Amour et raison - Est-il raisonnable d'aimer ?

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Amour et raison - Est-il raisonnable d'aimer ?

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Est-il raisonnable d’aimer ? Aimer est un motif récurrent dans l’expression littéraire et artistique de toute civilisation. Les représentations de l’amour sont révélatrices d’une interrogation profonde de l’homme qui est en quête du sens de sa vie. C’est pourquoi on peut se demander s’il est raisonnable d’aimer. En d’autres termes, il s’agit de s’interroger sur l’action d’aimer en tant que bien pour l’homme ; peut-on choisir d’aimer ou encore peut-on affirmer qu’aimer est mesurable rationnellement pour en faire une possibilité, une obligation ou une interdiction morale ? Par « raisonnable » on entend une possibilité d’user de sa raison pour déterminer s’il est bon d’aimer ; le verbe « aimer » implique une notion sous-jacente de volonté exercée par l’action d’un sujet et qui se trouve néanmoins en contradiction avec l’idée de l’amour comme essence de l’homme. Ainsi on observera, en premier lieu, en quoi aimer caractérise l’épanouissement de l’homme ; cette étude nous amènera à constater que l’amour est cependant source de blessures lorsqu’il est confronté à la morale. La recherche du bonheur à travers l’amour nous conduira alors à nous interroger quant à la nécessité d’une intervention systématique du jugement dans l’acte même d’aimer.  L’épanouissement de l’homme trouve son apogée non seulement dans l’amour, caractéristique qui lui est propre, mais surtout dans la connivence entre réciprocité et engagement.  En effet aimer est une faculté que n’ont pas les animaux et qui constitue pour l’homme une supériorité certaine : l’instinct sexuel est complété par la dimension de l’âme qui définit la raison mais aussi la spiritualité. L’âme recherche ce qui est bon et beau. Cette conception rejoint le philosophe Platon qui, par le moyen rhétorique du dialogue, expose son idée de l’amour dans son ouvrage intitulé Le Banquet. Diotime, compétente en ce domaine, amène Socrate à considérer l’amour comme une attirance vers le beau qui se découvre par la contemplation. Toutes nos actions doivent se situer dans cette optique qui produit joie et fécondité, tant du corps que de l’âme.  En outre l’amour suppose une réciprocité entre le sujet et l’objet du verbe aimer. Cette configuration que l’on retrouve sur le plan grammatical avec les notions de passif et d’actif est une caractéristique utile sinon nécessaire au développement constructif de l’homme. Comme on l’a évoqué précédemment, l’amour est un acte volontaire d’ouverture à l’autre dans un rapport d’attirance par ce qu’il a de plus précieux : son âme. S’il existe une réciprocité entre les deux personnes concernées, les fruits de cet amour sont la joie et la fécondité. Il est intéressant d’observer l’exemple qu’emploie Platon à ce propos dans Le Banquet : le poète n’a pour matière que le beau afin d’engendrer son œuvre ; ou encore l’artiste produit une œuvre d’art dans le sens où il tente par son application et sa minutie de représenter le beau auquel il aspire. Il en est de même pour la fécondité humaine. L’homme attiré par ce qui est beau en l’autre se rapproche de lui, le féconde et enfante dans la joie. Ainsi l’enfant est le fruit de la réciprocité d’un amour qui s’inscrit dans une perspective d’épanouissement de l’homme.  On peut enfin aborder l’amour comme engagement vis-à-vis de soi-même et par rapport à l’autre.
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