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Académie des jeux floraux. Séance du 23 avril 1865. [Éloge de M. le Mis Adolphe de Tauriac, par M. Florentin Ducos.]

De
11 pages
impr. de Rouget et Delahaut (Toulouse). 1863. In-8° , 12 p..
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ànamà
DES JEUX FLORAUX.
–iicc du -J:i Avril
4
ÉLOGE
DE
M. LE MARQUIS ADOLPHE DE TAURIAC *
Par M. FLORENTIN DUCOS, un des,
quarante Mainteneurs.
MESSIEURS,
C'EST une mission toujours douloureuse que l'Aca-
démie confie à un de ses membres, lorsqu'elle l'invite
à retracer la vie et les mérites du Mainteneur que la
mort lui a enlevé , et à renouveler des regrets qui
ont été bien vivement sentis. Mais cette douleur est
bien plus profonde pour l'orateur chargé de raconter
une existence honorable , lorsqu'il doit vous entre-
tenir d'un ami affectionné ; surtout lorsque , par des
relations multipliées et pleines de charme , il lui a
été donné d'apprécier plus intimement les qualités,
le cœur et l'esprit de cet homme d'élite. Chargé de
vous présenter l'éloge de M. de Tauriac, ma tâche sera
facile à remplir ; et l'éloge se trouvera tout naturel-
lement tracé dans le fidèle récit d'une existence exem-
4
plaire , aussi honorable qu'utile au pays et à ses con-
citoyens.
EUGÈNE-ANNE-ADOLPHE DE TAURIAC naquit à Tou-
louse le 13 thermidor -an ix (1er août 1801 ). Ii
était fils de M. le Marquis de Tauriac et de Madame-
Pélagie Dumoulin.
M. le marquis de Tauriac apporta le plus grand soin
à l'éducation de son fils ; à cette première initiation
dont il connaissait toute l'importance. Dès l'âge de
neuf ans, il l'envoya à Paris et le confia aux soins de
l'abbé Léotard , qui dirigea ses premières- éludes.
Durant le cours de ces études , notre futur confrère-
eut le malheur de perdre sa mère. Cette douloureuse-
circonstance le décida à prolonger son séjour à Paris
pour y passer ses examens de bachelier ès lettres , et
y faire ses études de droit. Devenu majeur, le jeune
Tauriac renonça à la carrière du Barreau qui l'aurait
conduit à la Magistrature , pour se consacrer à l'étude
des Belles-lettres, vers lesquelles l'entraînait nn attrait
puissant.
Rentré à Toulouse, à peine âgé de vingt-trois ans,. iî
ne tarda pas à se marier. Une héritière des Riquet,
Mademoiselle Louise de Cambon , appartenant à une
des premières familles de Toulouse, fixa son choix.
Une fille naquit de ce mariage , Charlotte-Adélaïde de-
Tauriac , qui, dans la suite, épousa M. le Comte de
Berthier.
- Mais , par une cruelle fatalité r le nouvel état de
notre confrère ne fut pas de longue durée. Après
moins de huit ans d'une union formée sous les plus
heureux auspices, il vit tout à coup s'écrouler l'édi- -
fice de son bonheur. Une maladie ne laissant dès
son origine aucun espoir de guérison , lui enleva
une compagne douée des plus aimables vertus t
5
el le laissa avec une jeune fille à peine âgée de trois-
ans.
Ce triste événement fil une impression si doulou-
reuse sur son cœur aimant, qu'on lui conseilla, pour
dissiper ses tristesses, d'entreprendre des voyages dont
il devait rapporter de nombreux et utiles souvenirs.
L'Angleterre, l'Allemagne et surtout l'Italie, furent
tour à tour l'objet de ses intelligentes pérégrinations.
Entre autres excellentes qualités , M. Adolphe de Tau-
riac possédait profondément l'amour des Beaux-arts.
Avec quel bonheur il parcourut en vrai touriste
et le bâton à la main , cette terre privilégiée, couverte
des plus admit ables monuments et enrichie des plus
glorieux souvenirs ; cette contrée où les arts sont na-
turellement éclos , comme des productions du sol !
où l'homme naît artiste , où des œuvres qui excitent
notre admiration , doivent peut-être plus à l'inspira-
tion qu'à l'étude. M. deTauriac, en amateur plein
dégoût, fil sa récolte artistique, et il rapporta de
ses voyages une collection d'œuvres d'art dont il en-
richit ses salons et son cabinet.
On y admirait, entre autres objets, une Descente de
croix, ciselée en ivoire, qu'il avait apportée de Rome,
travail d'une délicatesse et d'un fini admirables ;
ainsi que plusieurs mosaïques représentant des fleurs
et des ciseaux, ouvrages d'une telle perfection , qu'il
faut l'examen le plus attentif pour se convaincre qu'ils
ne sont pas l'œuvre du pinceau le plus délicat.
M. de Tauriac avait encore rapporté des tableaux.
Il était heureux de revoir, retracés par la peinture,
ces sites admirables de Naples et de Sicile qu'il avait
parcourus avec l'instinct du voyageur et la curiosité
du touriste ; de ramener sous ses yeux les contours
sinueux et brillants de lumière de .ce golfe de Baïa
et de l'île d'Ischia, si poétiquement décrits par La-
*