Arabelle et Vascos ou Les jacobins de Goa : drame lyrique en trois actes ([Reprod.]) / par le citoyen Lebrun-Tossa

Arabelle et Vascos ou Les jacobins de Goa : drame lyrique en trois actes ([Reprod.]) / par le citoyen Lebrun-Tossa

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61 pages

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chez la citoyenne Toubon (Paris). 1795. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le 01 janvier 1795
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Langue Français
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PERGAMON PRESS
Headington Hill Hall, Oxford OX3 OBW, UK
OU
LES JACOBINS D E G O A,-
DRAME LYRIQUE
E N t U O I S A C T »E S;
Représenté le SJrucridor, l'an II de la République^
sur le théâtre i)c la rue Favart.
Paroles du citoyen Leeuum-Tossa.
Musique du citoyen LESUEUR.
Grand Dieu n'entends-tu pas les cris de ces milliers
.de victimes qui, plongées dans la tombe, semblent
.s&ateïgr la terre qui les couvre, pour te demandée
Acte III. Scène V.
.Jf&T)/, l liv. Te sois.
A PARIS,
Chez la citoyenne T o u b o n Libraire sous les
Galerie"s du Théâtre de la -République., à côté du
passage vîtré.
L'AN III DE LA République.
PERSONNAGES.
A R A B E L I, E jeune Indienne. La Cit. Grétc,
CYMBELINE, Indienne,
nourrice d'Arabelle. La Cit. DFsnRossEs,
PHILIP P E Gouverneur de Goa. Cit. Chexard,
VAS COS. fils du Gouverneur. Cit. Ellevioiï,
M E NDOZA,
de Vascos. Git. SotiÉ,
G O ME Z Portugais secrétaire
du Gouverneur. Cit. Saint-Aubik.
V INQUISITEUR de Goa. Cit. Cellier.
L E C II E DES I N D I E N S. Ci». GraNGEK.
JUAN, garde et affidé du Gouverneur. Cil.PAUtis.
MAÏAROS, assassin fanatique. Cit. Fiiuaior.
Un Garde, parlant.
Indiens.
Peuple.
La Scène est à Goa dans te Palais dit Gouverneur.
AU LECTEUR.
M T T R F. sur la scène les jacobins de l'inquisitions
c'est y mettre les jacobins de Pâtis, puisqu'il existe
ciitr'eux la plus parfaite ressemblance. Le bienheu-
reux saint Dominique faisait r8tit les gens pour la
plus grandie gloire de Dieu. Blllaud Colùot Bar-
rire et consorts les égorgepient par Aillien, pour le
plus grand bien de.la Francé. Ce dernier a prétendu
qu.1 ArabeLle est un ouvrage criminel. Que n'ai-je pré»
conisé sou ingénieuse manière de battre monnaie sur
toute la surface de la république, et ÛAnacréon do
la guillotine m'aurait flétri de son suffi-âge. Ce député
n'est pas le seul qui se soit efforcé de proscrire mon
opéra. Un de ses collègues qui vient de montrer,
Marseille, une tendre inclination pour les amis de La
terreur, il,eU Je même projet. Après avoir fait agir,
auprès des artistes du théâtre Favart, son beau-père,
le comédien Menôer il leur écrivî Iqi-mênae, et la
plupart de mes acteurs, malgré la déclaratioa duco-
mité d'instruction publique qui m'était favorable,
malgré leur civisme bien prononcé, craignant que mit
pièce r» devînt un sujet de discorde, jugèrent à pro-
pos de la suspendre. Ils l'ont enfin reprise et exécutée
aussi bien que le public devait l'attendre de leurs
talens qu'on aime. C'est sur-tout l'énergie brûlante
dans t'ame du spectateur l'hor-
reur la plusprofonde contre les Dumas, les Cofinhaù
du saint office. Je dois à la vérité de déclarer que cet
acteur a lui-même improvisé l'idée sublime dont j'ai
fuit l'épigraphe de cet ouvrage.
Qn.'il me soit permis de faire remarquer ici la là-*
tlieté de plusieurs journalistes, qui paiamonr ou par
trait' te deségoi^eurs, pas dit un seul moi cT Ara-
belle. Ils ne motiveront point leur silence sur la fài-
blesse de cette production puisqu'il est notoire que
la de préférence à un
inauvaïs écrivain j comme la gangrène aux plaies d'un
iualade. Au reste le leur déclare que mon amour-
propre est de si bbnne composition sur le mérite dra-
matique ( qui j'ose le croire
al teint son but nioial ) que je n'ai pas même pu m'of'
fenser de la décision mcpisisale et tranchante de trois
âppreutifs folliculaires, qui rédigent ourédipeoient, du
moins il y a quelques mois, un journal nommé, par
dérision Journal De l'instruction publique. Je re-
grette seulement que personne n'ait pu savoir de quels
traits de génie et dé goût ces aristarqu.es nouveaux',
tiês étayaient leur critiqne. Mais n'a-t-on pas dû s'în-
digner de voir ce triumvirat fëcrivassiers, formé dans
les beaux jours du vandatisne, et sous les auspices
de. Payan adresser, dans le aême extrait qui me
concerné, les inculpations les plus graves et les plus
fausses aux artistes du théâtre Favart touchant leur
moralité et leurs actions privées. Je sais que le mé-
pris est presque toujours la seule réponse que l'on doive
à'fa calomnie cependant il est quelquefois à' propos
pcfûr l'intérêtcommuû, de signaler les calomniateurs,
étir-teut lorsqu'étant encore inrberbes romane ceui
'dont je parte, ils peuvent exercer longtemps ce met
lier honorable dixï.
A 2
ARABELLE ET VASCOS.
ACTE PREMIER.
Le Théâtre représente un jardirz dit Palais
du Gouverneur.
SCENE PREMIER E.
C Y M B E L 1 NE, seule, profondément repense.
Ir, n'est donc aucun moyen d'arracher ma pauvre
ii!le à ce fatal mariage oh oui, oui elle est ma
lilla. Je délierais bien sa véritable mère, si elle
vivait encore, de l'aimer plus que moi. Malheu-
reuse Arabelle elle a vu son pays ravagé par les
Portugais; son père., te chef des Indiens, jeté dans
un cachot comme un vil criminel et pour lui rendra
la libellé il faut qu'elle conseille à épouser l'au-
teur de tous ses maux le farouche gouverneur de
Goa. Son parti est pris, elle épouse le cruel Phi-
Ali! si j'cUis à ta place de' mon Arabtlle. Je suis
mauvais conseil mais [)ou
le je ne répondrais pas Jes evenemtns,
Grille et t.uk'nits, en ce cas.
L'iinu'.r ions Livorce
Tout lias eisitnt Dcuila ( bit,)
Veut pri i.iiii.1 'i-îut, ii a toit;
viia .i i.oTii n !•-̃ il ne vient cjne pour épier tessecretsda
la iniiisoii évitons sa ri',nconlre.
S CE N E I I.
U l N O U I S I T K U
()ii alli-z- vous donc (À'inueliue 'i vous me fuyez,
ju mois.
Mes occupations tn'aji pel lent
L' 1 x ij u i s ï t eur.
Vos ocmpalious vous en avez donc beaucoup
A3
J'en aurais hicii plus, si je aie mêlais /comme tant de
fens, de celles d?>autres.
171 s fj ii i s it k u R.
Je suis pressée.
1*1 S I) I1 I S I T KUB.
Ecoutez-moi; j'ai toujours pris à vous le plus grand
C v m n f. r- isk, <t part.
je le vois venir, îl veut me tromper.
L' h- 1; u i à i t e u n.
Quand on r.ourii.isii ici vous, la jeune Arabelle et
plusieurs autres Indiennes captives, ce lui mot qui
me chargeai du soin de vous faire commîtie à vous
particulièrement les saintes vérités de notre religion,
et j'ai eu le boulitur de vous voir abjurer celle ou
vous étiez née.
(1 y m n e l t n e.
Qu'on change d'habit suivant les lieux et la sai-
son, à la bonne h-.Mire, encore doit-on s'honorer do
porter celui de son pn_ys et ceitainemeni ni Ara-
ce que j'ai fait de mieux.
L' I v Q u i s i t ii u
0 ciel que dites-vous ?
C y ni n r. 1. 1 n e.
Ot'and on est méchant il faut changer de conduite
maïs non de religion. Il s'en faut bien que ces
vres Indiens que vous des
barbares, soient aussi durs, aussi corrompus que vos
•catholiques. Je ne comprends lien à vos beaux raison-
Démens, mais je crois, moi que' la religion dus gens
de bien est toujours la meilleure.
O ma sœur ,̃ quel blasphème
Qui dit vous-
môme, que Dieu était le père commun de tous les
hommes or, un bon père aime également tous, ses
eni'ans.
L'INQUISITEUR,
Distinguons, distinguons. il ne faut pas confondre.
Mais je me réserve de vous éclairer une autre fois,
sur le point essentiel: parlons maintenant d'autre
chose.
Cïjibklisi, à part.
Mon satut. n'est pas ce'quj lui tient le plus à cœur.
L' I n q v y'i i t e c r.'
Vous savez^qu'Arabelle épouse demain le gouver.
peur.
CïBIBEilN
Vous le savez aussi?
Oui. L'INQUISITEUR.
CruiDïiisE.
Par conséquent, je Depuis vom l'apprendre. Votre
servaute:
A 4
• Un instant de grâce.
G Y M B F. L I S E.
L' Inquisiteur.'
Je crains que ce mariage ne soit pas heureux vu
l'extrême disproportion de leur âge.
C y m ï! F. r, i n
11 m'est impossible de le savoir, je ne lis pas dans
On poùrroit empêcher ces nœuds mal assortis, et
ie m'y emploierais volontiers, par intérêt pour Ara-
belle.
CïMBEiniï, a part.
L'imposteur
L'INQUISITEUR.
Convenez qu'elle n'aime point Philippe, qu'elle a
même do l'aversion pour lui.
CïHBEIIÏI.
Elle" n'a de l'aversion pour personne; il lui suffit
tie mépriser ceux qui sont méprisables.
Vous êtes sa meilleure amia; elle a du vous confier
qu'elle aimait le fils de Philippe ce jeune Vascos
qui,de son côté ('aime aussi bien leivlremeiH.
C Y M B V. L I S
Ce sont-là des secrets qu'une fille ne confie à per-
sonne. •
Si j'étais biensûr quils- s'aitnassent je parlerais
Eli bien voyez les médians. On répand que vous
Ce n'est pas beaucoup dire, son père te déteste.'
Vous né voûtez ilcno rien in'avouer? Vous m'ôttv
tout moyen de 'le servir.
Ils vous en auront ta même obligation. Je vos
(iomez mon ami Ali, j'ai trop de raison de h
haïr mais dissimulons tant qu'il pourra m'être utile.
SCENE III.
L'INQUISITEUR, GOMEZ.
"L'IjNQursiTEu r, allant au-devant de Gomea.
Eu bon jour, mon cher Gotnez mon digne ami.
G o m ez.
(J o .m k z.
Continuons d'apir ti'inU-llipence et bientôt notre
ennemi ron:tiiiin le superbe Vascos tombera duns
L' c v i) r i a i t i. i; p..
Je crains que sou pure ne nous oppose quelque
obstacle.
Go ai j: 5.
Quel obstacle ?
L' I O V T S I ']̃ K t' rt-
autres uiaiserios semblables.
G O M F. Z.
Philippe n'aime que son aistoiitc-, et quoi qu'il soit la
plus dissimulé des hommes j'ai dès long-temps remar-
qué qu'il haïssait encoro plus les vertus de son Iils que
ses vices l'ambition le dévoie foin; du bruit pst sa
manie et pour aggrand!r sa puissance tous !cs moyens
lui sont indillerens. Cet horiisii'j envieux cl liizarrc
craint, avec raison, que Vascos, qui doit lui succéder,
ne l'efface un jour par des qi:ahSc." r(':oll::s il craint
de ne servir que d'ombre au tableau qu'en offrira
l'histoire.
L'T v (j l i s i t r rit.
Eh bien, Gomez, puisque vous approchez sou-
vent la personne du gouvern-ur, ut: quaiitc de prer
mier secrétaire, que ne proliiez-vous rfi: cette haine se-
crotte pour perdre notre eniii'ini. 011 (¡-suie que celle
que l'hilippe a lui-inûme soumis
la domination portugaise, se moulre impalionto du
joug, Les rebelles secondés, en secret, parVascos
ne veulent pas souffrir parmi eux le tribunal du saint-
office voilà certes un grief bien puissant à fâire va-
loir contre lui.
G o m e z.
Je les Indiens nous envoient des
députés qui; peut-être, arriveront aujourd'hui. Leur
intention est de demander Vascos, pour vide-gouver-
neur de leur province; il faudra que Philippe s'ex-
plique par un refùs. Son fils est violent emporté. Ja
prévois quelque scène d'éclat dont nous pourrons tirer
parti.
Dieu le veuille Ce serait fait de l'inquisition si ja-
mais Yascos était ici le maître.
G o M E z.
11 ne le sera point.
L'Inquisiteur.
Philippe le soupconne-t-il toujours d'aimer Arabelle
et d'en Ctre aimé ?
Plus que jamais.
L'INQUISITEUR.
.Ayez bien soin d'aigrir sa jalousie.
G o m e z.
Je lui ai persuadé que Mendoza cet ardent ami
de Vascos, et qn'Arabelle accueille avec tant débouté^
était l'agent secret de leur coupable intrigue.
L'INQUISITEUR.
Il l'a cru ?
G 0 M E Z.
Et je le crois aussi.
Gomez.
Personne ici ne peut-il nous entendre?
Apprenez Je vais vous donner une grande preuve
de confiance.
Je suis incapable de la trahir.
G o ai e •
Mendoza cette nuit.
L' Inquisiteur.
Cette nuit Mendoza
G O M F. Z.
Ah du moins gardez le silence.
L'I NQBiSITEU Rt
Je vous promets un éternel silence
Comptez, comptez sur ma prudence.
G O M E Z.
Ce soir, quand du palais il se retirera,
A son passage on l'attendra
Près du sous le grand vestibule.
L'ISQUISlïli U R.
Est-il dévot, est-il crédule
Celui que vous chargez de ce coup important ?
L'homme que l'intérêt, que seul entraîne,
N'a bien souvent qu'une audace incertaine
Le fanatique ag>t plus sûrement.
Vom le verrez celui que ma prudence
Choisit pour ce coup important
Animoj son bras s'il balançai
Par la rel'gion échauffe/, son espiit.
Fiez-vous à ma prudence
J'échaufferai son esprit.
K N S E M D I, P..
• Du doux espoir de la vengeance
Oc% lortg-t«mps mon cu;ur se nourrit.
Ou', pour son esprit
la, religion la puissance;
emp'.oye/.
G O M V. Z.
Je vais à l'instant ordonner à cet hommecte serendu
chez vous.
L'INQUISITEUR.
Vous le pouVez je vais l'attendre. Il sort. )
SC E N E IV.
L'INQUISITEUR, seul.
JE me lie à ce Cornez que j'abhorre c'est lui qui
a causé le malliKiir de ma vie. Le désespoir m'a seul
fait revêtir ce froc odieux Affreuse jalousie ton poi-
son me consume. Mais l'abîme ou Gomez veut pré-
cipiter Mendoza et Vascos ne pourroit-il donc pas
les engloutir tous les trois ?. Je dois pnrler au meur-
trier que Cornez a'choisi. je sais en quel lieu à
qm-lle he'ure il doit porter le coup fatal. Faisons en
sorte que Gomez périsse.. Oui, si la fortune me se-
(i3)
S C E N E V.
V a s c o en entrant.
Voila cet odieux inquisiteur son aspect me fatigue
ordonne-lui qu'il m'eu délivre. ( Mendoaa fait signe
MïSD O Z A.
Quelque juste que soit l'horreur que 'cet homme
vous inspire, il faudroii, peut-être, le ménager dar
vantage. V a s c o s.
Point de ménagement avec les scélérats je n'en
aurai jamais. M e n n o 7. a.
Vous savez que la vengeance de ces hommes-là..
V ASC O S.
Il est moins afFreux de l'éprouver que de s'abaisser
jusqu'à feindre avec eux. d o z A.
Vos ennemis sont nombreux et puissaus.
V A S C (J S.
l.es lâches ils savei.t lotis que mon père m'abhorre.
M r. n d o z a.
Croyrzrfu moins qu'il vous reste un ami veritable;
quel que soit votre sort, je le partagerai.
V A S C O S.
Tout m'annonce qu'il sera, déplorable.
Jo vous aimerais moins si vdus étiez heuteux.
(M)
Mais bientôt vous
Les Indiens vous appellent, paittz montiez-vous dans
leur pays, corains un dieu bienfaisant; répariez les
maux quc !eur a fuit l'intolérance et contraignez Phi.
lippu à vous aimer enfin à s'applaudir de vos succès.
V a s c o s.
Lui «n'aimer 1 lui s'applaudir de mes sucrés sa
sombre politique s'en épouvanterait il me croit
comme lui avido d'autorité dévoré d'ambition. Non,
non ne pense pas qu'il consente jamais à m'envoyer
les Italiens.
Arabclle doit elle-même aujourd'hui, solliciter
votre départ; je suis sur qu'elle l'obtiendra imitez
.sa vertu et ne laissas point éclater une iudigne fai-
blesse.
"V a s c o s.
Quelle faiblesse peux tu me reprocher ? N'étions-
nous pas destinés l'un à l'autre? Long-temps elle me
fut piotcise et mon 1 en la voyant se livra toute
entière au doux besoin d'aimer.
M e,n i) o A.
Pourquoi nourrir votre douleuc de l'amertume d'tin
souvenir qu'il faudrait effacer ?
V A s c o s.
Tyran farouche, que ne me donnais-tu la mort avant
de me ravir l'objet dénia tendresse; sans pitié pour
son fils sans éguidspnur Arabelle, le barbare l'épouse
il devieut à la fois son bourreau et le mien.
M F. NT) O A.
Vascos, vous oubliez que la nature imprime aux
auteurs tli^uos jours un caractère sacré. La piété liiiale
est, pour un tueur vertueux, j,le premier des devoirs.
ARIETTE.
Quel que soit l'ordre sévère
Qui puisse émaner d'un père,
Un fils soumis l'attend tvec respect.
L'»uteur de notre naissance,
A sur nous tant de puissance
Que nous devons trembler à son aspect.
Il est toujours notre père
Nous lui devons le plus piofond respect.
Va sco s.
Je reçois cet avis avec reconnoissance il ma rendu
bien malheureux; n'importe, je ferai mes efforts pour
ne point le haïr.
Vous avez jusqu'à présent alimenté vous-même
le feu qui vous consume soyez homme enfin et
osez vous combattre rendez rendes cette lettre que
je vous remis moi-même ily a trois jouis de la part
d'Ara belle.
VAS cos.
Cruel ami, prétendrais-tu me l'arracher ?
Mk'ïdoz a.
Elle se repentit bientôt de vous l'avoir écrite, et ce-
pendant tout sembloit l'excuser. On venoit d'annon-
cer à Goa que vous aviez été renversé par un cour-
sier fougueux et si cruellement Messe qu'il ne vous
restait que peu d'instans à vivre. Sa douleur son
amour éclatèrent alors avec violence elle crut vous
devoir à votre dernière heure l'aveu de sa tendresse.
V A S c o s.
Et si mes tristes jours ont été conservés, à qui faut-il
l'attribuer ? C'est au bonheur d'avoir connu le secret
d'Arabelle. Le voilà cet écrit bienfaisant, laissez-mo.
laissez-moi le retire. ( II le baise')
?̃ i\\
j"
B
fendons ensemble la cause de la justice et de l'hu-
manité.
Oui je la défendrai je remplirai un devoir cher
à mon cœur; je ferai plus encore, puisque vous l'orr
donnez j'aurai la force de m'éloiguer de vous.
Araii .k l i, il:.
C'est votre propre gloire c'est l'honneur qui l'or-
donne, et l'amitié vous le conseille. Il faut nous se'
parer et sur-tout ue rien conserver qui puisse nour-
rir. Vous m'entendez? Votre ami a dû pas
mon ordre réclamer
V A s c o s.
Et tTous m'avez cru capable d'obéir je sacrifierais
l'unique prix d'un amour malheureux Il est là
cet écrit consolateur là, toujours là et pour l'en
airacher il faut auparavant qu'on m'arrache la
vie..
A B. A B E L L E.
Voulez-vous donc faire dire qu'à l'instant même où.
j'allais m'unir au père je jurais au fils un amour éter-
nel ? Non non } je sens qu'il faut à mon bonheur l'es-
time universelle. Pensez que r.elte lettre deviendrait
désormais l'aliment criminel d'une passion, que nous
devons éteindre.
V A SC 0 s.
L'éteindre 1
̃̃. A r a b je x i> e..
Oui ,Vascos ^malheureux jusqu'à présent, tremblons
de devenir coupables. Je me sacrifie, il est vrai, pour
délivrer mon pore pour l'arracher de sa prison mais
connaissez-vous un plus noble devoir ? en est-il un plus
Ali quelque grand que soit rc sacrifice le
la vie. D -main, il sera Mhre, demain je prononce à
l'un loi un serment nugusle ( t désormais Philippe a
le dioi: de piétcndie sinou à,ma tend cesse du moins
̃ V a s c o s.
Et c'est pour lui c'est pour Philippe que vous m'ar-
racliez
M v. x d o z a.
Vascos l'honneur 'exige il faut obéir à sa voix.
V A S C O S.
Ordonnez plutôt que ja m'immole.
A H A B ïi I. L Ë.
Non, c'est à moi qu'appartiennent ton1; les genres de
saci'ilic'-s je cours un? jrllcraux pieds de votre père;
j? ne vous accii-prai point c'est moi lui dirai-je, q'>i
l'îimcsir votre Ris je vous ai rendus
odieux l'un à i'au'n: c'est Arabclle qui vous trahit,
et sur jn:ji seule tombe votre ven-
F T N A L E.
A SCOS E I' il Y M 11 K T, t N E.
fj ciel, i ciel! qu'iillc^-vous faire
ArrçtCi, redoutez îh fur"iir de père:
son
A II A n T, I, L E.
Je me de voue ;ï sa fureur
Vous nvîz l'un et t'autre empoisonna ma vie,
V A S C O S.
Le voilà cet cî.rit qu'Arnbelle m'envie,
Le voii.'i cet écrit qui consolait mon coeur»
B
yons ave? l'un et l'autre, etc.
Vascos.
11 m'assuroit votre tendresse
Et je le rends a*ec douleur. (Il rend récrit.)
ilé;as! vous t'éihircz son ame, I De guérir l'ardeur qui ¡'enflamme,
Vous le livrez au désespoir. | J'»i vaincmentconçuleipoir.
Akabelle,
Grand dieu qu'il en coîite â mon ame
Pour remplir un triste devoir
Vascos.
Impitoyable femme
Etes-yous satisfaite enlin ?
Vous vcncz d'enfoncer un poignard dans mon sein.
AlAïEl L L E.
Oubliez Arabelle
En d'autres lieux, la gloire vous appelle.
Que le bonheur accompagne vos pas.
Vascos.
Le bonheur, Je bonheur pour moi c'est le trépas.
Que ferai-je encor sur la terre ?
Malheureux p;.r l'amour, odieux à mon père.
Consent'r il la vie est un trop grand effort;
Je ne veux que la mort.
Mendoza et Araeeixi: Cymjiemne.
Quelle fureur, quel dimon vous I Tyran maudit père barbare;
égare )
V A S C O S._
Femme cruelle, ami barbare,
Laissez-moi icrntini.r r mon deslin malheureux.
MENDOZA kx AnAniiLi.E. Cymuklink.
S'il alloic terminer son destin mal- L'amour eut fait le bonheur di
heureux, { tous deux.
V A S C 0 S.
C'est moi, c'est moi qui vais trouver mon père»
Contre son fils je saurai l'irriter.
Immoler un rival qui doit le détester.
AIKOIS. V A S C O S. ̃
Quel fureur, quel démon, etc. Femme cruelle ami barbare
N '.arrêtez po<nt mes pas,
A a A B R L l E. J>invoqile ,e trépas<
Arrêtez la force m'abandonne. ( II veut sortir.
Cymbeiime,
Vous l'al'ez perdre suis retour
Son cœur en déch;rc par la crainte et l'omour»
Al» pariti; dites-moi cequ'Ara'elle ordonne,
A vos genoux, je jure d'obéir.
A R A B E L I. E.
Vivez, vivez, Arauelle i'ordonne.
V A S C O S.
L-iifS(z-nio:, l,iisscz-moi mourir;
O J bien si votre arrêt mu ta -damne à Ij vie
K:iic!cz-moi l'é.ri. que j'envie,
Et d'où dépend tout mon bonheur.
(] V M B F. r, J N E. A R A B E C L K.
"îiyat. sensible à sa douleur, Cruelle amant, cruelle amis.
Rendez la paix àsonameattenJne.
V A S C O S. M E N D O Z A.
Soyez sensible à ma douleur Contre l'amant qui la supplie
Cette lettre est pour moi le
suprême. t
A R A B £ L £ K.
Vous ttiomphez de la tendre Arabe!le.
Ensemble;
V A S C O S. C Y M B E T. T V E.
'Il m'est rendu, je le possède encor, N'<!coutezpointunav<;ii3!eremord,
Ce cage heureux d'un amour éter- Ah pont aime r on n'est point cti-
nelie. minelle.
Ah sur mon coeur tendre et fidèle Dieu tu vois le cœur d'Arabelle
& 11 testera jusqu'à la mort.' Elle mérite un autre sort.
A R A B S. E L E. M E 7Î n O Z A.
Sur ma vertu, t'amour t'emporte De l'amitié que Peut le vain effort,
encore. Contre un amant tendre et f»!è!e.
Mais s'il est vrai que je sois crimi- Témoin des combats d'Arabdle,
ne"e > Sans l'accuser, je plains son sort.
Frappe grand dieu frappe Ara-
Je ne demande que la mort.
Ifûv ou, premier Acte,