Turbulences champêtres

Turbulences champêtres

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287 pages

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Le milieu dans lequel évolue cette histoire, c’est la campagne du Sud-ouest. Une campagne ou flotte toujours un soupçon de calme et de sérénité, une campagne encore accrochée à ses clichés d’hier, une campagne ou l'on veut vivre comme avant, mais avec le modernisme et les contraintes d'aujourd'hui. Une campagne du 3e millénaire, avec la télé, Internet, le portable et même le GPS. Une campagne souvent incomprise, en proie aux doutes, en proie aussi à la spéculation.
Le Sud-Ouest est l’une des régions de France les plus prisées par les Anglais. Ils s’y installent et cultivent la nostalgie des vieilles pierres et celle d’une lointaine époque. Cette situation n’est guère du goût de tous les indigènes. Certains considèrent en effet que ces populations ne font que reconquérir par l’argent, les territoires dont ils avaient été chassés par notre Jeanne d’Arc emblématique. Ils les accusent de tous les maux, mais surtout de faire indûment grimper les prix des biens qu’ils convoitent. Toutefois, il est très rare que l’un de ces natifs, lorsqu’il a lui-même une maison à vendre, refuse la proposition d’un « envahisseur », qui la plupart du temps est bien supérieure à celle des locaux.
Dans la petite commune de Saint-Jean, il y a le bourg, puis la ferme du Bouscarot. Arrivent ensuite tous les acteurs. D’abord les Beaumont, Martial c’est lui qui raconte l’histoire. Puis le papa et la maman. Ensuite tous les autres, les bons, les méchants, les ni trop bons ni trop méchants, les traditions, les us et coutumes. L’étranger qui s’installe sans bruit, et ceux qui le tolère du bout des lèvres. L’étranger qui s’impose, et ceux qui le rabrouent….Il y a même les gendarmes et... le curé.
Ici la situation était encore plus alambiquée. En quelques mois le bourg avait acquis une notoriété certaine, et même durant l’hiver quantité de touristes faisaient le détour. Cette célébrité soudaine avait pour effet de faire gonfler le nombre des personnes voulant y résider. Pour les habitants, c’était selon. Pour ceux qui pensaient n’avoir rien à gagner (sinon des em…), le coupable c’était le père Deslandes et son épicerie. Pour d’autres, les plus éclairés (peut-être) ceux qui avaient un peu ou beaucoup à gagner, le curé était le sauveur. C’était le précurseur, celui qui avait montré la voie. Une lumière, peut-être divine était apparue dans le ciel de notre magnifique Sud-Ouest et notre curé avait su le premier, trouver « l’interrupteur ».

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Publié le 05 novembre 2016
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EAN13 9782953286397
Langue Français
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1). Les raisons de l’exil –Col. Les Exilés de L’Arcange Volet 1 (papier + ebooks 2008-2009) 2) L’insolence du sort –Col.Les Exilés de L’Arcange Volet 2 (papier + ebooks 2010) 3) Les prémices –Col. Les Exilés de L’Arcange Volet 3 (papier + ebooks 2011) 4) Turbulences champêtres –Collection le Net au pré(papier + ebooks2011) 5) Les grands tourments -Collection Les Exilés de L’Arcange Volet 4 (papier + ebooks 2012) 6) L’héritière aux deux royaumes(papier + ebooks 2012) 7) Une ombre sur le Monde -Col. Les Exilés de L’Arcange Volet 5 (papier + ebooks 2013)8) Du foin sur le green –Col. Le net au pré(papier+ebooks2013) 9 ) La princesse de bronze –(papier + ebooks2013) 10) La Louve de Notre-Dame -Collection contes et légendes (papier + ebooks2013) 11) Un exil plus loin –Col. Les Exilés de L’Arcange Volet 6 (papier + ebooks 2014) 12) Les belles années –Col. Les Exilés de L’Arcange Volet 7 (papier2014) 12) Les stylos-bille–Col. Les exilés de L’Arcange Volet 7 (ebooks2014) 13) Gaillard, seigneur de Saint-Cirq–Col. Contes et légendes (ebooks2014) 14) Les cahiers de mon père –Col. Les exilés de L’Arcange Volet 8 (papier2016) 14) L’Ours de L’Arradoy -Col. Les exilés de L’Arcange Volet 8 (ebooks2016) 15) Des nems sauce grabuge -Collection le net au pré (papier - ebooks 2015) 16) Occitania, les voleurs de Royaume -etCol. Contes légendes (ebooks 2015) 17) Un héritier à L’Arcange – Col. Les exilés de L’Arcange Volet 9 (ebooks 2016) 18) La villa du truand – (ebooks2016) 19) les trois faces du miroir (ebooks 2016)
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20) Embrouille de foie gras, façon kalach (en cours d’écriture)
 Turbulences champêtres Auteur : Michel ZORDAN
Éditions 3Z
ISBN978-2-9532863-9-7
Ce récit est une îction. Toutes ressemblances avec des situations réelles ou des personnes existantes ou ayant existé ne seraient que pure coïncidence.
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Turbulences champêtres
Chapitre 1 – Une Lumière céleste
Le Sud-Ouest est l’une des régions de France les plus prisées par les Anglais, ils s’y installent et cultivent la nostalgie des vieilles pierres et celle d’une très lointaine époque. Cette situation n’est guère du goût de tous les indigènes (ou autochtones, ou natifs, c’est la même chose, mais en moins bizarre). Certains considèrent en eet que ces populations ne font que reconquérir, par l’argent, les territoires dont ils avaient été chassés par notre Jeanne d’Arc emblématique. Ils les accusent de tous les maux, mais surtout de faire indûment grimper les prix des biens qu’ils convoitent. Toutefois, il est très rare que l’un de ces natifs (indigènes, ou encore autochtones) lorsqu’il a lui-même une maison à vendre, refuse la proposition d’un « envahisseur », qui, la plupart du temps, est bien supérieure à celle des locaux. Mais il faut bien le reconnatre, il y a aussi les purs et durs, qui ne sont pas disposés à céder le moindre pouce de terrain, surtout s’ils n’ont rien à vendre. Pour les plus combatifs, il était même grand temps de se mobiliser, aîn de récupérer l’espace perdu.
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Dans la petite commune de Saint-Jean sur Automne, la situation était encore plus alambiquée. En quelques mois, le bourg avait acquis une notoriété certaine, et même, durant l’hiver, de nombreux touristes faisaient le détour. Cette célébrité soudaine avait pour eet de faire goner le nombre des personnes voulant y résider surtout l’Anglais, toujours et encore lui, considérés par certains indigènes et même par d’autres (oui, oui) comme l’ennemi héréditaire.
Pour les habitants c’était selon. Pour ceux qui pensaient n’avoir rien à gagner (sinon des em…), une grande part de responsabilités incombait au père Deslandes et à son épicerie.
Un curé, c’est fait pour dire la messe, célébrer les mariages, les baptêmes et enterrer les morts, pas pour faire du commerce à l’ancienne.
Pour d’autres, les plus éclairés (enîn tout dépend du camp dans lequel on se place) ceux qui avaient un peu ou beaucoup à gagner, le curé était le sauveur. C’était le précurseur, celui qui avait montré la voie. Une lumière, peut-être divine, était apparue dans le ciel de notre magniîque Sud-Ouest et notre curé avait su le premier trouver « l’interrupteur ». Eh oui, notre curé avait comme tant d’autres de ses confrères bien du mal à joindre les deux bouts avec seulement la quête et le denier du culte. Alors, lorsque la mère Tancogne avait arrêté, à près de 85 ans, son activité
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d’épicière-mercière-débitante de tabac, il lui avait proposé de la reprendre. Tout le monde l’avait pris pour un fou, certains armaient même que la soutane lui était montée à la tête (on aura compris ce que certains voulaient dire par là). La vieille dame ne voyait guère plus de deux clients par jour, et encore parce qu’elle leur faisait crédit. C’est vrai que, par temps de neige, ils se faisaient beaucoup plus nombreux. Malheureusement ou heureusement (encore une fois tout dépend du côté où l’on se place) la neige n’apparaissait à Saint-Jean qu’une à deux fois l’an et pour quelques heures seulement. Et c’est là que notre curé, sûrement très bien inspiré par le regard de notre Seigneur, avait eu une idée de génie. Celle de transformer l’établissement « genre supérette poussiéreuse, la plupart du temps dégarnie », en « véritable épicerie des années trente, où l’on trouve de tout ». À l’image dugeneral store de l’ouest américain, la boutique, baptisée « Le Presbytère » proposait une gamme très large de produits allant du savon, aux sabots, en passant par le beurre, le fromage ou les petits pois, sans oublier le cirage et même les cartouches en périodes de chasse. Une véritable caverne d’Ali Baba. Le bouche à oreille (buzz) fonctionnait bien et on venait maintenant d’assez loin pour admirer le magasin qui tenait d’ailleurs plus du musée que de l’épicerie. Personne ne savait trop où il se fournissait certains de ses produits dont les marques très anciennes avaient disparu depuis longtemps : chicorée Arlatte, pâtes alimentaires
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Brusson Jeune, biscuits Gazon ou encore le chocolat Lombard. Ni d’où venait d’ailleurs la jolie vendeuse toujours très souriante, habillée d’époque, qui l’épaulait dans sa tâche.
Quelques semaines plus tard, proîtant de l’aubaine, Olivier Aignard, notre colosse, ancien pilier et îgure emblématique de Saint-Jean, transforma également sa boulangerie, en adoptant le style de l’épicerie. Il remplaça son enseigne clignotante par une simple plaque émaillée, son four électrique par un four à bois, et acheta quelques vieilles étagères et vieux meubles dans un bric-à-brac. Il sut également convaincre (c’était pas gagné d’avance) sa femme Odette et sa vendeuse Patricia de porter le costume d’époque. Comme il ne savait pas trop de quelle époque il e s’agissait, sa femme opta pour le début du XX et e la vendeuse pour la în du XIX . Du mardi, au dimanche midi, sa boutique ne désemplissait plus, et rapidement il fut obligé d’engager un compagnon.
Dans la foulée, Virgile Grangveneur le chef d’un très prestigieux restaurant parisien, licencié de son trois-étoiles, reprit par un Américain adepte de la new cuisine, quitta la capitale pour installer un café-auberge également à l’ancienne qu’il nomma… « Chez Virgile ». Là encore on pouvait découvrir des boissons d’un autre siècle : liqueurs Hanappier, apéritif Kina Lillet. Il avait même réussi
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à retrouver un spiritueux légendaire à base d’absinthe qui faisait fureur.
Puis un maréchal-ferrant-bourrelier, un brocanteur-antiquaire, un fabricant de bougies… et… bref en quelques mois, Saint-Jean montait de grade (ce n’était plus un village, mais un bourg) et devenait incontournable…
Rapidement la population passa de 250 à 400 habitants, le centre du village se « ranima ». Certains conseillers municipaux soulevèrent l’idée de redonner un ton médiéval au bourg en repavant les rues (enîn la rue) et en sollicitant les habitants aîn qu’ils donnassent à leur façade une allure moyenâgeuse. D’autres et pourquoi pas les mêmes, parlèrent de rouvrir l’école et de créer un « musée des temps anciens » sur les vestiges qui subsistaient à la sortie du village. On ne savait pas trop s’il s’agissait de ceux d’un château ou d’un lavoir, mais qu’importe… la région, le département, peut-être même l’État allaient aider, alors pas de problème… (je ne sais pas vous, mais moi en parlant de l’aide de la région, du département, ou de l’État, j’ai l’impression de parler de l’argent des autres… ça fait moins mal).
Cette soudaine lumière sûrement céleste avait eu un autre eet. Celui de déplacer comme par miracle la future ligne « LGV » et celle à très haute tension qui devaient passer à une centaine de mètres de notre clocher. À quelques kilomètres de
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chez nous, un autre clocher, resté lui dans l’anonymat, proîterait de ce modernisme (et de ce qui va avec).
Bref, notre bourg se voyait maintenant jusqu’à Londres et même bien au-delà et les conséquences n’allaient pas tarder à se faire ressentir. Petite compensation, les râleurs de tous poils avaient de quoi occuper leur passion.
C’est dans cette campagne qu’Ashley etDaryl Maxwell, des Anglais de Londres, jetèrent leur dévolu sur le Moulin de Saint-Jean. À part son côté dominant, sa surface imposante, et ses murs de pierre, la bâtisse complètement en ruine et envahie par les ronces n’avait rien d’exceptionnel. Il devait y avoir eu, à cet emplacement, il y a très longtemps, un Moulin à vent, mais toutes traces avaient maintenant disparu. Après d’importants travaux qui lui redonnèrent éclat, prestance et dignité,Ashley etDarylpossession des prirent lieux au début du mois de mars. Avec la maison, les Maxwell avaient également acheté quelques parcelles de bois et des friches. Certaines attenantes à la maison, d’autres disséminées et enclavées parmi les terres agricoles. Le tout dépassait les 30 à 40 hectares. Certains agriculteurs avaient, un peu tard il est vrai, proposé de racheter quelques parcelles qui jouxtaient leurs terres. Mais les Maxwell avaient toujours refusé.
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Daryl, âgé de 53 ans, etAshleyde 38, travaillaient tous deux dans la communication. Ils œuvraient grâce à Internet et l’ADSL qui couvrait depuis peu Saint-Jean-Automne. Le couple avait adopté deux chevaux et il n’était pas rare de rencontrer la dame, montant l’un d’eux, un hongre pommelé, le long des routes et des chemins.
Quelques mauvaises langues avaient laissé entendre que les Maxwell n’avaient pas quitté Londres seulement par amour des vieilles pierres, de la campagne et du Sud-Ouest. On avait appris on ne sait trop comment, et on ne sait trop par qui, que dameAshleydes passions cachées. avait Daryl son époux l’aurait, pour la protéger des démons de la jeune chair, convaincu de venir s’installer avec lui en France. Certains s’étaient même avancés jusqu’à dire qu’elle pouvait s’accommoder aussi bien de chair mâle que femelle, pourvu qu’elle soit tendre. Toutefois (vous savez ce que c’est en province, on s’étonne d’un rien et il faut s’occuper, surtout au printemps et en été, les journées sont longues), (et même en hiver parce que là, ce sont les soirées qui sont longues) personne n’était en mesure de prouver quoi que ce soit (enîn pas pour le moment). Tous ces ragots n’étaient sûrement l’œuvre que d’envieux, de jaloux et de malfaisants.
De toute façon, ici,Daryllégitimement pouvait espérer que son épouseAshleyne subisse aucune
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