La dette

La dette

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255 pages

Description

Condamné à quatre ans de prison fermes pour un crime qu’il n’a pas commis, un homme se venge de son accusatrice de la manière la plus inattendue. Oeil pour oeil. Quatre ans d’enfer pour quatre ans de calvaire : la vengeance est si parfaite que l’on en finirait pas chercher la victime !
Humour, action et coups tordus sont une recette imparable pour fabriquer des remords chez le bourreau le plus déterminé.

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Ajouté le 03 avril 2014
Nombre de lectures 9
Langue Français
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Joëlle VINCENT
La Dette
Quand la vengeance prend les couleurs de l’humour...
Du même auteur (Romans)
Le prix de la beauté (1998) Vérité voléee (2002)
Poèmes : Emotion (2001) L’Imposture(2004)
TOUS DROITS RÉSERVÉS
© EDITIONS MAXOU Dépôt légal mai 2004 ISBN : 2-9521469-2-6
IMPRESSION : MEDCOM 130 cours Albert-Thomas 69008 LYON 04 72 78 01 33
Je remercie Blandine Hébert pour son aide précieuse
CHAPITRE PREMIER.
C’est par un après-midi ensoleillé qu’Emmanuel sortit de prison, goûtant enfin à cette liberté dont il avait été privé pendant quatre longues années. Quatre ans rayés de sa vie, en tous cas dans le registre bonheur et bien-être. Tout ce cauchemar avait commencé le 6mars 1998. Ce jour là, il était allé à la salle de sport, comme d’habitude. Après une heure de cardio-training, il était resté une demi-heure à se rafraîchir à la piscine du club. Il avait plaisanté avec deux de ses copains, mais aucun fait marquant n’avait retenu son attention. Il se souvenait vaguement d’avoir croisé Christine, une fille insipide qui n’avait jamais réussi à susciter chez lui, le moindre intérêt. Elle était petite, un peu grasse, ni brune ni blonde, avec des yeux de poisson mort, et surtout, des lèvres fines et pincées, telles qu’Emmanuel les détestait, car elles étaient signe, pour lui, de mesquinerie, souvent, de manque de sensualité, toujours. Il faut dire que, dans le domaine amoureux, Emmanuel n’avait pas à se plaindre; séduisant et drôle, il avait beaucoup de succès auprès des filles. Mais ce qui comptait pour lui, c’était que Marion, la ravissante étudiante du sixième étage le trouve à son goût. Il l’avait remarquée depuis son installation dans l’immeuble, six mois plus tôt. Dès lors, il n’avait cessé de provoquer les occasions d’être en sa présence. Elle ne pouvait jamais rentrer chargée du marché, sans qu’il ne fut là pour l’aider à monter ses paquets. Chaque fois, elle le remerciait chaleureusement, lui offrait un coca et le laissait partir, un peu dépité. Son studio était coquet, ses toilettes, toujours raffinées montraient qu’elle ne manquait de rien et sa façon délicate de
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s’exprimer, révélait une excellente éducation. En fait, tout semblait sourire à Marion; belle, intelligente et riche, elle n’avait, cependant pas le caractère capricieux qu’arborent souvent celles qui ont tout. Elle était simple et toujours souriante avec tous ceux qu’elle croisait dans l’immeuble. Emmanuel ne semblait pas avoir attiré son attention plus que les autres. Pendant les deux premiers mois, il en fut conscient et très ennuyé. Bien sûr, il était évident qu’il n’appartenait pas au même milieu qu’elle. Il était étudiant, lui aussi, mais il devait financer ses études en travaillant dans un garage. Ses parents instituteurs tous les deux, n’avaient pas les moyens d’offrir des études à leurs sept enfants. Tous, intelligents et travailleurs, ils avaient obtenu le baccalauréat et poursuivaient des études supérieures, à l’exception d’une des sœurs qui s’était engagée dans la dure voie du mannequinât. Sacha était la plus jolie de ses trois sœurs, remarquée un jour par un patron d’agence, elle avait accepté quelques photos puis quelques défilés. Admise à l’agence de son mentor, elle était très vite devenue accro des castings et avait progressé assez rapidement dans cette profession difficile. Très vite, elle était devenue aussi anorexique que ses concurrentes et n’aurait accepté un écart de nourriture que sous la torture. Cette attitude, proche de la névrose inquiétait beaucoup les parents d’Emmanuel. Mais, ces derniers avaient toujours été très libéraux avec leurs enfants, ils s’obstinaient à penser qu’ils ne devaient, en aucun cas interférer dans leurs choix et n’intervenaient jamais dans leur vie. Ils les avaient tous suivis dans leurs études mais les avaient laissés libres de leurs orientations. Julien et Sébastien, les deux frères aînés d’Emmanuel étaient en médecine, la troisième, Anne, en deuxième année d’Ecole Centrale de Paris, Emmanuel était à l’école vétérinaire de Marcy l’étoile, Margaux et Catherine étaient en deuxième et troisième année de lettres, tandis que la petite dernière, Sacha apprenait à devenir une star des podiums. Pour elle, les 2
problèmes financiers n’étaient pas les mêmes que ceux de ses aînés ;son métier était lucratif, la moindre photo, le plus court défilé rapportaient pas mal d’argent. Les autres, pour financer leurs études, s’occupaient d’enfants, faisaient des gardes dans les hôpitaux, distribuaient des tracts publicitaires, de la même façon qu’Emmanuel travaillait dans un garage. Pour Marion, la vie était plus facile; fille unique d’un riche industriel et d’une journaliste, elle n’eut jamais à se soucier de problèmes d’argent. Etudiante aux Beaux-Arts, elle pouvait se consacrer entièrement à ses études et passer même, ses moments de liberté à s’acheter le superflu; ce dont elle ne se privait pas car elle était très coquette. Le studio qu’elle occupait dans l’immeuble de son admirateur avait été acheté par ses parents au début de ses études. Ils avaient jugé qu’habitant à Champagne, ils devaient permettre à leur fille d’être en centre ville. Emmanuel, lui, louait une chambre chez une vieille dame dont l’appartement était devenu trop grand après le départ de ses enfants et la mort de son mari. En effet, elle possédait deux cents mètres carrés au deuxième étage de l’immeuble et la chambre qu’elle avait cédée à Emmanuel, se situant à l’opposé des pièces qu’elle occupait, ne l’empêchait nullement d’être indépendante. En outre, c’était une vieille dame délicieuse qui adorait la présence des jeunes et appréciait beaucoup Emmanuel qu’elle considérait un peu comme un fils adoptif. Ce dernier était toujours très gentil avec elle et ne manquait jamais de lui rendre quelques services, quand son emploi du temps chargé le lui permettait. Il lui apportait, par exemple, tous les produits encombrants qu’elle aurait eu du mal à transporter. Tandis qu’Emmanuel se désespérait de l’indifférence apparente de Marion, cette dernière était ravie de l’intérêt qu’elle suscitait chez son séduisant voisin, bien qu’elle ait toujours feint de n’avoir rien remarqué. Elle en parlait souvent à sa meilleure amie, Caroline. 3
-Si tu voyais comme il craque pour moi, tu en serais morte de rire. -Il t’a dit que tu lui plaisais? -Il fait bien mieux, il me le montre à toutes les occasions. Je ne peux pas revenir chargée du marché sans qu’il ne porte mes paquets. Si tu voyais les yeux de chat énamourés dont il me gratifie, son attirance pour moi ne ferait plus aucun doute pour toi. -Tu vas le balader encore longtemps? -Il faut savoir se faire désirer, ma belle, crois en ma vieille expérience, plus longtemps ils sont accros, plus longtemps ils le restent avec. -Ta vieille expérience à 21ans, laisse moi rire! -Cela fait six ans de séduction, je te rappelle. C’est exactement à 15ans que je me suis rendue compte du pouvoir que j’exerçais sur les hommes… -Modeste avec ça! -La fausse modestie ne conduit nulle part et tu le sais très bien. -Tu as sans doute raison. En tout cas, il est mignon, le voisin du deuxième! Je serais toi, je ne le ferais pas patienter trop longtemps. Imagine qu’une Claudia Schiffer jette son dévolu sur lui… Justement, ce soir là, Marion croisa Sacha qui venait rendre visite à son frère. Elle fut immédiatement inquiète car il était manifeste que ce super canon n’allait pas rendre visite à la vieille dame. De sa fenêtre, Marion guetta le trottoir et, vers 21 heures, elle vit sortir Emmanuel et Sacha. Ils riaient beaucoup mais ne se tenaient pas par la main; c’était déjà quelque chose. Elle les vit s’éloigner dans la coccinelle d’Emmanuel. Ce soir là lui parut bien morose. Caroline avait raison, elle était trop sûre d’elle et avait, sans doute laissé passer sa chance. Elle les entendit rentrer vers 11heures 30, mais n’osa pas regarder par la fenêtre, elle redoutait trop de les voir enlacés. Les deux frères et sœurs avaient passé une excellente 4
soirée, bien que pour Emmanuel, elle fut un peu gâchée par le refus de Sacha de manger raisonnablement. -Tu veux ressembler à un squelette, c’est ça? -Non, tu le sais, mais, dans mon métier, si tu ne rentres pas dans le 36, tu peux commencer à chercher une place d’habilleuse ou de femme de ménage. -Tu fais 1mètre 78, tu ne penses pas qu’un 38 serait parfait? -Pas dans le monde de la mode, tu n’y connais rien Manu; si je pesais plus de 53 kilos, je seraisobèse pour mon agent, tu peux comprendre ça? -Non, je regrette; ce que je sais, moi, c’est que les couturiers pour qui tu travailles, sont tous homosexuels, ils détestent les femmes! Pas étonnant qu’ils les travestissent plus qu’ils ne les habillent! Bon sang! Ne pourraient-ils pas employer des portemanteaux téléguidés, plutôt que d’affamer des belles plantes comme toi? -Tu as toujours eu beaucoup d’imagination, mais, là, je dois dire que tu te surpasses! -Dis-moi au moins que tu ne touches pas à la drogue! -Promis, juré! -Même pas un rail de coke quand tu as trop faim? -Même pas, arrête de te faire du souci, tu me connais, on est du même moule, tous les deux, tu ne penses pas que je tomberais dans ce genre de galère! -Tous les mannequins le font, pourquoi serais-tu épargnée? -Parce que j’aime la vie et que je t’aime aussi, gros bêta! Papa et Maman nous ont donné certaines bases, ce n’est pas pour tomber dans tous les pièges venus! -Je t’adore, Sacha, ne change pas. -Et toi, véto, cela te plait toujours? -Hum! … Je crois que je ferai un super docteur pour chien chien à sa mémère. Le problème, c’est qu’il faut souvent soigner les deux bouts de la laisse, si tu vois ce que je veux dire…Je devrais être psy pour mémés amoureuses endiablées des petits êtres à quatre pattes! -C’est à ce point là! -Tu n’imagines pas ce que l’on voit à Marcy! L’autre jour, 5