des nems sauce grabuge

des nems sauce grabuge

-

Documents
244 pages

Description

Le milieu dans lequel évolue cette histoire, c’est la campagne du Sud-ouest. Une campagne ou flotte toujours un soupçon de calme et de sérénité. Une campagne encore accrochée à ses clichés d’hier, où l'on veut vivre comme avant, mais avec le modernisme et les contraintes d'aujourd'hui. Une campagne du IIIe millénaire, avec Internet, le portable et même le GPS. Une campagne souvent incomprise, en proie aux doutes.
Ici, à Saint-Jean/Automne, la situation est encore plus alambiquée. En quelques mois et grâce au curé, le père Deslandes, le bourg a acquis une notoriété certaine, et même durant l’hiver, quantité de touristes font le détour. Cette célébrité soudaine a aussi eu pour effet de faire gonfler le nombre d’étrangers voulant y résider. Pour les habitants, c’est selon. Pour ceux qui pensent n’avoir rien à gagner (sinon des em…), le coupable est tout trouvé. Un curé, c’est fait pour dire la messe, célébrer les mariages, les baptêmes et enterrer les morts, pas pour faire du commerce à l’ancienne. Pour d’autres, les plus éclairés (enfin peut-être), ceux qui ont un peu, ou beaucoup à gagner, le curé est le sauveur. C’est celui qui a montré la voie. Une lumière peut-être divine est apparue dans le ciel de notre magnifique Sud-ouest, et notre saint-homme a su trouver le premier « l’interrupteur ».
Je fais les présentations. D’abord, les Beaumont, de la ferme du Bouscarot. Martial, le fils, et le narrateur, Amélie la maman, et Marcel, le papa. Ensuite, viennent tous les autres, les bons, les méchants, les pas très futés, les ni trop bons ni trop méchants. L’étranger qui s’installe sans bruit, et ceux qui le tolère du bout des lèvres. L’étranger qui s’impose, et ceux qui le rabrouent.
Depuis quelques jours, notre bourg compte un envahisseur de plus en la personne de Xiang li. C’est lui, un chinois de Chine qui a racheté le club de golf du Moulin de Saint, à l’américain Abbott. Dès notre première rencontre, je comprends que le bonhomme veut nous arnaquer, et le mot est bien en dessous de la réalité. Il est sournois, perfide, fourbe et tortueux. Il est l’image même de la caricature du chinois telle qu’on peut le décrire dans nos campagnes et pas que dans nos campagnes. Pardon à tous les Chinois qui se sentiraient offensés, mais la force des a priori est une lacune à la portée de tous. Toutefois, si Xiang Li est un échantillon type, alors les a priori ne sont plus des a priori.

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 07 novembre 2016
Nombre de visites sur la page 3
EAN13 9791092612158
Langue Français
Signaler un problème
1
Du même auteur -1). Les raisons de l’exil –Col. Les Exilés de L’Arcange Volet 1 (papier + ebooks 2008-2009) 2) L’insolence du sort –Col.Les Exilés de L’Arcange Volet 2 (papier + ebooks 2010) 3) Les prémices –Col. Les Exilés de L’Arcange Volet 3 (papier + ebooks 2011) 4) Turbulences champêtres –Collection le Net au pré(papier + ebooks2011) 5) Les grands tourments -Collection Les Exilés de L’Arcange Volet 4 (papier + ebooks 2012) 6) L’héritière aux deux royaumes(papier + ebooks 2012) 7) Une ombre sur le Monde -Col. Les Exilés de L’Arcange Volet 5 (papier + ebooks 2013)8) Du foin sur le green –Col. Le net au pré(papier+ebooks2013) 9 ) La princesse de bronze –(papier + ebooks2013) 10) La Louve de Notre-Dame -Collection contes et légendes (papier + ebooks2013) 11) Un exil plus loin –Col. Les Exilés de L’Arcange Volet 6 (papier + ebooks 2014) 12) Les belles années –Col. Les Exilés de L’Arcange Volet 7 (papier2014) 12) Les stylos-bille–Col. Les exilés de L’Arcange Volet 7 (ebooks2014) 13) Gaillard, seigneur de Saint-Cirq–Col. Contes et légendes (ebooks2014) 14) Les cahiers de mon père –Col. Les exilés de L’Arcange Volet 8 (papier2016) 14) L’Ours de L’Arradoy -Col. Les exilés de L’Arcange Volet 8 (ebooks2016) 15) Des nems sauce grabuge -Collection le net au pré (papier - ebooks 2015) 16) Occitania, les voleurs de Royaume -etCol. Contes légendes (ebooks 2015) 17) Un héritier à L’Arcange – Col. Les exilés de L’Arcange Volet 9 (ebooks 2016) 18) La villa du truand – (ebooks2016)
2
19) les trois faces du miroir (ebooks 2016) 20) Embrouille de foie gras, façon kalach (en cours d’écriture
Des nems sauce grabuge Collection le net au pré
Auteur : Michel ZORDANmichel@zordan.fr
www.unauteur.comcontact@unauteur.com
 ISBN 979-10-92612-15-8
Ce récit est une îction. Toute ressemblance avec des situations réelles ou des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.
3
er Chapitre I – Les Chinois à Saint-Jean
La force des a priori est une lacune à la portée de tous. Alors, ne me jugez pas trop vite. Pardon à tous les Chinois qui se sentiraient oFensés, mais les préjugés sont des maux universels qui se développent chez les humains dès leur plus jeune âge. Ils s’aggravent avec les années et se transmettent de génération à génération. Chaque peuple cultive les siens. Un exemple entre autres : les étrangers voient les rançais, toujours râleurs, assez fainéants et faisant grève puis un oui ou pour un non. C’est du n’importe quoi, pourtant c’est ce que pensent près de sept milliards d’individus sur notre planète. Devant moi se tient un chinois à lunette, petit, l’œil perîde, et insidieux. Son sourire sournois, fourbe et tortueux ne me dit rien qui vaille. Il est l’image même de la caricature du chinois telle
4
qu’on peut le décrire dans nos campagnes et pas que dans nos campagnes. En, mon Chinois est habillé du costume traditionnel, avec col Mao. Tout ce qu’on peut raconter sur les Chinois, c’est peut-être donc vrai. Il ne me salue pas, ne me tend pas la main qui parat molasse, même pas une petite courbette et il entre immédiatement dans le vif du sujet. L’homme n’est sûrement pas là pour m’annoncer de bonnes nouvelles. Seule consolation, il parle un assez bon français.
– Monsieur Beaumont, je me présente Xiong Li. C’est moi qui ai repris les actifs d’Austin Alexander Abbott et de son épouse Avelyn Abbott en France. Le golf de Saint-Jean en fait partie. Je sais que l’Américain vous avait proposé de devenir le directeur. Je sais aussi que vous aviez accepté, puis refusé l’ore après les évènements. Je vais être direct avec vous, Monsieur Beaumont, je souhaiterais racheter vos parts. Je souhaiterais d’ailleurs racheter toutes les parts. J’ai déjà la majorité, assez donc pour mener cette aaire à ma guise. Mais je ne veux surtout pas des gens du pays qui n’ont assurément pas les mêmes objectifs. Je vous ai déjà préparé une proposition, croyez-moi dans la situation présente elle n’est pas à refuser !
5
Sans répondre, je prends la feuille qu’il me tend. Le chiFre que je lis correspond exactement à la moitié de celui que mes parents ont investi pour mon compte il y a seulement quelques mois.
Pas très généreuse votre ore Monsieur Xiong Li.Vous pensez réellement me convaincre avec cette somme ?
– Monsieur Beaumont, compte tenu de la situation cette ore est plus que généreuse. Je tiens à vous préciser que j’ai prévu des investissements très importants pour le golf, je vais quintupler le capital de la Société Anonyme XIONG Li. Vous pouvez déjà constater que le nom a été changé, et le capital va passer de deux cent mille à un million d’euros. Vous ne pourrez pas suivre, et vos actions vont se rétrécir comme peau de chagrin. Je vous propose seize mille euros aujourd’hui. C’est valable quarante-huit heures. Passé ce délai vous n’aurez plus que vos yeux pour pleurer. Je tiens aussi à vous préciser que les accords particuliers mentionnés dans le bail pour les bois et les terrains vont être dénoncés et renégociés. Le montant de la location est bien trop élevé, Abbott voulait conclure à tout prix et a accepté n’importe quoi. Le prix sera divisé par deux et l’accès sera réservé aux seuls clients. L’ensemble va d’ailleurs être clôturé.
6
– Monsieur Xiong Li, ici nous sommes en France, pas en Chine. Vos méthodes maîeuses ne vont pas fonctionner. Chez nous la corruption n’est pas une méthode généralisée. Vous ne pourrez pas acheter tel ou tel fonctionnaire avec un bakchich. Et plus encore, ici nous sommes Gascogne. C’est assez spécial la Gascogne…
– Détrompez-vous Monsieur Beaumont, il suït de parler emplois et vos politiques nous mangent dans la main. Ils sont même prêts à nous donner de l’argent. Quant à laprobité de ceux-ci, tout est question d’interprétation. Nous en inviterons quelques-uns dans notre beau pays. Un voyage d’études, ce n’est en rien un cadeau ! Nous leur ferons croire qu’ils sont très importants avec quelques courbettes et pour certains quelques îlles, et le tour sera joué. Gascogne ou pas Gascogne, ça ne changera rien, les aaires sont les aaires. Nous avons beaucoup d’argent et vous, plus du tout.
L’homme m’annonce très ouvertement que son intention est de me rouler dans la farine. Mais il parle toujours très posément, sans même hausser la voix. Son ton est condescendant. Son arrogance, sa perîdie débordent, à un point tel, que sa transpiration inonde son col Mao.
7
Monsieur Beaumont, durant des siècles notre pays a souert de l’ingratitude des Occidentaux et de ces chiens de Japonais. Les Coréens du Sud sont pires encore, ils cirent les bottes de ces mécréants d’Américains. Jusque dans les années 80, nous étions considérés comme un petit peuple, mais tout cela est bien îni. Aujourd’hui nous sommes en train de devenir les Matres du Monde. Regardez ce que nous avons réalisé en Afrique. En Grèce, nous avons presque tout racheté, et pour presque rien ; en Italie, en Espagne et au Portugal c’est la même chose ; et en plus on nous remercie et on nous fait des courbettes. Avant, les courbettes c’étaient nous, et bien maintenant, vous savez mieux vous y prendre. Avant, nous avions les courbettes et vous l’argent et les technologies, et maintenant c’est tout le contraire. Ça fait du bien les courbettes, ça renforce les muscles du dos, mais il va falloir vous baisser plus encore. En France, on va se gaver, parce que vous n’avez pas encore compris que le Monde avait changé. Au e début du XX siècle, vous étiez sûrement l’un des pays des plus puissants de cette planète. Dans la tête, Monsieur Beaumont, vous en êtes restés à cette époque. Vous pensez toujours que nous, les Chinois sommes vos esclaves, prêts à tout pour fabriquer à petits prix les produits que vous consommez compulsivement. Vous êtes dans l’erreur, mais vous persistez avec
8
obstination. De notre part c’est juste une stratégie pour vous réduire à néant. Par contre, nous avons nos esclaves, dans des pays où les dirigeants sont encore moins regardants que chez nous. Ils les entassent par dizaine de milliers, pour fabriquer des produits que vos marques de luxe exhibent dans leurs vitrines. Un malade, un mort est immédiatement remplacé, ils sont des millions à attendre une place dans ces camps. Nous appellerons cela, l’esclavagisme volontaire. Monsieur Beaumont, on va tous vous niquer, vous les Français, les Américains et tous les autres. Tous les pays qui pensent que la démocratie est la bonne solution sont en train de s’écrouler. Chez nous, ce sont les plus malins qui tirent leur épingle du jeu. Petit à petit, les plus malins contrôlent tout, et la croissance est de 7 à 8 % par an. Chez nous pas de lutte intestine qui déchire le pays en deux et même en trois. Chez nous, le Parti décide de la politique du pays, et le peuple travaille, sans avoir à se poser de question. Chez nous lorsqu’il y a des opposants à la politique menée par le parti, nous les éliminons. Chez vous, il y a toujours une élection qui divise, comment voulez-vous avancer ! Chez nous Monsieur Beaumont, il n’y a pas de syndicats. Chez vous, ils représentent à peine deux à trois % des travailleurs, mais ils font la loi dans les entreprises. Et les entreprises c’est le cœur d’un
9
pays. Regardez ce que vos dirigeants sont en train d’imposer à votre pays ! Un exemple : un très grand nombre de magasins souhaitent ouvrir le dimanche et même la nuit et les employés sont d’accord. Mais les syndicats disent non, et votre chômage augmente. Votre « baraque » est en train de sombrer et vous vous acharnez plus encore dans l’absurde. Dans tous les pays où nous avons fait de gros investissements, nos premières actions ont été de mettre en place nos propres syndicats. Je vous cite en exemple le port du Pirée, des amis l’ont racheté en partie pour presque rien et ils en sont les matres absolus. Le syndicat majoritaire et seul syndicat autorisé a décidé que le temps minimum de travail journalier passerait de six à douze heures. Les gens se battent pour venir y travailler, pourtant le salaire de base a été divisé par deux. En moins de deux ans, ce port est redevenu très, très rentable. Monsieur Beaumont, vous nivelez par le bas, c’est une hérésie. Un pays a besoin d’idées qui génèrent de l’argent, beaucoup d’argent pour avancer. Ce sont ceux qui ont les idées qui font de l’argent qui doivent être mis en avant. Les autres suivent s’ils le peuvent ! Chez nous, le Parti a préparé le terrain depuis longtemps et petit à petit une sélection s’est dessinée : les seigneurs et… les esclaves. Les droits de l’homme et du citoyen, parlons-en. Vous mettez
1
0