Baptême de Clovis, par J.-B. Buzy,...

Baptême de Clovis, par J.-B. Buzy,...

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impr. de P. Regnier (Reims). 1854. In-8° , 8 p..
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Ajouté le 01 janvier 1854
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Langue Français
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BAPTÊME DE CLOVIS
PAE J.-B. BUZY.
PIECE COURONNEE
PAR L'ACADÉMIE IMPÉRIALE DE REIMS,
LE 27 JUILLET 1854.
+
REIMS
P. RÉGNIER, IMPUIMEUU DE L'ACADÉMIE.
BAPTÊME DE CLOVIS,
y\ Par J.-B. BIZY.
In hoc signo vinces.
I.
Du vieux monde romain le colosse brisé
A perdu pour jamais son preslige et sa gloire.
L'âme n'anime plus ce grand corps épuisé ;
L'Eternel a détruit vingt siècles de victoire.
Et des peuples nouveaux les fougueux tourbillons.
Poussés par le Très-Haut de leurs rives lointaines,
Ont chassé devant eux les vieilles légions,
Et brisé les aigles romaines.
Sur leur trône ébranlé, les antiques Césars,
Au seul bruit de leurs pas, ont frémi d'épouvante ;
Les Dieux vaincus, les moeurs, et les lois et les arts
Périssent confondus dans l'horrible tourmente.
Partout victorieux par le fer et le feu,
Le courroux du Barbare ensanglante la terre ;
Ils annoncent qu'ils sont les ministres de Dieu
Et les fléaux de sa colère.
Tout-à-coup à leurs yeux la Croix parait dans l'air ;
La Croix a désarmé le Vandale lui-même ;
Le Barbare étonné, laissant tomber le fer ,
Lave ses bras sanglants dans les eaux du baptême.
Li paix avec la Croix a brillé dans les cieux,
Et la France au berceau sous ses lois s'est rangée ;
La terre a contemplé son éclat radieux,
Et soudain la terre est changée.
11.
Entre ces murs sacrés bâtis par nos ancêtres,
Au pied des saints autels humblement incliné ,
Entouré de soldais, et du peuple eldes piètres ,
On voyait sur ïe mari)re un guerrier prosterné.
Ses cheveux blonds, flottant sur sa longue tunique,
Laissaient voir à demi ses traits majestueux ;
Ses yeux éllncelaicnl d'une flamme héroïque ,
Et la foi tempérait son front impérieux.
Le Barbare à genoux attendait en silence.
Ces flambeaux allâmes, ces chants harmonieux,
Les flots amoncelés de celte foule immense ,
De l'airain mugissant les sons religieux,
Les riches encensoirs, les flottantes bannières,
De leurs vêlements d'or les lévites ornés,
Tout, l'odeur des parfums, les voix et les prières
Pénétraient de Clovis tous les sens étonnés.
Rangés autour de lui, ses compagnons de gloire
Partageaient son extase en ce jour solennel ;
Sur ses pas ils volaient naguère à la victoire ;
Avec lut main tenant ils entouraient l'autel.
III.
Quoi ! ce héros si redoutable.
Que l'on voyait dans les combats,
De sa francisque formidable,
Signaler chacun de ses pas ;
Eh ! qttoi ! c'est pour lui que s'apprête
Le saint et pieux étendard !
Quoi ! c'est lui qui courbe la lé te
Sous la main d'un faible vieillard !