Avis et maximes utiles à l

Avis et maximes utiles à l'Assemblée nationale et à tout le monde, sur l'état politique et religieux de la France en l'année 1792 ([Reprod.])

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33 pages

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chez Lallemand (Paris). 1792. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Ajouté le 01 janvier 1792
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Langue Français
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PERGAMON PRESS
Meiulingion Ilill Hall, Oxford OX3 OftW, UK
AVIS Et MAXIMES
u^r i8 les.
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE.
Sun l'état politique et religietpc de la France
en l'année J792,
Vérité équité bonté.
:d P A RI S'
Chez Là t 1em an d Libraire au Pont-Neuf)
A a
4 AVIS ET MAXIMES
Spp^tiftat politique et religieux de la France
̃en l'année ̃ (
LETTRE D'UN CURÉ
A SJÈ>S PAROISSIENS FIDÈLES.
Du ig Février ,1793-
Mbs Fb.eb.es bien AIMES ET CHERS
.CONCITOYENS,
Inviolablement attaché à la foi et soumis
à la loi j'accède sans renoncer à la direc-
tion de vos âmes, la jouissance de tous les
biens temporels laissés à la cure de votre ville,
ail prêtre que les électeurs de notre district
y ont envoyé pour me remplacer en vertu
des décrets de l'Assemblée nationale consti-
tuante. Je vous
l'installation de ce soi-disant curé constitu-
tionhel. Il s'est un
fonctionnaire public établi par le corps légis-
latif pour le service culte qu'il a orga-
nisë(i). Je vous al toujours dit qu'il falloit
le laisser jouir des avantages civils attribués
à son emploi, et vous- m'avez écouté avec
docilité. '"̃̃,•'
Mais l'Assemblée nationale n'ayant aucun
droit sur yps âmes (i) et l'église vous défen-
dant d'en confiei la conduite à d'autres qu'au
souverain pontife à l'évêque qu'il vous a
envoyé, et au curé que ce prélat a établi dans
votre ville j'ai dû -yoùs avertir comme pas-
teur, et j'ai pu vous dire, comme citoyens
Français auquel là loi de son pays permet de
a manifester sa croyance et même ses ,opi-«
nions religieuses, que les evêques et curés
créés ]0L ce qu'on appelle si Improprement
la constitution civile du clergé, n7ont que les
pouvoirs civils que les auteurs de cette cons-
titution leur ont donnés sans aucune espèce
de jurisdiction spirituelle.
Nous sommes donc ,'M. F. vos seuls pas-
leurs légitimes il n'appartient qu'à nous et
à nos coopérateurs dans le saint ministère,
de vous enseigner la doctrine de l'église, de
vous administrer ses sacremens d'offrir pour
(i) Un officier de morale, un magistrat du culte,
.salarié par la nation expressions de Mirabeau le
premier des hommes déclarés gtands par .l' Assemblée
nationale.
(2)'Elle a déclaré cent fois qu'elle n'a pas eu l'in-
tention de toucher au spirituel et que tous les objets
3ui appartiennent la jurisdiction de 1 église^ sont hors
̃̃V5-v
A'3V:
vous son auguste sacrifice de présenter,
Comme prêtres vos adorations et vos voeux
à Dieu, d'implorer ses graces et ses miséri-
cordes en votre faveur. Les preuves de cette
vérité sont portées aujourd'hui à un si haut
degré d'évidence que je n'essayerai pas
même de dissiper les nuages qu'une obscure
dialectique et une métaphysique pointilleuse
ont rassemblés pour tâcher d'en ternir l'éclat.
Ce développement ne vous est pas nécessaire.
Les cœurs droits n'ont pas besoin de plus de
lumières et quand je réunirois ici toutes
celles qui sont répandues dans les divers
brefs de nôtres saint-père le Pape, dans les
lettres pastorales de notre digne prélat, dans
les mandemens de la presque totalité des
évêques de France dans les instructions des
vrais curés et dans les écrits multipliés des
docteurs et des fidèles catholiques sur cette
matière, elles ri*éclaireroiënt pas les esprits
déterminés à s'aveugler.
Il est vrai M. F. que nous ne parlons pas
au nom de la loi de l'Etat mais seulement au
nom de l'église catholique nous ne sommes
pas les fonctionnaires de la nation mais nous
sommes toujours auprès d'elle, comme minis-
tres dp Jesus-Christ et les dispensateurs des
mystères de Dieu
(i) Pro Christo legatione fungimur. 2 cor. 5.
Sic nos èxistimet ïiomo ut ministros Cferisti et disjtcn-
satores ̃ mysteriornm Dei. car. 4.
6
Je suis donc toujours M. F. chargé dé
vous conduire et vous êtes toujours obligés
de me suivre dans la voie du salut. L'église ou
la- mort peuvent seules rompre le lien sacré
qui nous unit. Tant qu'il subsisterai je serai
tenu de veillera ce que vous ne manquiez
d'aucun des secours spirituels qu'il sera en
mon pouvoir de vous procurer. De loin
comme de prés je suis sur-tout résolu de vous
annoncer la parole de Pieu car la prédication
est la première et la plus importante des fonc-
tions pastorales et le devoir le plus indispen-
sable des pasteurs.
Hélas M. F.. faut-il que je sois réduit à ne
pouvoir le remplir que par lettres Il me seroit
si doux de vous vdir, en vous parlant JI seroit
d'ailleurs si intéressant pour vous de m'enten-
dre au lieu de me lire que je ne puis penser
à ce que notre séparation a de fâcheux pour,
vous sans répandre des larmes que mes mal-
heurs personnels ne firent jamais couler.
Je serois inconsolable., M. F., si je n'avois
l'espoir que la persécution qui m'a forcé de m'é-
loignerde vous, ne serapaslongue. Le bandeau
se déchire la France ouvre les yeux sur le pro-
fond abyme. que le schisme a creusé devant elle
les plaintes commencent à retentir de toutes
parts, contre l'intolérance du nouveau clergé.
La faveur qu'on lui avoit accordée dimi-
ntie à mesure que le délire révolutionnaire
7
A4
fait place au calme de la justice et de la raison.
Les auteurs de l'organisation, civile du clergé
ont fini par être eux-mêmes au moins dégoûtés
de leur ouvrage. L'assemblée qui l'ayoit dé-
crétée comme devant iaire partie de lâ co
titution générale du royaume, l'a ensuit^ re-
tranchée de l'acte constitutionnel. Elle a senti
que gouvernement qui admet tous les cultes,
doit s'il veut être conséquent les surveiller
tous, et n'en organiser aucun. Si, en faisant
la revision de ses décrets elle avoit en le cou-
rage de révoquer toutes ses loixsur la religion,
et ses ministres elle auroit éteint le schisme
qu'elle-même a eu le malheur d'allumer et
terminé les dissentions religieuses, qui fomen-
tent nos divisions politiques, occasionnent des
troubles qui arrêtent la marche du gouverne-
ment, et nous éloignent du bonheur. Tout
annonce que cette révocation ne tardera pas à
être prononcée. Le mauvais effet des remèdes
irritants ou palliatifs, appliqués jusqu'ici .aux
maux causés par les derniers troubles religieux
déterminera enfin la nation à marcher droit à
leur source pour la tarir
(i) D'où viennent les plus grands troubles de la France?
De nos diisentions religieuses. Sur quoi se dispute-t-on ?
Sur le décret du 12 juillet que les que les uns approuvent
une source d'hérésies et de divisions. Révoquez ce décret
qui paroit aussi inconciliable avec les bases de la noiiveli?
s
Nous pouvons au moins nous flatter que
tous les administrateurs de l'empire secouant,
à l'exemple du département de Paris, le joug
que le clergé qui se dit constitutionnel, vou-
droit leur imposer laisseront aux catholiques
la liberté`d'exercer à leur gré toutes, les pra-
tiques de leur culte, et de se servir, même en
public, des ministres qu'ils préfèrent. Il en est
auj ourd'hui en. France de deux espèces, qui
se disent catholiques les uns assermentés et
salariés les autres non assermentés et dépos-
sédés ceux-ci seuls avoués pâr l'Eglise Ro-
maine ceux-là, interdits par elle, et réduits
à l'impossibilité dé vérifier en eux les pouvoirs
'spirituels nécessaires aux pasteurs des ames.
On reconnoîtra qu'ils n'ont, ni la même doc-
trine sur plusieurs points qui appartiennent au
dogme ni le même gouvernement ecclésias-
tique'; et qu'ils diffèrent autant entr'eux, que
les Luthériens par exemple diffèrent des
Calvinistes et s'ils ne se réunissent pas, la
loi permettra enfin à chaque fidèle, de choisir
«onstitution qu'il l'est avec la doctrine de l'Eglise Ro-
maine, comme on a révoqué celui du marc d'argent et
tant d'autres que lea ministres d'aucun culte ne soient
le champ entre les dusideus, à l'avantage de l'Etat de la
religion ét des moeurs et mémo des praires assermentés.
Le nouveau clergé coule quatre-yinj't-un millions payez-
le tant,qu'il sera subsistant et actif, soit an trésor public,
•oit par les mains de ceux (lui l'employant en les dé-
grevant d'impôts proportionnellement. Mais que le gou-
vernement ne se mêle plus de les perpétuer.
9,
entre les uns et les autres ceux qui lui convien-
dront. La force armée n'introduira plus de
prêtres dans le sanctuaire du dieu de paix les'
meilleurs citoyens ne seront plus maltraités
pour cause de religion, dans un pays où on ne
devroit' pas même être inquiété sous ce pré-
texte, puisque la constitution porté expressé-
ment que Tè pouixàr même législatif ne pourra
faire aucunes loix qui mettent o&stacleau droit
civil qi fa tout homme en finance 3 d'exercer le
culte reliyieux auquel il est attaché.
L'expérience a démontré suffisamment qu'il
estcontraire au droit naturel et ltoutes les loix
divines et humajnes de vouloir dominer les
opinions, et tyranniser les consciences qu'un
gouvernement qui suscite, entretient ou re-
doute des disputes purement théologiques est
un mauvais gouvernement que tout homme
qui aime son pays, et veut du bien à ses con-
citoyens qui soumet ses actions aux loix qui
regardent l'ordre civil, qui paye fidèlement à
la patrie le tribut qu'elle lui demande a droit
à la considération et la protection de tous les
dépositaires de l'autorité publique, quelque
soyent ses opinions politiques bu religieuses.
En effet M. F. quel tort ferois-je à la gloire
et au bonheur de la nation française, en pen-
sant et en disant comme la constitution me le
permet par exemple que nous avons trop
,(i) cjii>1 t:i!:> lit
permise. Constit. Frar-j.
10
que l'or-
dre judiciaire est manqué que l'organisation
utilitaire est imparfaite que les ressorts du
gouvernement sont trop compliques que la
constitution civile du clergé est une bévue aux
yeux de la politique et °de la philosophie et
une source d'hérisies et de schisme en théolo-
gie etc. si nia municipalité n'a pas à se
si le. directoire de mon dis-
tr et voudroit n'avoir que des hommes ausû
paisibles que moi à administrer j si je suis
soumis aux sentences des nouveaux tribu-
maux si je suis lè premier à animer le cou-
rase des citoyens armés contre les ennemis
de la patrie si je ne mets aucune entrave
aux différons pouvoirs constitués si je me
borne enfin à éviter toute communication,
dans mes actes de religion, avec le clergé
créé en 1791 sans troubler ses membres dans
la jouissance de leurs droits naturels et
civils? On souffre qu'ils m'appellent fana-
tiquo et réfractaire quoique la loi de Dieu
et celle de l'Etat' le leur défendent, pourquoi
ne me se roit-il pas permis de les appeller in-
si cela, me convient
Los opinions des Juifs des Mahométans des
modernes leur
«;vê(|uc (TAulun,
Il
fidèles soumis au Saint-Siège et restés atta-
spirituelle ;dfes évêqnes
et des curés qu'il approuve ils les expriment
plus cnergiquement que nous n'énonçons les
le trouve
pa§ mauvais. Pourquoi sérions-nous les seuls
tenus d'encenser
tale ? La loi fait-elle des acceptions de per-
sonnes ? Ne doit-elle pas être la même, pour
En un mot n'y aura-t-il que nous qu'on pri-
la liberté sous une constitution dont
on ne' cesse de nous dire qu'elle est la base ?
Je ne saurois le croire M. F. mais quel-
que soit la conduite du gouvernement à
W>tre égard, je dois vous faire observer que
sj: depuis un an, il n'est plus de solemnites
saintes hors, de Paris pour les catholiques
français d iles à la voix du souverain
pontife, si nous sommes gênés dans nos
actes religieux les plus nécessaires au 'salut
et au reposée nos âmes, ce n'est pas à l'acte
consLUolionnel C'est à ceux qui ont le plus
absolument et le plus solemnellenient juré
de le maintenir c'est sur-tout aux prêtres
qu'il faut s'en prendre ces.
hommes inconséquents, aussi infidèles aux
principes de la vraie liberté qu'ils le sont
aux règles de l'église, cherchent à s'assurer
le privilège exclusif d'exercer les fonctions