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Conférences théologiques sur la constitution civile du clergé de France, ou Résultats des préleçons faites en français sur cet objet ([Reprod.]) / par Paul-Benoît Barthe,...

De
33 pages
chez D. Desclassan, maître-ès-Arts, impr. de l'Académie royale des sciences (Toulouse). 1790. Constitution civile du clergé (1790 ; France) -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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NBS 1010a
2
THE ERENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PIÎRGAMÔN PRESS
CONFÉRENCES
TtïÉOLOGÏQUEê
SUR la C'onflitution civile du Clergé
de France,
Ou réfuhats de.s Préleçons faites efy
français fur cet objet
PAR M. Paul-Benoît Bar t'h E Prêrre
Profefleur Royal & Doyen de la Faculté de
Théologie de l'Univerfité de Touloufe, Membre
de la Société des Amis de la Contlitution 4
établie dans cette Ville rue des Jacobins, dans
fon Ecole Académique publique de Théologie
avec l'agrément de MM. les Administrateurs
du, Département de la Haute Garonne &
imprimées aux frais de ladite Société.
A TOULOUSE,
Chez D. Desclassan Maître-ès-Arts Imprimeur
éc l'Académie Royale des Sciences.
M. 1) C C. X C.
CONFÉRENCES
SUR LA
CONSTITUTION CIVILE
CLERGÉ DE FRANCE.
PREMIERE CONFÉRENCE.
Concernant ladivifion des Diocefes & des Mé-
tropoles, 4lcrétée par VAJJemhlée Nationale.
Obfccro itaque vos ego vinclus in Domino lit digne ambuletis
ontni
dine, cum patUntid /apportantes invicetn in charilate folliciti
jervare unitaum fpiritûs in vin:ulo pacis.
« C'eft pourquoi quoique détenu dans les fers je vous
prie de vous conduire d''une maniere digne de la vocation
par laquelle vous avez été appelés je veux dire avec
v une humilité profonde, une douceur exemplutre & une
patience à toute épreuve, vous fupportantljei uns les
autres avec charité & vous appliquant avec une vraie
n follicitude, à conferver l'unité d'efprit dans le lieh^de la
paix. »
Ce texte eft pris de l'Epître de S. Paul, aux Ephcfiens ch. 4>^
il riere admirable avis précieux exhorta-
tion di^nc ci'un Apôtre détenu dans les fers pour
(4)
le triomphe de la foi que n'es-tu dans ce moment
profondément gravée dans le coeur de tous les
Miniftres de la Religion dumoins ne t'oublierai-
je pas mot-même. Non, jamais je l'efpere,
Meilleurs, jamais je: ne perdrai de vue cette im-
portante exhortation bien moins dans des temps
aufïî critiques que celui que nous offrent les con-
jonctures préfentes je le dois à la Nation dont
je fuis membre 5 je le dois au Roi notre augufte
& généreux Monarque le le dois à la Loi & aux
fondions publiques qu'elle m'impofe & fur
tout à la Religion fainte que je profeffe & dont
nous avons d'autant plus à craindre l'abolition
dans ce Royaume, que nous voyons les efforts
de tant de Fonctionnaires publics fe renouveler
Se s'accroître de jour en jour, pour répandre dans
le fein de l'Etat un efprit de difiention & de dif-
corde, propre à renouveler les horreurs des
guerres civiles les plus affreufès.
Telle eft Meneurs, la confidération puif-
fante qui m'engage à reprendre mes Conférences
Théologico-civiques &. à intervertir en quelque
manière notre ordre académique, pour vous en-
tretenir en Français de la Conftitution civile du
Clergé de France, & de la réfutation d'un écrit
imprimé qui a pour titre Expof tion des prin-
cipes fur la conftitution du Clergé, par les pvé-
Cet députés à
Cet écrit, au premier apperçu ne m'a paru
in
qu'un tiflù d'équivoques & d'ambiguïtés une
continuité de ce ces de vérités eiîentielles à
corinoître & un aflêmblage de principes, dont
la plupart ne peuvent ni recevoir d'application
aux quêtions dont il s'agit ni contribuer à nous
d.onner une idée exatie de la Constitution qu'on
veut combattre..
Une lecture plus réfléchie n'a fait que me con-
firmer dans cette première idée fur cet écrit cap-
tieux. J'efpere Meilleurs que vous voulez
m'honorer de votre attention il ne me fera
pas difficile de vous raffurer fur l'impreflion qu'il
peut faire & de vous convaincre pleinement
de la fublimité & de la juftice des Décrets
rendus par notre Diette -augufte, fur la nou-
velle organifation du Clergé de l'Eglife de
France.
Je fuivrai l'ordre des matieres que préfentent
tout à la fois, & la conftitution civile du Clergé
& l'écrit qu'on lui oppofe je commencerai donc
par établir des principes incontestables pour ré-
futer ou- apprécier enfuite à leurjufte valeur ceux
qui font ramenés par les adverfaires de notre
Conftitution adverfaires, du refie, envers qui je
n'entends nullement manquer aux égards qui leur
font dus à Dieu ne plaife qu'en voulant Servir
la Patrie, je donnaffe à mes Compatriotes un
exemple auflï dangereux.
La première queftion qui fe présente, en Suivant
( 6)
( ) Ces principes frront énoncés par autant de paragra-
phes, que nous pourrons citer ainfi plus commodément
entre deux paranthefes, dans la fuite de cet ouvrage.
l'ordre projeté confifte à favoir fi l'Aflëmblée
Nationale a pu décreter une divifion de Métro-
pales & de Diocefes en France. Je vais à cet
effet expofer les principes dont la connoiflançe
:me paroît abfulumerit néceffaire pour réfoudre
cette queftion (*). ̃
§. P R '.E^M 1 E OR.
Les Evêques font les vrais fuccejfeurs des
Apôtres.
C'eft une vérité de foi dont la révélation fe
trouve en termes formels dans ce partage de l'E-
criture, où il eft dit de Judas Apôtrc Qu'un autre
occupe fon Epifcopat (i) }'& dans cet autre texte
où l'Apôtre St. Paul recommande aux Minières
qui avoient été établis pour fuccéde? aux Apôtres,
de veiller fur eux-mêmes & fur leur troupeau.
Il les dénomme en effet, Evêques Se les dit établis
par le Saint-Efp:it lui-même pour gouverner
rEjliedeDieu(z)..
<7)
Les Evêques ont reçu leur puijfance ùleur
juridiction immédiatement de
Ckrifi lui-même & cette autorité ejlpu*
rement fpiritutlle.
Ce font des vérités qu'on ne peut révoquer en
doute, fans renver&r la doârine de la Déclaration
des quatre Artïcles faite par le Clergé de France
en i6%z concernant la Puiffance eccléfiaftique.
On ne peut auflî contefter cette doarine que 1*11–
luftre Bdffuet appelle fainte Se dit être émanée
de la 'Tradition Apojlolique (3) fans adopter
l'opinion des Doreurs Ultramontains qui, pour
appuyer leur fyftême de la Suprématie du Papa
fur tous les Evêques en corps font forcés de
foutenir que ceux-ci tiennent leur juridiction du
Pape qu'ils ne la reçoivent point immédia ;e-
ment de Jeius-Chrift lui-même opinion tout-â- fait
contraire à cette exhortation i[ue fait l'Apôtre
St. Paul.aux Evêques de fon temps, que nous.
venons de citer. Si c'eft en effet au Saint Efprit
uême, qu'un Evêque eft redevable de fon infti-
tttrion c'eft de lui Se non du Pape qu'il reçoit
le pouvoir de juridi&ion inhérent à fon cara^ere
c'eft de ce pouvoir radical que nous entendrons
p,arler ? lorfcjuà nous défignerons la juridiftioA
(8 ):
fpirituelle primitivement conférée aux Miniftres
de
ou. la juridiction fpiritueïïe des
Evêques ejl en elle-même ) univerf elle ou
illimitée quant au territoire bu pour
mieux dire quant au nombre des fu-
jets' fur qui cette juridiction peut être
exercee.
En effet, cette autorité eil de fa nature la même
que celle que reçurent les Apôtres des mains de
Jefus-Chrift-j puifque c'eft fur l'identité de cette
autorité qu'eft fondée la fuccefrion dés' Evêques
aux Apôtres de même que £on dérivement im-
médiat des mains de Dieu qui la confere^par lui-
même à chaque Evéque.
Or les Apôtres reçurent de Jefus-Chrifl: un
pouvoir de juridiftion fans bornes de territoire
quelconque. Alle\ dans le inonde entier dit le
Sauveur à fes Alootres, prêchez l'Evangile à toutes
les créatures de l'univers- (4). Allez, enfeigne^ à
toutes les Nations tout ce que je vous ai enfeigné
prefcrit moi-même baptife\-les &c. Je fuis
avec vous jufqu'à la cnnfommation desfiecles
Vous recevrez la \ertude VEfprit Saint, qui def-
cendra fur vous & vous me fereî de vrais té-
i* )
moizs de la divinitl de ma miffton dans Jéru-
falem dans toute la Judée dans la Samarie f
& jufqu'aux extrémités de la terre (6).
Point de limitation donc de territoire ou pour
mieux dire point de reftri&ion dans le nombre
de fujets fournis au pouvoir attribué par Je&s-
Chrift à fes Apôtres.
Point donc auflî de bornps quant à ce au
pouvoir que reçoivent les Evêques leurs fuccef-
feurs dans leur ordination.
J'ai ajouté ces mots ou pour mieux dire, des
Sujets &c. parce que l'autorité accordée par J. C.
à fes Apôtres n'étoit dans le vrai qu'une juridic-
tion fans territoire. Il ne les avoir en effet envoyés
que comme il avoit été envoyé lui-même par fen
Père (7) & foh royaume, malgré cette miffion
n'étoir pas de ce monde (8). C'étoit donc bien
moins une efpace de territoire local, qu'un nom-
bre indéfini de confeiencts que J. C. établit
pour fujets de la juridiction que devoient exercer
fes Apôtres.
Aufïï ce divin Sauveur défigna-t-il en termes
exprès les Nations, les perfonnes omnes gentes
omni créatures pour ne parler ^u Lndire&ement des
locaux. Il n'exprima ceux-ci que pour en fixer l'or-
dre à fuivre par les Apôtres dans le cours de leur car-
ride érangélique. C'étoit d'abord dans Jérusalem
& dans to,ite la Judée; enfuite dans la Samarie,
& après cela dans toute la terre que les premiers
dévoilent la
taire retentir d'après la recommandation précieufe
de leur divin Maître.
Il efl donc ûiconteflable ,que l'autorité que les
Evêques reçoivent imrnédiuu'ment de J. C. n'eft
pas limitée par elle-même qu'elle eft au con-
traire radicalement universelle^̃
D'où il fuit. évidemment que cette juridiction
ne peut être limitée que par les faints Canons
de lÉglife. Le Pape lui-même .ne pourroit s'ar-
roger le droit de la reftreindre fans prétendre avoir
une Suprématie abfolue qui l'éleveroit au-defllis
du Corps Épifcopal j ce qui eft directement con-
traire aux vrais principes & aux Maintes maxirites
.de l'Églife de France. Bien moins la puiffance
civile pourrôit-elle par elle-même limiter ou ref-
treindre l'exercice de cette autorité des Evêques,
puifqu'aucune PuifTance temporelle ne peut rien
opérer par elle-même fur un objet purement fpiri-
tuel de fa nature.
§. IV.
La juridiction des Evêques a refu des
bornes dans fon exercice, des mains des
Le Mefile promis à toutes les Nations c»
digne objet de leur attente 6c de,leurs voeux ne
pouvoit fe de donner la. la, plut
( il )
lample" Scia plus étendue aux coopérateurs de fou
faitit Minifterc. Une propagation Subite de la lu-
mière de l'Evangile qui par fon incroyable célé-
rjté & fon immenfe diffufion devoit porter avec
ellg les caraâeres du plus éclatant miracle de la
Divinité devoit être une des preuves les plus
frappantes de celle de la Religion Chrétienne.
II falloit donc que les premiers Promul^ateurs
de la parole de Jefus Ghrift fuffent envoyés
d'abord indiftin&ement par toute la terre &
fiffent retentir au plutôt dans tous les coins d<:
l'univers ce nom du Rédempteur du genre hu-
main, en qui feul les hommes peuvent être fau-
ves (9).
Mais bientôt aprés ce nom adorable. ayant été
annoncé dans toutes les parties du monde connu
& le nombre des Chrétiens s'étant infiniment accru,
il fallut répartir le travail des Miniftres de cette
fainte Religion il fallut tracer des lignes de dé-
marcation à leur follicitude, pour éviter les em-
barras qu'auroit caufé la moindre confuGon dans
les fondions de leur minifiere facré.
Les Apôtres arrêterert donc n'eri doutons
pr:s que les Évêques fefoient établis dans les
Cités ou Diocefes (io)j ils décidèrent qu'aucun
territoire organifé comme tel, & converti à J. C.,
ne feroit fans Évêque.
En effet cette pratique eft rigoureufement
obfervée encore aujourd'hui dans tout l'univers