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Département de la Haute-Garonne. Asile public d'aliénés construit à Braqueville, près Toulouse, par M. J. Esquié,...

De
8 pages
impr. de A. Chauvin et fils (Toulouse). 1872. In-fol., 8 p..
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DÉPARTEMENT DK LA HAUTE-GARONNE
ASILE mm rails
CONSTRUIT A BRAQUEVILLE, PRÈS TOULOUSE (,)
Par M. -J. ESQUIÉ
ARCHITECTE .DJJ DÉPARTEMENTÇBTJDES ÉDIFICES DIOCÉSAINS, INSPECTEUR DES TRAVAUX DES MONUMENTS HISTORIQUES.
(Extrait de ls> REVUE GÉSIÉRALIi DE L'ARCBITECÏL'ItE ET DES TRAVAUX PSJBÏ.SCS , vol. XXIH, )
En enlevant à l'homme l'exercice de la raison et
de la volonté^ c'est-à-dire la liberté morale, la
folie le rend irresponsable de ses actes en même
temps qu'elle le met hors d'état de se diriger et de
vivre par le travail. Au malheur de sa dégradation,
elle ajoute le malheur de devenir un être inutile
et souvent dangereux.
De là naît pour la société un double devoir :
protéger d'abord et secourir l'aliéné ; puis se proté-
ger elle-même en mettant l'aliéné dans l'impossibi-
lité de nuire.
Les Asiles réalisent ce double but.
La nécessité de les multiplier en les adaptant à
tous les progrès réalisés par la science peut être
facilement démontrée.
Si l'on compare, d'après la Statistique de la
France publiée en 1857, le chiffre de la popula-
tion en 1836, 1841, 1846 et 1851, au nombre des
aliénés qui étaient, aux mêmes époques, en traite-
ment dans les Asiles publics ou privés, on voit
qu'il y avait
En 1836 1 aliéné sur 3,024 habitants;
En 1841 1 — 8,465 —
En 1846 1 — 1,965 —
En 1851 1 — 1,676 —
De ce tableau il ressort que le nombre des alié-
nés renfermés dans les Asiles a augmenté d'une
manière considérable, puisque le rapport entre les
deux séries de nombres comparées s'est progressi-
vement élevé, en 15 ans, de 1 sur 3,024 à 1 sur
1,676. Pendant que l'accroissement de la popula-
tion de 1836 à 1851 a été de 6.68 pour 100, celui
du nombre des aliénés a augmenté dans une pro-
portion à peu près 14 fois plus grande. Encore
doit-on admettre que tous les aliénés ne sont pas
traités dans les Asiles et par suite que les calculs
ci-dessus sont au-dessous de la réalité.
En rapprochant maintenant le nombre des cas
traités de celui des guérisons constatées, on trouve
une proportion de 8.40 guéris sur 100 malades,
soit un douzième environ. Quant aux décès, le
rapport est de 13.75 pour 100 ou 1 sur 7.27, tan-
dis qu'on a compté, pour la même période (de 1842
à 1853), dans la population totale de la France,
1 décès seulement sur 41 habitants. La mortalité
relative des aliénés a donc été 6 fois plus considé-
rable que celle de la population.
Ces résultats vraiment affligeants, connus du
reste avant d'être officiellement constatés, avaient
frappé tous les esprits sérieux, lorsque fut édictée
la loi du 30 juin 1838, par laquelle chaque dépar-
tement fut tenu « d'avoir un établissement public
(1) Les plans de cet Etablissement, admis à l'Exposition universelle de 1867, ont valu à leur auteur un 2° prix. Ils ont été placés
au même rang que ceux de l'Asile clinique d'aliénés construit à Paris de 1863 à 1867, qui ont également fait accorder à la même
Exposition un 2e prix à leur auteur, M. Questel, l'un des architectes les plus recommandables de la capitale.
L'Asile clinique d'aliénés à Paris a coûté cinq millions. Il reçoit le même nombre de malades que l'Asile de Toulouse.
» spécialement destiné à recevoir et soigner les
» aliénés ou de traiter à cet effet avec un établisse-
» ment public ou privé, soit du département, soit
» d'un autre département. » Par une disposition
spéciale de cette loi, ces établissements ont été
placés sous la direction et la surveillance de l'auto-
rité, et dans les départements ce sont les préfets qui
ordonnent d'office l'envoi dans un asile d'aliénés
de tout individu interdit ou non interdit que son
état mental peut rendre dangereux pour l'ordre
public ou pour la sécurité des personnes. Mais cette
loi n'a pas seulement un but de prévoyance sociale,
elle est encore une loi de bienfaisance ; aussi, en-
trant dans la voie charitable et hospitalière, elle
dispose que tous les aliénés en général, c'est-à-dire
même les inoffensifs, pourront également jouir
des bienfaits de l'Asile dans les formes, dans les
circonstances et aux conditions réglées par les
Conseils généraux, sur la proposition des préfets,
et approuvées par le Ministre.
Le département de la Haute-Garonne, au sein
duquel les idées généreuses trouvent toujours un
écho, n'avait pas attendu cet appel fait au nom de
la loi et de l'humanité pour se préoccuper des
moyens à prendre afin de ménager aux aliénés un
local convenable. Lié par ses souvenirs — car
Esquirol est né à Toulouse — il se trouvait en
quelque sorte engagé plus spécialement à réaliser
la pensée et les projets du maître illustre dont les
conceptions et les savantes études ont imprimé au
type de nos Asiles un caractère thérapeutique qui
forme la base du système français. C'est ainsi que
dès 1836 le Conseil général avait reconnu la déplo-
rable situation de l'ancien Asile dit de la Grave,
où les malades étaient réunis sans classement,
dans des salles et des préaux trop étroits, man-
quant d'air et d'espace, et que, dans sa loyale
initiative, il avait recherché les moyens de venir
au secours de la plus affligeante des infirmités hu-
maines. Des préoccupations de diverses natures
firent toutefois ajourner la solution de cette ques-
tion jusqu'à la session de 1851, où le Conseil gé-
néral , à la suite d'un rapport très-remarquable fait
par un de ses membres, M. Martin, résolut à
l'unanimité, dans sa séance du 29 août, la fonda-
tion d'un nouvel Asile et vota les fonds nécessai-
res pour la construction de cet établissement en .
décidant qu'il serait, autant, que possible, à la
hauteur de tous les progrès réalisés par la science
et digne ainsi de la grande ville aux portes de
laquelle il allait être édifié.
Pour obtenir ce résultat, un programme conçu
et développé avec une intelligence parfaite de la
matière fut rédigé par deux aliénistes distingués,
MM. Délaye, médecin, et Marchant, médecin-ad-
joint de l'Asile de la Grave, aujourd'hui médecin-
directeur du nouvel établissement. C'est d'après
ce programme que j'ai dressé les plans de l'Asile
construit à Braqueville, à une distance de 2 kilo-
mètres 1/2 environ des barrières de Toulouse,
plans que j'ai modifiés et complétés tant en met-
tant à profit les perfectionnements introduits dans
les établissements les plus remarquables de ce
genre que j'ai visités en France, en Allemagne et
en Belgique, qu'en me conformant aux bons avis
et aux conseils éclairés d'un de nos plus émi-
nents aliénistes, M. l'inspecteur général Parchappe,
qui a résumé dans un ouvrage ex professo les prin-
cipes à suivre dans la fondation des asiles d'aliénés.
L'Asile de Braqueville, entièrement construit au-
jourd'hui, peut recevoir 500 aliénés des deux
sexes. Il se rattache par l'ordonnance générale au
système d'Esquirol, qui consiste à classer les mala-
des dans les quartiers distincts appropriés aux
besoins et aux convenances du traitement médical,
suivant la nature, la forme et les degrés de la
maladie. Il peut se diviser en deux parties (voy.
PI. 24-25) : — La première, composée des bâti-
ments ou quartiers destinés à l'habitation des
aliénés des deux sexes. — La deuxième, compre-
nant les constructions affectées au logement de
l'Administration et aux services généraux. Ces
derniers bâtiments, qui servent en quelque sorte
de complément aux deux grandes sections de
l'Asile proprement dit, avaient leur place indiquée
naturellement au centre et à l'entrée de l'établisse-
ment , position offrant d'ailleurs l'avantage de cen-
traliser tous les ■ services généraux de manière à
les mettre à la fois à la plus courte distance possi-
ble des divers points de l'Asile et à rendre effec-
tive la séparation entre les aliénés des deux sexes.
DES BATIMENTS ET DÉPENDANCES DE L'ASILE PROPRE-
MENT DIT.
Quartiers. — Les quartiers destinés aux hommes
et aux femmes sont placés à droite et à gauche
des bâtiments de l'Administration : ils forment, ainsi
deux grandes divisions égales et symétriques, une
pour chaque sexe.
Chaque grande division (PL 24-25) se compose
de six pavillons ayant leurs faces principales tour-