Avis favorable au dérasement du regard des Marais
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Avis favorable au dérasement du regard des Marais

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Commission Municipale du Vieux ParisAvis favorable au dérasement du regard des MaraisProcès-verbal de la Commission Municipale du Vieux Paris, 7 avril 1904, 1904 (pp. 13-14).M. Tesson dit que l’Administration a soumis à la Commission du Vieux Paris une demande par laquelle le propriétaire de l’immeublesitué 41, rue des Solitaires, à Belle-ville, sollicite l’autorisation de déraser le regard des Marais, qui est une gêne pour la propriété.reLa 1 Sous-commission a envoyé sur place une délégation pour examiner la condition actuelle de cet édicule.Le regard des Marais est une massive construction, sans caractère architectonique, qui est enfoncée dans le sol dont émergeseulement la toiture en pierre. On y accède par un mauvais escalier de quelques marches. La propriété du 41 de la rue desSolitaires, dans lequel il se trouve — placé presque au centre — est ainsi grevée d’une servitude importante résultant de l’existencedu regard et du passage d’un autre travail ancien appelé la pierrée des Mignottes.Avant l’établissement du chemin de fer de Ceinture et le percement des rues des Pyrénées et de Crimée, alors que tous lesémissaires de l’aqueduc de Belleville fonctionnaient et étaient entretenus par la ville de Paris, trois pierrées placées près de lajonction des rues des Fêtes et Compans rassemblaient les maigres eaux d’infiltration que laissait traverser le sol sablonneux de cettepartie de la butte de Belleville.Ces trois pierrées débouchaient dans le regard des ...

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Commission Municipale du Vieux Paris Avis favorable au dérasement du regard des Marais Procès-verbal de la Commission Municipale du Vieux Paris, 7 avril 1904, 1904 (pp. 13-14).
M. Tessonl’Administration a soumis à la Commission du Vieux Paris une demande par laquelle le propriétaire de l’immeubledit que situé 41, rue des Solitaires, à Belle-ville, sollicite l’autorisation de déraser le regard des Marais, qui est une gêne pour la propriété. re La 1Sous-commission a envoyé sur place une délégation pour examiner la condition actuelle de cet édicule. Le regard des Marais est une massive construction, sans caractère architectonique, qui est enfoncée dans le sol dont émerge seulement la toiture en pierre. On y accède par un mauvais escalier de quelques marches. La propriété du 41 de la rue des Solitaires, dans lequel il se trouve — placé presque au centre — est ainsi grevée d’une servitude importante résultant de l’existence du regard et du passage d’un autre travail ancien appelé lapierrée des Mignottes. Avant l’établissement du chemin de fer de Ceinture et le percement des rues des Pyrénées et de Crimée, alors que tous les émissaires de l’aqueduc de Belleville fonctionnaient et étaient entretenus par la ville de Paris, trois pierrées placées près de la jonction des rues des Fêtes et Compans rassemblaient les maigres eaux d’infiltration que laissait traverser le sol sablonneux de cette partie de la butte de Belleville. Ces trois pierrées débouchaient dans le regard des Saussaies situé rue des Fêtes et de là, l’eau partait par une conduite en tôle ; elle tombait-dans le regard des Marais qui nous occupe et, après ce relais, s’écoulait toujours en conduite jusqu’au regard du Chaudron, où elle se mêlait avec l’eau venant du regard Lecouteux. C’était une petite portion des affluents de droite de l’aqueduc de Belleville, qui se réunissaient dans les Cascades. Les travaux de viabilité occasionnés par l’ouverture et le nivellement de la rue de Crimée rencontrèrent le tuyau joignant le regard des Saussaies au regard des Marais et entraînèrent l’abandon de cette minime conduite d’eau, qui fut dérivée simplement dans l’égout passant dans la rue de Crimée. De cette façon la conduite existant entre la rue de Crimée et le regard du Chaudron est devenue inutile, de même par conséquent que le regard des Marais, qui n’avait été établi que pour surveiller la conduite. re La délégation de la 1Sous-commission a constaté en effet que la cuve du regard des Marais est tout à fait inutilisée et que les tuyaux ne reçoivent plus d’eau depuis longtemps. En conséquence, le regard n’étant plus en service et n’ayant aucun caractère méritant sa conservation, le dérasement peut en être autorisé, en maintenant toutefois sur l’immeuble la servitude imprescriptible de la Ville, à cause du passage dans la même-propriété de la pierrée des Mignottes qui ne peut être abandonnée, à cause de la sécurité du sous-sol. re Toutefois, la 1Sous-commission renouvelle le vœu qu’elle avait émis lors d’une visite du regard, des Marais en 1898 au sujet du placement à Carnavalet de la curieuse et massive serrure de la porte d’entrée. La plupart des serrures des regards sont pourvues de secrets ingénieux ; elles sont toutes énormes et solidement établies : c’est qu’elles devaient résister aux tentatives des voleurs d’eau et des voleurs de tuyaux. Et ce n’était pas une mince affaire, car les regards étaient à cette époque en pleins champs et les entreprises faites contre eux étaient fréquentes. La police suburbaine était impuissante à arrêter les voleurs et à découvrir les receleurs ; lorsqu’il ne s’agissait que de l’eau du public, le mal était évidemment regrettable, ’mais ne. causait qu’une émotion relative ; il n’en allait pas de même lorsqu’il s’agissait de la conduite d’eau d’une communauté, l’on faisait intervenir les foudres célestes sous la forme de monitoires allant jusqu’à menacer de l’excommunication, non seulement les voleurs et leurs complices, mais encore les personnes ayant connaissance des larcins. Belgrand a retrouvé l’un de ces anciens monitoires lancé à l’occasion du vol des tuyaux jet du bassin du regard des Dames-de-la-Roquette. Voici les parties saillantes de ce curieux document : MONITOIRE Officialis Parisensis omnibus Rectoribus et Vicariis seu in eorum recusationem omnibus presbyteriis et notariis subditis salutem in domino.vous Nous mandons de bien et diligemment admonester de nostre part et autorité sous peine d’excommunication par trois dimanches consécutifs es prosnes de vos esglises paroissialles, comme par la teneur des présentes, veu… Tous ceux et celles qui scavent que certains quidams s’estans transportez au regard de la e Roquette, sceis dans les vignes de Belleville qui receoit des eaues publiques de ladville auraient forcé en trois endroicts et rompu le cachet qui estait à la e porte dudit regard… Scavent les noms, surnoms, demeures et qualités desdquidams, leurs complices, malfaicteurs et adherans, où les choses susdictes ont été transportées, par qui et chez qui, que peut estre devenu la cuvette et thuyaux de plomb, où ils peuvent être présentement en tout ou partie, ceux qui ont acheté led plomb et barres de fer en partie et combien… Ils ayent à venir à révélations… dans six jours après la troisième publication des présentes au publicateur d’icelles, autrement nous userons à l’encontre d’eux des censures ecclésiastiques et selon la forme de droict, nous nous servirons de la peyne d’excommunication (2 juillet 1691).
Mais les menaces de l’Église n’avaient pas plus de succès que celles de la police et la sécurité des regards ne dépendait en résumé que de la solidité des portes et de la résistance des serrures. re La 1Sous-commission présente les conclusions suivantes : 1° Avis favorable au dérasement du regard des Marais, avec maintien de la servitude, comme il a été opéré déjà, notamment pour le regard Beaufils ; 2° Réserve de la serrure du regard, pour le musée Carnavalet.
3° Prise d’une vue photographique représentant le regard des Marais émergeant du sol.
Ces conclusions sont adoptées.