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Discours, monarchie et république / par M. Ch. de Vaux

De
10 pages
impr. de Morris père et fils (Paris). 1871. In-8°, 9 p..
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COMITÉ RÉPUBLICAIN LIBÉRAL
DU
XI 0 ARRONDISSEMENT
PRÉSIDENCE DE M. BONDONNEAU
DISCOURS
MONARCHIE ET RÉPUBLIQUE
PAR M. CH. DE VAUX
PARIS
TYPOGRAPHIE MORRIS PÈRE ET FILS
•-,, G4, RUE AMELOT, 64
T87I
COMITÉ LIBÉRAL RÉPUBLICAIN
DU XIe ARRONDISSEMENT
Présidence de M. BONDONNEA.U
MESSIEURS,
On répète souvent en France que nous sommes un
peuple ingouvernable; que nous n'avons ni le respect de
la loi ni l'instinct de la liberté; que, prompts à nous dé-
faire de toute autorité régulière, nous cédons moins aux
inspirations de la justice qu'aux suggestions de l'orgueil,
et que notre amour du progrès n'est au fond que la soif
de l'inconstance. Et, en effet, nous disent les pessimistes,
depuis tantôt quatre-vingts ans, quel pouvoir n'avons-
nqus pas fondé, quel gouvernement n'avons-nous pas dé-
truit! Nous avons successivement usé onze constitutions,
aboli deux républiques, chassé tïois dynasties; et après
tant d'agitations périodiques, de convulsions sanglantes,
nous en sommes encore à hésiter entre le passé et l'ave-
nir, entre le rétablissement de l'ancien régime et les con-
quêtes de la Révolution. Singulière attitude pour un
peuple qui se croit volontiers le premier peuple du monde,
1
— 2 -
et qui tient, toujours, quoi qu'on dise, la tête de la civili-
sation.
Mais à quoi bon constater la faiblesse du malade si l'on
n'applique en même temps le remède? Et comment guérir
un mal dont on veut ignorer la cause, et dont on s'obstine
à méconnaître l'étendue? Une bonne fois, sachons mettre
le doigt sur la plaie, et, au lieu de répéter sans cesse que
nous sommes un peuple qui succombe, voyons comment
doit agir un peuple qui ne veut, pas succomber.
Tout part d'un principe et doit tendre à un but. La
science politique ne serait qu'une odieuse mystification si
elle n'était soumise à des règles fixes qui en rendent la
marche certaine et le but invariable. Vérifier le principe,
marquer le but et déterminer la forme, tel a été le but
constant de tous les publicistes, depuis Platon jusqu'à
Rousseau, depuis Aiïs'ote jusqu'à Montesquieu. Mais
comme les hommes ne sont pas seulement des êtres de
raison, comme la notion du droit et l'idée du juste sont
trop souvent obscurcies par la passion et les vices, il a
bien fallu reconnaître que la politique était à la fois une
science et un art, et qu'en définitive on ne pouvait ma-
nier les hommes comme on manie les chiffres. De là cette
opinion fort juste, et qui n'est guère aujourd'hui qu'une
vérité d'évidence, c'est que les institutions doivent pro-
céder d'un seul principe, lequel varie selon les nations
et les temps, c'est-à-dire suivant le climat et la race, les
idées et les moeurs.
Avant la Révolution, alors que les préceptes du droit