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À la bonne franquette : opérette en 1 acte... / paroles de L. Houssot ; musique de P. Henrion

De
14 pages
P. Feuchot (Paris). 1872. 15 p. ; in-4.
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A LA
BONNE FRANQUETTE
; : OPÉRETTE EN UN ACTE
Représentée pour la première fois au Théâtre des Nouveautés
V 'v/V-ÀV
Le 6 Octobre 1871
PAROLES DE
L. HOUSSOT
MUSIQUE DE
P. HENRION
A PARIS
CHEZ PH. FEUCHÛT, ÉDITEUR, PALAIS BONNE-NOUVELLE
Propriété pour tous pays.
e-,\
Ky
A LA BONNE FRANQUETTE
OPÉRETTE EN UN ACTE
Personnages. Artistes.
BOUCHENCOEUR, soldat. MM. A. BEN
RAPINET, peintre DIDIER
TROPBELLEBUSE, cocodès. VERLÉ
Personnages. Artistes.
LUCIENNE, actrice. Mmes DORTAL
PERPÉTUE, paysanne. MASSUE
FORTENARINE, modèle. LOTRU
LÉON et AUGUSTE, rapins. MM. ***
Le Théâtre représente un atelier de peintre.
Un grand tableau sur un chevalet, et recouvert d'un rideau*
SCÈNE PREMIÈRE
RAPINET, LÉON, AUGUSTE, FORTENARINE.
Rapinet assis devant son chevalet, Léon et Auguste
tenant, l'un une pelle à feu, l'autre des pincet-
tes qu'ils frappent pour accompagner au refrain.
Fortenarine, debout sur sa table à modèle. Le
rideau lève sur le refrain.
En casquette,
Ailons-y-y,
A la bonne franquette,
Ça-y est-y ?
Allons-y-y, allons-y-y,
Un patapon patatchi,
Ça-y est-y ?
Oui, oui,
Allons-y-y.
FORTENARINE (chantant).
Un beau jour dans Hn atelier,
Quatre zartistes du quartier,
Entrevir'nt un' femme modèle,
Comme on en vit jamais d' si belle.
Aussi chacun dit, nom de d' là,
C'est Vénus mêm' que c' modèl'-là.
En casquette, etc.
2me
Tous quatre z-étant des sans l' sou,
Tous quatre mir'ent leur montre au clou,
Pour lui demander la préférence,
De la faveur d'un' simpl' séance,
Car tout, chez elle, était si beau,
Qu'ils voulaient l' mettre dans un tableau.
En casquette, etc.
3°"
Elle dit: vous êtes ben gentils,
Mais n' vous y trompez pas, mes petits,
Vous pourriez ben doubler la somme,
Que j' men moqu'rais comme d'un' pomme,
Car j'ai le sac, et blague à part,
Je n' pos' que pour l'amour de l'art.
En casquette, etc.
FORTENARINE (à Auguste).
Mais, voici l'heure de votre séance, et je
ne tiens pas à ce qu'elle passe encore en
conversation, comme l'autre jour, vu que
j'ai besoin d'un chapeau, et.
AUGUSTE (frappant sur son gousset).
Ne crains rien ; si tu veux même des ar-
rhes !.
FORTENARINE.
Des arrhes ! vrai ? Alors, allons poser
dare, dare !
RAPINET (à Auguste).
Tu as donc hérité?
AUGUSTE (avec fatuité).
Non, mon bon ; seulement on vend ses
tableaux.
LÉON.
Mais z'ouil. On vend ses tableaux!
RAPINET.
Dix-huit sous?
4 A LA BONNE FRANQUETTE
AUGUSTE.
Tu te figures qu'il n'y a que toi pour
trouver des annteurs ?
RAPINET.
Allons, c'est bon ! parce que tu es capi-
taliste, ce n'est pas une raison pour nous
éblouir par tes airs de grandeur.
LÉON.
Dame ! quand on n'en a pas l'habitude.
FORTENARINE.
Ça, c'est vrai !.
RAPINET.
Oui, c'est une circonstance atténuante.
Mais, avec tout ça, est-ce que vous n'allez
pas me f. aire le plaisir de filer?
AUGUSTE & LEON.
Il est encore poli!.
FORTENARINE.
Tout juste.
RAPINET.
Ce n'est pas pour toi que je dis cela.
Mais, sous prétexte que l'on demeure dans
la même maison, ces lézards-là sont tou-
jours dans l'atelier des autres.
LÉON.
Nous la connaissons celle-là!. Il y a
assol longtemps que tu nous la fais.
AUGUSTE.
Quel père grognon! On dirait qu'il est
déjà membre de l'Institut.
RAPINET.
Ça, c'est autre chose , je ne crois pas que
jamais.
FORTENARINE.
Pourquoi donc ? On a vu.
AUGUSTE & LEON (ensemble).
Des hannetons épouser des sauterelles et
faire un heureux sort au grand-papa de la
famille.
FORTENARINE.
Oh ! gare au premier qui entrera.
SCÈNE II
LES MÊMES, TROPBELLEBUSE.
TROPBELLEBUSE.
Bonjour, Messieurs.
FORTENARINE.
Tiens, c'est le vicomte !
LÉON & AUGUSTE.
C'est lui !
TROPBELLEBUSE.
C'est moi.
RAPINET.
Bonjour, Trophellebuse! Par quel heu-
reux hasard ?
TROPBELLEBUSE.
Est-ce que Lucienne n'est pas ici ?
FORTENARINE (minaudant).
Vous voyez, vicomte, que Mademoiselle
Lucienne n'est pas ici ; mais si ce n'était
pas une affaire trop personnelle.
AUGUSTE.
Oh ! quel aplomb cette Fortenarine a !
LÉON.
C'est un mot.
TROPBELLEBUSE.
Ah! très-joli! très-joli !
RAPINET.
Vous savez bien que votre amie ne doit
pas venir aujourd'hui.
TROPBELLEBUSE.
C'est vrai, cher; mais elle n'a pas de ré-
pétition, elle a décidé.
RAPINET.
Elle a décidé, elle a décidé 1 c'est possible,
mais j'ai séance et j'attends le modèle qui
doit me poser mon Léonidas. C'est étonnant
qu'il ne soit pas encore ici.
TROPBELLEBUSE.
Oh ! mon ami, renvoyez-le, votre modèle;
faites cela pour moi.
FORTENARINE.
Oh ! son ami, faites cela pour lui!
AUGUSTE.
Il est bon, le vicomte! renvoyer le mo-
dèle ! Eh bien ! et l'inspiration?
LÉON (d'un air moqueur).
Oui, au fait, l'inspiration!
AUGUSTE (même jeu).
Est-ce qu'on peut la renvoyer comme ça ?
A LA BONNE FRANQUETTE 5
RAPINET (à Auguste et à Léon).
Vous n'avez pas bientôt fini, vous autres?
(A Tropbellebuse.) Ce n'est pas cela, mon
cher ami ; mais je ne puis pas être aux ca-
prices de mademoiselle Lucienne, qui ne
vient jamais quand on l'attend, et qui vient
toujours quand on ne l'attend pas. (On
frappe.) Entrez!
SCÈNE III
LES MÊMES, LUCIENNE.
LUCIENNE.
Bonjour, monsieur Rapinet. (A Tropbel-
lebuse.) Tiens ! vous voilà, vous? Que faites-
vous donc ici ?
TROPBELLEBUSE.
Mais. je savais que vous deviez venir
poser. et.
LUCIENNE.
Et. et vous êtes venu avant moi (Bas.)
pour faire de l'œil jà cette Forte. je ne
sais quoi !
TROPBELLEBUSE.
Oh! Lucienne!
LUCIENNE.
Mademoiselle Lucienne, S. V. P. ! Ces
hommes! parce qu'on a des bontés pour
eux, ils se figurent avoir le droitde tout oser.
TROPBELLEBUSE.
Mais. (A part.) Elle est adorable!
LÉON (à Rapinet).
Je crois que nous sommes de trop !
AUGUSTE.
Ça me fait cet effet là.
FORTENARINE.
Allons, allons travailler.
RAPINET.
Je ne vous retiens pas.
LÉON, AUGUSTE, FORTENARINE (sortent en
saluant et disant à Rapinet):
A tantôt!
SCÈNE IV
LUCIENNE, TROPBELLEBUSE, RAPINET.
LUCIENNE.
Et mon portrait, est il fini?
RAPINET.
Fini 1. Il eut fallu pour cela venir un
peu plus souvent poser.
TROPBELLEBUSE.
C'est ce que je vous disais.
LUCIENNE.
Taisez-vous ! (A Rapinet.) Vous ne con-
naissez donc pas assez ma figure? Il me
semble cependant que mes traits sont assez.
RAPINET.
Assez charmants pour être gravés dans
ma mémoire ; certainement, mais.
LUCIENNE.
Ah ! c'est gentil ce que vous me dites !
(Bas à Rapinet et montrant Tropbellebuse.)
Ce n'est pas lui qui aurait trouvé cela.
(Haut.) N'est-ce pas, vicomte?
TROPBELLEBUSE.
Hein! quoi?
LUCIENNE.
Quoi? quoi?. On dit plaît-il, quand on
est bien élevé; vous êtes pourtant assez
haut sur p , assez haut monté pour cela.
TROPBELLEBUSE.
Oh ! très-jolt ! très-joli ! Laissez-moi vous
dérober un baiser. (Il ouvre les bras, elle
passe dessous, et se trouve presque dans
ceux de Rapinet, qui ne l'embrasse pas.)
LUCIENNE.
Un autre aurait profité de l'occasion. Il
paraît que vous n'êtes aimable qu'en pa-
roles. Allons. (Elle défait son châle et
son chapeau qu'elle donne à Tropbellebuse,
qui se promène avec.) Tenez-ça, vous !
TROPBELLEBUSE.
Voilà ! 1
LUCIENNE.
Soyons à la pose ! Posons, puisqu'il faut
que je sois là!
RAPINET.
Mais pas en ce moment, je ne puis.
LUCIENNE.
Vous ne pouvez pas? Ah ça, tâchons donc
de nous entendre : Tout à l'heure vous me
reprochiez de ne pas venir assez souvent,
me voilà et vous n'en profitez pas ?
6 A LA BONNE FRANQUETTE
TROPBELLEBUSE.
Comment, vous n'en profitez pas?
RAPINET.
Je vous l'ai déjà dit, vicomte, j'attends le
modèle de mon Léonidas.
LUCIENNE.
Il attendra à son tour, votre Léonidas. Le
vicomte sera si heureux d'avoir mon por-
trait dans le costume avec lequel j'ai eu tant
de succès !
TROPBELLEBUSE.
Oh ! oui ! au théâtre de la Tour d'Au-
vergne.
LUCIENNE.
On ne vous demande pas où.
RAPINET.
Mais, je vous le répète, mon Léonidas.
LUCIENNE.
Votre Léonidas, votre Léoni. Voyons-le
donc ; qu'est-ce qu'il fait, votre Léonidas?
RAPINET (tirant le rideau qui couvre son tableau).
TROPDELLEBUSE.
Ne regardez pas! ne regardez pas, je
vous en prie !
LUCIENNE.
Pourquoi donc ?
TROPBELLEBUSE.
Dame! c'est que. c'est que.
RAPINET.
C'est que cette figure est peu drapée.
LUCIENNE.
C'est pour ça?. (Elle bouscule le vi-
comte et regarde le tableau.) Qu'est-ce que
vous me disiez donc? Il a un casque,
RAPINET.
Et même un sabre!
LUCIENNE.
Tiens! tiens! tiens! mais, si je ne me
trompe pas, c'est le troupier que j'ai ren-
contré, l'autre jour, dans votre escalier?
RAPINET.
Tout juste! C'est Bouchencœur, un cava-
lier de mes amis, qui veut bien me consa-
crer ses loisirs de garnison, et me permettre
de prendre quelques-unes de ses vues.
LUCIENNE.
Il n'est pas mal, ce soldat!
TROPBELLEBUSE.
Oli ! comment.
LUCIENNE.
Comme Léonidas, s'entend !
TROPBELLEBUSE.
Ah! bien!
RAPINET.
Pardi!. Avec tout cela il ne vient pas,
l'heure passe ; il est cependant très-exact.
LUCIENNE.
Eh bien! puisqu'il ne vient pas, si je pas-
sais mon costume et que nous posions,
hein ?
RAPINET.
Il ne peut tarder, et je crains.
LUCIENNE.
Vous craignez? Allons donc! je ne crains
rien, moi. Sur ce, je vais m'habiller; je
passe dans votre chambre à coucher. Il n'y
a pas d'indiscrétion ?
RAPINET.
Pas précisément, mais.
LUCIENNE.
Il n'y a pas de mais., c'est entendu.
(Elle entre à gauche et laisse la porte en-
tr'ouverte, afin de pouvoir parler de la
chambre.)
SCÈNE V
RAPINET, TROPBELLEBUSE.
RAPINET.
Je n'y comprends rien. Que diable peut-
il faire, ce Bouchencœur?
TROPBELLEBUSE.
Il est sans doute captivé par les charmes
de quelque. de quelque.
RAPINET.
Ne cherchez pas, vous ne trouveriez rien.
TROPBELLEBUSE.
Oh! très-joli! très-joli!
RAPINET.
Pourvu qu'il n'arrive pas encore celte