BDL_COUV_JUIN_JUILLET:#Couverture (4.0)
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Exrait

Prix : 5Juin-Juillet 2010
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Toute reproduction doit mentionner « Extrait du Bulletin des Lettres - Lyon »
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Règlement à l’ordre de l’Association des Amis du Bulletin des Lettres 39 bis rue de Marseille 69007 LYON
ÉÜxÅÅt|..............................................................................Jiuliel-nuJNITELLUB........LA1020t U  DIE V.......................................................................
LE FOOTBALL, UN FILON POUR LES INTELLECTUELS, par Pierre Charreton......................................................................................3 PRISME Des mots d’hier et des mots d’aujourd’hui,par Bernard Plessy.................7 ROMANS, RÉCITS, NOUVELLES...........................................................9 HISTOIRE, BIOGRAPHIES Sur les marches de l’Empire,par Rémy Hême de Lacotte...........................19 ESSAIS..........................................................................................................27 SOUVENIRS, TÉMOIGNAGES................................................................31 LITTÉRATURE, CRITIQUE George Steiner et ses lectures,par Roger Payot....................................35 TEXTES ET DOCUMENTS42 SOCIÉTÉ.......................................................................................................44 BEAUX-ARTS, MUSIQUE, CINÉMA Cent bonnes nouvelles, plus une, excellente,par Bernard Plessy......47 TERRA MARIQUE Les pas et les mots,par Pierre Pupier......................................................52 Fortune et infortunes de mer,par Jacques Ferraton..............................54 INDEX............................................................................................................60
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Ont collaboré à ce numéro :Violaine ANGER, Yves AVRIL, Pierre BÉRARD, Henri BONNET, Pierre CHARRETON, Jean-François CLERET, Micheline COCHARD, Claire DAUDIN, Michel DEBIDOUR, Jacques FERRATON, Michel FEUILLET, Rémy HÊME de LACOTTE, Henri HOURS, François LAGNAU, Roger PAYOT, Bernard PLESSY, Pierre PUPIER, Michel RUSTANT, Philippe VILLARET
Les ouvrages que les rédacteurs ont préférés dans ce numéro sont signalés par la vignette de leur couverture.
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Certains abonnés semblent agacés par la propension de cette chronique à insister sur la situation précaire du Bulletin. Il est certes difficile de masquer la réalité qui, sans être catastrophique, est tout de même suffisamment sérieuse pour que nous nous inter-rogions sur son sort à moyen terme. Mais il serait aussi difficile de nier que l’inquiétude suscite parfois des ressassements au-delà du raisonnable. L’un de nos fidèles amis l’a-t-il subodoré ? Depuis son lointain monastère de Lituanie, il me pénalise d’un carton jaune. Trois mots lui suffisent.Omnia in mensura. Il n’a pas tort. S’il faut en croire les spécia-listes de la communication, ressasser la morosité est rarement le meilleur moyen de mobiliser les prospects. Alors voyons l’avenir autrement. D’abord en chiffres. Chaque année, au mois de juin, l’Association des Amis du Bulletin des Lettres tient son assemblée générale ; c’est l’occasion de présenter comptes et bilan. La progression de 10 % de nos coûts de production tient à la fois à l’augmentation des frais d’impression et d’affranchissement, mais aussi, et pour plus de la moitié, à l’évo-lution de notre pagination. En outre, sur trois exercices, notre déficit d’exploitation a été ramené de 3398à 1070. Ce sont là les signes d’une certaine capacité de résis-tance, donc encourageants. Mais pour le nombre d’abonnés, il nous faut être beaucoup plus exigeants et passer de la résistance à l’offensive. (Métaphore strictement réservée au sport, selon Bernard Plessy). Les moyens sont radicalement simples. Soit doter le Bulletin d’un site Internet attractif, vivant et bien référencé, soit revoir la maquette intérieure de la version papier pour en augmenter le contenu et en faciliter la lecture. Et pourquoi pas les deux ? Parce que ces idées–là, qui ont déjà un parfum de redite, ne sont pas sans conséquences immédiates sur nos finances. Après avoir longuement pesé le pour et le contre, les socié-taires se sont prononcés pour une amélioration de la version papier, considérant que la vocation du Bulletin est d’être imprimé. En réaffirmantses fondamentaux(l’expression a la cote), la revue fait un pari. Un pari en vérité bien modeste. Offrir une lecture plus « confortable », faciliter l’accès aux rubriques que certains lecteurs aiment consulter en priorité, tout cela n’a rien de révolutionnaire, mais si de tels moyens peuvent donner aux abonnés actuels l’occasion de faire connaître, et peut-être mieux apprécier, le contenu du "nouveau" Bulletin, ce bouche-à-oreille fructueux suffira à justifier l’inves-tissement. Au rang des reproches adressés à cette chronique, tel pourrait ajouter celui d’évoquer souvent des projets dont la réalisation, imminente un jour, tombe à l’eau le mois suivant. Cette fois, disons chiche ! Alors :La suite au prochain numéro? Pas tout à fait. Les congés et la préparation des maquettes imposent un peu de patience. Mais pour la rentrée, c’est promis foi d’animal !
M.R.
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par Pierre CHARRETON
LE FOOTBALL, UN FILON POUR LES INTELLECTUELS
En khâgne, vers la fin des années 50, un de nos condisciples, futur spécialiste du vocabulaire de Proust, avait publiquement fait le pari de commencer une dissertation de philo destinée au « Boehl » par les mots : « Ce fut un beau match », suivis de deux pages consacrées aux vicissitudes d’un footballeur lyonnais sur le terrain de jeu (je crois me rappeler qu’il s’agissait de Cossou, un « black » parmi les premiers dans notre championnat). C’était pour lui une gageure à la limite du canular, tout en se présentant comme une analyse sérieuse. Autre temps, autres mœurs : il faut maintenant exciper de ses titres de normalien, agrégé et universitaire patenté pour écrire sur le football ! L’imminence de la prochaine Coupe du Monde (déjà passée quand paraîtront ces lignes) n’est sans doute pas pour rien dans cette moisson de livres. Rééditant un texte de 1998,Les intellectuels, le peuple et le ballon rond, J.C. Michéa, philosophe de profession, n’a pas jugé utile « d’actualiser » son analyse, pour lui confirmée par les événements, bien qu’il fasse flèche de tout bois contre les « intellec-tuels » coupables de mépris envers cette activité et ce spectacle éminemment populaires. Il se trouve contredit par les faits, puisque voici une cohorte de ses congénères qui tentent de réhabiliter le football aux yeux de leurs collègues et du public (on va le voir, le terme d’« éloge » intervient dans deux titres). Sa position fait penser à celle d’un Jean-Marie Brohm dans les années 80 : elle repose sur une critique acerbe du capitalisme qui dénature le sport. C’est le public populaire qui a raison de se montrer « très critique » sur la valeur du spectacle proposé dans les stades. L’auteur dénonce (à juste titre) l’évo-lution du football « du plaisir au devoir » notée par Eduardo Galleano, écrivain uruguayen auteur deFootball, ombre et lumière, dont Michéa cite quelques extraits à la fin de son livre. Parmi ces tentatives de réhabilitation, la plus risquée semble être celle de J.F. Pradeau, professeur spécialisé dans la philosophie ancienne, qui entreprend un « éloge du supporter » dans son livreDans les tribunes, illustré de nombreuses photos. L’auteur veut « rendre hommage au Stade et à ceux qui l’aiment » (il tient à la majuscule). Il distingue de manière convaincante le « supporter » du simple « spectateur ». Il analyse la « cérémonie » avec ses règles et ses rites. Les troupes de supporters jouent un rôle analogue à celui du « chœur » dans le théâtre antique : ayant moi-même avancé cette hypothèse dans mes propres travaux, j’en trouve ici la confirmation. Sexualité, socialité et religion marquent l’atmosphère du Stade : la première a été peu souvent notée : l’auteur analyse « l’étreinte charnelle » après le but marqué, qui suscite tant de railleries  de la part des esprits distingués… A la fin, il revient à la haute antiquité grecque pour avancer que le phénomène du Stade est « notre culte à mystères d’aujourd’hui », ce qui explique « l’excès des transes » et la « frénésie collective » qui s’empare des foules : le supporter est « devenu un autre » ! L’analyse est résolument à contre-courant, intéres-sante et argumentée, mais une question subsiste : pourquoi est-ce le football qui donne lieu à ces excès, dans des proportions sans commune mesure avec d’autres grands sports internationaux ?
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DansUne main de tropPaul Yonnet, spécialiste de l’analyse des loisirs et du, phénomène sportif, amorce une réflexion générale à partir du fameux épisode de la main de T. Henry. Son attitude est plus classique de la part d’un membre de l’intelli-gentsia, en tout cas moins paradoxale que celle des deux auteurs dont on vient de parler : il confie avoir ce jour-là cessé d’aimer l’équipe de France, car il s’est senti honteux, « consterné » et même « sali ». Il est donc très sévère pour ce comportement fondé sur le « pas vu pas pris ». A l’encontre de la plupart des commentateurs institutionnels, sauf d’anciens joueurs comme Lizarazu ou Petit, il prétend qu’Henry avait le choix d’avertir l’arbitre, et cite des exemples récents de « fair-play » de la part d’autres grands joueurs étant intervenus au détriment de leur propre équipe. Il regrette que l’évolution actuelle rende le joueur « préprogrammé pour tenter sa chance contre la règle ». Il pose à son tour question de l’arbitrage et de l’usage de la vidéo, qui n’est certes pas la panacée mais qui devrait intervenir dans certains cas. Il propose diverses modifications des règles et des sanctions, auxquelles je serais prêt à souscrire : l’anti-jeu caractérisé n’est pas assez sanctionné, le but devient une denrée trop rare ! Il déplore la fin de « l’âge d’or » du football. Le livre se clôt sur deux textes antérieurement publiés, l’un sur la notion d’« identité », l’autre sur « sport et sacré », un sacré qui, se passant de la religion, « est produit directement à partir du profane ». Le sous-titre général, jouant sur le pluriel et le singulier, se trouve corroboré par la lecture de l’ensemble : « Mesures et démesure »…
Encore à contre-courant, voici, d’Ollivier Pourriol, unEloge du mauvais geste: l’auteur revient sur les mains célèbres (Maradona, Henry), les gestes violents (Zidane, Cantona, Schumacher), les réactions mal venues (la joie spectaculaire de Platini à la fin du match tragique du Heisel). S’opposant à la condamnation médiatique générale, Pourriol s’efforce de comprendre, sans les juger, ces gestes comme l’expression d’une spontanéité qui s’exprime « au-delà des règles ». Par exemple l’expression « coup de boule » est impropre pour qualifier la réaction de Zidane aux insultes de Materazzi : il a frappé non à la tête, mais au thorax, au « cœur ». Le texte se clôt sur une paraphrase de Camus dansLe Mythe de Sisyphefaut imaginer Zidane heureux »… Pour la main: « Il d’Henry, Pourriol invoque Sartre etLes Mains sales. Pour Platini, il met à contribution Pascal et le « divertissement » qui permet d’oublier la mort…L’agression de Schumacher contre Battiston suscite une réflexion sur la notion de « perfection » selon Aristote. Au passage, on s’interroge sur le statut de la règle qui « n’est pas une loi naturelle ». Doit-on avoir honte d’être tout simplement un homme ? Ce livre est certes très subtil, mais à la fin on ne peut s’empêcher d’éprouver une gêne, car entre la compréhension et l’excuse, la limite reste mince. Or j’ai revu récemment à la télévision l’attentat de Schumacher : c’est la guerre !
Mathias Roux, quant à lui, semble pour ainsi dire rendre un hommage au précurseur qu’était notre condisciple de khâgne : sous le titre plutôt facétieuxSocrate en crampons, il érige à partir d’une analyse du football un véritable manuel de philo à l’usage des futurs bacheliers ! Dans le titre, il s’agit bien du philosophe de l’Antiquité, et non du célèbre international brésilien Socrates, même s’il est question de ce dernier dans l’épi-logue. Tous les sujets susceptibles d’être abordés au bac sont traités : la perception, la liberté, le désir, le devoir, la vérité, le temps, la justice, etc. Le football n’est pas un simple prétexte, mais bien un fil conducteur. Ainsi la question de la perception surgit des contro-verses sur un penalty : la « relativité des points de vue » montre que la perception est « acte de synthèse » supposant une interprétation. C’est parfois, nécessairement, un peu rapide, par exemple sur les relations du sport et de l’art, mais c’est à la portée d’un élève du secondaire. La visée pédagogique est soulignée par la mise en page, avec en marge des résumés de questions, des sujets de bac, et des citations de philosophes de tous les temps. Des dessins d’Eric Doxat égayent la présentation.
par Pierre CHARRETON
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Le football, un filon pour les intellectuels
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