Anacréon chez Polycrate : opéra en trois actes [Paris, Théâtre des arts, 28 nivôse an V],... ([Reprod.]) / paroles de J.-H. Guy ; et mus. de Grétry

Anacréon chez Polycrate : opéra en trois actes [Paris, Théâtre des arts, 28 nivôse an V],... ([Reprod.]) / paroles de J.-H. Guy ; et mus. de Grétry

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89 pages

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les frères Gaveaux, de l'impr. de Delance (Paris). 1798. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Ajouté le 01 janvier 1798
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PRRGAMON PRESS
I Icadjngton I lill I lall, Oxford OX30BW, UK
ANACRÈON
C H EZ
A TE,
OPÉRA EN TROLS ACTES,
REPpÉSENSÉ POUR Ll PREMIERE FOIS
SUR le THEATRE DES
ls NirosEj aN 1797.)
PAROLES de J.-H. GUY.
MUSIQUE de-GRÈTRY.
On trouvera des Exemplaires à la Salle el chez les Frères
Gafeaux Passage du Théâtre Feydcau > N.os 1 a et 13.
De l'Imprimerie de DELANCE ,rue de la Harpe, N.° i33.
Les Citoyens
'"duplessïer.
MARTIN.
MOREAU.
P UT Il RA XXX aine.
L'II OS TE.
LE ROY.
DUR A IX.
xVILLE.RS.
DELBOY.
MOULIN.
JOUVE.
DUCHAMP.
CH OLE T.
BRIEL.LE.
LEROY.
ÇHCEURS.
CÔTÉ b R 0 1 T.
Us Citoyennes
DU CHAMP.
III M M.
STIGLITZ.
DUBOIS.
AUBRY.
BOZON.
ROYER.
PETIT.
VAILLANT.
DUMURIER
MU TEL.
DELBO Y cadêfte.
TRISS.,
CHŒURS.
C 6 TÉ [G 'AU Ç HE.
Les Citoyens
LEfCOCQ.
R E.Y.
AUBE.
PUTEA U Xjeune.
GONTIER.
FLANCHÉE.
VARLET.
PEVII/LE.
TACUSSET.
LEROUX afoé.\
LEROUX
CHEVRIER.
NOCART.
B EUT EL.
BEAUGRAND.
PERNE.
les citoyennes
JOSÉPHINE.
LAUNER.
MACKER.
MULLOT.
GALBAIS.
DUCHESNE.!
LEBEL.
L'ACROIX. j
DELBOYofn^.
BOURGEOIS
D ANSE.
ACTE PREMIER.
MOISSONNEURS SA MIENS.
Les Citoyens
BEAU P R É,
SAIN T-AM AND, MOREAU,
Gucnctcz Jolly Eve Marctcc Boion
MÎLLIERE, LA NEUVILLE, DELISLE, LOWISE,
MONROY,
Telle cadatè Elise, bufresne Peuli^r,
Victoire, Buisson, Gauthier, Boiky|
PETITS JOUEURS ^INSTRUMENTS.
Les Citoyens
Henry, > Léon i Anatonc.
À C T«E SE G O N D,
SUITE
Telle cadette Elise, Dufrcsnc, PcAier,
Victoire) Buisson Gaùtliier, BtfîlajN
SUITE DU PETIT
Lcon Petit-Pas Romain, Soisson Louis.$
Baptiste Ahatonc, Gérard.
Delahaye, Branchu Béguin, CasimO ,•
Vcriieuil, Castel, Petit Courtois.
Barrée, Lacoste, Langlois, Bourgeois cadette,
Horde', Lily, Eugins j Telle aînée.
Les Citoyennes
PERSANS.
Ze^ Citoyens
Les Citoyennes
COLLOMB,
LYDIENNES.
Les
HUTIN, CHAMEROY,
^Grenier, Courcois » Etienne Bourgeois aînée
Oéniavircel,
TH RACES.
Les Citoyens
HUARD, GOYON,
Simonct, Lebel Deschamps Gancagrel
Saint-Pierre, l'Huillicr, Borda, Butcaii.
SA SUITE.
"*Les Citoyens »
SAINT-AMAND, MÛR EAU, BRAN CHU,
SAINT-PIERRE.
FAUNES^
Les Citoyens
Simon.cc > Lebel) Deschamps, Cantagrd
Vcrneuil, Richard, Auguste, Jolly.
BACCHANTES.
Les Citoyennes
J A C O T O T,
L<fon Félicite Dcniavirccl Bourgeois
Dufrésnc, Peulicr, Horde', Birousj:.
Les Citoyens
Beaudry Adnct, Vincent, Henry, Louis,
Rivière, Soisson; Romain»
PETITS AMOURS.
Caroline, 'Eulalic, Eugénie Guichard keon
Peric-Pas, Ànatonc, Manie,
PLAISIRS.
Les Citoyens s
Dclahaic. Béguin Casimo Petit,
Castel, Bucèau, Courcois.
Les Citoyennes
Courtois, Grenier Xanglois, Lacoste,
»-î?ourgcois cadette) Deslauriers, Buisson.
Nota On atnarquc par des guillemets tout ce qui
n'est point récitatif.
i
CHEZ
POL Y G RA T Et
OPERA.
A GTE PREMIER.
La scène se passe sur la côte septentrionale de
l'île de Samos qui regarde la partie de l'Ion;e,
habitée par. Anacréon.
Le Théâtre représente un Rivage délicieux,
A gauche des spectateurs, il y a une Montagne
extrêmement sourcilleuse plantée d'Arbres divers
qui se perdent dans les nues. Au pied de cette
Montagne, qui s'étend presque depuis le fond
jusques sur le devant de la scène, est une Grotte
profonde entourée de fleurs de toute espèce 'on
y voit à l'entrée un Banc de ga{on, sur lequel
Anacréon s'est endormi. Lc fond de la partie droite
laissev oir la mer doucement agitél: on doit dècow
vrirdans leplusgrand lointain les côtes deVIonie.
Le reste du Théâtre, est occupé par des Prairies
a AN ACRE ON,
émaillées,des Arbuste s portant des fleurs, et quel-
ques Rochers peu élevés, parmi lesquels serpentent
plusieurs ruisseaux d'eau vive. Aux premiers
plans (Il face de la Grottc un Arbre isolé,
d'un volume immense dont le pied environné
d'une mousse épaisse présente lin appui na-
tard et considérable. Sur le flanc du morne, vers
le milieu de la scène on apperçoit, retirée à sec
sur le sable, la petite barque d'Anacréon.
ANACRÉON endormi, lepetit LYSANDRE,
MOISSONNEURS et MOISSONNEUSES.
Au lever du Rideau, le Théâtre doit imiter
cette lumière qui résulte du mélange de l'Aube
du jour avec la clarté de la Lune. V Aurore j
se lève par degrés et par degrés le Soleil
la remplace.
Des Moissonneurs et Moissonneuses descen.
dent des diférens points de la Montagne, et
sortent par le coté opposé, jui est ctnsé con-
duire dans une plaine voisine. En traversant Il
aç te; i. 3
Théâtre, une jeune Fille apperçoit un nid d'Oi-
seaux dans un Buisson^ saillant sur le flanc de
la côte elle pose à terre sa' panne tière et s'é
lance vers le Hallier. Pendant ce temps quelques
Moissonneurs enlèvent furtivement sa corbeille
et voni la suspendre, à hauteur d'homme l'une
des. branches du gros Arbre« afin' qu'elle puisse
l'appercevoir en s'en allant. Ils quittent la scène;
mais la petite Moissonneuse enchantée du trlsor
qu'elle vient de ravir et ne songeant plus à son
panier, s'empçesse <U courir après ses compagnes,'
de façon qu'elle disparoit sans s'être appercue
de la ruse des jeunes gens. Eh même temps que
cette scène se passe toujours durant l'ouverture
Ly sandre, au bruit que font les passans, s'é-
cliappe de la grotte avec inquiétude ses yeux
se portent sur Anacréon; il se sauve effrayé*
Bientôt il reparoit de' nouveau va, vient autour
de lui, recule hésite, et enfin dépose un baiser
sur son front. Anacréon s'éveille l'enfant s'é-
vade,
i ANACRÉ ON,
S CE N E 11.
ANACRÉON W.V
AIR.
» Songe enchanteur. favorable chimère
» Eh quoi déjà vous me quittez ?
Il me stmbloit que l'enfànt de Cythère
» S'ctoit échappé de sa mère,
» Et folâtroit a mes côtés.
v Bientôt d'une bouche légère,
» Doucement il vient déposer.
Non, ce n'est point une chimère,
Je sens mon front sexagénaire
» Encor brûlant de son baiser..
Mais quels sont donc ces lieux témoins de mon naufrage?
Des bords de l'Ionie, enlevé par l'orage,
Quel Dieu protecteur m'a jeté
Sur ce riant et paisible rivage ?
Au séjour de Pathos serois-je transporté!
Jamais K mes yeux la Nature
N'étala tant d'attraits et tant de majesté!
ACTE Il..
La, c'est des prés la riche bigarrure.
Là, balancé dans la verdure,
L'oiseau frappe les airs de mille accens flatteurs
Ici, c'est un ruisseau qui serpente et murmure
Les Zcphirs, du Soleil volages précurseurs,
Versent autour de moi le doux parfum des fleurs:
Tout pénètre mes sens d'une volupté pure.
Gaîment.
J'ai pourtant besoin du secours
Et de Cérès et de Pomonç
Le ciel'a mes regards n'offrira -t-il personne?
Vainement sa faveur a pris soin de mes jours,
S'il faut que. Bacchus m'abandonne.
il apperçoit ta pannetière la détacht r, 4e l
l'ouvre avec précipitation.
Que vois-je! O prodige étonnant!
Des fruits! Vcillé-jc! Est-ce un enchantement,
Un délire, une erreur que mon sommeil prolonge ?.
Il considère un vase qui rontient du vitu
Ceci doit renfermer un breuvage charmant.
il porte les mains sur sa personne pour
s'assurer qu'il n'est point tndomth
6 AN A CRÉ O N,
Ohl dans quel embarras tant de bonheur me plonge!
Il prend le vase ehtre ses mains.
Rêveur ou non profitons
Il boit, et après avoir bu.
Père des Dieux! le doux mensonge!
Il porte ses regards vers la Grotte.
Mais. quel objet nouveau s'avance en cet instant?.
Oui c'est lui c'est ce bel enfant
Qu'a mes sens confondus a présenté mon songe:
Voila mû met le comble a mon égarement!
SCENE III.
ANACRÉON, LYSANDRE, OLPHIDE.
Oiphide parois conduit par Il
petit Lys André. Du moment qu'il apperçoit
Anjcréon il se retire /pouvante.
ANACRÉON, courant après
o lp h i DE, et le saisissante; l'entrée de
la Grotte.
Arrête, beau jeune homnie, arrête
Par pitié rend lc calme à môn csprit trouble:
ACTE I. 7
Cette nuit vers ces bordas poussé par la tempête.»
Je suis de mon 'destin encore émerveillé.
Dis-moi, suis-je bien évcillé?
OLPHIDE, dans la plus
grande agitation.'
La demande.
A N A C RÉO N..|
Est fort singulière,
J'en conviens. Où suis-je?
O L V H ï D E, plus inquict.
A Samos.
Les Dieux t'amènent ?,<
A N ÂCRÉO N.
De Téos.
Les. Muscs dans la Grèce entière
Peut-être avec honneur ont répandu mon noni
o l phi p e.
Et l'on t'appelle?.
AN A C R Ê O N.v
Anacréon.
OLPHIDE, avec transport.
Anacréon! ah! je respire!
$ A NACRÉ ON,
AIR,
» Non sur ces bords tu n'es point étranger
» Dans la Grèce entière on t'admire.
» Aux lieux pu de l'amour on connoît le délirce
Anacréon peut voyager
» Sans autre appui que ses chants et sa lyre.
Le Tyran même de Samos
» Parmi les atroces complots
» Et qu'il médite, et qu'il inspire
» iParok soumis à ton empire,
» Et vante chaque jour tes sons mélodieux.
M Pardonne à mon sort rigoureux
» D'affreux soupçons que* ton nom sait détruire.
A N A C R È'ON.
Quel sort est donc le tien ?
O L PHI DE
Celui d'un malheureux
Que sa tendresse a fait proscrire.
ACTE I. 9
ANACRÉON.
Cet enfant ?.
O LP H I DE.
Est le fruit de mon funeste amour.
A N A CR É O N.
Eh quoi! si jeune encor, tu lui donnas le «jour?
duo. 0.
OLPHIDE.
Dès l'enfance j'aimai la fille
» D'un mortel puissant dans ces lieux
» Mais il veut qu'un no/n glorieux
m S'unisse a l'éclat dont il brille,
» Et ma famille
» Est sans ayeux.
ANACRÉON.
» Les doctes Filles de Mémoire
» N'inscrivent pas aux fastes de l'Histoire
» Tous les fameux travaux.
»'Si la vertu fait les héros,
» Le hazard dispense la gloire.
to AN A C R É 0 N,
OLPHIDE.
o Dans l'hymen secret qui m'engage
so Il voit d'horribles attentats
» Nuit et jour on cherche mes pas,
» Rien ne peut appaiser sa rage;
» Et mon partage
» Est le trépas.
Montrant son fils.
» Ah sans une tête si chère,
» Je volcrois aflronter sa colère,
» Le braver sans effroi.
Mais il faut bien trembler pour soi
Alors qu'on est époux et père.
ANACRÉON.
» Supporter son destin contraire;
Tant qu'on le peut, se le rendre prospère,
C'est la commune loi.
homme tremble pour soi
» Alors qu'il est époux et père.
ACTE 1. ii
ANACRÉQN.
Instruit de tes malheurs ne puis-je encor savoir
Quel cst ton nom ?
OLPHIPE.
Olphide.
ANACRÉGN.
Eh bien charmant Olphldc,
Des Dieux connois les soins, et bénis le pouvoir,
]Il A NACRÉ ON,
Ne crains plus le fer homicide.
Du naufrage échappe, j'ai, par d'heureux travaux,
Arraché mon esquif aux vagues en furie
A l'inexorable Atropos
Dérobons a présent ta vie,
Et voguons sans tarder vers l'aimable lonie,'
O L P H X D E, le retenant.
Arrête. o ciel! partir sans Anaïs!
Lui ravir a la fois son époux et son fils!
Mortel compatissant je rends grâce h ton zèle:
Mais je ne puis te suivre ni li fuir;
) Ma pénible existence est un fardeau sans elle.
Il m'est plus aisé de mourir.
SCENE IV.
ANACRÉON LYSANDI^E, OLPHrDE,
AN K\S,pavoissant à l'extrémité de la montagne.
ANACRÈÔN.
Belle comme Cypris, dans les ¡bosquets de Gnide,
Une femme s'approche à pas précipités.
De quel trouble ses sens paroissent agitést
ACTJS I. fil
IC'cst Anaïs, c'est le ciel qui la guide.
v Olphide mon fils. cher époux, M).
» Plus d'espérance,
OLPHIDE, décriant.
TRIO.
AN AIS, 'égaré*
Plus d'espérance,
Tout est perdu pour nous.
AN A
1/ Que dites vous?.
» Plus d'espérance,
» La mort s'avance
Mais jc vicns périr avec vous.
14 A NACRÉ ON,
La perfide Eriphylc
A Polycrate furieux
Vient de reVéler ton asile.
On me suit. des Soldats nontfci-cux.
OLP H I D E, avec éèlût.
Vois Anacréon que les Dieux
Exprès pour nous. sauver ont conduit dans cette] le.
AN AIS.
Anacréon qui! vous A Samos Edcommejit ?
AN AiC RÉ O N.
Le temps presse, abfégcoris un récit inutile
La fuite, vos dangers, c'est le point important.
AC'të ï if
n Agréez le secours;
» Et cherchons pour vos jours
»Une plus digne terre.
»Mais laissons' les soupirs
» Sur ce fâcheux rivage
» N'admettons 'au voyage
»Et que les Dieux propices
» Admirent, dans son-cours,
» L'Hymen sous les auspices
Quel bruit confus au loin résonne
ANAIS.
Ce sont les farouches Soldats
Dont la fureur déjà nous environne.
AIR.
De ma barque légère
» Que les plaisirs
D'Anacréon et des Amours.
On entend. un bruit conflls.
,O L PHI DE.
i6 A N.AC'.R ÉON,
Ati A C RÉ ON, à Olphidf.
Embarquons-nous, ne tardons pas.
Remets à flot lcsquif retire sur le sable,
Et viens le présenter en ce lieu favorable,
Pendant le Chœur suivant ils poussent la
barque en mer Olphide s'élance dedans pour
la conduire au petit promontoire qu1 Anacrêon
lui indique; une bouffée de vent l'éloigne du
bord et la porte sur des courans il fo rce de
rames pour la rappiocher,
CHCEUR dk SOLDATS, dans le lointain.
» Cherchons, cherchons le jcune audacieux!
Dont les soupirs séditieux
» Ont enflammé la fille ingrate
» Du puissant Polycrate.
» Cherchons, cherchons, ayons par-tout lès yeux.
OLPHIP'E, décriant.
Grands Dieux! le vent s'élève et le courant m'entraîne:
La barque s'éloigne du bord.
ANÀCRÊON.
Oppose l'aviron,
ACTE I.
y
les bras vers Anaïs. «
La résistance est vaine
L'onde se rit' de mon effort, °
Et le courant est le plus fort.
AN AI S découragée, étendant
aussi les bras vers Olphide.
0 ciel! De nos bourreaux la cohorte s*avafice
ANACRÉON.
Ton époux ne craint plus du moins sa violence
Thetysya protéger son sort.
Pour nous, faisons tète à l'orage.
voyant dînais déconcertée à cause de soh
enfant, il le lui prend des mains, et continuel
Polycrate sait-il ou non,
Que de votre hymenée il existe ce gage?;
AN AIS.
ANACRÉON.
Des jours de ton fils Anacréon répond.
18 A N A CR É ON,
AN AIS.
o commcnt exprimcr tant de reconrioissance
AN A C RÉ ON) emportant f infant.
Qu'il vive pour t'aimer, voilà ma récompense.
Il va s'asseoir auprès iVslndis sur le banc
de gazon à Ventrée de la Grotte le visage
tourné vers elle, de façon que les Soldâts ne
peuvent nppercevoir ses traits.
SCK N E V.
5 ANACRÉON ANAIS LYSANJORE
LÉONIDAS, EUTHYME,. LYBIS,
DÉMOCLE, CH<EUR D E Soldats
dont qudquts-um porunt des flambeau^.
le c no: U r.
» Cherchons cherchons le jeune audacieux
» Dont les soupirs séditieux
» Ont enflamme' la fille ingrate
w Du puissant Polycfate.
Cherchons, cherchons, 1 ayons par-tout les yeux.
ACTE I,
Qu'il frémisse, le téméraire!
L'astre rayonnant qui l'éclaire
» Va marquer son dernier instant
» Rien ne peut le soustraire
» A la mort qui l'attend.
LÉONIDAS apptrctvant Anacrêon } ̃
sans distinguer son visnge.
Amis,- suspendez votre zèle,
Voici le couple révolte.
Lybis, empare-toi de ce jeune rebelle: >
Démode, tu répondras d'enc.
Quel est ce fbiblc enfant assis h leur Côté?
ANACRÉON, laissant voir.
Il m'appartient.
LÊONID AS.
O surprise
Voiih cet Adonis h Samos si vanté!
D'où naît cette étrange méprise?
ANACRÊON, voyant Anaïs
que l'on charge de fers. ̃
Dieu du Pinde! des fers chargent des bras si beaux!
Le Ciet ne tonne pas! & Venus l'autorise
io A NACRÉ 0 N,
LÉONIDAS examinant Anacrêon.
Ceci paroît couvrir quclqucs détours nouveaux.
Euthyme, porte les flambeaux
Au fond de cette grotte obscure.
Ce vieillard, d'Ana'iés ne peut être l'époux..
Jùilhjme entre dans la Grotte suivi des Soldats
qui portent des/lambeaux. Léonidas continue.
De ces nombreux sentiers, Gardes, assurez-vous)
Observez-tout, pénétrez l'imposture.
Les Soldats se dispersent suivant l'ordre des
Léonidas, excepté quelques-uns qui demeurent
auprès des Captifs. /Inais s'assied avec sonfils
au pied du gros arbre elle affecte pour lui un j
air indiffèrent, Vcnfant la trahit elle s'efforce
(le lui faire entendre sa dangereuse situation,
LE CHŒUR en se retirant.
>> Qu'il frémisse, le téméraire!
» L'astre rayonnant qui l'éc1aire
» Va marquer son dernier instant
» Rien ne peut le soustraire
» A la mort qui l'attend.
ACTE I. 111
SCENE Vï.
LES PRÉCÉDÉES, m^EUTHYME
ET LE CHOEUR.
LÉONIDAS prenant Anacréon ci part.
J3on Vieillard laisse là ce grossier artifice
Vois où t'emporte unç aveugle pitié.
Sans sauver ton ami, tu deviens son complice..
Tu peux encore échapper au supplice.
Conduis-moi vers Olphide, et tout est oublié.
ANACRÉON.
Arbitre de mon sort, fàis justice ou pardonne,
Ma vie est dans tes mains, et je te l'abandonne.
LÉONIDAS.
D'une amitié stérile 6 conseil dangereux
Crains le courroux qui me transporte:
A Polycrate, malheureux i
Sais- tu bien que je puis te livrer ? -i
ANACRÉON.
Je le veux. I
A N A CR É ON,
h É ON I D A S.
Tu veux ta perte?
A N A C R É O N dçuctmenMt
légèrement.
Que t'importe?
L É O N I D A S avec beaucoup
de démonstration.
Quoi ce jour va pcut-être éclairer ton trépas,
Est ton coeur n'en frissonne pas?
A NACRÉ ON, riant:
Non, je suis sans alarme, et ta menace est vaine.
De l'avcnir jamais je ne me mis en peine.
'SCENE VI
les PRÉCÉDÉES, EUTHYME,
et sa Suite sortant de la grotte.
EUTHY 1V1 E.
» Lconidas, nies pas ont parcouru
» Ces voûtes ténébreuses;
» Mais inutile soin, espérances trompeuses)
» Aucun objet vivant mes yeux n'a paru.
A C T E I.
S.CK NE VIII.
LEs PRÉCÉDENS LE CHŒUR,
revenant des divers sentiers.
L E C H <E U R.
Lconidas, nos pas ont parcouru
Ces routes tortueuses
» Mais inutile soin espérances trompeuses,
» De simples Moissonneurs à nos yeux ont paru.
LÉON IDA S, slnacréon,<iu
toujours à part, et d'un ton menaçant, s )
Ecoute encor ma bonté secourable
Pour la dernière fbis s'offre îi te protéger 1 j
Viens, montre-nous l'asile du coupable,
Ou je deviens inexorable. N^
Quels que soient mes destins, les feras-tu changer
LÉONID AS, aux soldats
avec colère.
Soldats, du lâche Olphide
» Ce Vieillard tst l'appui j
x4 A N A C RÉO N,
» Puisqu'il ose aujourd'hui
» Secourir le perfide
» Qu'il périsse pour lui.
Ils sortent tous par la montagne le Chœur ;é
prolonge dans le lointain.
A C T E I.
4
S CE NE I
CHCKUR DE MOISSONNE URS ET DE
MOISSONNEUSES.
Pendant que les Cardes se retirent avec'Anais
et Anacréon, la jeune Moissonneuse qui a laissé
sa pannetière sur la scène, accourt pour la cher*
cher: les Moissonneurs qui Vont attachée au gros
arbre, la mènent auprès pour la lui fiire voir i
la trouvant déliée et vide, ils se persuadent
que Vaccident est du fait des Soldats, et chacun
d'eux s^empresse d'offrir à leur Compagne une
portion de leur repas. Dès que le chœur des Sa=
tellites de Polycrate a cessé, celui des Moisson!
lieurs se fait entendre et ils entrent enfouie
» Suspendons rios travaux champêtres;
» Joyeux Ministres ,de Gcrçs
» Savourons gaîment sous ces hêtres
» Les présens qu'elle nous a faits.
Ils se groupent sur les divers points du théâtre,
et prennent le repqs du matin.
'16 ANACRÉiN,
\j N MOISSONNEUR.
Quand l'Aurore vermeille
» Va colorer les Cieux
» L'Hirondelle s'éveille
» Et nous ouvrons les yeux.
» Nous volons h la plaine;
» La notre bras dispos
» Puise au sein de la peine
» Les douceurs du repos. ̃"
LE CHŒUR.
» Suspendons nos travaux champôtijcs j
» Joyeux ministres de Ccrès
» Savourons gaiment sous ces hêtres
» Les présens quelle nous a faits.
UN MOISSONNEUR ET UNE MOISSONNEUSE.
Comblés des favcurs de CybcleJ
» Tandis qu'en ce riant séjour
» Nous prenons une ardeur nouvelle
» A l'abri des rayons du jour
M Foutrons sous le vert feuillage,
» Animons nos heureux loisirs