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Discours composé par le sieur Antoine Rogé, habitant la commune de Seysses (Haute-Garonne), ex-sergent au 22e de ligne, congédié au 1er de la même arme le 17 janvier 1838

De
16 pages
impr. de A. Froment fils (Toulouse). 1852. In-8° , 16 p..
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DISCOURS
COMPOSE PAR LE SIEUR !
Habitant la commune de Seysses ( Haute-Garonne),
Ex-Sergent au 22è de Ligne, congédié au 1er de la
même Arme, le 17 Janvier 1838.
Voici le beau commencement, pour notre honneur;
et celui de notre grand Président; je commence d'abord
par son salut .
ARTICLE PREMIER.
Peuple de France et de Paris, je m'en vais pro-
noncer au nom de tous ces paroles saluantes ; en saluant
sa grande majesté de France, nous saluons tous nos armes
et ces épées si luisantes et si brillantes qui rendront un
jour ces armes et ces epées redoutables? ce seront les
bras du peuple et de nos soldats français. Après que
nous aurons tous pleuré , gémi et répandu des larmes ,
nous aurons reconnu alors notre innocence et notre igno-
rance, et nous prierons en conséquence le Seigneur
notre Dieu qu'il nous donne la force dans nos armes afin
que nous puissions défendre et respecter tout ce que
nous possédons ; nous lui demanderons en outre, une
légion d'anges guerriers, afin qu'ils viennent nous ai-
der à défendre la croix et les étendards de la religion ;
alors nous serons surs et certains que tout sera défendu
et respecté, en observant toutefois, que nous conser-
verons parmi nous notre cher Louis-Napoléon Bonaparte
et sa parenté ; crions tous en conséquence, à haute
voix : Vive Louis-Napoléon Bonaparte, le rejeton de
de ce grand Napoléon Bonaparte, empereur des Fran-
çais ; crions tous à haute voix : Vive Louis-Napoléon
Bonaparte, le Neveu, le cousin de ce père et de ce fils
décédés, répétons tous à haute voix : Vive Louis-Napo-
léon Bonaparte et sa parenté ; ils sont tous les amis des
Français.
ART. 2.
Peuples et soldats! il y avait long-temps,que je dé-
sirais venir au milieu d'un peuple si nombreux ; il y
avait long-temps que je désirais dé venir au milieu d'un
peuple si honorable, dans l'intention de vous prendre
tous à témoins de l'honneur de tant de félicitations que
je veux faire au peuple et aux soldats Français et à
d'autres, dans l'intention de vous prendre aussi à té-
moins de l'honneur des quantités de nouvelles que je
veux vous apprendre à tous ; veuillez m'honorer de
votre attention ; celui qui vous parle n'a point reçu de
l'instruction , ni de l'éducation ; si par cas il venait à hé-
siter, à balbutier ou se tromper, veuillez le pardonner,
il n'est en tout qu'un vieux soldat de la jeune armée, il
remplirait encore les fonctions d'un très-bon caporal ,
mais dans un cas urgent ou de défaite, il, remplirait en-
core mieux celles d'un grand général ; veuillez m'hono-
rer, je commence :
ART. 3.
Je félicite la France de l'honneur de tant de bras , je
félicite le Peuple Français de l'honneur de tant d'armes
et épées si brillantes et si luisantes; je félicite le
Peuple de la nouvelle France et les amis de la liberté
des grandes nations de l'honneur de tant de munitions
de guerre et la liberté chérie de la France, je me félicite
moi-même de l'honneur de vous parler.
ART. 4.
Tout le monde s'occupe du présent, tout le monde
s'occupe de l'avenir, et moi je veux m'occuper tout au
contraire du passé : je veux m'occuper d'abord à re-
mercier les premiers administrateurs de notre nouvelle
révolution. Braves et honorables administrateurs, je
vous remercie, au nom de tous les Français, de nous
avoir conservé d'abord nos biens, de nous avoir conser-
vé nos droits, dé nous avoir conservé nos emplois,
de nous avoir, conservé notre liberté, de nous avoir
conservé notre religion , indépendamment de tout cet
état de choses, vous nous avez, conservé en outre nos
bras , nos armes et notre munition de guerre.
ART. 5.
Si tout au contraire, mes amis, nous eussions eu à
faire avec dès esprits méchants, avec des esprits vin-
dicatifs et des esprits sanguinaires, il ne leur aurait
pas été difficile à eux de nous faire entretuer les uns
les autres; nous aurions, en conséquence, perdu, brisé
et cassé nos armes ; on nous aurait fait faire de fausses
distributions, on aurait volé, pillé, brûlé et répandu
mal à propos, notre munition de guerre, nous voilà sen-
- ses dépourvus de tout.
ART. 6.
Qu'en aurait-il résulté au bout d'une perte si gé-
néralé ? Il en aurait résulté que les enfants de nos
combattants de 1815 , à Fleurus , à Waterloo, à Mont-
Saint-Jean, n'auraient pas manqué de venir à leur tour
nous pousser une visite, ils seraient venus glaner, et
grapiller les débris de nos désastres et nous auraient ,
en conséquence, apporté à tous, la double chaîne de
l'esclavage et nous appartiendrions, jusqu'à ce jour,
à des nations:, étrangères, et nous appartiendrions ac-
tuellement aux nations de nos Cruels ennemis ; qu'au-
rions-nous trouvé encore au' bout d'événements si dé-
plorables ? Nous aurions trouvé ces trois mots que le
grand Napoléon répétait souvent : Honneur , Patrie
et Prospérité.
ART. 7.
Eh bien ! mes amis, nous aurions été alors honoré
de jour et honorés de nuit, et jusqu'au moment de des-
cendre dans la tombe, la patrie aurait consisté en ceci:
Lorsque nos ennemis nous auraient eu tout dévoré , même
jusqu'à nos emplois, oh ! alors, nous aurions pu nous
hâter de dire tous aujourd'hui : Nous sommes dans une
nouvelle patrie, il est certain; nous sommes dans une
nouvelle patrie, puisque ce sont nos ennemis qui nous
l'ont acquise, et nous nous sommes leurs esclaves.
ART. 8.
Mais en attendant consolez-vous, je vous annonce la
paix , vous annonce la gloire, je vous annonce la vic-
toire. Dieu va nous parler dans l'intervalle du temps que
nos administrateurs se réunirent avec nos nouveaux dépu-
tés ; nous eûmes, sans doute, dans notre patrie, quel-
ques personnes pieuses, réellement pieuses, qui se ca-
chèrent dans les lieux les plus obscurs de leurs foyers,
ou dans les saintes églises, pour y prier le Tout-Puis-
sant afin qu'il nous donne là paix et un Président pour
là maintenir. Dieu qui , de toute éternité, a aimé les
armes , il nous a donné les armes et il a donné la force
de les perfectionner ; mais il nous oblige aussi de nous
en servir, il nous dit même , dans ses imaginations, se-
crètes : Peuple et soldats, soyez dévoués à la guerre et
soyez surtout courageux au combat, vous serez assez
pieux sur la terre; allez, peuple et soldats, allez dé-
fendre vos biens, allez défendre vos droits, allez défen-
dre vos emplois, allez défendre la nation et l'anarchie,
allez défendre votre liberté , allez défendre vos femmes
et vos enfants; allez, répète le Seigneur, allez défendre .
vos vieillards et notamment vos pères, vos oncles et vos
amis; allez les imiter, comme du temps qu'ils vous défen-
daient à vous même lorsqu'ils étaient au pouvoir de ce
grand conquérant; allez défendre votre religion , car. lès
ennemis lointains ne cherchent qu'à nous tendre des piè-
ges pour venir vous dévorer un jour à tous ; des ennemis,
vous, en êtes entourés, vous vous en nourrissez même
quantité dans votre sein, mais à ceux-là pardonnez-
leur , car ils ne savent ce qu'ils font ; allez , je vous or-
donne de quitter les saints autels de l'église, même au
moment de l'action la plus sacrée; allez prendre vive-
ment les armes et défendez-vous si l'on vient vous
attaquer à l'improviste et je vous en serai à tous provi-
dent..; Dieu ayant aimé ainsi les armes, il ne tarda pas à
exaucer les prières de ces gens pieux, il nous donna
aussitôt la paix et un Président pour la maintenir.
ART. 9.
Quel est donc celui que Dieu nous a donné pour
Président? C'est celui que le peuple et les soldats français
désiraient long-temps d'avance; celui que le peuple de la
nouvelle France et les amis des Français des grandes na-
tions désiraient aussi ; tous ces derniers, dans l'espoir de
retrouver un jour leur liberté. Qui est donc celui-là ?
Comment le nommez-vous? C'est Louis-Napoléon Bona-
parte, c'est le rejeton de ce grand Napoléon Bonaparte ,
empereur des Français, le roi d'Italie, le protecteur
de la Confédération-Germanique, médiateur de la Suisse,
etc .... Le rejeton de ce grand vainqueur d'Areole ,
d'Austerlitz et d'Eylau, le rejeton de celui que l'on vit
du temps jadis parcourir l'Europe entière à la tête de
son armée, son front découvert et son arme en main ;
le rejeton de celui que l'on conduisit à l'île de Sainte-
Hélène pour y passer le reste de. ses jours comme esclave
et y mourir comme martyr. Nous l'ayons le désiré de
la France! L'aimez-vous ? Le chérissez-vous? Le servi-
rez-vous? Le publie crierait : Vive! Et-moi je réponds:
Il ne s'agit pas de tant crier, nous l'aimons, nous le
chérissons, nous le servirons; il faut, pour prouver à
l'Europe, entière que nous l'aimons, que nous le chéris-
sons, il faut lui faire un présent.
ART. 10.
Il faut lui donner d'abord nos bras, il faut lui donner
nos armes, il faut lui donner notre munition de guerre
et le titre et ample pouvoir de faire manoeuvrer sur la
terre et sur l'onde. Oh! dès le moment que notre souve-
rain verrait un présent de cette nature fait par son Peu-
ple, il dirait, voilà un peuple qui m'aime, voilà un
peuple qui me chérit, voilà un peuple qui interprète
les affaires comme je les avais interpréter d'avance, il
faut pourtant que je me lève et que je parle à un peuple
si généreux et si courageux.
ART. 11.
Le président.
Français, mon peuple, je vous remercie de ce beau
cadeau que vous, m'avez fait; je reconnais ,en ce saint
jour votre générosité et votre courage ; vous m'avez don-
né tout ce que vous avez de plus précieux, mais
ce qui me rend timide et confus à vos yeux , c'est que
je ne peux pas vous rendre la réciproque en compen-
sation de ce beau présent que vous m'avez fait, mais le
peu que j'ai, peuple et soldats, est aussi à vous tous comme
à moi. Voilà d'abord mon bras, voilà mon épée; Peu-
ple et soldats, voilà mon épée et j'espère que Cette épée
sera considérée à vos yeux ainsi qu'aux miens comme le.
premier étendard de la nation. Accourons-y-tous, peu-
ples et soldats, soyons dévoués à la guerre et soyons
surtout courageux au combat! Marchons, marchons,
s'il le faut, contre nos ennemis, marchons!
Dès le moment que nous aurions vu notre, nouveau
Souverain nous répondre si honnêtement, si poliment et
si hardiment, nous nous serions aussitôt disposés à lui
faire un second présent.
Celui-ci serait presque aussi précieux que le prèmier
mais avec cette seule différence qu'il ne regarderait pas
toute sorte de monde, il ne regarderait en partie que les
vieux soldats de la jeune armée. Moi le premier, citoyens ,
j'invite tous mes camarades, et je dis : Allons, mes
vieux camarades, celui duquel on parlait si souvent est
arrivé et il est parmi nous ; allons prendre de suite un
nouvel engagement pour marcher rapidement sur les
frontières ; allons prendre un nouveau matricule et nous
ranger au rang de l'armée active; nous demanderons
même à former la première ligne pour marcher aux,
ennemis. Allons, mes amis, marchons, marchons sur
les frontières.
Etant sur les frontières , qui trouverions-nous? Nous
y trouverions d'abord nos enfants, les enfants de nos
parents, de nos amis et nous leur dirions: Mes enfants ,
nous venons à votre aide pour marcher aux ennemis
courage , nous allons être en première ligne et suivéz-
nous; nous et nos enfants ainsi réunis, tous bien habil-
lés, équipés et prêts à marcher, comment pourrait-on
nous qualifier ?
On pourrait nous qualifier de lions à la guerre et de
frèlons au combat; aussitôt le commandement de Mars
se ferait entendre et nous irions, en conservant la posi-
tion primitive du front de bataille, droit à Mayence y
placer nos étendards,
Oh! ville de Mayence et peuple qui t'environne de-'
puis l'année 1843, après avoir aussi tant combattu pour
la gloire de nos armes, après les chants affreux de la
Russie, vous eûtes la faiblesse de succomber et de vous