De la vaccination préventive dans les hôpitaux / [signé : É. Hervieux, 6 octobre 1853]

De la vaccination préventive dans les hôpitaux / [signé : É. Hervieux, 6 octobre 1853]

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8 pages

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impr. de F. Malteste et Cie (Paris). 1853. 8 p. ; in-8.
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Ajouté le 01 janvier 1853
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Langue Français
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Publications de l'Union médicale, Année 1853.
DE LA
VACCINATION PRÉVENTIVE
^fT-^DANS LES HOPITAUX.
La question de l'influence nosocomiale, considérée dans ses
rapports avec le jeune âge, est une des questions les plus
graves et les plus ardues qui puissent préoccuper les hommes
livrés à l'étude des maladies de l'enfance. C'est en vain qu'on
a tenté, depuis un certain nombre d'années, d'introduire dans
les hôpitaux destinés aux enfans toutes les modifications sus-
ceptibles de diminuer la mortalité qui décime la population de
ces établissemens; c'est en vain qu'on a cherché, dans l'appli-
cation des préceptes hygiéniques réputés les plus sages, une
sauvegarde contre les désastreux effets de ce qu'on a appelé
la morbidité collective ; c'est en vain qu'on a demandé aux sys-
tèmes de ventilation les mieux combinés, à la propreté la plus
irréprochable, à la qualité et à l'abondance des alimens, voire
même à la gymnastique, un refuge pour ainsi dire contre les
fléaux divers, qui, dans les hôpitaux, planent sur le berceau
de chaque petit malade; cette même imminence générale mor-
bide semble défier tous les efforts ; et si peu grave que soit
l'affection pour laquelle un enfant est admis dans les salles,
nul ne saurait affirmer que là où il entrait pour un érythème,
un impétigo, un coryza, il ne prendra pas quelque fièvre grave.
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J'ai cherché, après beaucoup d'aulres, à dégager quelques-
unes des inconnues de ce problème, et je viens soumettre, à
mes confrères, une idée qui a dû se présenter à l'esprit d'un
grand nombre d'entre eux, mais qui, n'ayant point reçu jus-
qu'à présent son application d'une manière suivie, mérite, dans
tous les cas, d'être signalée, et, s'il est possible, d'être prise
en considération sérieuse. Voici, en quelques mots, le fait qui
me l'a inspirée :
Un jeune enfant de 12 ans, atteint d'un phlegmon diffus de
la jambe, est admis dans un des grands hôpitaux de Paris; son
état est tellement désespéré que le chirurgien, jugeant la ter-
minaison fatale inévitable, hésite un instant à mettre en usage
la ressource suprême de l'amputation. Une circonstance dia-
gnostique, dont nous n'avons pas à nous occuper ici, fait
renaître tout à coup quelque espoir ; l'opération est décidée et
exécutée sur le champ. Au bout de deux mois, le moignon du
jeune enfant était complètement cicatrisé ; les forces s'étaient
relevées, l'appétit, la gaieté, l'embonpoint avaient reparu. Quel-
ques jours encore, et l'enfant sortait, complètement guéri, de
l'hôpital, lorsqu'une variole confluente se déclare et emporte
notre jeune malade... Il n'avait pas été vacciné!
Mais, dira-t-on, c'est là une observation vulgaire, et il n'est
pas d'hôpital qui n'enregistre, chaque année, nombre défaits
semblables. Rien n'est plus vrai. Or, c'est précisément le nom-
bre de ces faits qui émeut, c'est l'espérance d'atténuer un mal
que je ne crois pas irrémédiable, qui m'incite à proposer un
moyen que je viens soumettre à l'appréciation des hommes
éclairés.
Le petit malade dont je viens de parler, arraché par les
secours de l'art chirurgical à une mort certaine, a succombé
d'une façon tout à fait imprévue à une influence nosocomiale,
mais ce n'est là qu'un exemple entre mille. Combien déjeunes
sujets admis dans les salles de médecine ou de chirurgie, et
mis en état de quitter l'hôpital, guéris de leur maladie pre-
mière, ont péri cependant victimes de cette redoutable
influence, qui par la variole, qui par la scarlatine, qui par la
fièvre typhoïde, qui par l'angine couenneuse, etc., etc.