Discours pour l

Discours pour l'anniversaire de la fête du couronnement de l'empereur et de la bataille d'Austerlitz , prononcé dans la basilique métropolitaine de Paris, le 2 décembre 1810, par M. l'abbé Cottret,...

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22 pages

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impr. de Pillet (Paris). 1810. 23 p. ; in-8.
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Ajouté le 01 janvier 1810
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Langue Français
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DISCOURS
POUR L'ANNIVERSAIRE
«
DE LA FÊTE DU COURONNEMENT
DE L'EMPEREUR
ET DE LA BATAILLE D'AUSTERLITZ,
PRONONCÉ
Dans la Basilique métropolitaine de Paris, le 2 décembre 181 o,
PAR M. L'ABBÉ COTTRET,
Docteur et Professeur-Adjoint de la Faculté de Théologie de Paris,
de Nanc y
Chano~<B~e de Nancy.
PARIS,
DE L'IMPRIMERIE DE PILLET, RUE CHRISTINE, NG 5.
1810.
DISCOURS
J'OUR L'anniyers^IHÇ
DE LA FÊTE DU ÇOURONNEMENT
DE L'EMPEREUR
ET DE iA BATAILLE D'AUSTERLITZ.
Diceat intergenies ; Magnifiçdvit Dejpinus facçre cum eiî.
On dira parmi les Nations : Le Seiggeur a fait parmi
eux de grandes choses. Ps. 25, 2.
MONSEIGNEUR, (I)
DIEU accorde aux Nations qu'il soutient
de son bras puissant, ces triomphes et cette
gloire dont l'éclat est admiré par les autres
peuples, dont le souvenir est consacré par
des solennités saintes, par des monumens
durables. Le monde est rempli de la renom-
mée du peuple frairçais; tout retentit du
bruit des victoires, des succès merveilleux,
(1) S. Em. le car4inîd Maury qui çffiçi|it ppmtrficalem £ nt.
- (A) - -
de la puissance que l'Eternel a donnés à.
notre Monarque : je ne sais quel enchaîne-
ment d'événemens .extraordinaires force les
uns à l'admiration, les autres au silence, et
transmet de bouche en houGhe, parmi ceux
qui savent reconnoître le pouvoir de Dieu
dans les meryeilles je ses créatures, ces pa-
roles remarquables : (c Dieu a fait parmi eux
» de grandes choses. » -
Et quelles sont donc ces merveilles, Chré-
tiens qui m'entendez ? Est-il nécessaire de les
rappeler à - votre souvenir ? Est-il facile de
vous en retracer le tableau ? Mon récit pour-
roit-il ajouter à la gloire de tant de triom-
phes ? Mes éloges peuvent-ils atteindre à la
hauteur où la Providence a placé le Monar-
que, le Vainqueur que nous fetons aujour-
d'hui ? Car il est celui que la Religion a
consacré pour être Chef du peuple que Dieu
comble de gloire ; il est aussi celui que la vic-
toire a signalé comme étant le premier dans
les cpmbats, aussi bien que parmi les magiSc
trats et parmi les princes. Que dirois-je d'ail-
leurs qui n'ait point déjà été annoncé avec
succès dans cette enceinte auguste, au milieu
d'une assemblée accoutumée à entendre le
récit pompeux et solennel de ces événemens
qui occuperont les générations, parmi tant de
-. .-
guerriers qui ont exécuté ce que je ne pour-
rois que - dire, parmi - tant de personnages
( 5 )
constitués en dignités, auxquels il est donné
de voir et d'entendre le .Monarque dont je ne
puis que raconter les exploits ; en présence
sur-tout de ces illustres pontifes de l'Eglise,
de ces princes du sacerdoce, au milieu des-
quels nous voyons présider ce prélat illustre,
qui après avoir fourni dans le monde poli-
tique et littéraire une carrière aussi glorieuse,
se destine à donner sur l'un des premiers
sièges du monde chrétien, l'exemple de ces
vertus pastorales que réclamoit sa patrie, et
qui sont le plus noble délassement réservé à
celui qui en défendant le trône et l'autel,
s'étoit élevé jusqu'à l'héroïsme.
Déjà les plus beaux talens ont rivalisé1 en-
semble pour s'emparer de cette gloire, de
toute cette grandeur, POUT céléhrer nos viê;
toute cette gran d eur, pour célébrer nos vic-
toires et notre prospérité, en unissant au récit
de- ces événemens qu'on pourroit appeler
miraculeux, le nom du Monarque qui carac.
térise tout ce qui tient à l'époque présente. -
La Religion, cependant, peut nous offrir
des pompes et des pensées plus sublimés en-
core. C'est elle qui, au milieu de cet éclat qui
n'éblouit et n'étonne jamais plus, que lors-
qu'il s'élève, pour ainsi dire, jusqu'aux
cieux ; c'est elle qui nous montre l'Eternel,
premier principe de force, de gloire, de
bonheur, dispensant du haut de son trône
la puissance et les couronnes ; prodiguant le&
( 6 ) �
grandeurs de la terre à une riatio^^ui sait
les obtenir; portant la. renommée du peuple
français jusqu'aux extrémités du monde ;
ordonnant aux nations les plus éloignées -de
respecter, dJadmirer, de craindre celui qui
exécute tant de prodiges; ouvrait à nos re-
gards étonnés le livre des destina, et nçus
montrant, avec les souvenirs du passe, tous les
présages et tous les garans de l'avenir. Quelles
pensées, quelles réflexions ne fait pas naître
ce rapprochement d'un Dieu qui commande
à nos destinées, et des hommes qui exécutent
ses desseins; d'une Religion qui explique tout
ce qui nous étonne, et des institutions hu-
maines que nous observons, sans en appré-
cier le principe et le but ! C'est donc la Reli-
gion que je dois interroger dans un de ses
plus beaux temples, et à l'époque d'une de ses
plus brillantes solennités, afin qu'elle nous
enseigne à célébrer ce qui est grand et admi-
rable , et à connoître ce qui est digne de nos
méditations, de nos vœux et de nos hom-
mages. Commençons ce Discours.
Dieu a permis que cette gloire qui est la
compagne des grands exploits et des grands
talens, que cette pompe qui environne et les
succès et le pouvoir, fussent toujours asse*
( 7 )
sensibles, assez puissantes sur le cœur de
l'hommty pour qu'il ne fût jamais exposé à
les- oublier ou à les envisager avec indiffé,-f
rence;" tandis que les sublimes vérités que la
Religion consacre , s'affoiblissent et s'effacent
de nos ames. Que dis-je ? Souvent tout ce qui
est de Dieu, s'oublie en raison même de l'im-
pression faite par les choses de la terre, et
c'est en ce sens qu'un de nos plus grands ora-
teurs (i) n'a pas craint de dire que la prospérité
étoit une tentation perpétuelle contre la foi.
0 foiblesse 1 ô imperfection de l'homme !
■C'est lorsque la Divinité se montre sur-tout
par ses ouvrages, que .nous sommes portés à
oublier la Divinité ; c'est lorsque FEtre des
Eitres se réfléchit avec le plus d'éclat sur ceux
qu'il a choisis pour ses ministres et ses repré-
sentans sur la terre, que nous ne nous occu-
pons que de la ressemblance, sans songer au
type divin sur lequel se tracent et toutes les
grandeurs et toutes les puissances du monde I
La Religion, qui est l'appui de toute créature
douée de réflexion et de lumière, supplée à
notre foiblesse.
Elle élève l'homme, et l'hommage qu'il
rend à la Divinité est toujours Je gage des
plus beaux senlimens et de la plus sublime
exaltation de l'ame ; Accedet homo ad cor al*
(1) Massillon.
- ( 8 )
tum et exaltabitur Deus (i). Dieu, sans doute,
nous semble plus grand, lorsque nous voyons
les grandeurs de la terre prosternées au pied
de son trône ; mais l'homme est réellement
élevé au-dessus de lui-même, lorsqu'il s'oublie
pour porter ses pensées jusques vers le Tout-
- Puissant; et si nous avons pu applaudir à
cette admiration d'un ancien qui félicitoitle
maître de ses faux dieux de l'hommage d'un
sage, nous, enfans du Christianisme, nous
estimons, nous appelons grand et heurefix
celui qui s'honore lui-même en honorant la
Divinité.
Ainsi, dans ce jour solennel ou nous rap-
pelons tant de choses admirables, ce ne sont
pas seulement ces choses qui doivent honorer
et notre Monarque et les illustres compa-
gnons de ses exploits j nous rappelons l'onc-
tion sainte qu'il a reçue des mains du Pontife
du Seigneur; mais ce ne sont pas seulement
les attributs et le caractère du souverain pou-
voir qui commandent notre respect et nos
vœux, c'est l'hommage qu'il fait à l'Eternel
de tout ce qui rend le Monarque imposant
aux yeux des hommes ; c'est la pompe, ce
sont les pensées de la Religion qui relèvent
l'éclat de tant de dignité ; c'est parce que les
grandeurs de la terre sont rapportées vers leur
(0 Ps. 36.
( 9 )
( a
premier principe, que nous savons ,mieùx les
apprécier ; car nous les honorons davantage,
lorsque nous connoissons mieux leur céleste
origine. Sans doute, c'est une grande et. au-*
guste cérémonie que celle qui est, pour ainsi
dire, toute remplie du souvenir des plus
grands exploits, qui rappelle tant de batailles
gagnées, tant de peuples soumis, des mo-
narques devenus par fa victoire nos amis et
nos garàns contre les malheurs de la guerre;
et à la tête de tous ces grands évènemens , un
Prince qui soumet tout à son génie et à sa
fortune, que nul obstacle n'arrête, que nul
danger n'épouvante, qui ne regarda jamais
un exploit comme impossible, ni un succès
comme étranger à sa destinée ; ce sont là de
ces tableaux qui frappent les esprits i de ces
événemens dont la mémoire se transmet aux
générations; mais lorsque les pompes de la
Religion environnent .toute cette gloire, elle
acquiert un nouvel éclat plus solide et plus
durable encore; et les succès sont plus beaux,
plus utiles, lorsqu'après les avoir obtenus;
nous pouvons nous écrier ; Notus in Judœâ
Deus (1). Fut-il jamais un peuple-signalé par
plus de triomphes ? Exista-t-il jamais un
guerrier plus redoutable que celui qui a tant
de fois fixé la victoire ? Confregit scutum,..
(1) Ps. 75. 1