La villa du truand

La villa du truand

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272 pages

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Que cela vous plaise ou non, sans les patrons, rien n’est possible. Ils sont l’air (pur) que nous respirons, le bien-être, la béatitude, dans nos familles, et l’argent dans nos poches. Fut une époque ou le roi envoyait ses corsaires piller les mers du Monde, aujourd’hui ce sont nos patrons qui partent à l’abordage et pas que des mers. Pour parler vrai, ils sont les véritables guerriers du 21° siècle, à l’origine de tout ce qui fait la puissance d’un pays. Sans eux, pas de développement possible, sans eux pas d’argent dans les caisses, donc pas d’argent pour les élus, pas d’argent pour les fonctionnaires, pas d’argent pour les chômeurs, pas d’argent pour les inutiles (ils sont légion), pas d’argent pour les retraites, pas d’argent pour faire la guerre… Bref plus d’argent pour rien. Si les patrons arrêtaient de gagner de l’argent, ou s’ils s’exilaient, le chaos s’installerait en quelques jours. On les sollicite pour tout, mais en France, on les méprise, on les vilipende, on veut même les pendre sous le pont d’Avignon. Disons-le tout net, pour un guerrier du 21° siècle, la France n’est plus véritablement très attractive.
Gontran Merville est l’un de ces capitaines d’industrie qui a osé se remettre en question.
Alors qu’un destin de petit patron méprisé, déprécié, dénigré, discrédité, dévalorisé, l’attend en France, son pays, il ose pousser les portes de l’incivilité très loin, jusqu’à devenir milliardaire. Petit milliardaire certes, mais un milliardaire à 10 chiffres avant la virgule, même si le premier chiffre est petit, ça compte quand même (pour ceux qui ne sauraient pas, un milliard, c’est 1000 millions.) Profitant de l’aubaine, l’homme, toujours à l’affût de quelques millions de plus (un milliardaire cherche toujours à faire fructifier son pactole, c’est même pour cette raison qu’il l’est devenu), tente un retour en douce sur ces terres, jadis très prolifiques. Les trente glorieuses ne sont pas si loin. Cette magnifique propriété, la villa des Collines, ses 400 mètres carrés, son parc de plus de vingt hectares qui court jusqu’à la Méditerranée, n’est-elle pas une occasion en or ? Personne ne semble en vouloir, vraisemblablement parce qu’elle a appartenu à un truand ! Que nenni…c’est quoi un truand, c’est un individu qui n’a pas su exploiter toutes les « possibilités », souvent confuses pour devenir riche. Voler l’argent d’autrui, en lui mettant une arme sur la tempe, ça ne se fait pas…Et cette source du trou du Diable, que cache-t-elle ?

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Publié le 05 novembre 2016
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EAN13 9791092612196
Langue Français
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Du même auteur -1). Les raisons de l’exil –Col. Les Exilés de L’Arcange Volet 1 (papier + ebooks 2008-2009) 2) L’insolence du sort –Col.Les Exilés de L’Arcange Volet 2 (papier + ebooks 2010) 3) Les prémices –Col. Les Exilés de L’Arcange Volet 3 (papier + ebooks 2011) 4) Turbulences champêtres –Collection le Net au pré(papier + ebooks2011) 5) Les grands tourments -Collection Les Exilés de L’Arcange Volet 4 (papier + ebooks 2012) 6) L’héritière aux deux royaumes(papier + ebooks 2012) 7) Une ombre sur le Monde -Col. Les Exilés de L’Arcange Volet 5 (papier + ebooks 2013)8) Du foin sur le green –Col. Le net au pré(papier+ebooks2013) 9 ) La princesse de bronze –(papier + ebooks2013) 10) La Louve de Notre-Dame -Collection contes et légendes (papier + ebooks2013) 11) Un exil plus loin –Col. Les Exilés de L’Arcange Volet 6 (papier + ebooks 2014) 12) Les belles années –Col. Les Exilés de L’Arcange Volet 7 (papier2014) 12) Les stylos-bille–Col. Les exilés de L’Arcange Volet 7 (ebooks2014) 13) Gaillard, seigneur de Saint-Cirq–Col. Contes et légendes (ebooks2014) 14) Les cahiers de mon père –Col. Les exilés de L’Arcange Volet 8 (papier 2015) 14) L’ours de L’Arradoy –col. Les exilés de L’Arcange volet 8 (ebooks) 15) Des nems sauce grabuge -Collection le net au pré (ebooks 2015) 16) Occitania, les voleurs de Royaume -Col. Contes et légendes (ebooks 2015) 17) Un héritier à L’Arcange – Col. Les exilés de L’Arcange Volet 9 (ebooks 2016) 18) La villa du truand – (ebooks 2016) 19) les trois faces du miroir (ebooks 2016) 20) Embrouille de foie gras, façon kalach (en cours d’écriture)
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Auteur Michel ZORDANmichel@zordan.fr
Ce récit est une Iction. Toute ressemblance avec des situations réelles ou des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.
La villa du truand
AGRASC : savez-vous qui se cache derrière cet acronyme ? Réponse : L’agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et conIsqués. En gros, cet organisme, qui fait partie du Ministère de la Justice est habilité à saisir et à revendre les biens des truands… Donc, lorsque vous achetez aux enchères publiques un véhicule, une maison, un appartement, des bijoux, des tableaux, des meubles, vendus à la requête de l’AGRASC, vous achetez peut-être un bien ayant appartenu à un truand. îl y a souvent de bonnes aFaires, très bonnes même, et je me suis laissé
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tenter. Devant l’oFre très alléchante, j’ai même foncé tête baissée, et j’ai acquis la Villa des Collines. Superbe maison de 400 m2, vaste hall d’entrée, douze pièces entièrement meublées, dans son parc de 35 hectares, avec vue sur la Méditerranée. Tout au bout, au bas de la falaise, il existe même une petite plage, qui n’est accessible que par la mer. Peut-être qu’un jour j’y installerai un escalier, ou même un ascenseur. En prime et pour trois fois rien, j’ai acquis quatre hectares de vieille vigne, et quelques centaines d’oliviers. Le lot comprenait deux superbes bagnoles, un 4x4 HUMMER H1 6.5 TD Luxury 385 CV întercoller, et une Mercedes-Benz Classe Squelques autres et babioles, tableaux et bijoux… Une liste non exhaustive était jointe à l’acte notarié. Mes avocats ont bien fait préciser, non exhaustive, au cas où je retrouverais planquées quelque part quelques autres babioles. Nous sommes au pays du soleil, mais son ancien propriétaire avait quand même fait aménager, en plus de la vaste piscine extérieure à vague et à débordement, une piscine intérieure. Pour moi, qui revenais vivre au pays de rance (vivre au pays est un bien grand mot) après avoir vécu plus de quinze ans à l’étranger, cette proposition était une superbe opportunité à ne surtout pas manquer. D’après mes avocats, nous n’étions que quatre à sembler nous intéresser à ce produit. En In de compte, j’étais le seul à avoir vraiment les moyens, et j’ai
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même obtenu un prix nettement inférieur à son estimation.
îl est quand même bizarre ce pays, tout le monde se plaint, pourtant il sut d’un peu d’argent pour que tout s’arrange. Et l’argent, quand on connat les Icelles, je peux vous dire qu’il est facile à gagner. Attention, devenir riche n’est surtout pas le fruit du hasard ; il faut tout d’abord le décider, être très déterminé et défendre chèrement son bifteck. Leçon n° 1, ne jamais suivre le troupeau ; leçon n° 2, à placer en n° 1, ne jamais tomber dans le scrupule ; leçon n° 3, ne jamais faire conIance aux autres… jamais ; leçon 4, ne jamais écouter ceux qui parlent fort et haut, vous pouvez être certains qu’ils n’ont jamais rien réussi, ni même peut-être jamais rien tenter ; leçon n° 5, faire en sorte que les autres aient conIance en vous ; leçon n° 6, supprimer le mot scrupule de votre vocabulaire, être « sans » est chaudement recommandé (c’est déjà écrit plus haut, mais le scrupule, les états d’âme, sont les ennemis jurés de ceux qui veulent gagner beaucoup d’argent, alors il est très important de le rappeler) ; leçon n° 7, ne faire de cadeaux qu’à la seule condition de pouvoir au minimum tripler la mise ; leçon n° 8, rien n’est jamais acquis, alors prenez plusieurs longueurs d’avance et surtout pas de relâchement. îl y a d’autres leçons à connatre, mais pour savoir, il vous faut maintenant payer, voir la leçon n° 7.
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De toute façon, pour qu’il y ait des riches, ne vous faites aucune illusion, il faut beaucoup, beaucoup de pauvres. Que des riches, ce n’est pas possible, alors choisissez votre camp. Certains disent qu’il faut trois à quatre cent mille pauvres pour faire un riche, peut-être… mais pauvre comment ? Et surtout, riche comment ? La pauvreté, la richesse, c’est très subjectif ? Je suis maintenant à peu près certain du camp que vous allez choisir, mais pour avoir une petite chance d’accéder aux plus hautes marches, suivez scrupuleusement mes conseils, et surtout ceux concernant les scrupules.
J’ai quitté la rance à la In de l’année 1999, alors que Lionel Jospin était Premier ministre de Jacques Chirac. Des gauchistes au pouvoir, c’est très mauvais pour les aFaires. J’avais déjà trimé durant 14 ans sous l’ère rançois Mitterrand. Son successeur Jacques Chirac n’avait guère fait mieux, et presque pire pour les entreprises, et voilà que les rançais remettaient le couvert avec Jospin. J’avais alors craqué et compris qu’il n’y avait plus d’espoir dans ce pays pour le moyen patron que j’étais. La ROMOTîCK SA, c’était le nom de ma société, disposait de trois cent vingt employés. Nous fabriquions des systèmes automatisés destinés à la robotique domestique, et industrielle.
J’ai besoin de quelques mois pour organiser mon départ, vers de cieux plus cléments. Je ne fais pas ça en amateur, et prends conseil auprès
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d’un cabinet spécialisé. Un plan est mis au point et je m’y tiendrais. Pour éviter de me retrouver une nouvelle fois otage d’un autre gouvernement gauchiste, ça n’existe pas qu’en rance, je décide de partager le pactole en trois. L’Espagne pour son absence de salaire minimum, et ses bonnes capacités ouvrières. L’Angleterre pour sa politique réaliste de la Inance et sa bonne technologie. îl n’y a pas non plus de salaire minimum en Angleterre. J’installerai mon siège social en îrlande, les impôts pour les entreprises et les particuliers exilés comme moi y sont quasi inexistants, mieux encore, l’Europe me versera une prime conséquente d’installation.
Dans un premier temps, je reprends secrètement le contrôle d’une petite entreprise spécialisée à Guadalajara, dans la région de Madrid. Elle est à l’agonie, alors elle ne me coûte presque rien, juste le prix de quelques investissements. Prétextant de meilleurs coûts de fabrication, j’y délocalise rapidement une partie non négligeable de mes fabrications.
Conséquences, tout aussi rapidement, la ROBOTîQUE SA, mon entreprise en rance commence à ressentir un malaise. Je me résous alors, mais « dans la douleur », à écrémer un peu, et même beaucoup. Que voulez-vous que j’y fasse, je ne peux pas garder tout le personnel alors que le carnet de commandes se vide. J’élague à tous les étages, l’idée est de ne
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conserver que les collaborateurs, ingénieurs pour la plupart, les plus performants. Aucun n’est au courant, au dernier moment, je leur proposerai, soit de me suivre, soit d’aller pointer au chômage. C’est au moment où Martine Aubry met en place sa loi sur les 35 heures que je saute sur l’occasion, pour déposer le bilan. En quelques semaines la ROMOTîCK, SA est liquidée.
Mais j’ai un autre problème à régler, plus personnel, celui de mon épouse Karine et de nos deux enfants Loïc et Christelle. J’ai un peu sondé ma femme et je ne la sens pas prête pour un exil. Pas plus que nos enfants d’ailleurs.
Karine a son travail dans un ministère à Paris, Loïc et Christelle, leurs copains, et pour eux, pas question de quitter la région parisienne et encore moins la rance. îl y a seize ans que nous sommes mariés, nous avons fait le tour l’un de l’autre et plus grand-chose ne nous retient vraiment ensemble. Même les enfants, Loïc quinze ans et Christelle seize ans sont persuadés que la séparation est la bonne solution. À ces âges-là, les enfants font leur crise d’ado, ils sont la plupart du temps odieux. Cela me peine un peu, enIn pas tant que ça, et ça m’arrange bien qu’ils restent avec leur mère. Lorsque la situation sera redevenue normale, avec quelques petits cadeaux tout s’arrangera. Les enfants, surtout ceux des riches (les chiens ne font pas des chats) sont naturellement
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vénaux, et avec un peu de fric, je reprendrais facilement le contrôle. Pas trop quand même, je ne tiens pas à les avoir continuellement dans les pieds.
Le désaccord est total et le divorce inéluctable. La plupart de mes amis, même très proches me laissent tomber. Je crois que c’est ce qui m’a fait le plus mal. Même les copains de tennis et de golf, ceux-là mêmes que je couvrais sans scrupule, lorsqu’ils avaient des envies de… Ce fut pour moi l’occasion de découvrir qu’en réalité je n’avais pas de vrais amis.
Un PDG n’est pas un employé ordinaire et il n’a pas droit au chômage, je suis donc insolvable et ça m’arrange bien pour m’éviter de verser une trop importante pension alimentaire. Mais je me dois en plus d’endosser le costume de l’homme qui a perdu toute conIance en soi, qui se replie sur lui-même, au bout du rouleau, proche de la dépression. Ma femme n’a rien à faire d’un mari diminué, au bord de l’implosion, et rapidement le divorce par consentement mutuel est prononcé. Je joue tellement bien le rôle de l’homme au bord de la rupture, que la juge est plutôt magnanime. Elle propose même de m’octroyer, parité oblige, une pension que devra me verser ma future ex-femme. Voulant en terminer au plus vite, Karine accepte et notre maison de Neuilly est vendue à parts égales. Et malgré une bonne cagnotte déjà bien au chaud, j’ai besoin d’un maximum de cash pour me 9
relancer et je négocie une part plus importante de la maison en renonçant à la pension.
Durant toute la période de transition et les diverses tractations, je m’accorde plusieurs voyages en Angleterre au motif de trouver du travail. À chaque fois, j’en reviens encore plus déprimé, plus dépité qu’au départ. Je m’arrange même pour sentir l’alcool. J’aurai fait un excellent comédien. La raison de ces voyages n’est bien sûr pas la recherche d’un boulot. Mais ma réorganisation pour un nouveau départ, qui compte tenu de mes ateliers secrets en Espagne est en réalité une continuité. Vous devez vous demander comment j’ai pu accumuler assez de capitaux à l’étranger, sans éveiller de soupçons. La solution a pourtant été assez facile. La ROMOTîCK SA avait une bonne clientèle à l’exportation, en Angleterre, et dans toute l’Amérique du Nord. Prenant pour prétexte le défaut de paiement d’un client américain, j’avais chargé un cabinet spécialisé de Jersey, de suivre et de surveiller les clients, et de recouvrir tous les paiements venant de cette zone. Puis, rapidement tous les paiements étrangers transitèrent par Jersey. Lors des virements bancaires en rance, j’en conservais une partie sur un compte spécial, en imaginant même au passage quelques faillites bidon. Tant que tout va bien, personne ne va voir ce qui se passe de l’autre côté des frontières. En plus à
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