Bel-Ami
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Extrait de la publication Extrait de la publication Meta-systems - 12-12-12 11:11:15 FL1584 U000 - Oasys 19.00x - Page 1 - BAT Bel ami - Etonnants Lycée - Dynamic layout × MAUPASSANT Bel-Ami Présentation, notes, dossier et cahier photos par Stéphane GOUGELMANN, Agrégé de lettres modernes, docteur ès lettres Flammarion Extrait de la publication Meta-systems - 12-12-12 11:11:15 FL1584 U000 - Oasys 19.00x - Page 2 - BAT Bel ami - Etonnants Lycée - Dynamic layout × De Maupassant dans la collection «Étonnants Classiques» Boule de Suif Le Horla et autres contes fantastiques Le Papa de Simon et autres nouvelles La Parure et autres scènes de la vie parisienne Toine et autres contes normands Une partie de campagne et autres nouvelles © Éditions Flammarion, 2013. ISBN : 978-2-0812-4998-1 ISSN : 1269-8822 N° d’édition : L.01EHRN000287.N001 Dépôt légal : janvier 2013 Meta-systems - 12-12-12 11:11:15 FL1584 U000 - Oasys 19.00x - Page 3 - BAT Bel ami - Etonnants Lycée - Dynamic layout × SOMMAIRE ■ Présentation........................ 5 Bel-Ami, roman maupassantien 5 De l’illusion en littérature 8 Un roman de l’actualité 11 Un r moral 16 ■ Chronologie......................... 23 Bel-Ami ■ Dossier..............................

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Langue Français
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Exrait

Extrait de la publication
Extrait de la publication
MAUPASSANT
BelAmi
Présentation, notes, dossier et cahier photos par Stéphane GOUGELMANN, Agrégé de lettres modernes, docteur ès lettres
Flammarion
Extrait de la publication
De Maupassant dans la collection « Étonnants Classiques »
Boule de Suif Le Horla et autres contes fantastiques Le Papa de Simon et autres nouvelles La Parure et autres scènes de la vie parisienne Toine et autres contes normands Une partie de campagne et autres nouvelles
© Éditions Flammarion, 2013. ISBN : 978-2-0812-4998-1 ISSN : 1269-8822
N° d’édition : L.01EHRN000287.N001 Dépôt légal : janvier 2013
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. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Présentation . Bel-Ami, roman maupassantien De l’illusion en littérature Un roman de l’actualité Un roman moral
Chronologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
BelAmi
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Dossier . Connaissance du contexte historique du roman Connaissance de l’œuvre Parcours de lecture Du réalisme en littérature, o groupement de textes n 1 e Les représentations de la presse auXIXsiècle, o groupement de textes n 2 Les représentations du féminin et du masculin dans l’œuvre de Maupassant, o groupement de textes n 3 Un exemple de récriture :Madame Bovary La réception du roman
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PRÉSENTATION
Bel-Ami, roman maupassantien
En 1884, quand il entame la rédaction deBel-Ami, l’écrivain n’en est plus à ses débuts. Néanmoins, c’est avec cette œuvre qu’il s’affirme en tant que romancier. À trente-quatre ans, Maupassant jouit déjà d’une grande notoriété. Mais il la doit surtout à des textes brefs – de nom-breuses chroniques dans les journaux (en particulierLe Gaulois), des nouvelles à succès (« Boule de Suif », 1880) et des recueils de contes (La Maison Tellier, 1881 ;Mademoiselle Fifi;, 1882 Contes de la Bécasse, 1883 ;Clair de lune,Miss Harriet,Les Sœurs Rondoli, 1884).Bel-Amin’est pas non plus son premier roman : en 1883,Une viea paru en feuilletons dans leGil Blas. Mais la gestation de ce premier roman a été longue et douloureuse : il a fallu à Maupassant pas moins de six années et de nombreux remaniements pour raconter les malheurs conjugaux de Jeanne, une jeune aristocrate normande, comme si l’écrivain était plus à son aise dans le croquis d’une anecdote que dans le récit de toute une vie. En outre, ce premier roman est écrit sous influence : on y ressent fortement la tutelle de Gustave Flaubert, l’ami de la famille, le modèle et le mentor de l’écrivain. La Nor-mandie, les désillusions de l’héroïne, la médiocrité des hommes et l’ennui sans fond qui se dégage de la réclusion provinciale
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sont des thématiques communes àUne vieet au célèbre roman de Gustave Flaubert,Madame Bovary(1857). En 1884, Flaubert est mort depuis quatre ans et Maupassant a pris de l’assurance : un temps, il oublie les paysages de bocage, les mœurs confinées de la campagne et la neurasthé-1 nie des jeunes filles mal mariées. Il se détourne du pays de son enfance pour s’intéresser à Paris et suivre la destinée qui sera celle de son héros, Georges Duroy. À certains égards, son person-nage lui ressemble : il est natif de Normandie (Maupassant, lui, est né à Tourville-sur-Arques, près de Dieppe), plus précisément de Canteleu, bourg situé non loin de Rouen et très proche de Croisset – où se trouve la maison de Flaubert ; il est prêt à en découdre avec ses origines, son milieu, sa famille (au point de changer de patronyme), et, surtout, désireux de conquérir la capitale – comme Maupassant, certes issu d’un milieu plus nanti, aspire à devenir un maître du roman. La rédaction est menée tambour battant, rapide comme l’ascension sociale de Georges Duroy : si le héros met trois ans à s’élever dans la société, la parution deBel-Amien feuilletons dans leGil Blas s’étend sur moins de deux mois, du 6 avril au 30 mai 1885. Le roman connaît un succès considérable et engendre des revenus si conséquents qu’il permet à son auteur d’acquérir un voilier de onze mètres. Juste retour du succès, le bateau est baptiséBel-AmiCependant, le style de ce deuxième roman n’est pas exempt de tout flaubertisme (notamment dans la description de Rouen au moment où Georges revient voir ses parents qui vivent au pays de Flaubert). On dénote également l’influence de Balzac dans ce récit d’une ascension sociale (dans Duroy se profile un
1.Neurasthénie: état d’abattement accompagné de troubles psychiques.
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Extrait de la publication
1 Rastignac ), et celle de Zola dans la volonté qu’a Maupassant de peindre la société de son temps – en particulier le mileu des journalistes – et de mettre au jour les ressorts fondamentaux des rapports humains. On a même associé Maupassant et Zola sous la bannière du même mouvement littéraire : le natura-lisme. Chef de file de ce dernier, Zola prône le renfort des savoirs exacts en matière de création : les faits inventés par le roman-cier doivent être non seulement plausibles, mais également vali-dés par une enquête de terrain préalable et par les acquis de la recherche scientifique. Maupassant a collaboré au recueil collec-tif de nouvelles intituléLes Soirées de Médan(1880), où parut « Boule de Suif » et dont la publication fut l’un des actes fonda-teurs du naturalisme. Pourtant, l’écrivain a très vite pris ses dis-tances avec ce mouvement et ne s’en est jamais tenu strictement à sa rigueur méthodologique. Au-delà des interrogations sur sa filiation littéraire,Bel-Ami demeure une œuvre personnelle et originale, bel et bien mau-passantienne dans le sarcasme du ton, dans cette façon d’éviter les surcharges et les digressions, les personnages superflus et les descriptions qui s’étirent, ainsi que dans cet effort de ne s’atta-quer qu’à l’os d’une histoire qui procède selon une économie serrée, un plan sans faille, un rythme haletant : une leçon tirée sans doute du conte, école de concision et de sobriété d’effets.
1.Rastignac: personnage deLa Comédie humaine, dont les aventures commencent dansLe Père Goriot(1834-1835). Il s’agit d’un jeune homme ambitieux prêt à tout pour parvenir à la réussite sociale.
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De
l’illusion
en
littérature
L’imagination au service de la vérité Chez Maupassant, cette nervosité du style et cette rigueur de composition sont au service d’une haute ambition : ébranler le lecteur par la seule force évocatoire d’un récit imaginé. « Le but n’est point de nous raconter une histoire, de nous amuser ou de nous attendrir, mais de nous forcer à penser, à comprendre le sens profond et caché des événements », affirme l’auteur dans le manifeste intitulé « Le Roman » qu’il joint à son récitPierre et Jean(1888). Il n’est donc pas permis au lecteur de s’abstraire de ses jours grisâtres, de fuir les petites misères de son quotidien monotone ; l’occasion ne lui est pas même fournie d’un franc dépaysement ni d’un complet délassement, comme ceux que procurent les grands romans populaires, où souvent se mêlent l’amour, l’aventure, voire l’exotisme et le merveilleux. Le roman représente non pas une porte de sortie, mais un point d’entrée, non pas un motif d’oubli de soi ou du monde, mais une piqûre de rappel de ce qu’est le réel, non pas une possibilité d’évasion, mais l’occasion d’une révélation de la vérité : voilà sa digne et haute mission ! Cependant, si le roman doit rendre compte de la vérité, cela n’implique pas qu’il soit aussi plat et décousu que peut l’être l’existence du lecteur ni qu’il distille l’ennui à force de mimer la banalité vécue. Pour Maupassant, le roman est une histoire ficelée, dramatisée et captivante. Ainsi, l’œuvre demeure entièrement divertissante, mais divertissante au sens premier du terme (du latindivertere, « se détourner, se séparer de, être différent ») : elle s’offre comme une voie différente, un chemin de traverse qui, pour peu qu’on veuille bien l’emprunter, conduit à la compréhension, à la pensée. D’une certaine façon, le roman possède des vertus éducatives : le souffle de la narration
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emporte le lecteur, l’arrache à lui-même, mais pour mieux le ramener aux « événements », à la société et à l’individu – sédui-sante manière d’inviter tout un chacun à prendre du recul, à se forger une opinion, à réfléchir à la nature et à l’histoire humaine. C’est par le détour de la fiction que s’ouvre un accès possible au sens et, peut-être, à la sagesse.
Un roman réaliste ?
En assignant à la littérature une fonction essentiellement 1 heuristique , Maupassant se place délibérément dans la lignée e de ces grands auteurs duXIXsiècle, tels Stendhal, Balzac, Flau-bert, Hugo ou encore Zola, qui se posent en grandes consciences de leur temps et, par leurs œuvres, aspirent à éclairer leurs contemporains, à les aider à progresser dans la voie de la vérité. Plus précisément, Maupassant s’inscrit dans un courant à la fois littéraire et plastique, nommé « réalisme », qui assigne à l’art la mission de refléter la réalité : « un roman est un miroir qui se promène sur une grande route », selon le mot célèbre de Sten-dhal dansLe Rouge et le Noir(1830). Ainsi définie, l’écriture s’appuie avant tout sur un « emmagasinement d’observations », comme l’écrit Edmond de Goncourt, autre écrivain « réaliste », dans la préface du romanLes Frères Zemganno(1879). Elle découle d’une attention de tous les instants portée à l’existence, dans ses aspects les plus insolites comme les plus banals. Les peintres ou les romanciers réalistes scrutent ce qui les entoure, écoutent les paroles, notent les gestes, tentent de capter l’esprit d’une époque, d’un lieu, d’une société. Mais, comme le rappelle Maupassant dans « Le Roman », « raconter tout serait impossible, car il faudrait alors un volume
1.Heuristique: liée à la découverte, au dévoilement de la vérité.
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