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Arlequin imprimeur ou Pourquoi écoutait-il ? : comédie en un acte, mélée de vaudevilles ([Reprod.]) / [par le citoyen Lepitre]

De
48 pages
chez la citoyenne Toubon (Paris). 1794. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PERGAMON PRESS
Headington Hill Hall, Oxfoed OX.VOBW, UK
OU'
POUR ÉCOUTAIT-IL?
z^' E f ̃
DE
la première fois à Paris
VARIETES,
l'octodï Prairial, l'an deuxième de la
République Française une et indivisible.
Paroles du Cit. L. Accompagnemens du C. Djeshayes.
Prix, i liv. 10 sols.
S A PAR 1 S
Chez la Citoyenne Tôt: bon, sou, tes galeries du
^Théâtre de la République
y 7 9 4.
L.
PERSONNAÇ-ES. ACTEURS.
CAS SAND RE, Impri-
meur.
COLOMBINE, Fille de
Cassandre.
AltLLEQUIN, Ouvrier
chez Cassandre.
GiLLES, Libraire.
MARINE, servant chez
Cassandre.
Le Citoyen Duporêt.
Le Citoyen Frédébik.
Le Citoyen Dvbreuii..
La Citoy. Mautoucheï.
La Scène est cher Cassandre.
Le Théâtre représente deux chambres contiguës;
l'line est l'appartement de Cassandre; l'aUtre,
l'Imprimer.e; on y voit une presse, des casses.
Je soussigné, Auteur et propriétaire d'une Comé-
die en un acte, mêlée de vaudevilles, intitulée Arle~
quin Imprimeur, ou Pourquoi écoutait-t-il? reconnais
céder à la Citoyenne Toubon, libraire à Paris, la
droit de faire imprimer, débiter et laisser jouer, seule-
ment sur les Théâtres des Départemens, ladite Pièce;
l'autorisant à poursuivre devant «les tribunaux tout
imprimeur qui oserait en faire une contrefaçon, de
même que tout directeur et entrepreneur de spec-
tacles, qui, au mépris des loix sur la propriété de* au-
teurs, la ferait représenter sans son consentement for-
ais! et par écrit.
AParis, ce n Thermidor l'an 2 de la République y
une et indivisible.
A 2
ARLEQUIN IMPRIMEUR,
POURQUOI ÉCOUTAIT -IL?
C O M É D E.
S C È N E P REMIÈRE.
Cassandre est dans sa chambre lisant un journal
devant une table. Arlequin est dans l'autre pièce)
occupé à mettre tout en ordre.
CASSANDRE, ARLEQUIN.
Cassandre.
LA feuille est bien, très-bien! Pas une faute!
Je suis content, mon ami, fort content.
Arlequin ri allant lui-, et l'embrassant.
Quel plaisir vous me faites! J'ai toujours si peur de
ne point réussir Aujourd'hui sur-tout! car il faut
l'avouer.
(4)
Air C'est tè'méraire. La Bfonaco.
C'est téméraire,
Cet imprudent
D'user plus que l'on ne peut faire.
Mais connue un père,
En ce montent
Pour moi vous êtes indulgent.
n. miellé,
Je ne débute qu'rn tiembianf.
C A s S A N D il s.
Je te connais beaucoup de zèle.
A n l e y v i ,v.
l.c zèJe r.Vst pas! talent.
iQuanil pciitr vous plaire
Toujours aillent
Je t-ais tout ce que je puis faire,
Vous, comme un père
En ce moment,
Ne cessez pas d'être indulgent.
Le métier n'est pas facile, et, sons voî avis. {A
part.) Sans l'envie de plaire il ma petite Colombine.
Cassandre.
Arlequin c'est une belle chose que l'imprimerie!
mais combien on en abuse combien on lui fait tort
Air Je snis né natif 'de Férare.
Quand on lit un mauvais ouvrage
Où le bon-sens à chaque page
.Impunément est «utmgi:,
Contre notre art quet préjugé! (bis.)
Mais brûlant dft pairùitismo,
S'i! priH.lie les moeurs le civisme,
En le lisant chacun dira:
Oh le bel art que celui-là 1 ̃' { *)'
A 3
à ton compte; sois toujours digne de ton étal
d'un
un poison
multiplie et le dissémine te paraît-il moins criminel
Arlequin.
lion 5 tous doux le sont és;l»imfnr.
t'un invente une :.rmc tim Ile
Cuutre la patrie ou les mwiirs;
Vautre centuplant son moilcle ?
Etend ses etiels dcstructriirs.
Ali peiisse tout homme impie
Qui profanant un droit sacré,
l'ait servir l'art ou le génie
A détruire la liberté.
C A SS A N D R B.
Bien cela. Continu, et tu ne feras pas honte à notr»
patron.
AatrQu in.
Comment dites-vous Citoyen ? En aurait-on encore ?
CASSANDRE.
Oui 5 mais d'une autre espèce.
Aia Pourriez-vous bien douter encore?
Nous avions pris suivant l'usage,
Un saint inconnu pour patron
Désormais nous aurons un sage
Dont l'univers chérit le nom.
Et ce sage fut garçon imprimeur ?
(̃*)
Des tyrans bravant la colère,
Au ciel il ravit le toiinwe;
Ce patron-là vous fera honneur. (A pari, regar-
dant à la porte).. Colombihe vient pas. L entretien
de son père est fort gpréable mais le sien oU le sien
comme il est doux Elle ne viendra pas! C'est" que je
ne l'ai pas vue d'aujourd'hui. et voici bientôt neuf
heures. Il est vrai que pou- les femmes, le jour ne
commence pas si-tôt que pour nous.
SCENE I I.
CASSANDRE, ARLEQUIN, COLOMBINE.
(Dans cette Scène, Arlequin et Colombine restent
toujours dans lapremière chambre.)
COLOMBINE bas à ^Arlequin,
]VIoN père. Ariequi»-
Chut. il est- là. Ma bonne amie. j'étais presque
Comment!
Je t'attendais, je t'appelais. Mais te voilà, oui
(7)
<:ÂA-
Cassandre.
Arlequin A r l e q u i n.
Citoyen Cassandre?
Dès demain, il fai't imprimer mon ouvrage } «lui
que j'ai faitmoi-mÊn.esiir.le vrai mérite des femmes;"je
veux que .bientôt il paraisse. Vanité peut-être; mais
un père est toujours père. Tu connais ce cher enfant)
je l'ai remis entre tes mains.
Premier Coupki.
Oui, je tiens en ce moment
Ce précieux ouvrage.
Cassandre.
Tu l'as parcouru lestement.
Arlequin. (Il la caresse).
J'insiste davantage -_>*̃
Combien de beautés j'apperrois t
Et que mon oeil dévore
Cassandre.
Poursuis; carie reste je crdis
£ Te plaira mieux encore.
Deuxième Couplet.
Itfaut sur cet endroit charmant {11 veut'l' -.mhrasscr dît
Que je colle ma bouche. 1 1 j'use).
Ce garçon a du goût vraiment
(S)
Arlequin». '>
Oui, de lui*je suis amoureux..
C A S S A N I) E E.'
On n'est pas plus aimable.
AELEQUIKr,
Et je me croirais trop heureux
D'en produire un semblable.
C A S S A S D B
Et qui sait ? Avec de l'esprit, du travail. J'ai bien
fait celui-là. CjiiLjais-tu cependant qu'on me le
coiiieste ?-
Arlequin.
Eii vérité
C a s s a n h r e.
Des jaloux disent qu'il n'est pas de moi. qu'on m'«
aidé.
ARLEQUIN.
Air Ce mouchoir belle Raintondet
Laisse?, murmurer l'envie.
Que vous font ses sots discours 1
Aux connaisseurs je parip,
L'ouvrage plaira toujours.
CassaNdre.
J'aurais voulu y changer quelque chose»
Arlequin.
Y changer?
Ce désir est téméraire;
Abjurez ce vain projet.
Pourquoi donc vouloir mieux faire ?
Il est si bien comme il est!
CassAndrx.
Tu as raison le mieux est l'ennemi du bien.
('9)
Ihe Colombine passe dans
Ah! te voï là, ma fille viens m'embrasser. yufi'
la regarde^ y>lus je trouve que c'est mon portrait. (//
prend son chapeau et sa canne).
ColOJIBISlli
C a s s a v v n e,
J'ai ma provision île papier à faire. Arlequin f tu
m'accompagneras; il faut que je t'ap^rame
taiinailif.
A n h y.q v in.
FoviroJ. Ciloytn Catsandr.' si voik tno lai»sie«
flair.
CissiïDiî à la porte.
Tu reprendras où tu as cessé,
Air Des jeunes-gens voilà bien
Viens.
A B L Q V I K.
Un moirent j'oubliais quelque chose.
Un baiser:
Colombine.
Cassandre.
Hâte. toi, mon ami.
Arlequin.
Eh bien l'as-tii ?
Arlequin. (77 l'embrasse).
SCÈNE III.
Colo&bine seule. i
J_j E bon garçon que cet Arlequin Sans prétention j
tans humeur point joli; mais qu'importe?
Axa De grâce s épargnez-moi le reitt.
^Premier Couplet.
Te vois d'aimables jeunes-gens
Dont je n'aime pas ta tournure:
Ils ont esprit, grâces, talens;
Mais l'arr gâte eu eux la nature.
Je profère simplicité,
Douce candeur, et ton modeste,
Bon coeur sur tout; car la bonté
Vaut cent fois mieux que la beauté
L'une fuit, l'autre toujours-reste. (bis).
Deuxième Couplet
Mon Arlequin est laid, dit-on:
A mes yeux if semble adorable.
Pourquoi t c'est qu'il a le coeur bon,
Et que moi je suis raisonnable.
Femme qui cherche l'agrément
Fait trop Peuvent un choixfuneste.
Le visage le plus charmant
Peut s'enlaidir en un moment;
Mais un bon coeur toujours nous resta.
:̃(: );:>
SCÈNE IV.
Col o'flf ii i n
O coi ma bonne tu n'rr. pas encore pari je?
Marine.
Mon Dieu mon Dieu il n'y a pas de teins de perdu.
Est-ce ma faute à moi, si la voisine est venue dans nia
cuisine si elle m'a conté comme quoi elle était bien
cLigrinjB, par la raison que son brave homme vient d'dtre
tué sur-'les frontières; comme quoi sa perte la rend bien
misérable, avec un enfant sur, les brai. N'a-t-il il pas
fallu que je la console, Aa clière Citoyenne, que le lut
dise que la nation a soin des veuves de ceux-là qui
meurent pour la défendre, que j'en parlerions au Ci-
toyen vot' père pour qu'il en parle à son Comité ? Tout,
cela ne se fait pas en un instant. On n'est pas curieuse
mais on a besoin de tous les détails; et puis, faut être
de bonne -foi c'est une honnête et digne femme que
c'te voisine. mais elle ne nuit pas quand elle voug
conte quelque chose.
Ttfne lui ressemblés pas, toi, ma bonne.
Vous le savez bien. Il y a pourtant certaines occa-
sions. Ah! du temsde nolmioliciub, par exemple}
quand nous n'étions que
Coi. o_M n i s k.
Tu le regrettes?
Quel plaisir
Air Je nous brouillons avec Primidi.'
On y parlait, raisonnait, discutait
Sujets profonds rien vain de frivole.
Quelquefois même le calme régnait.
De bien parler c'était la bonne école;
Mais pour son sour long-tems on attendait.
C'est titiechoV si bel!1 que la parole,
Que qui l'avait à regretta cédait.
On y padair, etc.
ColOÏBtïJi
C'est bien dommage qu'un décret.
Marine.
Ne m'en parlez pas/'On a prétendu fjue nous forions
plus de bien dans iiog ménages. V.tius prétextes! L'en-
vie, la-jalousie des hommes Nous feur faisions
ombrage. aussi.
Air Que lui manque-t-il ? la parole.
Quel!' sagesse dans nbs débats
Dans nos discours quelle abondance!
Un club "de femmes, n'en doutez pas
Aurait fait honneur à' la France.
Mais l's hommes s'arment contre no!i<,
Et notre,succès les désole.
Pour mieux signaler leur courroux.,
Ces ennemis fiers et jaloux,
Sentez-vous bien cet outrage? Non vous ne le sen-
tez pas. Il faut avoir été comme moi pour en sentir
,joute la force. Chère cito larmes couleat
encore à ce souvenir. Au moment où notre club fut
détruit, j'avais la majorité pour la Érésidence,
Cette pauvre Marine Au Moins si l'on eàt attendu
quelques jours.
C'est ce que je disais. Quant à oous Citoyenne
vous dépendez dTun père vous n'êtes pas libre; mais
une fois mariée.
C p t o jw 31 ne.»
Une fois mariée.
I Air ̃" de ̃ la Piété Jîlïate.
Premier Couplet.
Je né vrux point d'autres plaisirs
Que les doux soins de mon ménage.
Dans sa maison, femme prudente et sàg«
Sait avec fruit occuper ses loisirs.
Si' 1. piété filiale
Seule a suffi pour mon bonheur,
En trouverai- je un ,¡noins pnr, moins flatteur
Dans la tendresse conjugale ?
"3e n'aurai qu'un désir, "c'est que mon époux sa
distingue.
Deuxième Couplet.
De ses vertus, de ses talens
Combien mon âme sera hère
En son absence, heureuse et tendre mère,'
A l'imiter j'instruirai mes enfan".
Dans mon petit club, sans rivale
Peut-être je brillerai moins
Mais c'estt assez pour payer tous mes
De la piété filiale.
C>4)
Maki s «;
Ou!, vous avez raison, et si je me marie jamais
c'est dit, je me corrigerai.
Co X. O M B I"N E.
Pour commencer la réforme corrige-toi aussi du
défaut de vouloir connaître toutes les nouvelles. Tu
vas au marché; il est à deux cents pas, et tu ne re-
viendras pas de deux heures.
Marine.
C'est fini. Votre leçon ne sera pas inutile.
C O L O M B I N E.
Je t'attends à la preuve.
̃Maki ne.
Dès aujourd'hui. (Gilles écoute à laporte).
S C È N E V.
COLOMBINE, MARINE, GILLES.
MARINE le surprenant et l'attirant sur la Scène.
JE H mais ne vous gênez pas.
G IL y x. e s.
Quoi! Marine tu croirais?.
Marine.
Non, mais j' dis. Il n'était pas là. Tue* Ci-
toyen Gilles vous avez un vilain défaut qui vous
attirera quelques mauvais atours. A h si je n'étais
pas si pressée!Mais le teins passe et notre dijer.
Çàlombine ). Je vous tiendrai parole. (Elle
tort).
SCÈNE
COLOMBINE, CILLE S.\
CoiOJUIKS,
-Ci xc usez, Citoyen Gilles. Ma bonne est d'une
franchise.
G i i j. e s.
Bah! moi, je suis au-dessus de ça. Faut ben que
les femmes parlent, et sions'inquiélait de toutes les.
de toutes les choses qu'elles disent, ça serait à n'en
plus finir. Nous autres hommes, npus d'vons avoir
d' l'indulgence. Et puis 1' sexe,, quand il vous res-
semble, a tant de droits à 9? faire tout pardonner!
CoiOMBIKI.
Comment donc ) Citoyen, vous êtes galant!
G i j. t. E s.
C'est mon fort, et sans que ca paraisse. Au reste
Citoyenne, avec qui scra-t-on honnête, si on ne l'est
pas avec celle qu'on va épouser? Vous ne vous doutiez
pas dece bonheur-là. Oui, Citoyenne, je vous épouse*
Mes petits soins mes visites vous ont plu. Vos yeux
m'ont dit que vous m'aimiez moi je l'ai dit au citoyen
Cassandre. IL l'a cru sur ma parole, m'a fait un bon
dédit de mille éctis que j'ai dans ma poche et nous
Toilà arrangés. C'est que vos attrait?.
( iO
Gn.tK.
Aie î Allons gai, mon Off.sier.
CIl»/)uetjoiir1, j'en fais l'aveu,
Vbu» m' semblez jjlus jolie.
Colombie s.
Chaque jour j'en fais l'aveu
Vous nie le semblez peu.
G 1 L z E 2.
I • foelilieiir île ma vie
Ktt Il. loir tant d'appas.
CoiOMBlSE,
Moi, ma plus douce envie
Est d. ne Yous voir pas.
G I L t E S.
Ail! «non Pieu! dans cet aveu,
Volta n'êtes point polie;
Mais j' gals bien qu' ça n'est qu'un jeu
Et qu' fous m'aimez un peu.
,Pour ne pas dire beaucoup.
Am Ahl commé il ment!
Coi.ombine.
M«itAiu8 aimer! non, je vous jure.
mon caîiir vous aamïre
Cu« selnlinicnt bien différen
-6-S.L LES.
vive flamme.
Il ne iiis pas de faux serment»
XM)
Qu'importe ? vous m'épouserez.
Coi-'oM hï.
Nous verrons.
& GlILÏS.
Le dédit!
Ç o i; .o m B i ne»
Je proteste contre. »
G IL LE s.
Le papa aime ses assignats
Col o mb i m e»
II aime encore rlus sa tille.
̃ fiiiis s.
Am des deux Hermites.
Ah combien je plains votre erreur!
Vous me regretterez, je gage.
l Colombiiie soyez plus sage
Vous refusez votre bonheur.
J'aurai Il ma chère,
0' in'ennLhir pidinptement.
Guioanisi»1'.
Au lieu de ce talent,
Ayez, pour un moment,
L'a» t Jçjjlaire.