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Coup d'oeil sur la marche et les résultats de nos discussions politiques , par M***

10 pages
librairie grecque-latine-française (Paris). 1821. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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COUP D'OEIL
SUR LA MARCHE ET LES RESULTATS
DE
NOS DISCUSSIONS POLITIQUES.
PAR M. ***.
A PARIS,
A LA LIBRAIRIE GRECQUE-LATINE-FRANÇOISE,
RUE DE SEINE, N° 12.
ET CHEZ TOUS LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS.
JUIN 1821.
COUP D'OEIL
SUR LA MARCHE ET LES RÉSULTATS
DE
NOS DISCUSSIONS POLITIQUES.
LA discussion du budget est bien longue pour nous,
bien longue pour les députés, plus longue encore
pour les ministres. La patience de ces derniers est
mise à d'assez rudes épreuves : on leur fait leur procès
comme les Egyptiens le faisoient aux morts; et il y
a pour eux cette différence très-réelle qu'ils ne sont
pas morts, que même ils n'ont pas la moindre envie
de mourir. Heureusement ils savent aussi que ce
grand débat ne se termine jamais par une condam-
nation. Un roi ne pourroit pas s'exposer sans péril
au jugement d'une assemblée délibérante, mais un
ministre qui tient encore le portefeuille peut se pro-
senter en toute sécurité.Un portefeuille couvre mieux
que le bouclier d'Achille.
Au commencement de chaque session, c'est mer-
veille de voir dans le lointain tout ce que doit pro-
duire cette grande revue des opérations ministérielles ;
tous les abus y doivent être corrigés, tous les torts
redressés, toutes les injustices réparées; chacun se
promet d'y apporter un jugement indéfectible, une
sévérité à toute épreuve, une persistance inébran-
lable; l'esprit de système doit perdre son empire; il
faudra, bon gré malgré, que justice se fasse, que la
morale publique ne soit plus offensée, que l'on entre
enfin dans la bonne voie ou que l'on se retire. Tou-
jours, en attendant ce moment décisif, on se montre
complaisant et facile sur tout le reste. De mauvaises
mesures sont proposées, on les adopte; des lois que
la conscience condamne sont présentées, on les laisse
passer. Cela n'est rien, ou du moins cela importe
peu, le budget viendra, et. alors Eh bien! alors
on supprimera quelques petites dépenses, on fera
quelques réductions, n'importe sur quels articles,
et l'on ira chez soi reprendre du courage pour les
quinze premiers jours de la session prochaine.
C'est une chose prouvée désormais, il en faut con-
venir, les François sont en politique ce qu'ils sont à
la guerre, pleins d'ardeur au premier choc, mais
prompts à céder la victoire quand elle ne vient pas
assez vite ; ils ne savent pas vaincre avec lenteur, ils ne
savent pas même haïr longtemps ce qui est éternel-
lement haïssable. C'est ce que toutes nos sessions légis-
latives mettent de plus en plus en évidence. Chacun y
vient, je le répète, avec la ferme résolution de con-
courir de toutes ses forces à l'oeuvre de la restaura-
tion morale et politique; aucune intrigue ne doit
prévaloir contre le voeu immuable de la raison et
des consciences, aucune considération secondaire ne
doit faire dévier de la seule roule qui puisse mener
au port du salut. Aussi la première attaque est-elle
vive, franche, impétueuse. Mais si la résistance,
mieux concertée, suffit au premier choc, on calcule,
on délibère, on s'arrête. Viennent les propositions,
les projets de transaction , les promesses vagues; on
écoute, on discute, et l'on finit par s'endormir sur
des chimères. Dès lors il s'établit un système de sa-
gesse qui entrave tout, qui paralyse tout, et qui,
depuis cinq ans, ne nous a guère appris que l'art de
mourir avec prudence. Si quelques orateurs se mon-
trent plus justes appréciateurs des hommes et des
choses, on s'efforce d'étouffer leur voix. La vérité
qu'ils proclament expire sous le poids de celte vertu
inerte qui pèse sur toutes les roues de la machine
politique, et qui n'ose jamais leur imprimer aucun*