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C'est le diable, ou La Bohémienne : drame en cinq actes à grand spectacle, mêlé de pantomime, évolutions, combats, chants et danses ([Reprod.]) / paroles et combats de J.G.A. Cuvelier

De
38 pages
chez Barba, libraire (Paris). 1798. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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• V • •
E
mêlé de
et
danses. '>̃.
Paroles et çpmbats BE J.
• ••̃
fois sur le théâtre de l'Ambigu..
le 28 brumaire an VI de République
J
Chez B,Âfe.B A Libraire, rue
au Magasin des Pièces •
AN SIIIImï DE LA
A
M î E
Le théâtre représente
à droite un lit autour
armée
de pieds en cap,
SCÈNE P R E M I È È.
M AU RI S S O, M a d. B A T E R N
vous me faites trembler.
Mad. paterîtje.
ne dis rien mais je n'en trembla
pas moins en te le racontant.. •
Et c'est dites-*vousv dans cette chambre-ci?
Mad. paterne.
Dans cette chambre-ci.
ni a u r î s s o
maurisso.
D'abord une foible lueur ?
Mad. pater N e.
Une lueur pâle.
̃ Eusuite un grand bruit?
A DIABLE,
Mail, p'a t e r h
Et le spectre? Mad. PATERNE.
On
son père.
m a n r i s. s o;
Et il appelle monseigneur avec sa grosse vorx.?.
d'une voix forte.}
avec effroi et se' prosternant.) Nous sommes perdus. ( Ulric
Paterne
'se relèvent.) Maurisso [én'se rassurant un* peu. ) C'est la
-t i,Ma.(j. ,,Ç A T F R M K.-
De ce maudit in ténâant.
Avouez pourtant, madame Paterne que vous £«riez eu
Màfl. P a't e" r N eî avec ironie.
Là,, là. ne diroit-on pas que voilà un homme bien vaillant.
•• '̃
Croyez-vous que j'ajoute foi à'ioules vos sornettes ?..•
"Mad.- p a t e r m e.
Des sornettes- l'impertinent.
/j?-.3
"CJne v ieille folle, qui voit ne -sont
Le petit scélérat. m'a v r .r s- s o.
XTne radoteuse > dont il faut éternellement approuver- les
Mad. PATERNE.
Pour le coup, c'en est trop. Vas-t-en vas-t-en, on je vais
t'arracher les yeux.
à lui échapper. )
E. 5
A3
U L R 1 C.
5 t rrc."
Eh bien eh bien que signifie tout ce tapago ?
.Si vous saviez que ce benêt
o.
il faut vous dire que cette vieille sibille.
ut I c.
Monseigneur veut aller à la chasse", il faut préparer les équi-
pages. allez. h a u R i s s o, sortant.
Adieu belle divinité.
Mad. p a t e r w E.
Tu me le payeras, tu me le payeras.
(fflaurlsso sort, Il'tric arrête. madame Paterne qui veut
courir après lui..
SCENE II L
Mad, PATEENE, ULRIC
V I R I C. ̃ .̃
Appaisee-vous madame Paterne s et faites-moi l'amitié Je
me prêter un montent d'atténtion; je veux causer" avec
vous*
Mad. paterne, se radoucissant.
M. l'Intendant me fait bien de l'hounsur, je reste.
u t R x c.
J'aime beaucoup les femmes douces et sensibles. madame
Vousêtes bien honnête.
y t r i c.
J^ime encore celles qui sont aimables comme vou$.im*»
dame Paterne.
G î A B L E ?
révérence.
Vous avez bien de labonté.
u I. A I c avec sévérité.
Mais je déteste les curieuses et
gardes ainsi, soit dit une fois pour tontes, s'il vous arrive ja-
mais d'épier monseigneur, comme vous avez fait celte nuit
s'il vous arrive de répandre là.crainte parmi les domestiques par
exemplaire. Vous me connaissez, c'est assez "vous eâ dire.
Adieu madame 'Paterne;
Mad. paterne, en
sortant )
3e n'ai pas une goutte de sang dans les veines. Oh! le mé-
ïqut s'arrange selon if-e comfedeMunstfr ya
partir pour la chasse.. Il rencontrera ces Bohémiennes. Mon
Ses passions feront. la reste.
Il marche sur des fleurs, mais le glaive étincelant f>st sur sa
tête. Lie gouffre s'esf ouvert à pes,-pie<Js, jl ne l'a pas appercu.
3 e saurai l'y précipiter. (On entend une trompette à l*ex teneur.)
l'inqj^tude pré-
curseur des remords commence déjà à trbublér'es plaisirs.
Dissimulons. et si le moyen que je vais employer ne réussit pas,
je saurai en inventer d'autres.
E V.
MUNSTER en habit
(£e comte
monde. )
E.
S CE NE' V h
Je ne sais ce que je fais. Je ne sais ce que
me presse. Il me dé-
Ulric! Pourquoi ai -je suivs tes
Monseigneur veut bien se créer des fantômes.
-MUNSTER.
le fantôme qui poursuit un eou-*
Mets, Monseigneur, ne l'eat pas.
m v w s t e b.
Votre sœur par sa naissance vous enlevoit et os titres et
voire fortune} d'ailleurs, une fatale prédiction annonçpit qu'elle
èeroit la cause de votte hiorjt, ii falloit la perdre pour vous
«au ver.
ai u n s t k n.
se lever sur vm père.» Je voi»
encore cotiler. son sang.. Ce sang, qui crie. veugeance contré
un fils parricide.
J.a '\v s.t ice divine a dirigé votre bras,
coeur parte plus haut sais çlom;
pas r-ombienilest cruel d'avoir toujours .jeux un.»
Cette
UJrïc, il
faut II I, 11 I C.
MUNSTER.
ctBfC, lui tendant les bras.
la
tranquillité et le bonheur.
{JMunstt L'i>inhriisse} XJlric lo menace par derrière.
Qui, mouche* Ulrio, de l'amitié |>eut
senle fermer ma blessure. Tu fns le compagnon et le con-
seiller ileina jeunesse; dans ma vieillesse encore, tes avis auro'nt
des charmes pourmoi; tes parûtes ont le don d'apposer mes
leurs; et auprès de toi, je retrouve le repos que j'ai piielu.
ULRIC,
Monseigneur, c*es,t dans le malheur sur- tout qu'il faut de
la philosophie, et la véritable \fyus
vous; jouissez avec securité de tous les présens de la natu:e,
oubliez ces chimères créées par une; imagination trop sen-
Je m'abandonne à toi-
u ï. a ï Ci
Pour ne pas user le plaisir il
• j'ai' pensé à cela.. Une troupe de Bohémiens passoit dans vos
états, je les ai fait mander..
m un s t e a.
A çuoi bon ces Bohémiens.
'or, ri c.
Des Bohémiens. et des Bohémiennes. charmantes.
On dit que ces gens-là ont un commercé secret avec les esprits
infernaux {Munster fait un mouvement.) monseigneur
sent bien que^tousces contes d'esprits ne sont croyables qite
éton-
nera monseigneur c'est' qu'à l'exception de leur chef, homme
profond ace qu'on dit dans le.» sciences ils' sont tous
muets, tous jusqu'aux Bohémiens. Son altesse devine que
ce doit, être bien habile, s'il a trouvé le secret de faire
taire do jolies femmes.
U N E. <J
..MUNSTER.
Comment se peul-il ? Et par que] moyen ?.
v t s. ï c.
çH's. l'ert-
fiince l'organe «le la parole. Au reste, ces liâmes n'en sont, que
plus intéressantes; car il en est telle dans la troupe qui sait
peindre les passions ,'ivec île simples gentes beaucoup mieux
qu'on ne pourvoit le faire avec le secours de l'éloquence-
Si son excellence veut consenti)- à les voir, il trouvera qu'elles
réunissent tous les talens, jusqu'à cehû -de retracer, dans des
combats simulés, les hauts faits de no;s chevaliers.
M u n. s t e R.
TJlric, tn as porté dans mon la curio-
sité. Je veux voir ces Bohémiens, je veux les voir sur-le-
pour cours, et fait les
rassembler dans le parc de n^on château dès qu'ils seront
arrivés, tu viendras ni'averlir.'
u h k ï c. ̃
Monseigneur sera obéi. ( En sortant à part. ) Je la
tieus.
S
MUNSTER, seul
à bannir cetln rm'lancoli*?
qui me
nVst ciue pour l'ignorance
possible eu consultant l'avenir d'assurer sa trnnciuilitc La
tranquillité n'est que dans la vertu je ne puis plus y pré-
fendre. je ne sais, dôs qu'Ulric s'éloij»ne de moi un voile
je ne vois plus Tien,
rien que l'infortuné et la mort.' .quel est donc ce talisman
qui Ah je le s^ns
consolateur, d'un ami Mes paupières s'appesan lissent.
l.e sommeil qui me suit depuis, si iong-tems voudroit-H
aujourd'hui se rendre à mes prières ? Cette chambre sombre
et silencieuse. M'inspire une terreur. Ce lit depuis si long-
mon malheureux père. Ta
fuir. un pouvoir inconnu, semble
enchaîner mes phs. ( II s'assied sur le lit.) Mes yeux se
ferment maigre moi. Je succombe. Die'u tout puissant,
écarte cette image lugubre qui m'obsède. accorde à nies
soos ( It
fO C'JSST
S C E N
( Dès rpie Munster est endormi il. agité ppr un rêv*
terrible; nue fumée épaisse, sort de terre à rôle 'du. lit,
cette fumée s'écarte et laisse voir l'ombre de Sigismond. )
Ir'OBB»! DE
Fils dénaturé. C'est en vain que tu prétends te livrer au
repos, Le sommeil paisible n'est cfue pour l'innocent
jamais le criminel ne pourra le goûter. L'omble de ton
père te suivra sans cesse pour te retracer tous tes forfaits,
{ Le fend du théâtre 4 gauche s'ouvre en voit Ulric qui
prend un enfant et' lé remet à des gardes avec un poignard.)
O M B R E. w
Cette enfant, ,t'est ta sortir. immolée par tes ordres. Lève
les y.Mix voilà ta mère,' ( On voit Ulric forcer l'ombre de la
Tu le vois j'ètois innocent de la mort de ta mère toi seul
tu fus coupable. Guerre guerre aux assassins de repoa.
pour le parricide travers la fumée. )
S
( Mnnpter rentre et
s'assied trai^quillement auprès du lit, Munster se réveille,
il.se lève avtx eîî'roi et parcoxirt la chambre, il est dans
un étonnement- profond eh appercevant Ulric tranquille à
tôle 4è lui.)
̃ C'est Ulric. l) 'rie à mes entés.
XJ V R I C.
paisiblement
Je n'ai pis cru devoir troubler, son sommeil pour lui annon-
cer exécutés et que les Bohémiens
rendus dans le parc pourcommeacer
4vec t« tui«.
OU h A BO H
M 1111 ïtor en sortant examine la chambre qu'il quille et ex-
prime rout sou elïVoi et sos remords. de le con-
C O U R A D.
(Le théâtre le parc du château ,où
Les Bohémiens et Bohémiennes forment des fondes autour
de Mauvisso et de madame Paterne.)
m a U a i s s o. <
*Ah ra finissons-en Madame Pa-
terne que voici, concierge
Mad. pater d'un ton revêche.
Depuis quarante anâ soit, et piquent
de la maison de monseigneur nous venons conjointement
messieurs les Bohémiens et mesdames les 'Bohémiennes,
vous prier de nous donner un petit échantillon de votre savoir
faire, en nous disant à (Le,
Bohémiens continuent de danser autour d'eux. )
W A u r i s S p.
Est-te que vous ne répondez que par des danses et par des
gestes oui. )
et perme,tto2-moi de
truiic de l'objet de nos demandes. (Tous tes Bohémien* après
luiiivoir fait signe lui'et de--inadama
Patente. )
Mari aine' Paterne
la parole.
"Mad. patê r N is.
No», du tout, monsieur Maurjsso vous vous en acquittes
iiop bien, pour que je vous interrompe.
Sifait. ̃ r
Mad. h
Non cerlainemeut;
M U R
Après vous.
S T 'L E DIABLE,
Je n*en ferrai rien.
Mais pourtant.
M A V R I S S O.
Mad. PATERNE.
J'y consens.
m a u R i Bohémiens vivement.
Vous sauvez donc
Mad. paterne,
Que je désirerois
Que je souhaiteroii
M A U R I S S O.
Trouver une femme. x
Avoir un époux. au r • i s s o.
Jeune.
m a unis s o.
Mad. paterne.
M A U R 1 S S O.
Qui m'aimât.»
Exclusivement.
Màd. paterne.
Comme une mère
Ainsi voyez s'il •' est M possible ? A U R I S
Djtes-nioi si je puis espérer?
ou la 'bohémienne. i3
• M A U fl l S S O,,
De nie faire trouver ce que je désire.
Déposséder jamais un, tel phénix.
Si vous réussissez ce sera véritablement ma bonne, aven-
ture.
Ce sera la mienne madame Maurissô.
(Les Bohémiens aux ordres de Conrad se relèvent, et
après avoir/ait, payer les deux. consultons* ils font différentes
yeux à tous deux ensuite" lès Bohémiens conduisent Man-
risso auprès de .madame Paterne, restée' entre les mains des
Bohémiennes et leur
tîe madame
Vatetne.{ On entend une ironifietle.)
ULR^C, ensuite r MU N,S TER
A V E C S Ê S i C UV E R s; c'ii E F S D E 'GARDES ET
PAGE £ S "Q V A T H Ë G ÀR D F. S'.
U. L R I G..
Voici monseigneur. ( Munster entre, en scènes tes Bohé-
miens se composent ôteut
leurs bandeau^ efc serecènnoissant, s'enfuyeut ea témoignant
,par exécutées au soa
comte de Munster chnsun pas de deux pantomime e<ce-
cutéé avec de l'amour:
• Ulric quijouit de son ouvrage lufiait'én :en(.lre que ce n'est
qu'en jeu La1 fête continue; assaut d'à' mes entré Klvina
et Ciprino, tandis que dansle fohdluiit antres Bohémiens
combattent pareillement. La danse reprend, les Bôhé^
miens font un hommage de leurs armes aux Bohémiennes
Le comte ne peut plus contenir le sentiment qui l'acte. )
LE D I A B t E,
Elvina.
«'a pas besoin de la parole lofs-
irçrte romms vou& on sait exprimer aussi bien |e sentiment-
Vos la!eus, vos grâces ont Fait sur mon cœur l'impression la
plus 'vive, cjiii ijije vous soyez $ vous n'êtes pas fa te pour
végéter dans un état indigne de vous, venex jouir de tout
de devenir
voire premier esclave!.
et leur embarras; Munster la presse. Elle lui indique que
offres et donner la pré-
téreocestir moi à cet aventurier.
Comte de Munster cessez un langage outrageant.
Qu'entends-je
Je ne suis pas ce que, vous imaginez
son ordre) recorinoissez dans un Bohémien
• Xe fils du duc dé Juliers.
V £ M C E S L A S
( avec noblesse. ) ( avec féii. )
Votre souverain J'ai voulu être aimé pour Wbi-
même l'amour a fait cette métamorphose, c'est lui qui mla,
attaché sur les 'traces d'Elvina depuis deux ans entiers c'est
lui qui m'a conduit jusques dans lés la
Klvina ignoroit mon secret je l'aime, j'en suis aimé, jugez
je suis capable pour le conserver. ( d'un ton plus, calme. )
Jointe dé Munster
un amour qui n'estqu'une
père ra'a
tu
ton arrogance mon
ressentiment, je veux bien l'étouffer encore.; i^ais^ apprends a
con-
N N fc. |S
sjume. cet instant a décidé mi bonheur de ma vie je ne Je
avec
les honneurs qui sont dues à son rang) mais gardez-vous bien
qu'il iïe vous échappe vous m'en répondrez sur votre tête.
Quant à Elviha, elle est à moi par le droit du ptus fort,
venceslas. v
veux régner sur le cœur
d'filvirfa ce cœur est à moi, et malgré les gardes fjui.t'en–
virojwrïent, l'amour et le courage me prêteront des armes.
le devoir un vassal imprudent qui méconnoit
de son suzerain.
( Les Gardes commandées par Munster font un mouvement
pour saisir Elvina, Venceslas lire un pistolet de son sein
et l'appuie sur l'estomac de Munster en signifiant au gardes'
qu'il osent avancer ap'vt's plu-
sieurs tableaux, Venceslas. lâche son coup cl manque sou
rival ,alors 11 est saisi arraché des brasd'Elviua,et en! raina
d'un c6té, tandis enlève sa niait*esse.)»
fil O V