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Conférences de la mairie du 3e arrondissement de la ville de Paris. [Les Vertus républicaines, souvenir du 2 décembre 1851, conférence faite... le 8 décembre 1870, par Auguste Luchet... Précédé d'un discours du maire Bonvalet, prononcé le 12 novembre 1870 à l'ouverture des écoles communales laïques du 3e arrondissement.]

De
25 pages
impr. de Morris père et fils (Paris). 1870. In-16, 27 p..
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CONFÉRENCES
D E L A
MAIRIE DU 3me ARRONDISSEMENT
D E
LA VILLE DE PARIS
Extrait du Recueil des Conférences de la Mairie
du 3e Arrondissement.
CONFÉRENCES
DE LA
MAIRE DU 3e ARRONDISSEMENT
DE
LA VILLE DE PARIS
PARIS
TYPOGRAPHIE MORRIS PÈRE ET FILS
RUE AMELOT, 64
1870
INTRODUCTION
Le 12 novembre 1870, dans la salle des fêtes de
la Mairie du Temple, a eu lieu, devant une afftuence
considérable, l'ouverture des écoles communales laï-
ques du troisième Arrondissement.
Le Gouvernement de la défense nationale avait
tenu à honneur d'être représenté à cette fête, plus
réellement patriotique qu'aucune autre, et de chaque
côté du maire, mêlés aux Adjoints Murat, Cléray,
Mahias, Hérisson, etc., on reconnaissait les citoyens
Jules Favre, Jules Simon, Etienne Arago, etc.
Entre une improvisation magnifique de Jules
Simon, parlant comme ministre de l'Instruction
publique, et quelques paroles éloquentes où l'on
sentait vibrer le coeur du grand citoyen Jules Favre,
le citoyen maire Bonvalet a prononcé le discours
qu'on va lire, fréquemment interrompu par de cha-
leureux applaudissements.
— VI —
C'est dans la môme solennité qu'ont été inaugurées
les conférences qui se sont succédé depuis à la
Mairie du temple, et dont le succès, croissant tou-
jours, a démontré l'utilité.
La municipalité du troisième Arrondissement,
famille démocratique qui aura marqué son passage par
des institutions républicaines qui resteront, a voulu
conserver celles de ces conférences dont les auteurs
ne s'étaient pas réservé la publicité ou la propriété.
De là, ce Recueil auquel le discours qui suit ser-
vira de Frontispice.
Les lecteurs du volume auront-ils à coeur de lui
faire l'accueil que les auditeurs ont fait aux confé-
rences qu'il renferme? on peut l'espérer, et ce sera
justice.
DISCOURS
PRONONCE
FAR LE MAIRE DU 3e ARRONDISSEMENT
CITOYENS,
Parmi les grands devoirs qui s'imposent à un
gouvernement, et qui sont sa raison d'être, un des
plus grands — peut-être le plus grand ! — c'est l'In-
struction à tous. En effet, dans un pays républicain
où tous les droits doivent obtenir satisfaction, le
droit à l'instruction est le premier des droits.
Instruire, instruire avec désintéressement, avec
profusion, partout, toujours ! il y a vingt ans qu'on
l'a dit : c'est faire des hommes. En cela doit consis-
ter le juste orgueil d'un État libre.
Ah! si 1848avait pu fonder l'instruction! Les
2
hommes qu'elle nous eût donnés auraient inter-
rompu vite l'oeuvre impie de la démoralisation de la
France !!! Mais depuis 48 on n'a pas fait d'hommes :
on en a défait.
Aujourd'hui, nous n'avons pas assez de temps
pour en donner aux regrets. Le passé semble irrépa-
rable. Il est tel (nous devons nous l'avouer) que l'hu-
miliation de la nation française, la souffrance, les
sacrifices, l'héroïsme ne suffiraient pas à l'expiation
peut-être! mais ce qui réparera certainement le passé,
c'est l'instruction, rapide, assurée, obligatoire, véridi-
que, et désormais inévitable comme la République
elle-même.
Jusqu'ici, en même temps que, dans l'intérêt de
sa conservation, l'état monarchique entretenait
savamment l'ignorance publique, une autre puis-
sance , sa complice fidèle, voilait pieusement la
lumière, partout où la lumière se montrait. À côté
de l'enseignement intelligent, qui voulait faire éclore
des intelligences, il y en avait un autre : celui qui
disait « J'ai la foi, donc j'ai le droit. » Rien de plus
respectable que la foi, à la condition que tous ne
seront pas foncés d'avoir la même. Quand la raison
grandit, d'un peuple ou d'un homme, tout se modi-
fie pour elle, même la foi ! tandis que le droit, c'est
toujours le DROIT.
Le temps est venu de rompre avec des traditions et
des nécessités funestes, et d'affirmer le principe régé-
nérateur qu'un citoyen honoré à tous les titres,
notre ami Jules Simon a formulé le premier : — La
séparation de l'église et de l'Etat.
La liberté de la pensée et la liberté de la conscience
seront des vérités. Elles se traduiront dans l'ensei-
gnement d'abord, et bientôt nous aurons des hom-
mes.
A de telles questions, des fonctionnaires publics ,
élus et responsables, ne peuvent rester indifférents.
Nous comptons dans nos devoirs celui d'organiser
l'alimentation municipale, mais nous avons pour
mission aussi immédiate le développement des cer-
veaux .
Nous avons donc voulu, en faisant appel à des
esprits élevés, assurer la solution effective et la mise
en oeuvre de la question d'enseignement. Notre
appel a été aussitôt entendu; et nous avons à coeur
d'adresser aux femmes ce compliment et ce remercî-
ment : les esprits élevés de leur sexe ont répondu en
grand nombre.
Citoyens, c'est ici, je crois, le moment de vous le
l'appeler : élu par une majorité qui l'honore et qui
l'oblige ! votre maire n'est pas cependant, comme
ceux qui l'entourent, un de ces hommes qui conçoi-
vent ou appliquent les grandes idées, et ont le bon-
heur de faire faire à leur pays un pas en avant. Il
n'est qu'un citoyen dévoué de cette patriotique et
laborieuse bourgeoisie qui sort du peuple et ne cesse
— 10-
de travailler avec lui, de garder le pays avec lui,
pour le sauver, s'il le faut, avec lui.
Ce n'est donc pas à moi qu'il appartient de tracer
l'exact programme des travaux d'enseignement dé-
mocratique inaugurés par cette fête. Moi, maire de
la mairie du Temple, j'ai pourtant fait un rêve...
Mais comment dirai-je? Un rêve... municipal, que les
maires adjoints de cet arrondissement ont compris,
et dont ils croient, comme moi, la réalisation possible.
Si nous nous trompons, citoyens, gardez-nous le
secret ; — vous aussi, citoyennes ! — Si ce rêve peut
devenir un fait, aidez-nous.
Nous voudrions prendre l'enfant, le petit citoyen
pauvre, alors que sa mère le porte encore sur ses
bras ou le tient encore par la main. —Il serait reçu
d'abord par nous dans les salles de l'assistance pa-
triotique, celles que les fourneaux du jour changent
à la nuit en chauffoirs et en ouvroirs. Là, après
quelque temps, l'enfant entendrait des lectures, selon
les âges, selon les besoins.
Un soir, pour les mères et pour leurs filles venues là
aussi, il y aurait des entretiens, des conférences, des
cours d'économie intime où se traiteraient des ques-
tions de ménage. Tout cela commode, familier,cordial.
Voici les enfants plus grands : l'école est là, tout
près, — aussi gratuite que laïque, bien entendu. —
Entre nous, pour les petits garçons, les hommes ne
valent pas les femmes; nous ne craindrions pas, vu