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De l'Esprit de parti, antidote à tous les pamphlets sur les événements de Lyon, en juin 1817

30 pages
Bohaire (Lyon). 1818. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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DE L'ESPRIT DE PARTI,
A TOUS LES PAMPHLETS
SUR LES ELEVEMENTS DE LYON,
EN JUIN 1817
Est modus in rebus, sunt cerli denique fines,
Quos ULTRA CITRA que nequit consistere rectum.
HORAT. Sat. I.
A LYON,
Chez BOHAIRE, rue Paits-Gaillot, n.° g.
Mai I8I8.
Nous ne fûmes pas long-temps sans connaître et
sans sentir, que les fautes capitales qui se com-
mettent dans les divers partis opposés à l'autorité
royale , les déconcertent si absolument, qu'elles
obligent presque tous ceux qui y ont leur part, à
une nécessité de faillir, quelque conduite qu'ils
paissent suivre.
Membres du Card. DE RETZ.
DE L'ESPRIT DE PARTI,
A TOUS LES PAMPHLETS
SUR LES ÉVÉNEMENS DE LYON,
EN JUIN 1817.
D
ÉGOUTE de cette multitude de pamphlets
qui, sous des bannières diverses, ne consi-
dèrent ou ne laissent voir des hommes et
des choses qu'un seul côté, se déclarent tous
infaillibles , s'arrogent le privilège et la
découverte de la vérité pour déverser sans
mesure le blâme sur leurs adversaires ; fa-
tigué de ces tristes et stériles réactions de.
paroles, de cette tendance qui de part et
d'autre décèle une réticence profonde dans
ce que chacun tait, bien plus encore que dans
ce qu'il dit au public, je me repliois plus que
jamais sur moi-même , et je demandois à
l'étude, au doux commerce des lettres , ces
jouissances paisibles qui répandent un baume
( 4 )
consolateur sur toutes les blessures, et que
refusent aujourd'hui la politique et la société.
Un livre de morale tombe sous ma.main ;
j'y trouve, au milieu d'un excellent traité
des passions,, ; un chapitre sur l'esprit de
parti; je parcours avec une avide curiosité
ce monument de sagesse politique publié
en 1796 ; il offre des aperçus si frappans, des
rapprochemens si singuliers, qu'on le croiroit
écrit en 1818.
Sans dou te les temps ne sont pas les mêmes,
et les parallèles absolus doivent être repoussés
par la saine critiqué ; mais l'auteur n'ayant
méconnu aucune des ressources de son sujet,
aucune de ces considérations graves, inspi-
rées par une raison supérieure, qui font
jaillir la lumière et reposent l'âme fatiguée
dé tant de débats et du choc de tant de
passions, j'ai crû devoir mettre sous les yeux
de mes concitoyens, au moment le plus op-
portun , le tableau de cette fièvre dévorante
qu'on appelle esprit de parti.
Éclairé par l'expérience encore récente
des premières années de la révolution et des
horreurs de 1798 , doué d'une prévoyance
prophétique , l'auteur signale toutes les
(5)
fureurs de l'esprit de parti, toutes ses varia-
tions, et jusques à ses monstrueuses meta-
morphoses.
On diroït qu'il a surprisles partisans de
l'aristocratie et de l'absolu pouvoir, défen-
dant tout à coup les doctrines républicaines,
révolutionnaires même ; « retirant dans une
» discussion les concessions faites dans la
» discussion précédente; dans les.comités
» secrets, les r opinions proclamées à la tri—
» bune ; » exaltant aujourd'hui fes prolé-
taires, pour les vouer demain, à peu de chose
près, à là condition des ilotes ; et présentant
enfin à l'opinion publique' déconcertée par
tant de contradictions, comme modèles de
vertus politiques, des hommes, qui!ont pu
dire, les ligueurs de ce temps seraient les
royalistes au nôtre.
Mais non moins admirable par son impar-
tialité que par la sagacité de ses aperçus,, l'au-
teur dé voilé aussi, par anticipation, les erreurs
de cette autre opposition,légitime dans sa
source , nécessaire dans le système du gou-
vernement représentatif, mais qui laisse en-
trevoir chez quelques-uns de.ses membres,
sinon l'intention formelle, au moins une inévi-
(6)
table tendance à ébranler le gouvernement,
à détruire l'affection pour les Princes de la
maison régnante, et à préconiser après tant
d'essais malheureux , de trompeuses théo-
ries, des utopies décevantes, que l'expérience,
la sagesse et l'administration pratique ne
doivent pas se lasser de repousser dans l'in-
térêt du peuple et d'une sage liberté, comme
clans l'intérêt du pouvoir légitime et du
Souverain.
Aurai-je trop présumé du bon esprit qui
anime mes concitoyens , en espérant que le
langage plein d'autorité, que la pressante;
dialectique de l'auteur, pourront décourager
enfin cette ardeur toujours croissante pour
les pamphlets, dont le moindre inconvé-
nient, il ne faut point se lasser de le répéter,
est de ne jamais dire la vérité toute entière,
de laisser les esprits les plus prévenus sans une
entière conviction, malgré les exposés con tra-
dictoires des faits. La raison de cette désolante-
ïncertitude est si simple, qu'elle ne de vroit pas,
être méconnue : c'est qu'après des événemens,
d'une haute importance , après les malheurs
de Lyon en juin 1817 i où le reste impur-
des factions ? l'esprit de parti, tamisée du.
(7)
peuple, la mésintelligence avouée de quel-
ques fonctionnaires, te concours des diverses
polices locales, et peut-être l'intervention
des polices officieuses., ont mêlé tous les élé-
mens du vrai, confondu les idées dse têtes les
plus calmes ; il reste nécessairement à faire une
appréciation morale de la conduite de cha-
cune des autorités qui jouèrent un rôle dans
ces événemens. Et comment cette apprécia-
tion pourroit-elle être impartiale, comment
ne seroit-elle pas arbitraire de la part des
acteurs, des écrivains et du public ? Le mi-
nistère lui-même, quels que soient les ma-
tériaux recueillis , n'a probablement pu que
souvent hésiter dans leur choix ; et parce
qu'il n'a pas voulu déchirer le voile qui
couvre encore certaines circonstances, que
l'histoire dévoilera sans doute quand le temps
aura prescrit les dangers de leur manifesta-
tion, on lui reprochera sans relâche,des
deux camps opposés, de ne pas descendu©
aussi dans l'arène! Ah ! la passion est dono
bien aveugle, puisqu'elle peut fasciner ainsi
les yeux d'hommes auxquels on ne sauroit
contester de grands talens, d'honorables
Vues !
(8)
Inépuisable. dans sa clémence attentif à
réparer les effets- des criminelles tentatives
des uns,des fatales erreurs des autres , des
malheurs de tous le gouvernement du Roi
a.: répondu d'avance; aux vains appels dès
pamphlétaires , aux officielles in terpellations
de la tribune, parle dé veloppement successif
des mésures propres à prévenir le retour de
pareils désordres : et nous nous plaindrions
de son silence ! et nous accuserions sa longa-
nimité !; et nous verrions sans une profondé
gratitude les efforts et les succès des nouvelles
autorités de ce département y si pieusement
dociles à, la voix auguste qui ne cesse de pro
clamer union et oubli! Leur union touchante,
leurs Sages mesures, n'ont-elles pas déjà fait
aux agitations funestes de 1817, succéder un
calme si parfait, une sécurité si grande, une
liberté publique et individuelle si complette,
qu'on ignoreroit presque qu'il existe dans
cette grande cité des pouvoirs supérieurs,
une police même, tant leur action est, dépuis
six mois , inaperçue ?
Eh ! qu'importe ; auprès de tant d'avantages,
une investigation plus ou moins approfondie
dés événemens de Lyon ? Elle n'auroit très-
(9)
probablement d'autre résultât que d'éloigner
encore le moment de la réconciliation géné-
rale. Si la circulation de trente pamphlets
pour et contre , dont je ne veux ni ne dois
accuser lés intentions , ne l'ont point ame-
née , seroit-elle obtenue par la publication
des brochures qu'on annonce être sous presse,
cette réconciliation préparée par la pru-
dence , appelée par tous les voeux du gouver-
nement, mais qu'il dépend de nous seuls
d'accomplir (1)?
Repoussons donc une inquiète et vaine cu-
riosité, qui donne un éternel aliment aux dis-
cordes intestines : laissons à la liberté de Ta
presse, dont l'abus ne peut jamais faire pros-
crire l'usage, le triste soin de susciter encore
de part et d'autre quelques inutiles clameurs ;
mais refusons aux pamphlets une importance
à laquelle ils n'ont de titre que parce qu'ils
aspirent à remuer nos passions.
(1) La nouvelle de la nomination de M. Rarobaud
à la mairie de Lyon, se répand à l'instant où je
trace ces lignes ; grâces soient rendues au gouver-
nement, qui chaque jour met de plus en plus en,
pratique la maxime d'un philosophe romain : moderata
durant.
( 10)
En fixant l'attention de mes concitoyens
sur les funestes effets de l'esprit de parti, et
sur la déconsidération qui s'attache tôt ou
tard à ses chefs, je n'aurai pas fait un inutil»
appel à la modération , dans une ville où
en dépit de quelques esprits faux, de quelques-
mauvais esprits, l'immense majorité s'éloigna
avec une horreur chaque jour plus prononcée f
de toute opinion, de toute mesure violentes
Heureux, si pour pxix des intentions les plus
pures, la bienveillance du lecteur écarte de
moi l'imputation silégèrement faite aujour -
d'hui de lâche flatteur du pouvoir , à qui-
conque défend l'autorité constitutiionnelfle.
Ce seroit, il faut l'avouer, méconnoître
étrangement les principes et les droits dut
gouvernement représentatif, que de lui refu-
ser des auxiliaires bénévoles et désintéressés,
alors que tous ses agens sont incessamment
placés sous la sévère surveillance de l'une et
l'autre opposition , sous la défiance no»
moins jalouse de l'opinion publique. Il est
temps enfin de le dire à ceux qui ne voient
par-tout qu'adulateurs que suppôts du des-
potisme : les circonstances et la disposition
des esprits sont telles aujourd'hui, qu'il y a
( 11 )
le plus souvent justice , toujours courage ,
quelquefois défaveur, et bien rarement avan-
tage personnel, à se ranger du côté du minis-
tère dans les discussions politiques.
Quelques digressions ont été supprimées
dans; l'excellent traité qu'on va lire. Je me
suis borné à lier le discours , en ménageant les
transitions que les coupures ont rendues né-
cessaires ; du reste le fond et la forme n'ont
éprouvé aucune altération. Le nom de l'au-
teur , grâces à l'originalité du talent, à l'élé-
vation du style , n'échappera passa la sagacité
du lecteur instruit.
Quant à l'éditeur, comme tout son mérite
est dans ses intentions, il peut, sans trop
de discretion conserver l'anonyme, dont
personne ne sera tenté de lever le voilé ?
seulement il doit déclarer ici, pour éviter
toute méprisé, qu'il n'a aucun emploi dans
l'état et que si jamais il avoitexercé des
fonctions publiques , on l'auroit vu naguère
au fort de nos discordes, se montrant pro-
tecteur également dévoué de tous ses conci-
toyens, résister à l'entraînement de sa propre
cause, paralyser de réciproques fureurs, et se
jeter au milieu des partis aux prises.