//img.uscri.be/pth/ffbc53c88c0420f4211254f84af83df1aa3d69a8
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Dieu existe-t-il ? : poème / par Élie Alavaill

De
22 pages
Levaillant (Paris). 1871. 23 p. ; in-8.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

DIEU
EXISTE-T-IL?
P 0 È M E
PA,R ÉLIE ALAVAILL
FRAGMENTS
Bientôt suivis d'autres fragments de Poèmes intitulés :
■C'est la Femme qui croit, la Liberté est incompatible arec la croyance
cil Dieu, l'Avenir dans la République,
t Et d'un ouvrage en prose ayant pour titre :
VATHÉE.
PAE.IS
EN VENTE CHEZ TOUS LES LIBRAIRES
ET CHEZ LEVA1LLANT, KDITEUII -
3 , nUIÎ PAPILLON, 'J '
1871
DIEU
EXISTE-T-IL?
BIENTOT SUIVI D'AUTRES FRAGMENTS DE FOEMEB
INTITULÉS :
C'EST LA FEMME QUI CROIT,
LA LIBEETÉ EST INCOMPATIBLE AVEC LA CROYANCE
EN DIEU,
L'AVENIR DANS LA RÉPUBLIQUE,
ET D'UN OTTVBAGE EN PEOSE AYANT POTTB TUBE :
L'ATHÉE.
DIEU
EXISTE-T-IL?
S'il est un Dieu sur nous, suprême dans sa loi,
Il ne nous donna pas une libre pensée
Pour que nous croyions vrai ce que notre raison
Nous fait connaître faux, ou, sinon, insensée,
La puissance divine est une illusion.
Si Dieu vraiment existe, il voulut, au contraire,
En donnant la raison, qu'on pût la consulter,
Et que, par son secours, elle vînt satisfaire
Aux désirs de savoir, qu'il a fait exciter.
Ainsi, muse, tu peux, sans crainte d'être impie,
Célébrer la science et son autorité,
Car si Dieu t'en défend, il permet qu'on le nie
Pour n'être pas maudit dans sa divinité.
Mais avant de nier, mais avant de maudire
Cet être tout-puissant, suprême créateur,
Avant que nous sachions ce qu'il peut interdire,
Apprenons ce qu'il est : Est-il vraiment l'auteur
Dans l'immense univers de tout ce qui peut être,
Et gouverne-^t-il tout ? Fait-il donc seul mouvoir
Les mondes infinis que du néant fit naître
Sa seule volonté selon son grand pouvoir ?
Est-il vrai qu'il pourrait, par une fantaisie,
Gomme il fit tout de rien, encore anéantir
Tout ce qui dans l'espace est existence et vie ?
Ainsi dans le néant tout devrait s'engloutir;
Et la création contre cette puissance
Ne saurait présenter la moindre résistance ?
0 Muse, pour l'honneur de la création,
Avant de reconnaître un maître si terrible,
Enseigne-nous' d'abord si cet être est possible,
Car tu ne dois donner une affirmation
Qu'à ce que tu conçois en toute certitude.
Dis s'il peut exister, teï; qu'on l'a défmi,
Un Dieu, mâgicièhaùpouvoir infini,
Enchaînant l'Univers dans 1 cette servitude. •
Qui n'a pas admiré, par une belle nuit, : :
Le firmament sublime eh un ciel sans nuage?
On peut compter un monde en chaque astre qui luit
Ces feux de l'univers sont une faible image.
Il en est que nos yeux ne pourront jamais voir,
Perdus dans le lointain, et que l'Astronomie,
Dans sa haute science, a peine à concevoir.
On ne calcule pas leur distance infinie.
Le système solaire est dans l'immensité
— g —
Un seul point de l'espace où. se révèle l'être ;
Et l'on doit concevoir l'espace illimité.
L'être est donc en tout lieu. Faut-il encore admettre
Le néant par lequel un Dieu sut tout créer ?
Car pour avoir donné, par sa seule puissance,
A tout dans l'univers la vie et l'existence,
Ce Dieu.dans le néant a dû tout opérer.
Mais le néant est vain : la raison nous enseigne
Qu'il ne peut se trouver dans aucun élément;
Le vide même est l'être! En l'univers il règne
Et son éther remplit l'immense firmament.
Sans rien nier d'ailleurs, observons la matière :
Prenons un grain de blé ; nous pouvons le pétrir
Après l'avoir moulu, puis encor nous nourrir
Du pain qu'il produira ; mais, d'aucune manière,
Nous ne devons penser qu'il peut s'anéantir.
On le voit se détruire et prendre toute forme,
Se réduire en vapeur ; on pourrait consumer
Mais non annihiler l'élément qui le forme.
Quel est donc le motif qui fera présumer,
S'il ne devient néant, que de néant il vienne?
La raison se refuse à ce que l'on convienne
Qu'un atome eût jamais fin ni commencement.
— 9 —
Car la matière seule a produit la matière :
La terre était chaos avant que d'être terre !
Et chaque molécule en tout le firmament,
Bien que décomposable est certes immortelle :
La raison forcément la déclare éternelle.
Jamais donc l'univers n'eut de création.
Dieu n'a donc pas créé : c'est de toute évidence.
Il n'est pas de motif pour que jamais l'on pense
Qu'il ait eu sur les corps cette haute action.
Mais je veux le penser : j'entends que l'on admette
Qu'ayant pris dans ses mains la magique baguette,
Un jour, par son vouloir l'univers commença.
Il créa le soleil, les étoiles, ce globe,
Ce que l'immensité dans tout espace englobe,
Puis à tout diriger son pouvoir s'exerça.
Mais que faisait-il donc, dans sa vie éternelle,
Avant d'avoir créé? Fut-il si fainéant,
Lui, le maître absolu, que seul le vain néant
Représentât alors sa puissance immortelle?
Son repos a duré toute une éternité?