaires de la classe inférieure, le bijou était
en or pour ceux des grades supérieurs.
La cérémonie d'inauguration de la Légion d'Honneur fut une
des plus imposantes de l'Empire. Elle eut lieu, le 14 juillet 1804, à
l'église de l'Hôtel des Invalides, où Napoléon reçut en personne le
serment des légionnaires et leur remit lui-même les décorations.
La formule du serment était la suivante :
«Je jure d'être fidèle à l'Empereur et à sa dynastie; je promets,
sur mon honneur, de me dévouer à son service, à la défense de sa
personne et à la conservation du territoire de l'Empire dans son
intégrité; de n'assister à aucun conseil ou réunion contraires à la
tranquillité de l'Etat; de prévenir Sa Majesté de tout ce qui se
tramerait, à ma connaissance, contre son honneur, sa sûreté ou le
bien de l'Empire.»
Fin 1804, le bijou fut rehaussé de la couronne impériale.
Quant à la grande décoration, le grand-aigle, elle ne fut instituée
que le 29 janvier 1805.
Nous reproduisons ci-après un brevet de l'époque délivré à un
de nos compatriotes; l'original en est conservé aux archives de la
Grande Chancellerie de la Légion d'Honneur. (voir page T1 37)


* A partir de 1808, et encore de nos jours, les rayons du bijou sont
pommetés d’or. — T1 37 —




— T1 38 —

Cette lettre d'avis, envoyée au légionnaire par le Grand
1Chancelier, tenait lieu de brevet pendant toute la durée de
l'Empire, et était toujours accompagnée du bijou au ruban rouge
2moiré. Par contre, il arriva maintes fois que, durant une campagne ,
loin de Paris, un soldat qui s'était distingué par quelque action
d'éclat, était avisé de sa nomination dans l'ordre par une simple
lettre d'un membre de la maison militaire de l'Empereur. Nous
avons sous la main un de ces avis à l'adresse de Jean-Augustin
Beissel de Strassen ; ce document, qui est loin de manquer d'un
sérieux intérêt, est de la teneur suivante:

A Duben, le 10 octobre 1813.
A Monsieur Beissel, brigadier au 7e hussards.
Je vous préviens, Monsieur, que l'Empereur, par
décret de ce jour, vous a nommé chevalier dans la Légion
d’Honneur.
Sa Majesté m'autorise à vous donner cet avis
provisoire en attendant celui que vous recevrez officiellement
de Monsieur le Grand Chancelier.
Le Prince Vice-Connétable.
ALEXANDRE.

3Aucun jugement emportant peine infamante ne pouvait être
exécuté contre un membre de la légion d'honneur, avant que
celuici eût été dégradé. Pour cette dégradation, le président prononçait,
immédiatement après la lecture du jugement, cette formule :
«Vous avez manqué à l'honneur; je déclare, au nom de la
Légion d'Honneur, que vous avez cessé d'en être membre.»


1 Georges-Auguste Florentin, ancien gouverneur militaire de Paris,
est Grand Chancelier de la Légion d'Honneur depuis 1902.
2 En temps de guerre, le futur légionnaire ne pouvait être nommé
aux places vacantes qu'à la fin de chaque campagne; les actions d'éclat
donnaient titre pour tous les grades.
3 Un arrêté du 24 ventôse an XII (15 mars 1804) prévoit les causes
entraînant soit la déchéance de membre de la Légion d'honneur, soit
suspension de l'exercice des droits attachés à cette qualité. — T1 39 —

La cassation d'un officier, d'un sous-officier, d'un soldat
légionnaire, ne pouvait avoir lieu que sur l'autorisation du ministre
de la guerre et information préalable du grand chancelier ; ce
dernier en référait à l'Empereur.
(Voir arrêté du 22 messidor an XII (11 juillet 1804).
Sous la 1re Restauration, Louis XVIII, sans toucher aux
principes fondamentaux de l'institution de l'Ordre de la Légion
d'honneur, se contenta d'en modifier le bijou Napoléon, de retour
de l'île d'Elbe, fit paraître le décret du 13-21 mars 1815, annulant
toutes les promotions faites dans la Légion d'honneur par le
gouvernement de la Restauration, et rétablit la décoration telle
qu'elle avait été primitivement déterminée. Par ordonnance du 28
juillet 1815, Louis XVIII annula, à son tour, toutes les nominations
faites dans l'Ordre par le gouvernement des Cent Jours. Mais en
1831, Louis-Philippe rendit leurs titre et rang à ceux en faveur de
qui ces nominations ou promotions avaient eu lieu (ordonnance du
28 novembre-18 décembre 1831) et, en 1853, Napoléon III décréta
que «les officiers nommés ou promus par l'empereur Napoléon Ier
dans l'ordre de la Légion d'honneur du 27 février au 7 juillet 1815,
recevront, à partir du 1er janvier 1854, le traitement affecté à leur
grade dans l'ordre, par le règlement en vigueur à l'époque de leur
nomination.» — T1 40 —

III.

DOTATION DES 6000 MILITAIRES.

Le 1er avril 1810 eut lieu, au château de St-Cloud, la
cérémonie du mariage civil de Napoléon Ier avec Marie-Louise
d'Autriche, suivie, le lendemain, du mariage religieux dans une des
chapelles du Louvre. Ce fut une fête vraiment populaire; Paris se
livra à la joie, et le mouvement d'allégresse publique se
communiqua aux villes les plus reculées de l'Empire.
Au milieu des transports universels et des réjouissances
fastueuses, les anciens compagnons de gloire de l'Empereur étaient
les premiers à s'exalter d'une faveur toute particulière dont ils
venaient d'être gratifiés. Napoléon, en effet, en vue d'ériger dans
toute la France des «monuments durables de cet événement à
jamais mémorable», s'était souvenu de ses frères d'armes et avait
confié, par son décret du 25 mars 1810, à 6000 retraités le soin de
perpétuer dans leurs foyers le souvenir du mariage de leur grand
Empereur.
Ce décret impérial qui fut donné au palais de Compiègne le 25
mars 1810, et qui avait pour but essentiel de commémorer la date
du mariage par des actes d'indulgence et de bienfaisance, porte,
sous son titre quatrième, les dispositions suivantes :


Du Mariage de 6000 Militaires.
Six mille militaires en retraite, ayant fait au moins une
campagne, seront mariés le 22 avril prochain avec des filles de
leurs communes, auxquelles il sera accordé une dot de douze cents
francs pour Paris, et de six cents francs dans le reste de l'Empire;
savoir:
Soixante dans la ville de Paris;
Dix dans chacune des villes dont l'état est annexé au présent
décret (A); — T1 41 —

cinq dans chacune des villes dont l'état est annexé au présent
décret (B);
deux dans chacune des villes dont l'état est annexé au présent
décret (C)*;
un dans chacune des justices de paix de l'Empire.
6. Les militaires et les filles à marier seront choisis de la
manière suivante, savoir:
Pour la ville de Paris, par délibération du conseil général
faisant fonctions de conseil municipal, approuvée par le préfet;
pour les villes chefs-lieux de département, par délibération du
conseil municipal, approuvée par le préfet;
pour les villes qui ne sont pas chefs-lieux de département, par
délibération du conseil municipal, approuvée par le sous-préfet;
pour les justices de paix, par une commission composée de
deux maires et de deux curés désignés par le sous-préfet, et du juge
de paix, qui présidera la commission et la réunira dans son
domicile,
7. Les communes qui ne seraient pas comprises dans les
articles précédents, pourront, sur la délibération du conseil
municipal, approuvée par le sous-préfet, marier un militaire et une
fille de la commune, en se conformant, pour le choix et pour la
quotité de la dot, aux dispositions ci-dessus.
s.: NAPOLÉON.
Par l'Empereur:
Le Ministre Secrétaire d'Etat, s. : H. B. Duc de Bassano.**

Avant de donner la liste nominative de nos nationaux qui
bénéficièrent de cette munificence impériale, nous tenons à mettre
sous les yeux du lecteur les trois pièces suivantes que nous
reproduisons textuellement, à savoir : 1) une délibération d'une
commission instituée en conformité de l'article 6 du même titre IV;
2) l'approbation d'une délibération analogue émanant du
souspréfet du Département des Forêts ; 3) une dispense de la seconde
publication par le procureur impérial.


* L'état C du décret impérial du 25 mars 1810 renseigne, entre autres:
« Département des Forêts 1. (— Luxembourg (Ville).»

** Voir Bulletin des Lois de l'Empire Français T. XII, p. 239. — T1 42 —

a) Délibération de la commission de Vianden du 14 avril 1810.*
«L'an mil huit cent dix, le quatorzième jour du mois d'avril à
onze heure du matin, en exécution du Décret impérial du 25 mars
et ensuite des Lettres de monsieur le sous-préfet du 4ième
Arrondissement du département des forêts en date du 5-11 et 13 du
présent mois, dont la première nous a été remise le dix de ce mois,
la seconde le douze, la troisième le treize du dit mois, toutes les
dites Lettres renfermant des instructions relatives à l'Exécution du
dit Décret, le soussigné Jean-Théodore Colling, juge de paix du
canton de Vianden, assisté des sieurs André, maire du chef-lieu du
dit canton, Schwartz, curé du même canton, Dennershausen, maire
de Koerperich et Deffer Desservant de la succursale du dit
Koerperich, nommés membres de la commission pour faire le
choix d'un militaire en Retraite dans le dit canton, et ayant fait au
moins une campagne pour être marié le 22 du courant avec une
fille de sa commune, pareillement à choisir par ladite commission à
laquelle fille est accordée en vertu du dit Décret une dot de six
cents francs à prendre sur les Domaines extraordinaires de Sa
Majesté l'Empereur des Français, ayant pris place en sa qualité
comme Président de la Commission a donné lecture des Lettres
susdatées, notamment de celle du onze du courant, par laquelle
Monsieur le Souspréfet a désapprouvé la première délibération de
la Commission en date du dix de ce mois, parce que le militaire
choisi pour le dit mariage n'est pas en retraite, mais réformé sans
pension, de sorte que la commission a délibéré de nouveau sur le
choix du couple destiné à partager les fruits de la munificence dite;
en conséquence nous avons de nouveau procédé à l'examen des
pièces produites par les militaires qui sont au nombre de deux
seulement, savoir:
Le sieur Engelmann Charles, natif et domicilié à Vianden,
Barbier de Profession, incorporé au seizième régiment d'infanterie,
le 20 Brumaire an huit, dans lequel il a servi jusqu'au premier
janvier 1810, lequel a fait pendant la prédite époque quatorze
campagnes de guerre, outre les dix années de service, et a été
blessé à Talevera le 28 juillet 1809, jouissant d'une solde de retraite
de cent francs suivant les deux Pièces ci-jointes ; ...


* voir «Archives de la ville de Vianden.» — T1 43 —

quant à sa conduite et moralité dont les Pièces ne font pas mention,
nous avons lieu à croire qu'elles étaient les mêmes au corps comme
avant son entrée au régiment et après son retour, auxquelles nous
n'avons pas le moindre reproche à faire; quant à ce qui concerne sa
fortune personnelle, elle ne surpasse pas deux cents francs en
capital, y compris tout ce qu'il a hérité de feu ses père et mère.
Picard Pierre, natif et domicilié à Vianden, hussard du
cinquième régiment, depuis le 17 messidor an dix jusqu'au 17
janvier 1810, lequel, d'après son certificat produit, a fait dix
campagnes de guerre outre ses années de service, pendant les-
quelles il s'est comporté en Brave militaire, et a eu deux coups de
sabre et un coup de feu à l'affaire de Wagram, ce qui l'a fait avoir
une pension de cent cinquante francs ; aucun de ses certificats ne
porte qu'il a contracté mariage; mais d'après la rumeur publique on
croit cet individu marié avec une personne de l'Allemagne, ce qui
paraît être en quelque manière fondé attendu que le dit hussard a
envoyé il y a trois ans environ chez ses Parens (pour lors encore
vivants) une personne du dit Pays sous le titre de son Epouse,
laquelle après avoir (été) accouché dans cette commune d'un
Enfant mort quelques mois après, est retournée dans son Pays où
elle était appelée pour des affaires de succession, sans en connaître
davantage; de sorte que par suite de ce fait il aurait de la Peine à
trouver dans cette commune une fille, ayant même avoué de n'en
avoir point trouvé jusqu'à présent qui voudrait de lui; quant à sa
fortune personnelle, elle est pour ainsi dire nul, attendu que le peu
de Biens relaissés par feu ses père et mère sont tellement chargés
de dettes, qu'elles surpassent quasi leur valeur; mais étant encore
en état de travailler et jouissant d'une Pension de cent cinquante
francs comme dit est, sa subsistance lui est assurée. Pour ce qui
concerne la conduite qu'il a mené avant son entrée au corps et
depuis son retour, elle est irréprochable.
Aucun des autres Militaires en retraite dans ce canton ne
s'étant présenté quoique invités par monsieur le Souspréfet
luimême, les soussignés membres de la commission ne croyant pas
pouvoir différer plus longtems la cloiture de la présente
Délibération (une heure de relevée ayant déjà sonnée) ont procédé
aux choix dont s'agit comme suit: ... — T1 44 —

Considérant que le sieur Engelmann a fait plus de campagnes
de guerre que le sieur Picard, et que la conduite du premier
surpasse de beaucoup celle du second, et après avoir pesé toutes les
circonstances susénoncées donnent la Préférence au premier, savoir
au sieur Engelmann Charles pour être marié avec la fille ci-après à
désigner et à doter par la munificence de Sa Majesté comme dit est.
Les susdits et soussignés membres de la Commission ayant
pris en considération non seulement la conduite distinguée qu'a
tenu en tout Tems la Demoiselle Joséphine Colling, fille de Jean
Colling, ci-devant messager de ce canton demeurant à Vianden,
mais aussi l'amitié et l'affection qui existe depuis longtems entre la
famille de la dite fille et celle du susdit Engelmann désignent la
dite Demoiselle pour être mariée avec le dit Sieur Engelmann et à
être dotée comme dit est ci-dessus, en priant Monsieur le
souspréfet de lui vouloir approuver les dits choix, du moins que suivant
des instructions qui pourrait lui être parvenu postérieurement à sa
dernière lettre ci-dessus relatée, il n'y aurait pas lieu d'approuver
les choix faites par la première Délibération susdatée fait à
Vianden au Domicile du juge de Paix susdit les jour, mois et an
que dessus à deux heures de l'après-midi.
s.: Schwarz curé à Vianden.
J. P. Colling, juge. D'Ennershausen, fils maire.
Nicolas Defer Desservant. J. L. André, maire.»

b) Approbation de Monsieur le souspréfet
de l'arrondissement de Diekirch.
«Vu les instructions de Monsieur le Préfet du 2-7 et 12 avril
courant sur l'Exécution du Décret impérial du 25 mars 1810 relatif
au mariage de 6000 militaires dotés par le domaine extraordinaire
de sa Majesté l'Empereur des français,
Les nôtres des 5, 11 et 13 du courant sur le même objet,
ensemble les Délibérations de la commission formée au Domicile
du juge de Paix du canton de Vianden en date du ........ et 14 de ce
mois,
Le certificat de service y annexé ;
Considérant que la première de ces Délibérations n'est pas
conforme aux instructions, ... — T1 45 —

Considérant, quant à la 2ième, que, dans le nombre des
militaires qui auraient pu concourir au Bénéfice du Décret précité,
quoique dûment avertis, 2 seulement se sont présentés, réunissant
les conditions prescrites; qu'entre eux la Commission a préféré le
sieur Engelmann Charles né et domicilié à Vianden, ex-soldat au
16e Régt. d'infanterie légère ayant fait 7 campagnes de guerre et
jouissant d'une solde de retraite par suite d'une Blessure reçue au
champ d'honneur; que cette Préférence est motivée tant sur le plus
grand nombre d'années de service, que sur la meilleure conduite de
cet ex-militaire. Que la fille qu'il a proposé a également réuni les
suffrages de la commission.
Considérant qu'il ne nous est parvenu aucun renseignement
défavorable sur la conduite de cet exmilitaire non plus que sur celle
de la fille proposée; qu'ainsi cette 2me Délibération étant
entièrement conforme à nos instructions est susceptible d'être
approuvée. Nous souspréfet de l'arrondissement communal de
Diekirch arrêtons:
Art. 1er.
La Délibération de la commission du canton de Vianden du 10
de ce mois est nulle et non avenue.
Art. 2me.
Celle du 14 ci-dessus transcrite est approuvé pour être
exécutée selon sa forme et teneur à la Diligence de Mr le Maire de
Vianden.
Art. 3me.
Un double du présent et de la Délibération restera déposé aux
archives de la souspréfecture, un autre sera transmis sans Délai
avec les Pièces à Monsieur le juge de Paix de Vianden pour en
donner copie à Monsieur le Maire de Vianden chargé de son
Exécution.
Diekirch, le 14 avril 1810.
Le souspréfet s.: D'Ormecheville.»

c) Dispense de la seconde publication de mariage.
«Au nom de Sa Majesté l'Empereur des Français, Roi d'Italie,
Protecteur de la Confédération du Rhin, Médiateur de la
Confédération Suisse, & & &
Vu la Requête qui Nous a été présentée par le sieur Nicolas
Nix, fils de Nicolas et de Gertrude Welter, ses père et mère,
militaire en retraite, domicilié dans la commune d'Eschdorf, mairie
d'Esch, canton de Wiltz, ... — T1 46 —

4e arrondissement communal du Département des Forêts, choisi
par arrêté de Monsieur le sous-Préfet de cet arrondissement en date
du 14 avril 1810 pour contracter mariage le 22 avril conformément
à l'article 5 du décret Impérial du 25 mars dernier, tendant à obtenir
la dispense de la seconde publication de son futur mariage;
Considérant que d'après l'Arrêté, par lequel le pétitionnaire a
été choisi et, qui n'est daté que du 14 avril présent mois, les délais
pour les deux publications qui doivent précéder le mariage
prescrits par les articles 63, 75 et 166 du code Napoléon ne peuvent
se trouver en harmonie avec l'époque fixée par le susdit décret
Impérial;
Considérant que les dispositions de ce même décret doivent
d'autant plus recevoir leur exécution aux époques y fixées, qu'elles
deviennent, pour tout l'Empire, un monument de la Munificence
Impériale et qu'elles doivent éterniser la mémoire de l'Union
Auguste de Leurs Majestés Impériales et Royales contractée pour
le Bonheur de Leurs sujets, la Prospérité du Grand Empire et la
Tranquillité du Continent;
Considérant que de toutes ces circonstances, je dis:
circonstances réunies, il résulte une cause assez grave pour accorder la
dispense de la seconde publication autorisée par l'article 169 du
code Napoléon;
Vu les articles 5 du Décret Impérial du 25 mars 1810 et de
l'Arrêté du Gouvernement du 20 prairial an XI:
Nous Procureur Impérial près le tribunal de 1ère instance
séant à Diekirch. déclarons avoir accordé comme, par ces
préprésentes, nous accordons la dispense de la deuxième publication
du futur mariage entre le sieur Nicolas Nix, militaire en retraite, et
la Demoiselle Thérèse Schoeffen; en conséquence, Nous requérons
que le présent acte de Dispense soit déposé au secrétariat de la
mairie d'Esch où le mariage soit célébré, à l'effet qu'il en soit
délivré par le secrétaire une expédition dans laquelle il sera fait
mention du Dépôt du dit acte. Laquelle expédition demeurera
annexée à l'acte de célébration de mariage.
En foi de quoi, Nous avons signé en Notre Parquet à Diekirch
le 16 avril 1810 et avons apposé notre sceau officiel.
s.: Coeulin.
Quant à ces mariages mêmes, ils furent célébrés par les
administrations communales avec une solennité extraordinaire. ... — T1 47 —

C'est ainsi que furent témoins au mariage
PrommenschenkelToussaing à Diekirch:
Messieurs Alexandre-François-Frédéric d'Ormecheville, âgé
de vingt-sept ans, sous-préfet de L'arrondissement de Diekirch,
département des forêts ; Laurent D'Ennershausen, Vice-président
du tribunal civil de Diekirch, âgé de cinquante-cinq ans;
CharlesFrançois Coeulin, âgé de cinquante-cinq ans, procureur impérial
près du Tribunal civil de Diekirch et Joseph Berg âgé de trente-sept
ans, premier-adjoint au maire de Diekirch, tous Résidant en cette
commune ... »

A.
MARIAGES
célébrés dans la ville et l'arrondissement de Luxembourg.
a) Canton d'Arlon :
Membres de la Commission : Pierron, juge de paix; Résibois, maire
d'Arlon; Steinbach, maire d'Autel; Sadler, curé d'Arlon; Peckels,
desservant d'Attert. —
Le 23 avril 1810, ont été mariés devant l'officier de l'état civil
de la commune de Hobscheid:
Welter Michel, fils de Nicolas et de Madeleine Limpach, né et
domicilié à Hobscheid, ci-devant fusilier au 108e régiment
d'infanterie de ligne, jouissant d'une pension de retraite depuis le
10 novembre 1807, et
Barbe Collet, fille de feu Jean-Georges et d'Anne-Marie
Everling, née et domiciliée à Hobscheid.

b) Canton de Bettembourg.
Membres de la Commission : Schmitt, juge de paix; Klentsch,
maire de Bettembourg; Schauns, maire de Frisange; Hilbert, curé
de Bettembourg; Neven, desservant à Mondercange. —
Le 23 avril 1810, ont été mariés devant l'officier de l'état civil
de la commune de Schifflange :
Bock Mathias, âgé de 25 ans, fils d'Evrard et de Marguerite
Limpach, né et domicilié à Esch-sur-1'Alzette, ancien fusilier au
108e régiment d'infanterie de ligne, congédié le 15 septembre
1808, avec
Christine Krafft, fille de Charles et de feu Françoise Reding,
née et domiciliée à Esch-sur-1'Alzette. — T1 48 —

c) Canton de Betzdorf.
Membres de la Commission: Putz, juge de paix; Weydert, maire à
Betzdorf; Heynen, maire à Wormeldange; Gottlieb, curé à
Betzdorf; Kremer, desservant à Flaxweiler. —
Le 18 mai* 1810, ont été mariés devant l'officier de l'état civil
de Betzdorf:
Brandenbourg Bernard, fils de Henri et de feu Marguerite
Schiltz, né à Mensdorf, y domicilié, ci-devant cavalier au 5e
régiment de cuirassiers, ayant obtenu le 16 novembre 1809 une
solde de retraite de 100 frs., avec
Anne Waasdorf, fille de Jean-Guillaume et d'Anne Thill, née et
domiciliée à Mensdorf. -

d) Canton de Grevenmacher.
Membres de la Commission: Beving, juge de paix; Ritter, maire de
Grevenmacher; Fabert, maire de Manternach; Ransonnet, curé à macher; Schauns, desservant à Langsur.—
Le 23 avril 1810, ont été mariés devant l'officier de l'état civil
de la commune de Grevenmacher:
Putz Bernard, âgé de 30 ans, fils de feu Jacques et
d'AnneMarie Weiss, né à Berbourg le 16 novembre 1780, y domicilié,
cidevant fusilier au 108e régiment d'infanterie de ligne, congédié le
16 novembre 1807, avec
Antoinette Schuls, âgée de 20 ans, fille de Pierre, tanneur, et
d'Elisabeth Dietz, née et domiciliée à Grevenmacher le 21 juillet
1789.

e) Luxembourg (intra muros).
Le Conseil municipal: Servais J.-B., maire; J.-P. Namur; M.
Mullendorff; H.-A. Hencké; F. François; N. Couturier; J.-N.
Molitor; J. Metz; J.-E. Clemens; J.-F.-N. Hochhertz; J. Elter;
Schloeder; F. Schmit-Bruck; J. Reis; J.-N. Vandernoot; C.-J.
Dutreux; Probst; J.-J. Olinger; Dresch; J.-B. Huart; Abinet; Nic.
Fischer; J. Diedenhoven; F. Reuter; J.-G. Hendel; J. Strock. -


* Il résulte d'une lettre du maire Weydert, adressée le 20 mai 1810
au préfet du Département des Forêts, que ce retard dans la célébration du
mariage Brandenbourg-Waasdorf était motivé par la circonstance, que la
commission s'était trompée sur le vrai nom de la jeune fille. — T1 49 —

Le 23 avril 1810, ont été célébrés devant l'officier de l'état
civil de Luxembourg, les mariages de :
Herneupont Charles-Frédéric, fils de Charles et d'Anne
Schmitt, né à Luxembourg, ci-devant carabinier au 21e régiment
d'infanterie légère, réformé le 10 septembre 1809, avec
Charlotte Berchem, fille de Charles et de feu Catherine
Eichhorn, née à Luxembourg ;
Duperousse Etienne-Joseph, fils de Jean-Baptiste et de
MarieJosèphe Gernot, domicilié à Luxembourg, ci-devant fusilier au 29e
régiment d'infanterie de ligne, réformé le 14 février 1810, avec
Catherine Cognioulle, fille de Hubert-Mathieu et de
MarieThérèse Stiernon, née à Luxembourg.

f) Canton de Luxembourg (Sud).
Membres de la Commission: Lachapelle, juge de paix; Jurion,
maire d'Eich; Hippert, maire de Hespérange; Neunheuser, curé à
Luxembourg; Haussmann, desservant à Weimerskirch. —
Le 23 avril 1810, ont été mariés devant l'officier de l'état civil
de la commune d'Eich:
Crucius Corneil, fils de Henri et de feu Catherine Finck,
domicilié à Weimerskirch, ci-devant cavalier au 24e régiment de
cavalerie, réformé le 15 janvier 1810, avec
Barbe Laurent, fille de Dominique et de Barbe Eischen, née et
domiciliée à Weimerskirch.

g) Canton de Luxembourg (Nord).
Membres de la Commission: Claisse, juge de paix; Suttor, maire de
Bertrange; Knepper, maire de Mamer; Krantz, curé à Luxembourg;
Nepper, desservant à Strassen. —
Le 23 avril 1810, ont été mariés devant l'officier de l'état civil
de la commune de Bertrange:
Scheetgen Michel, fils de Nicolas et de Marie Horneck, né et
domicilié à Bertrange, ancien chasseur au 8e régiment de chasseurs
à cheval, congédié le 9 septembre 1807, avec
Marie-Madeleine Deusch, fille de Grégoire et d'Anne-Marie
Nemery, née et domiciliée à Bertrange. — T1 50 —

h) Canton de Mersch.
Membres de la Commission : Heuart, juge de paix; Ruesse, maire
de Mersch; De Cassel, maire de La Rochette; Schlimm, curé à
Mersch; Léonardy, desservant à Lintgen. —
Le 28 avril 1810, ont été mariés devant l'officier de l'état civil
de la commune de Mersch:
Stroesser Nicolas, fils de Mathias et de Marie Burg, né et
domicilié à Beringen, ci-devant maître-ouvrier au 2e bataillon des
sapeurs, 1re compagnie, avec
Anne-Marie Bintz, fille de Valentin et d'Anne-Marie Kyll, née
et domiciliée à Mersch.

i) Canton de Messancy.
Membres de la Commission: Marlet, juge de paix; Mathelin, maire
de Messancy; Orianne, maire d'Aubange; Rodesch, curé à
Messancy; Lahire, desservant à Athus. —
Le 23 avril 1810, ont été mariés devant l'officier de l'état civil
de Rodange :
Fournelle Maurice, fils de Philippe et de Marie-Julienne
Mathieu, né et domicilié à Rodange, ci-devant fusilier au 4e
régiment d'infanterie de ligne, congédié le 16 janvier 1809, avec
Marie-Barbe Ladurette, fille d'André et de feu Madeleine
Hilbert, née et domiciliée à Rodange.

j) Canton de Remich.
Membres de la Commission : Oberst, juge de paix; Macher, maire
de Remich; Sauer, maire de Remerschen; Molitor, curé à Remich;
Goeury, desservant à Mondorf. —
Le 23 avril 1810, ont été mariés devant l'officier de l'état civil
de la commune de Remich:
Stephany Pierre, âgé de 26 ans, fils de Jean, cordonnier et de
Catherine Closse, né à Remich le 13 avril 1783, ci-devant fusilier
au 108e régiment d'infanterie de ligne, réformé le 10 juillet 1809,
avec
Susanne Siminger, âgée de 25 ans, fille de Henri, vigneron et de
Catherine Pilger, née et domiciliée à Remich. — T1 51 —

B.
MARIAGES
célébrés dans la ville et l'arrondissement de Diekirch.
a) Canton de Clervaux.
Membres de la Commission: Jean-Nicolas Neuman, juge de paix;
Jean-Gilles Rischard, maire de Clervaux; Jean Molitor, maire de
Munshausen; Jean-Pierre Lang, curé à Clervaux; Jean-Pierre
Schmit, curé à Munshausen. -
Le 23 avril 1810, ont été mariés devant l'officier de l'état civil
de la commune de Clervaux:
Hack Antoine, fils de Lucas et de Elisabeth Finck, âgé de 22
ans, cordonnier, né et domicilié à Clervaux, ci-devant fusilier au
108e régiment d'infanterie de ligne, avec
Catherine Kubfer, âgée de 19 ans, née et domiciliée à Clervaux,
fille de Mathias et d'Anne-Marie Koch.

b) Ville de Diekirch (y compris le canton).
Le Conseil Municipal: Jean-Baptiste-Laurent Ferron, maire;
Michel Arendt, Dominique André, François Cathrein, Laurent
d'Ennershausen, Jean Goedert, Mathias Leis, Pierre Leyder,
Philippe Schaack, Michel Schrantz, Jean Scholtes, Thomas Seyler,
Bernard Tschiderer, Jean Wampach, Jean Weber, tous conseillers
municipaux. —
Le 23 avril 1810, ont été mariés devant l'officier de l'état civil
de la ville de Diekirch:
Prommenschenkel Nicolas, né à Diekirch le 17 avril 1787, y
domicilié, fils de Nicolas et de Elisabeth Binseler, ci-devant
fusilier an 108e régiment d'infanterie de ligne, avec
Anne-Marie Toussaing, née à Diekirch le 21 octobre 1790, fille
de feu Jean et d'Anne-Marguerite Wilmes, domiciliée à Diekirch.

c) Canton d'Echternach.
Membres de la Commission: Muller, juge de paix; Defer, maire
d'Echternach; Even, maire de Beaufort; Coner, curé d'Echternach;
Schneider, desservant à Rosport. —
Le 23 avril 1810, ont été mariés devant l'officier de l'état civil
de la commune d'Echternach: — T1 52 —

Prim Laurent, né à Echternach le 3 juin 1784, y domicilié,
cidevant cavalier au 19e régiment de dragons, réformé à Strasbourg
le 26 septembre 1807, fils de Laurent, drapier, et de Barbe
Wagener, avec
Catherine Olinger, journalière, âgée de 23 ans, née à
Echternach le 1er mars 1787, y domiciliée, fille de Antoine,
drapier, et de Barbe Baldauff.

d) Canton d'Ospern.
Membres de la Commission: Jean-Pierre Salentiny, juge de paix;
Nicolas Molitor, curé à Ospern; Jean Salentiny, maire d'Ospern;
Antoine-Joseph Mathieu, curé à Redange; Jean-Pierre Kohl, maire
à Redange. —
Le 23 avril 1810, ont été mariés devant l'officier de l'état civil
de la commune de Holtz:
Freyling Pierre, âgé de 28 ans, né à Holtz et y domicilié,
cidevant fusilier au 34e régiment d'infanterie de ligne, fils de Jean et
de feu Elisabeth Cunert, avec
Marguerite Henckels, âgée de 18 ans, cultivatrice, née et
domiciliée à Holtz, fille de Adam et de Marguerite Hoppers.

e) Canton de Vianden.
Membres de la Commission: Jean-Théodore Colling, juge de paix;
Louis-Joseph André, maire de Vianden; André Schwartz, curé à
Vianden; Christophe d'Ennershausen, maire de Koerperich;
Nicolas Defer, curé à Koerperich. —
Le 23 avril 1810, ont été mariés devant l'officier de l'état civil
de la commune de Vianden :
Engelmann Charles*, né à Vianden le 24 juillet 1778, barbier y
domicilié, ci-devant chasseur au 16e régiment d'infanterie légère,
fils de feu Pierre, ci-devant cordonnier, et de feu Elisabeth Fallis,
avec
Joséphine Colling, née au faubourg de Vianden le 23 août 1784,
y domiciliée, fille de Jean, tailleur d'habits, et de feu Marguerite
Koenig.


* Voir pages T1 42 et T1 44 du présent ouvrage : a) la délibération
de la commission de Vianden ; b) l'approbation de Mr le sous-préfet de
l'arrondissement de Diekirch. — T1 53 —

f) Canton de Wiltz.
Membres de la Commission: Henri Nels, suppléant du juge de
paix; Théodore Bernard, maire de Wiltz; Joseph Heiman, maire
d'Esch; Michel Klein, curé à Esch; Jean-Baptiste Weydert, curé à
Wiltz. —
Le 23 avril 1810, ont été mariés devant l'officier de l'état civil
de la commune d'Esch:
Nix Nicolas*, né à Eschdorf le 3 décembre 1786, y domicilié,
ci-devant fusilier au 108e régiment d'infanterie de ligne, fils de
Nicolas, cultivateur, et de Gertrude Welter, avec
Thérèse Schoeffen, âgée de 19 ans, couturière, née à Merscheid,
canton d'Ospern, le 19 juillet 1791, domiciliée à Eschdorf.


* Voir page T1 45 du présent ouvrage: la dispense de la seconde
publication de mariage. — T1 54 —

IV.

LA LÉGION RUSSO-ALLEMANDE.

Au risque de sortir du cadre originairement tracé à ce travail,
nous n'avons pu résister au désir de relater succinctement la
création et l'organisation de ce célèbre corps franc, formé à un
moment où l'Europe presqu'entière allait se coaliser pour écraser
l'Aigle blessé dans les neiges de la Russie.
On nous pardonnera d'autant plus facilement cette courte
digression, que bien des noms luxembourgeois se rencontrent dans
cette phalange, trop intéressante d'ailleurs, trop peu connue du
grand public, pour la laisser plus longtemps dans l'oubli. Au reste,
les cadres de ce corps d'élite - qui s'est distingué surtout sur les
bords de l'Elbe, et dans les engagements livrés dans le Holstein et
dans le Mecklembourg - furent en grande partie complétés par de
glorieuses épaves de la Grande Armée, tombées aux mains des
cosaques et qui, placées devant une alternative douloureuse,
préférèrent la mort sur le champ de bataille à un dépérissement
lent, mais sûr, dans les geôles de la Sibérie.
Etranges vicissitudes! La force des choses seule avait amené
ces conscrits à suivre les drapeaux français, auxquels tant de
victoires avaient fini par les attacher fidèlement; et maintenant, ils
en étaient réduits à marcher contre leurs anciens compagnons
d'armes, contre l'Empereur! Faut-il s'étonner dès lors, que dans ce
corps, ennemi de la France, beaucoup de coeurs aient continué à
battre pour le vainqueur d'Austerlitz, le grand Vaincu de demain!....
La création d'une légion russo-allemande est due à l'initiative
de l'empereur Alexandre de Russie, qui, le 28 juin 1812, chargea le
prince Georges d'Oldenbourg, retiré à la cour de St-Pétersbourg, de
réunir, dans un même corps franc, tous les régiments de nationalité
allemande qu'il comptait voir passer à l'ennemi au cours de la
campagne de Russie. Mais le czar avait compté sans la discipline
allemande qui n'eût jamais permis pareille défection, tant que la
mère patrie elle-même n'était pas en danger. Cet espoir déçu,
Alexandre jeta son dévolu sur les malheureux prisonniers de guerre
français éparpillés dans tout l'empire moscovite, mais plus
spécialement parqués dans les forteresses de Reval, Kiew et
Koenigsberg. — T1 55 —

C'est ainsi qu'au début de la campagne de Saxe, on parvint à réunir
un effectif de 6000 hommes, composé surtout de prisonniers de
guerre, en partie, aussi, de déserteurs de la Grande Armée. Cinq
mille hommes partirent immédiatement pour le théâtre de la guerre.
Dans la suite, la Légion fut notablement augmentée, et le czar
parvint finalement à mettre sur pied :
a) le régiment d'infanterie n° 1 (v. Natzmer) ;
b) id. n° 2 (Wardenburg) ;
c) une compagnie de chasseurs à pied ;
d) le régiment de hussards n° 1 (v. d. Goltz) ;
e) id. n° 2 (Comte Frédéric zu Dohna) ;
f) la batterie d'artillerie à cheval n° 1 (v. Scheele);
g) id. n° 2 (v. Tiedemann) ;
h) la batterie d'artillerie à pied (v. Maghino) ;
j) une compagnie de train d'artillerie.*
L'infanterie était armée du fusil anglais, tandis que l'artillerie
possédait des bronzes sortis de l'arsenal de St-Pétersbourg. Les
troupes se trouvaient sous le commandement d'officiers prussiens;
aussi, les règlement d'exercice de 1812 et code pénal militaire
prussiens de 1808 y étaient-ils en vigueur. L'uniforme, par contre,
était exclusivement russe.
Dès le 6 juillet 1813, par la convention de Peterswaldau,
l'équipement et l'entretien de la Légion passèrent du budget russe
au budget anglais, mais la Légion elle-même restait soumise à
l'autorité directe du czar.


* Lors de la dissolution de la Légion, en 1815, ces différents corps
servirent à former: corps a) le 4e régt. d'infanterie rhénane n° 30; corps b)
le 1er régt. d'infanterie de Thuringe n° 31; corps c) en partie le bataillon
de chasseurs à pied du Brandebourg n° 3, et, en partie, celui de
Magdebourg n° 4; corps d) les 1er & 2e escadrons du 8e régt. d'hulans;
corps e) les 3e & 4e escadrons du même 8e régt. d'hulans; corps f) la 3e
batterie à cheval du 3e régt. d'artillerie de campagne; corps g) la 1re
batterie à cheval du 8e régt. d'e campagne; corps j) la
compagnie du train n° 19. Le corps h) fut supprimé en août 1814.
(voir «Der Winterfeldzug 1813 & 1814.» von A. Crusius, Major i. d.
Kgl. Pr. 8. Art.-Brigade.) — T1 56 , 57 —

La même fantaisie se retrouva dans la composition des
différents régiments. Ainsi, les cadres renseignaient plus
particulièrement pour:
le 1er régt. d'infanterie: des Prussiens et des Hollandais;
le 2e id. des Français et des Allemands des
Etats confédérés;
le 1er régt. de hussards: des Lithuaniens, des Wurtembergeois,
des Saxons et des Bavarois;
le 2e id. des Polonais, des Suisses, des Italiens
et des Français;
les chasseurs à pied : des Hanovriens, des Autrichiens,
des Tyroliens et des Suisses;
l'artillerie: des sujets de toutes les nations; plus particulièrement
des Allemands des Etats confédérés.
Dans la Légion se distinguèrent, entre tous, les Gneisenau,
Clausewitz, Dohna, Stulpnagel, et tant d'autres héros allemands.
Dès son entrée en campagne dans le Mecklembourg, la
Légion fut rangée dans le corps d'armée russe du comte de
Wallmoden, pour prendre, sous ses ordres, part à l'expédition du
Holstein et aux nombreux engagements qui eurent lieu sur les
bords de l'Elbe. Elle se distingua tout particulièrement dans les
combats autour de Seestädt, «an der grossen Goehrde», et au
blocus de Harbourg.
En février 1814, la Légion passa au compte du Hanovre pour
faire partie de l'armée du prince-héritier de Suède, avec qui elle fit
les campagnes du Rhin et des Pays-Bas. A partir du 2 juin 1814,
elle prit le nom de «Légion allemande» sous le commandement du
général Kleist.
En septembre 1814, elle passa à la solde de la Prusse, et, le 10
novembre 1814, on s'empressa de licencier tous les étrangers qui
exprimaient le désir de retourner dans leurs foyers: ceci,
uniquement en vue de restreindre le nombre des désertions «avec
armes et bagages».
Lors de l'entrevue, à Paris, du czar avec le roi de Prusse, la
réunion définitive de la Légion allemande à l'armée prussienne fut
décidée aux termes d'une convention du 29 mars 1815. Le 18 avril
suivant, la Légion fut dissoute, comme telle, et les effectifs qui
devaient, dès ce moment, changer d'uniformes et de drapeaux,
passèrent dans le 3e corps d'armée qui se formait dans les environs
de Diekirch*, sous les ordres du général v. Thielmann,
commandant la Légion lors de son passage à Liège le 16 juillet 1814.


* voir A. Crusius, «Der Winterfeldzug in Holland, Brabant und
Flandern 1813 & 1814.» — T1 58 —

V.

LA MÉDAILLE DE SAINTE-HÉLÈNE.

Le décret impérial du 12 août 1857*, promulgué le 1er
septembre suivant, accorda une médaille commémorative à tous les
militaires français et étrangers des armées de terre et de mer qui
avaient combattu sous les drapeaux de la France, de 1792 à 1815.
Ce décret est de la teneur suivante:
«Napoléon, etc.
Voulant honorer par une disposition spéciale les militaires qui
ont combattu, sous les drapeaux de la France, dans les grandes
guerres de 1792 à 1815,
Avons décrété et décrétons ce qui suit:
Article premier. - Une médaille commémorative est donnée à tous
les militaires français et étrangers des armées de terre et de mer
qui ont combattu sous nos drapeaux de 1792 à 1815. Cette
médaille sera en bronze et portera, d'un côté, l'effigie de
l'empereur; de l'autre, pour légende: Campagne de 1792 à 1815. A
ses compagnons de gloire, sa dernière pensée, 5 mai 1821.
Elle sera portée à la boutonnière, suspendue par un ruban
vert et rouge.
Article deuxième. - Notre Ministre d'Etat et le grand Chancelier de
Notre ordre impérial de la Légion d'Honneur sont chargés, chacun
en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret.»

Le 19 septembre 1857, un second décret impérial**,
promulgué le 24 septembre suivant, ouvrit au budget de la Légion
d’Honneur (exercice 1857) un crédit extraordinaire de 210,000 frs.
pour les dépenses résultant de la création de la médaille de
SainteHélène.


* Décret du 12 août 1857: voir Bulletin officiel 535, n° 4893.
** Décret du 19 septembre 1857: voir Bulletin officiel 541, n° 4979. — T1 59, 60 —









— T1 61 —

Il n'en fallait pas tant pour donner le branle aux derniers
survivants de la grande épopée, dont les coeurs étaient encore tout
remplis de glorieux souvenirs. Aussi dès la seconde moitié de
septembre 1857, les demandes en obtention de la nouvelle
distinction honorifique affluaient aux différents départements du
gouvernement luxembourgeois. Comme il s'agissait d'une
distinction à accorder à des sujets luxembourgeois par un souverain
étranger, et que le gouvernement grand-ducal était soucieux
d'interposer ses bons offices auprès du gouvernement français à
l'effet d'aider ces vétérans à recueillir le legs que leur avait destiné
Napoléon Ier, l'administrateur-général des Affaires étrangères
sollicita de S. M. le Roi Grand-Duc l'autorisation de servir
d'intermédiaire auprès du gouvernement français. La demande en fut
adressée au Prince Henri des Pays-Bas, qui y donna verbalement
son adhésion. Voici les termes du rapport au Lieutenant du Roi
Grand-Duc:
«Luxembourg, le 23 septembre 1857.
A
S. A. R. Monseigneur le Prince Henri des Pays-Bas,
Lieutenant Représentant de S. M. le Roi Grand-Duc,
etc.
à Walferdange.
Monseigneur,
Un décret de S. M. l'Empereur des Français en date du 12 août
dispose qu'une médaille cornmémorative sera donnée à tous les
militaires français et étrangers des armées de terre et de mer qui ont
combattu sous les drapeaux français de 1792 à 1815.
Le Grand-Duché de Luxembourg, ayant été soumis à la
domination française depuis l'an IV de la République jusqu'en 1814, il
s'y trouve encore un grand nombre de personnes qui ont servi sous
les drapeaux français, qui, à cette époque, étaient les leurs.
Beaucoup de ces anciens militaires se sont déjà adressés à moi
pour leur faire obtenir la distinction instituée par l'Empereur des
Français, à laquelle ils tiennent beaucoup comme à une preuve des
services militaires qu'ils ont rendus pendant leur jeunesse, d'une
période de leur vie qui, pour la majeure partie d'entre eux, a été un
temps de dures épreuves et de souffrances. ... — T1 62 —

Je viens prier très-respectueusement Votre Altesse Royale, de
daigner me faire savoir, si Sa Majesté le Roi Grand-Duc permet
que son Gouvernement serve, auprès de celui de Sa Majesté
l'Empereur des Français, d'intermédiaire pour lui faire parvenir les
demandes et titres à l'appui, tendant à obtenir la médaille de
SainteHélène aux habitants du Grand-Duché qui y ont droit, et si Elle
accorde l'autorisation à ses sujets de porter cette médaille.
Le Grand-Duché ayant été placé sous le régime français, et la
décoration conférée par le souverain d'alors pouvant être portée par
les sujets de S. M. le Roi Grand-Duc, je suis du respectueux avis,
qu'il y aurait lieu aussi d'accorder le port de la médaille dont il
s'agit, qui n'est qu'un souvenir historique destiné à des personnes
qui, pour la plupart, sont aujourd'hui des vieillards.
De Votre Altesse Royale je suis etc.
L'Administrateur-général des affaires étrangères,
Président du Conseil.
(s.) SIMONS.»

Le 20 septembre 1857, le Staats Courant de La Haye publia,
dans son numéro 230, l'entrefilet suivant:

« Avis concernant la Médaille de Sainte-Hélène.
Le Ministre des Affaires étrangères, par suite à une demande
officielle qu'il a reçue, porte à la connaissance des intéressés, que
la médaille commémorative instituée par décret Impérial du 12
août 1857 en l'honneur des militaires qui, de 1792 à 1815, ont
combattu sous les drapeaux français, sera distribuée aussitôt que
possible par la légation française à Lahaye.
En conséquence, ceux qui croient y avoir des prétentions,
doivent adresser leurs demandes au Ministre plénipotentiaire de
l'Empereur et Envoyé extraordinaire près la Cour des Pays-Bas en
y joignant les pièces et titres contenant la preuve authentique de
leurs anciens services militaires.
On fait encore remarquer pour la commodité des intéressés,
que des copies de ces pièces et titres ne peuvent pas être admises
comme preuves suffisantes; ... — T1 63 —

que des pièces rédigées en langue hollandaise à produire
doivent être accompagnées d'une traduction en langue française ;
que le département des affaires étrangères réclamera le renvoi de
Paris des pièces qui ont été envoyées et qui appartiennent à ceux de
ces anciens militaires qui se sont annoncés dans le temps pour
devenir participants au Legs de Napoléon Ier; qu'au département
prédésigné se trouvent encore différentes pièces de l'espèce
appartenant à ceux qui se sont annoncés trop tard et dont les
demandes n'ont, par conséquent, pas été transmises à Paris ;
que ces pièces seront remises immédiatement, et les autres,
dès qu'elles seront de retour de Paris, à ceux qui les réclameront au
département des affaires étrangères;
qu'il est recommandé à tous de hâter autant que possible la
remise de leur demande à la légation française à Lahaye.»

Dans le courant du mois de novembre 1857, différents envois
de médailles, accompagnées chacune d'un modeste écrin blanc
laqué à l'aigle impérial, arrivèrent au Gouvernement grand-ducal,
qui s'empressa de les faire parvenir à leurs destinataires.
Le 11 décembre suivant, les commissaires de district furent
touchés de la dépêche ministérielle que voici:
«Luxembourg, le 11 décembre 1857.
A Monsieur le Commissaire de district de Luxembourg.
(resp. Diekirch, Mersch, Grevenmacher)
La Légation de France à Lahaye vient de me transmettre les
médailles de Sainte-Hélène conférées aux légataires de l'Empereur
Napoléon Ier domiciliés dans le Grand-Duché.
En vous envoyant celles destinées à ...
(suivent les noms des destinataires)
j'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien les faire parvenir, avec
les brevets également ci-joints, aux intéressés, en leur faisant
observer en même temps qu'ils devront solliciter de S. M. le Roi
Grand-Duc l'autorisation de pouvoir porter cette décoration, et me
faire parvenir leurs accusés de réception par votre intermédiaire.
Le Ministre d'Etat,
Président du Gouvernement.
(s.) SIMONS» — T1 64, 65 —

Dans la suite, les envois de médailles, adressés de Paris à La
Haye et de là à Luxembourg, se suivirent de près. Toutefois les
demandes continuèrent à affluer à la légation de France au point
que le ministre résident crut devoir fixer un délai extrême, après
lequel toute demande similaire serait considérée comme non
avenue.
C'est ainsi que le 3 avril 1858, le baron d'André adressa au
gouvernement grand-ducal cette note:
Légation de France La-Haye, le 3 avril 1858.
aux Pays-Bas.
A
Son Excellence Monsieur Simons,
Ministre d'Etat, Président du Gouvernement
du Grand-Duché de Luxembourg.

Monsieur le Président,
J'ai successivement transmis au Gouvernement de l'Empereur
les états nominatifs des anciens militaires Luxembourgeois qui ont
reçu la médaille de Sainte-Hélène.
Officiellement invité à fixer un terme prochain à la
distribution de cet insigne, j'ai l'honneur de recourir, à cet effet, aux bons
offices de Votre Excellence, et La prie de vouloir bien faire
connaître par telle voie de publicité qui Lui paraîtra convenable,
que les demandes de la Médaille seront encore accueillies par la
Légation jusqu'au 20 de ce mois inclusivement, mais, qu'à partir de
cette date, elles seront considérées comme non avenues et, qu'en
conséquence, il n'y serait pas donné suite.
Agréez, Monsieur le Président, les assurances de ma haute
considération.
(s.) Baron D'ANDRE.»

En suite de cette dépêche, le «Journal de Luxembourg» publia
quelques jours après l'avis suivant :
Luxembourg, le 10 avril 1858.
La Légation de France à Lahaye ne recevant plus, après le 20
de ce mois, de demandes pour l'obtention de la médaille de
SainteHélène, les Luxembourgeois qui ont droit à cette médaille et qui
désireraient encore faire des démarches pour l'obtenir, sont invités
à me faire parvenir, avant le 18 de ce mois, leurs demandes à cet
effet et à y joindre, le cas échéant, les titres constatant leurs
services militaires français.
Le Ministre d'Etat,
Président du Gouvernement.
(s.) SIMONS.»
— T1 65 —


























Par ce coup d’oeil rétrospectif, notamment sur le mode de
recrutement et sur l’organisation compliquée de l’ancienne armée
française, nous croyons avoir créé un cadre suffisant pour une
intelligence facile des nombreux détails biographiques que nous
allons donner sur les soldats luxembourgeois du Département des
Forêts.
PREMIERE PARTIE
LES SURVIVANTS — T1 69 —


CHAPITRE I.
LES MÉDAILLÉS DE SAINTE-HÉLÈNE
Adam François. N° 1182 du brevet.
Né à Heisdorf en 1791, Adam fut incorporé le 14 février 1812
dans les chasseurs du 6e régiment d'infanterie légère, 3e compagnie
du 3e bataillon. Il fit les campagnes de 1813 en Saxe et de 1814 en
France et prit, entre autres, part aux affaires de Leipzig et de
Neustadt, de Châlons, de Reims et de Pont-à-Mousson. Tombé le
26 mars 1814 au pouvoir d'un détachement de hussards prussiens,
il fut gardé prisonnier de guerre jusqu'après la conclusion de la
paix. Il rentra dans le courant de 1814 dans ses foyers et s'y livra,
durant le reste de ses jours, à la culture des champs. De 1812 à
1814, Adam n'avait jamais touché de solde.
Adam Jean-Baptiste. N° 2042 du brevet.
Conscrit de 1811, Adam, qui était natit de Differdange, fut
envoyé en 1813 au 147e régiment d'infanterie de ligne. Le 14 mars
1813, il passa aux grenadiers du 1er bataillon, et prit part à la
campagne d'Allemagne. Il s'est battu le 2 mai à Lutzen, le 21 mai à
Bautzen, le 1er juin à Breslau, le 19 août à Loewenberg et faillit
périr, le 26 août 1813, à la Katzbach, en essayant vainement de
sauver son colonel, un nommé Sibier, qui s'y noya. Après avoir
réussi à grand'peine à regagner la rive, Adam fut, avec son général
de division, fait prisonnier de guerre par les Allemands et ne fut
relâché qu'en 1814, après le départ de Napoléon pour l'île d'Elbe. Il
rentra à Differdange en août 1814 et y passa le reste de ses jours. — T1 70 —
Ahlen Michel. N° 1809 du brevet.
Né à Christnach en 1789, Ahlen fut incorporé le 4 avril 1809
dans les chasseurs du 21e régiment d'infanterie légère et prit part
aux campagnes d'Espagne de 1809, 1810 et 1811. Réformé en 1811
pour cause de blessure grave à la jambe gauche, il retourna dans
ses foyers et se maria dans la suite à Gilsdorf où il est décédé le 24
février 1860.
Alff Jean-Guillaume. N° 1810 du brevet.
Entré en 1813 dans le 12e régiment des tirailleurs de la Jeune
Garde, Alff fit les campagnes de 1813 et 1814 en Saxe et en
France. Grièvement blessé par un coup de lance le 24 janvier 1814
à Bar-sur-Aube, il rentra, fin 1814, convalescent dans ses foyers et
passa le reste de sa vie dans sa maison paternelle à Clervaux.
Als Nicolas. N° 1451 du brevet.
Né à Reimlange-lez-Sierck, Als vint, tout jeune, se fixer avec
ses parents à Remich. En 1808, il fut attaché à la 5e compagnie du
régiment de la Garde nationale de la Garde impériale, d'où il passa,
le 4 décembre 1809, à la 5e compagnie du régiment d'artillerie de
la Vieille Garde, après avoir fait la campagne de 1808 à 1809 à
l'Armée de Brabant. En 1812, 1813 et 1814, il participa aux
campagnes de Russie, de Saxe et de France, assista en 1812 à la
fameuse retraite de Russie, et combattit en 1813 à Loewenberg,
Dresde, Leipzig et Hanau. Le 7 mars 1814, il se distingua à la
bataille de Craonne. Licencié le 4 juin 1814, Als rentra au mois de
juillet suivant chez ses parents à Remich, où il exerça jusqu'à sa
mort le métier de plafonneur.
Altmann Nicolas. N° 1811 du brevet.
Natif de Imbringen, Altmann fit, avec les chasseurs du 21e
régiment d'infanterie légère, les campagnes de 1811 et 1812 en
Espagne et fut réformé le 17 août 1812. Il passa le reste de ses
jours à Imbringen.
Anda Antoine. N° 1188 du brevet.
Né à Rollingergrund en 1792, Anda entra, le 15 février 1812,
au 59e régiment d'infanterie de ligne. Après avoir passé quelques
semaines au dépôt de ce régiment, il fut dirigé sur la Pologne, afin
de regagner le régiment qui était destiné à prendre part à la
campagne de Russie. … — T1 71 —
Pendant la campagne de 1812, Anda prit une part active aux
engagements de la Moscowa, de Wiasma et de Borisow et passa
avec les débris de la Grande Armée, le 27 novembre 1812, la
Bérésina. En 1813, il se battit à Lutzen, Dresde, Lindenau et
Leipzig, prit, en 1814, part à la campagne de France et assista aux
affaires de Bar-sur-Aube, Brienne et Champaubert. Licencié en
1814, il rentra à Rollingergrund où il mourut chef-cantonnier.
André Michel. N° 1812 du brevet.
Né à Luxembourg en 1788, André entra le 27 avril 1811 dans
les chasseurs du 21e régiment d'infanterie légère et fit les
campagnes de 1810, 1811, 1812, 1813 et 1814 à l'armée d'Espagne.
Il prit, entre autres, part aux engagements de Vittoria et de
Toulouse. Congédié le 14 juin 1814, il vint se fixer à Luxembourg
et y passa le reste de sa vie.
Numéro matricule 8150. Taille 1.650 m.
Ant Bernard. N° 384 du brevet.
Né à Heisdorf le 27 mai 1791, Ant fut incorporé le 14 février
1813, à Courbevoie, au dépôt général de la Garde impériale et fit
les campagnes de 1813 et 1814 dans le 4e régiment des tirailleurs
de la Jeune Garde. Ant est décédé à Heisdorf. Taille 1.725 m.
Antony Nicolas. N° 1183 du brevet.
En 1811, Antony quitta sa maison paternelle de Biwels pour
entrer au 10e bataillon principal du train d'artillerie. Il fit les
campagnes de Russie, de Saxe et de France et, en août 1814, rentra
dans ses foyers, porteur d'un congé absolu daté du 18 juillet 1814.
Arend Henri. N° 2039 du brevet.
Né à Esch-sur-1'Alzette, Arend entra le 15 février 1812 dans
le 108e régiment d'infanterie de ligne et prit, peu de temps après
son arrivée au corps, part à la campagne de Russie. Sa belle
conduite durant la bataille de Mojaïsk lui valut sa promotion dans
les voltigeurs du 2e bataillon. C'est encore comme voltigeur qu'il
fit les campagnes de Saxe et de France. La campagne de 1814
terminée, il obtint le 15 mai 1814 un congé absolu et vint se fixer à
Esch, où il resta jusqu'à sa mort. — T1 72 —
Arend Jean. N° 634 du brevet.
Né à Hovelange en 1778, Arend fut incorporé le 19 ventôse an
XII (10 mars 1804) dans la 13e compagnie d'ouvriers d'artillerie et
inscrit au registre matricule sous le numéro 107. Il participa aux
campagnes de 1806 et 1807 en Allemagne et de 1808 et 1809 en
Italie. Le 21 août 1809 il obtint, à Turin, son congé de réforme. Le
certificat de visite délivré à ces fins à Turin le 6 du mois d'avril
1809 par le capitaine-chirurgien en chef Rossi, attaché à l'hôpital
de St-Jean, constate que «Arend Jean est atteint d'une cicatrice très
étendue à la partie moyenne et antérieure de la jambe droite, dont
les mouvements sont gênés; qu'il est hors d'état de faire le service
militaire.» Arend est décédé à Hovelange.
Arend Théodore. N° 1727 du brevet.
Né à Weiswampach, Arend servit de 1812 à 1814 dans le 108e
régiment d'infanterie de ligne. Il finit ses jours à Weiswampach.
Arendt Corneille. N° 1184 du brevet.
Né à Mullendorf en 1787, Arendt fut incorporé le 8 mai 1808,
en qualité de chasseur, dans le 3e bataillon du 21e régiment
d'infanterie légère. Il fit les campagnes de 1808, 1809, 1810, 1811,
1812, 1813 et 1814 à l'armée d'Espagne et y essuya plusieurs coups
de feu. Il se battit, entre autres, à Vittoria et à Pampelune et prit
part, le 10 avril 1814, à la bataille de Toulouse. Sa belle conduite
du 21 juin 1813 à la bataille de Vittoria le fit passer aux voltigeurs
du 5e bataillon du même régiment. Rentré en 1814 dans ses foyers,
il alla plus tard se fixer à Pontpierre, où il resta jusqu'à sa mort.
Arentz Jean. N° 1185 du brevet.
Né à Wahlhausen le 22 janvier 1791, Arentz quitta
Luxembourg le 14 avril 1811 avec le détachement de conscrits et
arriva le 27 avril suivant à Wesel, où il fut incorporé dans les
chasseurs du 21e régiment d'infanterie légère. Il fit la campagne de
1811 en Espagne dans les carabiniers du 3e bataillon. Grièvement
blessé à la tête par un coup de feu reçu au combat de St-Roch, il
obtint le 1er décembre 1811 un congé de réforme et rentra à
Wahlhausen avec une pension de 150 francs. Il y est décédé le 1er
mars 1863. Numéro matricule 8121. Taille 1.754 m. — T1 73 —
Arnoldy François. N° 1239 du brevet.
Entré le 14 mars 1813 au 1er régiment des canonniers à cheval
en garnison à Auxonne, Arnoldy, qui était né à Echternach le 6
mars 1792, débuta par la campagne de Saxe. Le 26 août 1813, il fut
grièvement blessé à Dresde par un coup de sabre à la jambe
gauche, ce qui ne l'empêcha pas, à peine guéri, de rentrer dans les
rangs pour faire la campagne de France. En août 1814, il fut
congédié et retourna chez ses parents à Echternach, où il s'installa
en qualité de serrurier. Il y est mort le 13 juin 1864.
Numéro matricule 1740. Taille 1.750 m.
Arnould Jean-Nicolas. N° 1186 du brevet.
Né à Strassen en 1792, Arnould entra, en 1811, dans les
chasseurs du 6e régiment d'infanterie légère, 3e compagnie du 3e
bataillon, et fit la campagne de 1811 en Espagne. En 1812, il prit
part à la campagne de Russie et y fut blessé à différentes reprises.
Après avoir fait encore les campagnes de 1813 et 1814 en Saxe et
en France, il revint en septembre 1814 s'établir définitivement à
Strassen.
Ast Antoine ( aussi Aust ). N° 2008 du brevet.
Né à Remich le 27 août 1792, Ast fut incorporé le 10 février
1813, à Metz, dans le 24e régiment d'infanterie légère. Il fit les
campagnes de 1813 à 1814 en Allemagne et resta, lors de la
capitulation de Dantzig, aux mains des Allemands.
Numéro matricule 13245. Taille 1.550 m.
Astgen Jean. N° 1187 du brevet.
Né à Oberpallen en 1793, Astgen fut incorporé en mars dans
les chasseurs du 2e bataillon du 24e régiment d'infanterie légère. Il
fit la campagne de 1812 en Espagne, celles de et 1814 en Saxe et
en Prusse et rentra, fin 1814, dans ses foyers. Il est mort à
Oberpallen le 29 novembre 1862.
Astgen Jean. N° 825 du brevet.
Né à Rodemack en 1787, Astgen vint, en 1798, se fixer avec
ses parents à Dalheim. C'est là que la conscription l'atteignit et
l'obligea, en 1806, à quitter le pays pour entrer dans les chasseurs
du 17e régiment d'infanterie légère. Il resta sous les drapeaux
jusqu'à la chute définitive de l'Empire et fit successivement les
campagnes de Pologne et de Prusse en 1806 et 1807, d'Autriche en
1809, ainsi que celles de 1810, 1811 et 1812 en Espagne. Au cours
de la campagne de 1813 en Saxe, il fut le 22 août blessé au bras
gauche au combat du Goldberg. …
— T1 74 —
En 1814, il fit la campagne de France et passa, le 2 février 1814,
aux carabiniers du 1er bataillon. Il assista, pendant la campagne de
1815 en Belgique, en qualité de caporal des carabiniers, à la
bataille de Waterloo. Licencié peu de temps après, il vint se fixer
définitivement à Dalheim.
Babinger Jean. N° ...... du brevet.
Entré en novembre 1812 aux chasseurs du 24e régiment
d'infanterie légère, il fit les campagnes de Saxe et de France.
Pendant la campagne de Saxe, il essuya le 17 octobre 1813 un coup
de feu à Leipzig. En août 1814, il retourna chez ses parents à
Bivange et y resta jusqu'à sa mort.
Bach Jacques. N° 1189 du brevet.
Né à Luxembourg en 1793, Bach fut incorporé en 1812 au 10e
bataillon du train d'artillerie. Il fit les campagnes de 1813 en Saxe,
de 1814 en France et de 1815 en Belgique. Grièvement blessé le 16
juin 1815 à la bataille de Fleurus, il fut réformé et rentra, fin 1815,
dans ses foyers. Il s'établit à Luxembourg en qualité de
maréchalferrant, et c'est là aussi qu'il est mort.
Badu Jean. N° 1190 du brevet.
Né à Lintgen le 10 avril 1791, Badu fut incorporé le 5 janvier
1813 dans la 2e compagnie du 1er régiment des
flanqueurschasseurs de la Garde impériale. Il fit les campagnes de Saxe et de
France et assista, entre autres, aux batailles de Lutzen, Bautzen,
Leipzig, Wachau, Hanau et Craonne. Sous la 1re Restauration,
Badu continua à servir les Bourbons jusqu'au 20 décembre 1814,
date à laquelle il obtint son congé définitif. Il rentra aux premiers
jours de 1815 pour se fixer à Lintgen, où il exerça du 18 février
1819 jusqu'au 1er février 1841, date de sa pension, les fonctions de
garde-forestier. Il y est mort au mois de novembre 1864.
Balberich Jean. N° 2044 du brevet.
Entré 1812 aux grenadiers du 2e bataillon du 100e régiment
d'infanterie de ligne, Balberich, qui avait passé une année dans la
compagnie de réserve du Département des Forêts, fit en 1813 la
campagne de Saxe et assista aux batailles de Lutzen et de la
Katzbach. Blessé à la jambe gauche par un biscaïen reçu le 26 août
à la bataille de la Katzbach, il tomba aux mains de l'ennemi et fut
interné comme prisonnier de guerre à Josephstadt. En janvier 1814,
il retourna au pays natal sans avoir jamais touché de solde. Il vint
se fixer chez ses parents à Differdange et y resta jusqu'à sa mort. — T1 75 —
Baltus Hubert. N°....... du brevet.
Né à Rollingen-lez-Mersch en 1790, Baltus fut incorporé en
1812 dans le 3e régiment des canonniers à cheval, avec lesquels il
fit, en 1813, la campagne de Saxe et prit part aux affaires de la
Katzbach et de Hanau. En novembre 1814, il rentra dans ses foyers
après avoir pris une part active à la campagne de 1814 en France.
Baltus passa sa vie à Rollingen comme charretier.
Barnich Nicolas. N° 1813 du brevet.
Né à Arsdorf en 1789, Barnich entra, en 1809, au 28e
régiment d'infanterie de ligne. A peine arrivé au corps, il fit la
campagne d'Autriche et prit, entre autres, part à la bataille de
Wagram. En 1810, il passa avec son régiment en Espagne où il fit
les campagnes de 1810, 1811, 1812 et 1813 et assista aux affaires
de Briviesca, Vittoria, Burgos et Pampelune. Fin 1813, il prit part à
la retraite de l'armée d'Espagne et fit, en 1814, la campagne du
Midi de la France. En juillet 1813, il rentra au pays.
Barth Jean. N° 2229 du brevet.
Né à Rollingergrund, Barth fut incorporé, en 1811, dans le
108e régiment d'infanterie de ligne. Il fit la campagne de 1812 en
Russie et assista, entre autres, aux affaires de Mohilew, Valontina,
Mojaïsk, Moscou et Wiasma. En 1813, pendant la campagne de
Saxe, il fut blessé le 30 octobre à Hanau et rentra, en 1814, sans
congé dans ses foyers. Barth finit ses jours à Rollingergrund.
Bastendorf Jean. N° 2051 du brevet.
Natif de Differdange, Bastendorf a servi de 1812 à 1814 dans
la cavalerie et est rentré, en 1814, sans congé dans ses foyers.
Bauer Balthazar. N° 847 du brevet.
Né à Leudelange, Bauer fut incorporé le 11 octobre 1806 à
Brest, dans la 2e compagnie, 4e bataillon, du 2e régiment des
canonniers à cheval. Il fit, en 1809, la campagne d'Autriche et, en
1812 et 1813, celles de Russie et de Saxe. Sa belle conduite aux
journées de Lutzen et de Bautzen lui valut son passage dans le 1er
régiment d'artillerie à pied de la Garde impériale, où il avança,
pendant la campagne de 1814 en France, au grade de caporal. Sous
la 1re Restauration, il obtint son congé absolu et se fixa à
Leudelange, où il finit également ses jours. — T1 76 —
Bauer Nicolas. N° 1199 du brevet.
Né à Luxembourg en 1793, Bauer fut incorporé, en 1810, dans
le 28e régiment d'infanterie de ligne. Il fit les campagnes de 1810,
1811, 1812 et, en partie, celle de 1813 en Espagne. En 1814, il fit
la campagne de France et rentra en juin 1814 à Luxembourg pour y
passer le reste de ses jours.
Bauer Nicolas. N° 2300 du brevet.
Né à Hespérange en 1787, Bauer fut incorporé en 1804
dans le 9e régiment de cuirassiers et participa en 1804 à la
campagne d'Allemagne, il assista à l'affaire d'Ulm et prit une part
active à la glorieuse bataille d’Austerlitz. En 1806 et 1807, il fit les
campagnes de Prusse et de Pologne et combattit à Iéna, Eylau et
Friedland. Au cours de la campagne de 1809 en Autriche, il fut à
Eckmühl et à Essling, passa le 3 juin 1809 au 28e régiment
d'infanterie de ligne, 3e compagnie du 5e bataillon, et fit le reste de
la campagne de 1809 dans cette arme. Au départ du 28e régiment
de ligne pour l'Espagne, Bauer quitta l'infanterie pour entrer, le 26
février 1810, dans le 4e bataillon, 7e compagnie, des sapeurs du
génie. De 1810 à 1814, il fit les campagnes d'Espagne, au cours
desquelles il assista aux batailles de Vittoria et de Pampelune, et
essuya le 10 avril 1814 un coup de sabre devant Toulouse.
Désormais impropre au service militaire, Bauer obtint un congé de
réforme et rentra avec une pension de 150 frs. au pays. Il vint se
fixer à Dommeldange et y resta jusqu'à sa mort. Taille 1.76 m.
Bausch Nicolas. N° 855 du brevet.
Entré en 1808 dans les chasseurs du 2e bataillon du 24e
régiment d'infanterie légère, Bausch fit la campagne de 1809 en
Autriche et assista le 6 juillet à la bataille de Wagram. Sa belle
conduite à cette glorieuse journée lui valut le passage dans les
voltigeurs du même bataillon qu'il accompagna, fin 1809, en
Espagne où il prit part aux campagnes de 1810 à 1812. En 1813, il
fit les campagnes de Saxe et de Prusse, tint finalement garnison à
Dantzig et participa au siège mémorable de cette place. Lors de la
capitulation, il fut fait prisonnier de guerre et, après une captivité
de quelques semaines, rentra dans son village natal de Meispelt. — T1 77 —
Bausch Nicolas. N°...... du brevet.
Né à Beaufort, Bausch fut incorporé en 1801 dans le 13e
régiment d'infanterie légère, 3e compagnie du 2e bataillon, et resta
sous les armes jusqu'en 1813. En 1810, il passa dans les carabiniers
du 1er bataillon. De 1801 à 1813, il avait pris part à presque toutes
les grandes batailles de l'Empire et fut, entre autres, blessé de deux
coups de sabre et d'un coup de feu à Austerlitz. Le corps labouré de
cicatrices, il rentra, fin 1813, au pays natal avec un congé de
réforme et se retira à la mort de ses parents à Consdorf. Les suites
de ses nombreuses blessures le rendant incapable à se livrer à
n'importe quel travail, et il finit par être à charge à la bienfaisance
publique et mourut à Consdorf dans la plus grande misère.
Baustert Michel. N° 2054 du brevet.
Né à Gilsdorf en 1787, Baustert fut incorporé le 22 mai 1807
dans le 7e régiment d'artillerie à pied, fit les campagnes de 1808 et
1809 en Espagne dans la 13e compagnie et obtint le 17 novembre
1810 un congé de réforme. Rentré au pays, il prit le 12 mars 1813
en qualité de remplaçant un nouvel engagement dans son ancien
corps. Il fit, de 1813 à 1815, les campagnes de Saxe, de France et
de Belgique. Après la bataille de Waterloo, où il faillit rester sur le
carreau, il retourna dans son village natal. Il se maria plus tard à
Dellen, où il est décédé le 4 mars 1867. (suite page suivante)
Beautems Toussaint. N° 1441 du brevet.
Né à Bettendorf, Beautems fut incorporé, en 1813, dans le
147e régiment d'infanterie de ligne. En décembre 1813, il passa
dans la compagnie des grenadiers du 2e bataillon et fit, dans cette
compagnie d'élite, la campagne de 1814 en France. En août 1814, il
rentra avec un congé absolu dans ses foyers. Beautems est mort à
Bettendorf.
Beck François. N°....... du brevet.
Né à Grevenmacher le 21 janvier 1782, Beck fut incorporé le
12 nivôse an XI (2 janvier 1803) dans le 108e régiment d'infanterie
de ligne et fit la campagne de 1805 en Autriche. Sa bonne conduite
à Austerlitz lui valut son avancement dans les grenadiers du 1er
bataillon, avec lesquels il fit la campagne de 1806 en Prusse.
Grièvement blessé à la hanche par un coup de lance reçu le 14
octobre 1806 à la bataille d'Iéna, Beck fut réformé et renvoyé dans
ses foyers avec une pension de 100 frs. Il finit ses jours dans sa
ville natale de Grevenmacher. Taille 1.666 m. — (T1 77) —
Baustert Michel. (suite) N° 2054 du brevet.
En 1809, Baustert avait été recherché erronément par le conseil
de recrutement de Diekirch pour faire partie de la levée de 1809.
C'est à cette occasion que le sous-préfet du 4e arrondissement fut
touché de la lettre suivante :
«ich unterschriebener michel Baustert Von Gilsdorff bekenne
andurch empfangen zu haben Von Municipal-bot von Diekirch ein
schreiben Vom herren unterprefect von Diekirch Vom 27 october
Von wegen meinem sohn Michel Baustert Conscribirter, ich
erkläre dass er in Dienst ist im 7 régiment canonier 13 Companie in
Spahnien.
Gilsdorff den 29 october 1809.
michel baustert». — T1 78 —
Becker Jean. N° 1814 du brevet.
Né à Lintgen en 1788, Becker fut incorporé en 1807 dans le
2e régiment d'infanterie légère. De 1807 à 1810, il fit les
différentes campagnes d'Espagne et de Portugal en qualité de
«cornet»*, et sa belle conduite dans la journée du 23 avril 1810 lui
valut la croix d'Honneur, en même temps que son déplacement
comme caporal dans les voltigeurs du 1er bataillon. Dès le grand
matin du 23 avril 1810, les Français montèrent à l'assaut du fort de
Matagorda, position assez importante au nord-ouest de Cadix. La
forte garnison qui la défendait, bien que fort éprouvée, tenait bon.
Le siège de la place avait déjà duré depuis le 11 avril 1810 et la
ville n'avait pas essuyé moins de 10,000 coups de canon. A
différentes reprises, les chasseurs du 2e léger s'étaient vus obligés
de reculer non sans laisser bon nombre de leurs camarades sur le
carreau. Un dernier assaut n'ayant pas mieux réussi, le capitaine
Laroque donna finalement l'ordre de sonner la retraite. C'est à ce
moment critique que Becker, grisé par l'idée de vaincre ou de
mourir, se jette en avant et sonne la charge. Cet appel suprême ne
devait pas rester inaperçu: bientôt tout le 2e léger s'avance au pas
de charge et, fortement appuyé par ses compagnons d'armes des
autres corps, parvient à forcer la position. Becker ne devait
cependant pas longtemps jouir de l'avancement que la journée de
Matagorda lui avait procuré: grièvement blessé dans une
escarmouche aux environs de Lodrigoz, il resta aux mains de
l'ennemi comme prisonnier de guerre. C'est en 1814 seulement
qu'il put réintégrer ses foyers pour jouir enfin paisiblement de sa
pension de chevalier de la Légion d'Honneur. Il mourut
gardeforestier à Lintgen.
Becker Michel. N° 1191 du brevet.
Entré le 4 mai 1805 comme volontaire dans le 19e régiment
de dragons, Becker, qui était originaire de Schweich, fit la
campagne d'Allemagne et prit, dans le 5e corps d'armée, une part
active à la bataille d’Austerlitz. Il participa en Espagne aux
différentes campagnes de 1807 à 1811 ; le 17 mars 1807 il passa
dans le régiment des chevau-légers de Berg et avança le 2 octobre
1808 au grade de brigadier. Le 11 janvier 1809, il passa dans les
chasseurs à cheval de la Garde impériale. …



* Sous le 1er Empire, l'infanterie légère seule avait, en dehors des
tambours, également des « cornets », instruments de musique en forme de
petits cors de chasse; le vrai « clairon » ne date que de 1820.
— T1 79 —
Rentré d'Espagne, il prit part en 1812, avec la Vieille Garde, à la
campagne de Russie; il fut blessé d'un coup de sabre à la bataille de
la Moskowa. En 1813, il eut à Leipzig son cheval tué sous lui.
Rentré fin 1813 en France, il prit part en 1814 et 1815 aux
campagnes de France et de Belgique et rentra, après Waterloo,
dans ses foyers. Son état de service renseigne 10 campagnes et 3
blessures graves. Le 31 juillet 1837, Becker se fixa définitivement
à Mamer comme garde-forestier.
Becker Théodore. N° 1975 du brevet.
Né à Niederfeulen le 22 mars 1787, Becker fut incorporé le 29
octobre 1808 à Marseille dans le 62e régiment d'infanterie de ligne
et fit les campagnes d'Autriche en 1809, de Calabre en 1810 et
celles de 1811 et 1812 en Espagne et en Portugal. Blessé à la jambe
au combat de Duenas le 25 octobre 1812, il fut fait prisonnier de
guerre par les Anglais et conduit aux galères de Portsmouth. Ce
n'est qu'en 1815 qu'il rentra à Niederfeulen pour y passer le reste de
sa vie.
Beffort Sébastien. N° 1815 du brevet.
Né à Rollingergrund, Beffort fut incorporé, en 1809, dans les
fusiliers du 15e régiment d'infanterie de ligne, prit, la même année,
part à la campagne d'Autriche et de Tyrol et fit, en 1812, la
campagne de Russie. En 1813, il passa du 15e au 147e régiment
d'infanterie de ligne, fit de 1813 à 1814 les campagnes
d'Allemagne et assista, entre autres, aux affaires de la Katzbach et de
Liegnitz. Pendant la campagne de 1814, il fut blessé d'un coup de
baïonnette, ce qui ne l'empêcha pas de rester sous les armes et de
participer encore en 1815 à la campagne de Belgique. Après la
chute définitive de l'Empire, Beffort fut licencié et alla plus tard se
fixer à Luxembourg, où il est également mort.
Behm Conrad. N° 1192 du brevet.
Né à Luxembourg, Behm entra, en 1808, dans le 5e bataillon
du 21e régiment d'infanterie légère et fit, en qualité de chasseur du
3e bataillon à l'Armée du Midi, les campagnes d'Espagne et de
Portugal de 1808 à 1814. Sa belle conduite du 19 mars 1809 à
l'affaire de Draga lui valut son avancement dans les carabiniers du
1er bataillon. A la bataille d'Oporto, il fut blessé le 29 mars 1809
par un coup de sabre à la tête. En août 1814, il rentra à
Luxembourg, où il finit ses jours comme journalier. — T1 80 —
Beissel Jean-Augustin. N° 204 du brevet.
Né le 23 mars 1787 à Strassen, Beissel fut incorporé le 27
février 1807 dans le 7e régiment de hussards en garnison à
Ruremonde. Il fit la campagne de 1811 en Pologne et avança le 1er
septembre de la même année au grade de brigadier; au cours de la
campagne de Russie il fut cassé, le 8 septembre 1812, pour cause
d'insubordination. Réintégré le 10 mai 1813 dans son ancien grade,
la campagne de Saxe lui valut, en dehors de la réhabilitation, la
croix de chevalier de la Légion d'Honneur. Cette nomination date
du 10 octobre 1813. Grièvement blessé le 30 octobre 1813 au
combat de Hanau, Beissel fut laissé pour mort sur le champ de
bataille, ce qui explique la mention écrite en marge de son nom
dans le registre matricule dudit régiment: «Perdu pendant la
campagne de 1813. Rayé le 1er septembre 1814.»
Après s'être traîné d'hôpital en hôpital, Beissel rentra en
octobre 1814 à Strassen, où il passa le reste de ses jours.
Taille 1.648 m.
Berchem Jacques. N° 1816 du brevet.
Né à Kopstal en 1791, Berchem fut incorporé le 24 juin 1810
dans le 7e régiment d'infanterie de ligne et fit, en 1812, la
campagne de Russie en qualité de grenadier du 1er bataillon. En
1813, il passa au 8e régiment de hussards et participa, en 1813 et
1814, aux campagnes de Saxe et de France. Licencié sous la 1re
Restauration, Berchem finit ses jours à Kopstal. — T1 81 —
Berg Michel. N° 1817 du brevet.
Né à Grevenmacher le 13 décembre 1793, Berg fut incorporé
le 22 novembre 1812 dans les chasseurs du 24e régiment
d'infanterie légère et inscrit au registre matricule sous le numéro
12471 ; sa taille y renseignée était de 1.590 m. Après avoir passé 2
mois en garnison à Metz, il prit part, en 1813, à la campagne de
Saxe et de Prusse et plus particulièrement au siège de Dantzig. Fait
prisonnier de guerre lors de la capitulation de cette place, il rentra
en 1814 dans ses foyers.
Berg Pierre. N° 2032 du brevet.
Né à Esch-sur-1'Alzette en 1793, Berg fut incorporé, en 1813.
dans le 11e bataillon du train d'artillerie. Il fit les campagnes de
Saxe, de Silésie et de France et rentra, fin 1814, dans ses foyers. Il
passa le reste de ses jours à Esch.
Beringer Jean. N° 844 du brevet.
Incorporé, en 1812, dans le régiment des fusiliers-chasseurs
de la Jeune Garde, Beringer fit la campagne de Russie, durant
laquelle il assista, entre autres, à la bataille de Borodino et fut
blessé, le 24 octobre 1812, à Malo-Jaroslawetz. Pendant la
campagne de 1813 en Saxe, il se distingua le 2 mai à la bataille de
Lutzen et fut blessé à la main gauche lors du passage de l'Elster.
Réformé de ce chef, il rentra au commencement de l'année 1814
dans son village natal de Heisdorf.
Bernard Antoine. N° 384 du brevet.
Né à Heisdorf en 1791, Bernard entra en 1812 dans le train de
la Garde impériale, fit la campagne de 1813 en Saxe et assista aux
batailles de Bautzen, Dresde et Leipzig. En 1814, il prit part à la
campagne de France et rentra, en juillet 1814, dans ses foyers.
Bernard est mort à Heisdorf.
Besch Pierre. N° 1444 du brevet.
Né à Ettelbruck en 1787, Besch fut incorporé en 1808 dans le
19e régiment d'infanterie de ligne. Il fit les campagnes de 1808 en
Pologne, de 1809 en Autriche et en Tyrol, de 1812 en Russie, de
1813 en Saxe et de 1814 en France. Congédié en 1814, il retourna
à Ettelbruck, où il est décédé le 13 septembre 1871. — T1 82 —
Bethmin Michel. N° 1507 du brevet.
Entré en 1810 au 28e régiment d'infanterie de ligne, Bethmin fit,
dans les fusiliers du 1er bataillon, les campagnes de 1810 à 1813
en Espagne et assista, entre autres, aux batailles de San Mora, de
Briviesca, de Burgos et de Pampelune. Pendant la campagne de
1814 en France, il fut légèrement blessé à l'affaire d'Orléans.
Licencié en 1814, Bethmin retourna dans ses foyers à Hovelange,
où il passa le reste de ses jours.
Bettinger Michel. N°...... du brevet.
Né à Neuerbourg le 23 juin 1792, Bettinger fut incorporé le 27
mars 1812 dans le 28e régiment d'infanterie de ligne, 3e compagnie
du 5e bataillon, en garnison à St-Omer, et participa aux campagnes
de 1812 à 1813 en Espagne. Le 10 février 1813, il passa dans les
fusiliers du 139e régiment d'infanterie de ligne et prit part, la même
année, à la campagne d'Allemagne et tout particulièrement au siège
de Dantzig. Lors de la capitulation de cette place, il tomba au
pouvoir du vainqueur qui, peu après, le relâcha comme étranger.
Au cours de son passage par la Hollande, il lui fut remis une feuille
de route.* (voir page suivante T1 83)
Rentré au pays en 1814, Bettinger trouva sa patrie occupée par
les troupes hessoises et dut, en 1815, se plier aux exigences de la
conscription allemande: le 15 avril 1815, il fut, enrégimenté dans la
8e compagnie du 24e régiment d'infanterie de ligne prussienne. Il
prit part à la campagne de 1815 en Belgique et assista, le 18 juin, à
la bataille de Mont St-Jean. Cette campagne lui valut la médaille en
bronze des combattants prussiens de 1815, dont le port lui fut
accordé par autorisation donnée à Breslau le 1er mai 1816. (voir
page suivante T1 84) Le 15 novembre 1818, il fut définitivement
licencié et put retourner dans ses foyers. (voir page suivante T1 85)
Le 21 janvier 1820 il se maria à Wiltz et y passa le reste de sa
vie comme tailleur. Il y est décédé le 26 février 1872.


* La dite feuille de route porte sur son verso les suscriptions suivantes :
Emmerich den 22ten May. (s.) W. Waels.
Vu arrivé à Marche le 3 juin 1814. (s.) Ant. Michaux.
Zu Neurboug gesehen den 16ten Junius 1814. (s.) Deneufforge,
Oberbürgermeister.
Gesehen zu Bitburg den 1. 7ber 1814. Für Hrn. Kreisdirektor
(s.) Maligaux secrétaire. — T1 83 —



— T1 84 —



— T1 85 —