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Publié le 06 août 2015
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Libye. Il faut faire cesser les enlèvementspar lesgroupes armés [05/08/2015]Les nombreux enlèvements commispar desgroupes armés font désormaispartie de la viequotidienne en Libye, a déclaré AmnestyInternational mercredi 5 août, lors du lancement de sa synthèse de campagne intitulée‘Vanished off the face of the earth’: Abducted civilians in Libya. L'organisation appelle à mettre un terme à cephénomènegénéralisé,qui représente un fléaupour lepays.
Selon le CroissantRouge libyen,plus de 600personnes ont disparu depuis 2014 et l'on ignore toujours cequ'il est advenu d'au moins 378 d'entre elles. Les chiffres réels sont probablement bien plus élevés.
«Les civils de Libye vivent sur le fil du rasoir. L'état de nondroit et de chaos qui règne dans le pays est encore aggravépar des enlèvements fréquents, tandisque lesgroupes armés raffermissent leur emprise sur le territoire», a déclaré Saïd Boumedouha, directeurpar intérim duprogramme MoyenOrient et Afrique du Nord d'AmnestyInternational. «Des centaines de civils ont été enlevés sur un coupde tête, uniquement en raison de leurs origines géographiques ou parce qu'ils sont soupçonnés de soutenir un groupe politique rival. Dans de nombreux cas, ils sont utilisés comme otagespourpousser ungroupe armé àprocéder à un échange deprisonniers oupour forcer leur famille à verser une rançon. »L'effondrement de l'autorité centrale et l'absence de maintien de l'ordre et d'un systèmejudiciaire fonctionnel en Libye ont engendré un climat d'impunitégénéraliséequipermet aux auteurs d'enlèvements d'éviter d'être poursuivis et d'avoir à rendre des comptes. »
Laprise d'otages civils est interdite aux termes du droit international humanitaire et, lors d'un conflit, équivaut à un crime de guerre.
AmnestyInternational demande à la communauté internationale de renforcer son soutien auprès de la Cour pénale internationale(CPI)pourque cette dernière enquête sur les crimes deguerre et les crimes contre l'humanité commis en Libye. À cejour, leprocureur de la CPI n'a ouvert aucune enquête sur les crimes relevant du droit international commispar desgroupes armés depuis 2011.
Lespersonnes enlevéespar desgroupes armés sont régulièrement victimes de torture ou d'autres mauvais traitements durant leur séquestration. Beaucoupsont rouées de coups, menacées de mort, maintenues lesyeux bandéspendantplusieursjours, agresséesphysiquement et verbalement et, souvent, électrocutées et forcées à rester dans despositions douloureuses ou angoissantes. Plusieurspersonnes sont mortes des suites des actes de torturequ'elles avaient subis ou ont été sommairement exécutées, et leurs corps ont été abandonnésplus tard au bord de la route.
Lesgroupes armés doivent libérer les civils, traiter humainement tous leurs détenus,ycompris les combattants capturés, et fournir des informations sur le sort réservé auxpersonnes disparues et l'endroit où elles se trouvent. Toutepersonne maintenue en détention devrait en outre être autorisée à avoir régulièrement des contacts avec sa famille.
Parmi les victimes de ces enlèvements se trouvent des militants, des fonctionnaires et d'autres civils capturéspar des agresseurs inconnus, en raison de leur affiliation politique ou de leur travail.
Suleiman Zobi, 71 ans, ancien membre du Congrèsgénéral national, et Abdel Moez Banoun, blogueur et militant en faveur des droitspolitiques, en fontpartie. Ce dernier a été enlevé alorsqu'il se trouvait dans une voiture garéeprès de son domicile. Il s'étaitprononcé contre laprésence de milices à Tripoli et avait organisé des manifestations sur ce thème. Abdel Moez Banoun estporté disparu depuisplus de 300jours. Selon les termes de son frère, il a « disparu de la surface de la terre ». Leprocureur Nasser al Jaroushi a été enlevé après avoir enquêté sur le meurtre de Salwa Bugaighis, militante en faveur des droits humains, et s'être intéressé à des gangs criminels liés au trafic de drogue.
Les travailleurs humanitaires Mohamed al Tahrir Aziz, Mohamed al Munsaf al Shalali et Waleed Ramadan Shalhoub ont été enlevés le 5juin, alorsqu'ils étaient en cheminpour distribuer desprovisions dans des villes du sudouest de la Libye touchées par les combats.
D'autrespersonnes sont également visées, comme des travailleurs migrants, lepersonnel des représentations diplomatiques étrangères, ou encore les habitants déplacés de Tawargha, forcés de quitter leur ville en 2011.
Dans sa synthèse de campagnepubliée mercredi 5 août, AmnestyInternational appelle lesgroupes armés à mettre un terme aux enlèvements et à condamner publiquement ces agissements, ainsi que la torture.
Le dialoguepolitique mené actuellement sous l'égide de l'ONU,qui apour objectif de mettre un terme à la violence et de former ungouvernement d'union nationale,prévoit également de sepencher sur leproblème des enlèvements et des détentions illégales dans le cadre d'un ensemble de mesures de confiance. Lesparticipants à ce dialogue,ycompris les dirigeants municipaux locaux, doivent maintenant exercer leur influence auprès des commandements des groupes armés et intervenir afin d'obtenir la libération de tous les civils enlevés.
AmnestyInternationalprie instamment ses sympathisants d'agir sur les médias sociaux et d'organiser des manifestations dans le cadre d'une campagne visant à appeler lesgroupes armés et les autorités à mettre fin aux enlèvements et à veiller à ceque les centaines de civils toujours séquestrés soient libérés immédiatement et sans condition.
Libye,disparition forcée