Des fugitifs français et des émigrés ([Reprod.]) / par Roederer

Des fugitifs français et des émigrés ([Reprod.]) / par Roederer

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[Impr. du Journal de Paris] (Paris). 1795. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le 01 janvier 1795
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Langue Français
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DE
̃*t
DEfS FUGITIFS
'iL y, a environ qu'invoquant
l'intérêt des finances (^elque chofe
à la juflice & pourvu-
ver celui de,la nation-, nous, imprimâmes ces
paroles «Tant qu'^ y aura fuf
^îes
pofer la papier ^quoi-
qu'on fane pour l'y r'attacher." Tout ce que la
juflice réclamera de la nation, ne fera jamais
regardé comme appartenant à la nation. Vous
auriez beau répéter, ceci eft mon bien, 6
^c'étoit le bien^d'un autre, votre' flellionnat n'^é-
quivaudroit, auxyeux de perfonne,à un titre de
propriété ».
Nous n'avons pas eu le bonheur d'être écou-
tes, quoique nous ayons été bien entendus,
K ̃
• (i) Voyez le Jouwl de Paru |u $ floréal^ j
(*V
et afïez bien pour qu'un fauveur public d'alors
ne nous ait dénoncudon ? U
tribune, que ious la réferve de nous y 'aire
jd^s injures, après nous avoir préalablement ai-
Tomme de les ,allons' dans une audience parti-
âilière.. V ,̃ r-
L'événement a jufu'fié de nouveau ce que l'hif
toire & le bon fens nous avouent fait prévoir.
De. uis quatre mois les aifignats déclinent d'une
manière non plus effrayante mais
^t défàllrtun j 1i n'yapa»
feule contribué il ell (ciair au moins que son
étendue. apparente n^yi mis-^ancun obllacle.
Al:ès ^avoir inûtiLenient plaidé la caufe
des aflîgnats jour eux & pour la juflice ef-
jiklice & pour elle & pour les afllgnatsr
{Les réflexions de Marchêna fur la Fugitifs t
Vpe lettre de Gonflant inférée dans le Ripu-
Français,, ont déjà. répandu? de l'intérêt
et de^ la lumière fur ce fu)et. Les
& les efprits éclairés fe contenteront prerque
tous de ces écrits il
plus aux écrits icrupuleux. Voici quelque» pages'
pour ceux-ci.
Je tâcherai qg^ prouver qu'il en, jufte, avan-ê
tageux1 à la Rérniblique «qu'il eft même urgent
de permettre la rentrée des. Français qui ont
quitté la France depuis le '2 Septembre
& de ceux qui font quittée fbit avant, foit de-
puis cette époqiï'e pour fe fouftraiïe à une ac-
• cuf»tion, pourvu toutes fois (Ju'àuCùn-tfetdl tftàt'-
contre fon pays.
D'abord la fuite de tous a été légitimé.
(i)
A J
Toujours un accufé cbutumaçe a eu Ialiberté de
entrer dans fon pays. "Toujours en fe préfehtaht
au tribunal, il a tait tomber les procédures,
les juge mens les ccmdamnations foïînalifcejs
reniues, exécutées cohtre lui.
tien dans le code? d'émigration rien dans
1 iC'h mêmes de la tyran aie ^c c'eft une
lien focUî êc ,a«*
la prr cnî toujours rélervé au con-
ti/jrjucs. Ccî; /cl parmi mous
évêclue d'Àutun)
îi\a ."ioiùent pa^ ce II qu'ils ne peuvent croire
que la une grande inju/lice,
tant e:le en a commis d'autres, '-j& qu'en effet
c'cil uniquement parce qu'elle en commettoit
ailez d^iutres qu7ellé a négligé celle- la.,
Les autres fugitifs doivent être ûiiungves en trois
claffes ceux qui ont quitté la France depuis Je
"ÎO du mois d'août, iufqu'au odobre 17P2;
ceux qui l'ont quittée dans l'intervalle du £0
oâobre au 31 mai; ceux enfin q^i l'ont quittée
thermidor. On ne peut fuj)-
pofér qu'il y Bait eu des fugitifs depuis cette
époque, ou du moins depuis la fuppreflîon "^es
jacobins & dei comités du 9 thermiefor., À compter
de ce moment, les coeurs vraiment françai» ont
dû être ouverts à l^fpérance &lî 4a crainte y
a pénétré ,.ce n'a pu être. que pendant des mô-
mens trop courts pour juftiliei ,de la o-~
patrie. • • ̃ • 'v
fait ,de. feptembjc
(O
• ̃». ̃
wn argument fort par lui-même & fortement
préfenté. ̃ V,
Ou l'autorité publique, dit-il". âVoit aflez
de forces pour punri.* les aiiattinats de cette jour-
liée défaftreùfe, ScSàlc jie l'a
le dernier cas on s'eft foufirait aux crimes cta
la plus violente anarenie. UiitÉtat ne j. eut con-
'damn-r au bannitfement perpétuel des citoyens
qui n'ont qukté leur pays qtfô parce que la ga-
rantie fociale'*n'c' îoit pas mettre
à couvertlde
Les Fugitifs qui datant du $i mai fui'vant,^
font fuiï-famment juihfîés fans coûte par la
longue fuite des crimes que le gouvernements
commis, à compter de cette époque.
A l'égard de ceux qui font partis dans ce court
elpacé de temps, où la convention & le gpu- f
factions fangui-
paires ils fe juftifîerorft par laluue même quiralors
entre ce qu'on appeloitfi
juftement, les homtfiés" de proie & ce que lei
hommes de proie, par la plus hifigne ca'omnie,
appeloient les hommes d'État; lutte dans laquelle,
l'avantage devoit car il .ne toit
combattu que par des hommes fans iumicres et
fans fagrfle fans fuite & fans accord par des
hommes dont la plupart avoient long-temps fr rvi*,
fortifié le :̃ parti ennemi, pa^lc fon affreux langage,
& éloigne d'eux pour jamais les citoyens probes
V fie } aif')tes en s'attachant à les rendre odieux
& riuicuies & en ne leur donnant jamais que.
comme un/ ibbriquet méprifàble ? le titre l'acre
|
A quoi donc réduit l'action dont la tyran-
hic a fait un etUire à avoir fouflrait
leur tête à la"1 tyrannie; V
aujourd'hui? La voix publique, os aecrets même
Vous avez voté des récompenses aux perfon-
nes généreufes qui ont fauve des profcrits les
Réfugiés ont fait cette bonne aftion en le Sauvant
̃ etix-mcnies..
La jjerfohne généreufe qui au péril de fa vie,
a fauve .un prolcrit n'a coïifervé à l'Ëtàt qu'un
citoyen; le proferit qui s'eft dérobé à ramitié
gënérèuie en a jauvé deux.
Accepter l'hofj. italité ? quand l'hof^italité étoic
un crime capital, était une foiblefle une ingra-
titude*, peut-être ufrcàme. De quoi donc pu-
niriez-vous un réfugfëï d'avoir voulu conferyer
vie d'un ami) la fienne & fa vertu.
Légiflateurs plufie^rs d'entre vous, pendant
leur profcripti&n ont été chercher un asyle en
Siuile.. Vous ayez du le faire. Vous avez dû
amis. Mais vous de-
déclarer ^publier répéter,
làire entendre à vos1 collègues, que vous ['avez
fait vous le devez, peur retirer de l'exil et de
'la mifère des prôfcrics comme vous qui vous*
Ne foyez pas en retat^ de remplir un devoir fi
facré. On vous aceuferôlt et être ingrats envers el
bonheur qui vous rit au)ourd'hui,& indociles en-
vers l'infortune qui vous A dorme fes leçons»
(S)
Nous avons excepté de la liberté de rentrer,
Y li's fugitifs .qui auroient pris les armes contre la
t France il ne fuffit pas que leur fuite
ait été légitime pour que leur rentrée Toit ré-
clamée par li il faut encore que, pen-
fùxnt leur abfencc ils niaient point cté criminels
v envers lçurs jpatrie. S'ils ont fpoitc les armes-
contre la Frimce', ils "doivent lui relier éternel-
Lement étrangers. En vain, dirôient-ils i, pour
jdïUîïér une conduite hoîule depuis le ^i mai,
quils. ont voulu t combattre là: tyrannie & nonx
̃ ty nation fràiîçailev0n leur répon droit la ty-
îannie étoitfau centre." &dans quelques liommes^
i-a' i\cj>ublique étoit aux fïonticres & dans les
<iiinces. que vous combattiez,
t^c non pas le gouvernement
que vous .vouliez rcpàndie avant de'
qu il n'y a aucun danger- aùi
rappel des Réfugies. SPla plupart d'entre «ux
du I© août,
c'eil comme amis de l'ordre plutôt que de la
royauté c\.il par fidélité u un ferment librement-
.j%tté A non par afferviuenv nt à un. monarque
corrupteur. » Si k-s amis de l' ordre, d tMarçliéna,
ic (ont oppofês. zxi
îioii de 17^11$ c"cfl qu'ils preyoy oient celle de
i:jg$Jk le -gouvernement révolutionnaire^. Eta-
Ëh ceux la en
s de 9 1 » q«ii ont
i lus éprouvé fa foiblefl^, &̃<
îui" qui elle jfffoits.
.'̃"̃•• •'̃̃' ̃̃
A S
i ^rour la défendre ? Et
pourroient vouloir encore
l' chéna,de trouver un roi
République eft iiitéroffée an rappel
Ils -feront des auxiliaires, le, ̃ gouv.erriement
oppofera avec aux arùfinj» dc; troubles,^
'qui n'ont coopéré jl Bi par haine N
pour toute efpèce 'de: & n'ont
rênvëïfé le trône que pour arrivera l'anarcliiei
« Il eft tenips dit Fauteur
remplacer les hommes^qui yu^ans 1^
République -qu'une révolution qui nous ont
abandonné quand nous avons ceffe de'
tionner par ceux qui, da as la royauté de* 791,
n'ont vu qu'une conMiution; 'Lies premiers, ne
feroient dorénavant que des infirumens dedoni-
'mage; les'autres peuvent devenir encore 4e*
pkrr.es- angulaires cie l'cditlce républicain»."
lies "réfugiés De ïeroient pas moins utiles a
la République contre les royalifles-ariftocrates
que contré les parùfans de la ,terreur. Ces pre-
miers font maintenant attaciié's y par leur -intérêt j
à la République/ ̃
La révolution eft fixée jm régime républicain
dans ce régime Aiiil fe trouver la
"liberté. La royauté conuitutiojînelle, qui étoittrop
ioibte jJoi'.r le fôutenir ne petit- jamais ctre afiez!
tyraiajaique pour fe ia ire aimer ,& pas pour
5 & faire eraindïé.? u$ti i'e fô^'iefidroit pas elle-
%eme. pu.fait' feul -qde. ces royautés/ ont été
réformées ou abolies, s font plus difficiles à
maintenir quelles ne Fétoierïtà précédemment Lui
il créée que pour ^elle qui prend, pour ainfî
dire, poumon dey citoyens, à mefure qu'ils
entrent a la vie qui ,rès
plufieurs cuangémèns de cohftitutio:: eil rappelé
la les anciennes paro1t y retourner
avec ardeur, eft enfuite loiiicitc par l'habitude
du chai^ement, a ia vojpnté de changer encore.
D'ailleurs [ lufreuri grandes cirçpnltances vont
peler
4ê leurs poids. Pour que la royauté pût ip "réta-
blir parmi nous, il qui ofeioit
l'cxerce^r :le premier fût un général audacieux,
accrédité habile, sut faire de/la France en-
ticre un camp de Paris un
Sans le gouvernement militaire le plus abiiylu,
il feroit împofllble .que' l'État fût de^lông-temp?
gouverné j-ar vn feul homme. f
Soit iiilUndQu raifonnement^ les patriotes de
le.i coaititu^iotinels de^pi font arrêtés, à ces
vcriî''s ils fentenj; plus à
• choiCr qu'entre la tyrannie o/ia république. Amis
de la liberté en confuitaiit leurs inclinations,
ils ont*dû préférer le feul gouvernement aitueU.
lement leur offre cet avantage.
Révolutionnaires, & "à ce titre coupables envers
tous les luppôts de la royauté ,'ils ont dû éfpérer
plus d|, fureté du côté de la république qu'il»
ont préparée que de la royauce qu'ils ont dé-
truite. D'un autre côte, opprimés dépouillés
égorgés pendant deux ans pat les révolutionnaire!