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Conférence Marie. Éloge de Me Marie, prononcé dans la séance du 9 janvier 1872 / par M. Gustave Ollendorff

De
14 pages
impr. de H. Carion (Paris). 1872. Marie, A.-T.. 15 p. ; in-18.
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ÉLOGE DE M1 MARIE
Paris, Imp. il. Carion, 61, rue Bonaparte.
CONFÉRENCE MARIE
---
Tj/ LOGE
DE M MARIE
Prononcé dans la Séance du 9 janvier 1872
l'AH
1 --
M. Gustave OKDfîNBORFF
I----=-r-
PARIS
IMPRIMERIE DE H. CARION
l,!. ilLE BU:\l'AI\TE, C!
1872
ÉLOGE DE NE MARIE
MESSIEURS,
Au moment d'aborder la tâche que vous m'avez fait l'honneur
de me confier, je ne saurais me défendre d'un sentiment de dé-
fiance bien naturel à l'égard de mes propres forces. Non pas
qu'il puisse sembler difficile, même au plus indigne d'entre
vous, de faire l'éloge de M. Marie : raconter la vie d'un tel
homme, c'est déjà faire son éloge, mais peut-être aurait-il fallu
pour bien remplir ce pieux devoir un de ces élèves comme les
aimait tant notre regretté président, assidu à la tâche, infatigable
au travail et ne quittant l'étude que pour les douces joies de
la famille. A défaut de ces points de contact, j'ai un amour
profond pour les convictions qui ont été celles de M. Marie, et
un singulier respect pour la profession qu'il a tant contribué à
illustrer ; d'autres auraient pu être moins convaincus que moi
à ce sujet et auraient été comme moi forcés de vous dire en
commençant : 1
Meliora video proboque, détériora sequor!
Vous savez tous, messieurs, pourquoi ma faible voix est ap-
pelée à un si haut ministère. M. Marie nous avait permis de
placer nos travaux sous les auspices de son nom ; il avait fait
- 6 -
plus encore ; il avait tenu à nous accorder un gage éclatant de
sa précieuse sympathie en venant lui-même diriger nos débats.
Il nous donna, vous vous en souvenez comme moi, les préceptes
qui l'avaient guidé dans sa longue carrière : « Le travail, nous
dit-il, fut la loi constante de ma vie. » Vous vous rappelez,
messieurs, cette affabilité digne et calme avec laquelle il vint
s'asseoir au milieu de nous, et peut-être avez-vous encore pré-
sente à la mémoire la bienveillante patience que cet homme émi-
nent, qui avait eu l'honneur de présider aux destinées de son *
pays, mit à relever les erreurs de celui-là même qui lui rend
aujourd'hui devant vous un dernier tribut de regret et de res-
pect.
Modestie, travail, probité, la vie de M. Marie est tout en-
tière en ces trois mots : ce sont là les traits principaux de ce
grand caractère, ses premiers titres de gloire dans l'exercice
de sa chère profession et dans la défense de ces principes éle-
vés dont sa vertu rehaussait encore l'éclat.
M. Marie est né à Auxerre le 15 février 1797. De bonne heure
il se fit remarquer par des dispositions peu ordinaires et de
précoces succès de collège furent pour lui ce qu'ils sont souvent,
le gage de succès futurs plus durables et plus éclatants. A vingt-
deux ans il vint à Paris soutenir brillamment sa thèse de li-
cence, et il prenait place immédiatement dans les rangs des
jeunes avocats qui se faisaient connaître au Palais.
On le remarquait dans les conférences particulières; on le
remarquait à la conférence des avocats, où son débit élégant, sa
parole sobre et distinguée lui avaient de suite concilié les suf-
frages de ses rivaux ; on le remarquait encore quand il venait
d'office plaider au criminel. Il trouva dans cet exercice salutaire,
qu'il a toujours recommandé à ses disciples, l'occasion de dé-
ployer ces qualités brillantes qui lui ont assigné dans l'histoire
du barreau français une place si distinguée. Pour M. Marie qui,